LES ÉCOLES DES PREMIERS SIÈCLES DE L^ÉGLISE
tendaient trouver, dans Platon et les anciens philosophes, la plupart des dogmes chrétiens, mais défigurés et oblitérés, Tertulien, Cyprien et Irénée ne relevaient que les erreurs des sages de la Grèce. «Qu'ont de commun Athènes et Jérusalem, l'Académie et TËglise? » s'écriait Tardent et impétueux prêtre de Carthage.
Je n'entrerai pas dans le détail des opinions et des méthodes do ces diverses écoles. Il me suffit de les avoir caractérisées en peu de mots. J'ai pour but de vous entretenir de l'école d'Alexandrie, dont la tendance commune est de concilier la science et la foi, et de montrer l'alliance étroite de la religion avec la philosophie. La prochaine fois nous parlerons de l'origine et de la naissance de l'école chrétienne d'Alexandrie (1).
{{) Kous D'avoos plus la suite de ces leçons, et nous ignorons ce qu'elles ont pu devenir ; ou plutôt, il est assez facile de supposer (|u& l'auteur a dû les remanier plus tard> pour les faire entrer dans se» cours sur Clément d'Alexandrie et sur Origène.
(Note de l'éditeur.)
Le 2Z janvier 1851, M. fabhé Freppel^ âgé de 23 ans, écrivait de F école des Carmes à l'un de ses amis d* Alsace : « Je répare en ce moment le temps que la politique m'a fait perdre j et je travaille du matin au soir, j'en suis à ma treizième leçon de philosophie ; mais à côté, jai deux ouvrages à faire. L'un est un mémoire que l'archevêque m'a chargé de rédiger sur la doctrine de Bonnetty,.,^ r autre est une brochure intitulée Rationalisme et Raison, qui verra le jour après Pâques, » La brochure annoncée ne vit jamais le jour. L'auteur avait commencé par écrire à la hâlCy uniquement pour ses élèves^ les leçons qu'il seproposait de mettre plus tard en forme^ avant de les éditer sous le titre de Rationalisme et Raison. Elles eurent le sort de /Histoire de l'école d'Alexandrie, et, pour des motifs que nous ignorons, ne furent ni revisées ni même terminées. On les retrouva plus ou moins éparses dans les cartons de Mgr Freppel, avec une note ainsi conçue : a Elles contiennent de bonnes choses , mais la forme imparfaite ne permet pas de les publier. » Peut-être avons-nous eu tort de ne pas respecter sur ce
point les scrupules de l'auteur ; mais il nous a paru que de légères retouches rendraient tout à fait acceptable ce travail inachevé. Lày où le professeur répétait trop souvent y et à dessein fies mots^ les définitions ou les conclusions qu'il avait à cœur d'inculquer davantage à ses élèves^ nous avons d'une main discrête retranché les redites thwtiles, et ces petites négligences qu'une rédaction définitive n'aurait pas épargnées; sans altérer toute fois ni F ordre de la discussion ni la physionomie de r ensemble. L'auteur aurait été plus sévère ^ s'ii s était corrigé lui-même; mm nous ne pouvions faire moins j sans risquer de lui désobéir. Telles que nous les offrons au public^ ces pages n'orU point la prétention de se croire irréprochables. Pourtant, si le lecteur veut bien ne pas trop s'arrêter à des imperfections de détail, qu'ion pardonnerait même à des plumes moins novices, ni se laisser rebuter par r aridité natureUe d'une thèse philosophique y il trouvera, dans Rationalisme JET Raison, quelques « bonnes choses », qui vaudront des ^excuses à notre témérité,
[Note de Féditetir.)