‹ Commotions et émotions de guerreChapitre 7 sur 50 · HISTORIQUE ET DÉLIMITATION DU SUJET · texte numérisé non relu

HISTORIQUE ET DÉLIMITATION DU SUJET

qu’ils auraient pu tout aussi bien se

Lumatisme, et qu’ils étaient notamment soUs la depen dance non de la\ commotion elle-meme, thétique, mais de la seule émotion l’-f traumatique. Malheureusement il y eut exces . troubles a caractère peut-être organique et troubles P’^asque suremen fonctionnels, l’hystérie absorba tout; le <=aractere y^gue e quelque peu mystérieux de la nouyelle « ®

œmmode et si tentant pour les ‘chercheurs de classifica tions! Pour les commotions comme P/^^. J"?P affections, l’hystérie n’aboutit qu a une faillite d cations : elle dépassait le but! en

Certains auteurs réagirent, et notamment OPP^^^e m en décrivant, sous le nom de « névrose (1885

1889,1898), une affection dont la dénomination meme ne devait guère faciliter la comprebension et la diffusion France. En effet, le mot névrose n’imphque pas dans prit des Allemands, comme dans le nôtre, lidee ^ ^ pas de lésions; or. la névrose traumatique comportait des lésions, au moins microscopiques, qui ne sont pas sensi ment différentes de celles qu’on avait déjà décrites dans la commotion. Cette description avait un defaut plus grave . elle dépassait à nouveau le but, pour ainsi dire, inverse; elle faisait à nouveau rentrer dans-un meme cadr « organique », à côté des troubles commotionnels proprement dits, un certain nombre de manifestations mor 1 e qui avaient été avec raison rattachées à l’hysterie. t. était en grande partie un retour en arrière plutôt qu un progrès.

Les si mémorables travaux de Babinski (5) (1) sur le d membrement de l'hystérie traditionnelle nous apprirent a ne plus la considérer comme une entité clunquf capable de tout simuler, mais bien comme un état dame pr^s ^ moins constitutionnel ou acquis, comme une suggestibilité particulière capable de déterminer seulement sous cer- . taines influences telles qu’une émotion, les troubles Ja volonté peut produire; l’hystérie était, fir réalité, absolume incapable de rien simuler vraiment, a la condition d ana-

(II Les chiffres intercalés dans le texte correspondent aux numéros de' XTndex bibliographique qui se trouve à la fin du volume.

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lyser les faits d’un peu près, si ce n’est la simulation ellernême. La poursuite persévérante des petits signes des lésions organiques permit à Babinski de nous fournir dans la plupart des cas jusque-là douteux les éléments du diagnostic différentiel entre les lésions organiques et les troubles purement fonctionnels, hystériques ou simulés.

^ Ces recherches de Babinski eurent un retentissement considérable sur presque toutes les partiés de la pathologie nerveuse. Pourtant elles ne parurent pas avoir la même action décisive, bienfaisante et éliminatrice, sur la symptomatologie de la commotion, cérébrale ou médullaire, sur la classification des troubles qu’elle détermine et sur leur diagnostic. Comment se fait-il que la « commotion » resta un caput mortuani de la pathologie nerveuse comme de la pathologie générale? C’est sans doute parce que les lésions de la commotion pure étaient à peu près exclusivement microscopiques et expérimentales, et par suite sujettes à caution; sans doute aussi parce qu’il est plus facile de détourner un vocable de son sens que de lui rendre ensuite sa signification primitive, claire et précise, mais perdue de vue!

Quoi qu’il en soit, la plupart des articles parus au sujet des commotions continuèrent à confondre dans une description commune des troubles d’origine certainement organique et des manifestations d’ordre non moins évidemment fonctionnel.

Le plus grand nombre des auteurs ne firent pas d’allusion à cette confusion; d’autres s’en aperçurent et parlèrent d’associations hystéro-organiques. C’était éluder par un artifice toute tentative de dissociation qu’une superposition de symptômes rendait, il est vrai, parfois malaisée; ce n’était pas résoudre la question. On sentait bien qu’il y a des commotions vraies qui se manifestent par des troubles dont le substratum est nettement organique, telle la perte de connaissance immédiate et absolue. Mais, comme à ces troubles se surajoutaient souvent des manifestations dans la production desquelles l’émotion produite par le choc ou la suggestibilité hystérique du sujet jouaient un rôle évident, on n’osait pas séparer franchement'ces accidents des premiers; et, quand ces dernières manifestations se produisaient seules, ndépendamment de tout trouble commotionnel, voire même

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de tout choc ou de toute chute susceptibles de déterminer une commotion véritable, on continuait pourtant a parler de « commotion cérébrale » ou de « commotion cerebrospinale ».

