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LES ÉCOLES DES PREMIERS SIÈCLES DE L*ÉGLISE

TEglise catholique en face du paganisme philosopiiique, et surtout du néoplatonisme, força ses défenseurs à démontrer que le christianisme est parfaitement conforme aux exigences de la saine raison, et répond le mieux à tous les besoins de Tesprit humain. Il s'agissait donc pour eux d'établir que la vérité évangélique constitue le système religieux le plus vrai, le plus élevé et le plus profond. Telle était la tâche des philosophes et des théologiens catholiques, ^n face des philosophes et des théologiens païens.

Messieurs, il est essentiel de bien comprendre la polémique chrétienne, dans cette époque primitive si méconnue et si défigurée. On a souvent partagé les Pères des premiers temps en Pères apostoliques et en Pères apologétiques. Sans doute, une semblable division (1) n'est pas dénuée de fondement; cependant elle est loin d'être profonde au point de vue de la science. Je préfère les envisager sous un aspect autrement vaste, et je distingue deux caractères bien tranchés dans les écrivains ecclésiastiques des premiers siècles, le caractère philosophique et le caractère traditionnel ; et partant je distingue l'école philosophique et l'école traditionnelle.

La tendance spéculative se manifeste particulièrement dans les Père s de TÉglise d'Orient, le sens pratique et traditionnel chez les docteurs de l'Église d'Occident; néanmoins, il faudrait se garder de voir dans cette division quelque chose de complet et d*absolu ; car il est des Pères orientaux qui se préoccupent davantage du côté traditionnel, comme, parmi les Pères d'Occident, il s'est rencontré des génies spéculatifs et métaphysiques. C'est

(i) Cest celle que Tauteur adoptera plus tard, dans son cours de Sorboone.

(Note de Téditeur.)

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pourquoi, en adoptant cette classification, je me crois obligé à faire quelques réserves.

Le caractère philosophique et spéculatif, l'interprétation allégorique de rËcriture, la prédilection pour le platonisme se manifestent tout particulièrement dans les écoles orientales d'Alexandrie et de Césarée» dont les plus illustres représentants sont : Clément d'Alexandrie, Origène, saint Athanase, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Grégoire de Nazianze, Didyme et Eusèbe de Césarée. En Occident, nous compterons saint Hilaire, saint Ambroise, et saint Augustin. Le principe fondamental de cette grande école se trouve dans une parole de saint Augustin (Ep. 120 ad Gons.) : « Utea^ quœfidei firmitatejam tenes^ etiam rationis luce conspicias; » et dans les mots si connus de Clément d'Alexandrie : ^^ SI, om

y\ yvSiaiç aveu tciTretoç, oW ï| tcicttiç aveu f^ta^toiç. (Strom.

V. 1.), formule que le célèbre écrivain résumait dans cette appellation énergique de lictTnrifxovcxTi icCaTiç, foi scientifique. Le caractère traditionnel et pratique, l'attachement au sens littéral de l'Écriture, l'esprit d'analyse tel qu'il se montre dans Aristote, se rencontrent surtout, en Orient, dans les écoles d'Antioche et d^Édesse. Les principaux représentants de la première sont : le prêtre Lucien, Eusèbe d'Émèse, Cyrille de Jérusalem, Diodore de Tharse et Théodore de Mopsueste, et surtout saint Jean Chrysostome et Théodoret, évêque de (^yr. Saint Ëpbrem est le membre le plus distingué de l'école d'Édesse. En Occident, le caractère de l'école de Césarée et de l'école d'Édesse se reflète dans saint Irénée, Tertullien et saint Cyprien, ennemis déclarés de la spéculation philosophique. Sous ce rapport, ils vont beaucoup plus loin que les Pères de l'école d'Antioche et de l'école d'Édesse. Leurs écrits dénotent un véritable antagonisme avec les Pères de l'école d'Alexandrie. Tandis que ceux-ci pré-

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