On en était là au début de la guerre.

La guerre actuelle a apporté à la question des éléments nouveaux. Tout d’abord, elle a multiplié le nombre des cas où une commotion réelle du cerveau ou de la moelle pouvait être incriminée. De plus et surtout, l’emploi d explosifs puissants en masses jusqu’ici inusitées, presque insoupçonnées, a donné lieu à des accidents de commotion pure, qui ont été, si Ton peut s’exprimer ainsi, une des révélations médicales de cette guerre (1) : les commotions « par éclatement d’obus » à proximité.

Ravaut, Guillain, André Leri, etc., rapportèrent en effet l’observation de soldats au voisinage de qui un obus était tombé; ils ne présentaient aucune blessure extérieure, et pourtant on trouvait soit du sang dans le liquide céphalorachidien, soit des signes de lésion organique des centres nerveux (hémiplégie, paraplégie, etc.) que la ponction lombaire ou l'autopsie permettait de rapporter à des hémorragies cérébrales ou spinales parfois considérables. Ces faits étaient absolument analogues à ceux, signalés par divers auteurs, où, dans des conditions similaires, la clinique et 1 anatomie révélaient des hémorragies dans d’autres organes que

(1) En réalité, quelques faits analogues avaient été signalés au cours des guerres précédentes. Laurent (de Bruxelles) notamment, dans une note à l’Academie des Sciences et dans un compte rendu de la guerre des Balkans {W), avait rapporté des cas de « commotions cérébrospinales « produites à distance par les projectiles de guerre ; et, dans son Préois de Chirurgie de guerre paru dès les premiers mois de la guerre européenne, Delorme avait appelé l’attention des chirurgiens sur ce « chapitre quasi nouveau » (55). Mais, enlisant ces faits, on cons-tate combien ils sont disparates, car les accidents pouvaient être produits non seulement par obus, mais aussi par balles, et on y trouvait mélangés des troubles « attribuables à la fatigue, à la simulation, a la contusion u, sans compter des phénomènes d’ordre évidemment névropathique.

les centres nerveux : poumons, plèvres, estomac, vessie, reins, etc. (Sencert, Leclercq, etc.). Ils étaient assimilables aussi à des cas plus nombreux où l’hémorragie s’était produite par l’oreille, avec ou sans rupture du tympan.

Parmi ces blessés sans blessure, pour ainsi, dire, il en était bien peu chez qui il pouvait être nettement établi qu’il s’agissait bien d’une commotion pure, et qu’il n avait pu se produire aucun choc direct ou indirect, aucune contusion par chute ou par projection d’éclat, de pierre ou do motte de terre, contemporaine de l’explosion ou immédiatement consécutive. Ces cas concernaient des commotions auriculaires ou viscérales, exceptionnellement des commotions médullaires.

Quant aux commotions cérébrales par éclatement d’obus, toutes celles qui ont été publiées, croyons-nous, s étaient produites avec perte de connaissance et, par conséquent, avec chute; dans deux observations de Guülain seulement (67 et 95), il n’y avait pas eu de perte de connaissance. Mais nous avons observé nous-même deux cas, sur lesquels nous reviendrons plus loin, dont les circonstances productrices sont telles qu’elles ne semblent pas laisser place au doute : l’éclatement de l’obus à proximité avait bien été la seule cause de la lésion cérébrale, hémorragie certaine dans un cas [128), probable dans l’autre {ISl), sans qu’un corps contondant quelconque eût frappé une partie quelconque de l’individu. Loin d’infirmer la valeur des faits antérieurement signalés, ces observations leur apportent, à notre sens, un important appui.

Des faits de ce genre, sur l’interprétation pathogenique desquéls nous ne voulons pas insister pour le moment, constituent évidemment le type le plus pur de la commotion, c’est-à-dire del’ « ébranlement transmis ». Or ils ont une importance très grande au point de vue doctrinal comme au point de vue pratique ; ils modifient en effet tout ce que nous savions sur la nature et les effets des commotions. Qui disait commotion disait jusqu’alors troubles généralement légers et surtout toqjours transitoires, troubles dus sans doute à des lésions minimes, d’ordre histologique. Mais, si la cornmotion pure est susceptible de déterminer de notables hémorragies viscérales, cérébrales et médullaires notamment.

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