HISTORIQUE ET DÉLIMITATION DU SUJET
elle cesse entièrement d’être un accident bénin ou passager ; les manifestations les plus graves et les plus durables ueuvent lui être attribuées.
Les faits vraiment probants d’accidents graves et purement commotionnels sont rares, nous l’avons dit ; et c est avec une réserve très justifiée que Gmllain, Ballet, etc., avaient intitulé leurs observations : accidents « par éclatement de projectile sans plaie extérieure «.Malheureusement cette discerne scientifique eut peu d'adeptes. Pour rares qu’ils fussent, certains exemples étaient nets, frappants, un
peu révolutionnaires; et leur retentissement fut tel que le
terme de commotion fut presque synonyme d éclatement d’obus à proximité. On en négligea toutes les causes variées et innombrables de chocs directs ou indirects, de chutes et de contusions; puisque l’éclatement par lui-meme, la détonation, pouvait produire des accidents graves, on lui imputa tous les accidents plus ou moins graves survenus dans la zone d’activité de l’artillerie et dont une blessure patente ue révélait pas aussitôt la nature (1).
C’était aller un peu loin. Mais, puisque les constatations nouvelles donnaient à la commotion une base organique désormais solide et à ses conséquences une gravité et une ténacité jusqu’ici peu soupçonnées, on pouvait penser que cette révélation débarrasserait du moins une bonne tois le tableau clinique de la commotion du parasitisine de tous les troubles purement fonctionnels, émotifs ou pithiatiques, dans la genèse desquels i’é/notion jouait un rôle sinon déterminant, pour le moins occasionnel.
Or il n’en fut rien ; toutes les manifestations les plus nettement névropathiques ou psychpnévropathiques, dont l’éclosion pouvait paraître en rapport quelconque avec un « marmitage » plus ou moins proche et de plus ou moins gros calibre, furent baptisées « commotions par éclatement'
ai Parfois même, trop souvent, dans les périodes d’attaque ou les centres de triage sont débordés, il nous est arrivé de voir arriver jusou’à notre Centre neurologique, munis d’une fiche portant « commotion » de malheureux blessés : les idées trop couramment régnantes ’ :é et le polymorphisme des commotions avaient
ir la fréquence, la gravit empêché de chercher e pourvue de ses portes d’entrée et de sortie.
de découvrir leur blessure, pourtant bien
d’obus » au même titre que les commotions vraies et oue les contusions, telles les surdi-mutités, les paralysies cm Ï veTetc. Mystériques, les crises convul-
Les accidents inattendus qui avaient rendu à l’entité cli nique chancelante de la commotion un regain de prestige et UH lustre d actualité n’aboutissaient malheureusement qu a un nouveau mélange des troubles organiques e Sïï tionnels les plus disparates. ë-iuiques et tonc-
Mais, dira-t-on, l’émotion n’est-elle pas susceptible de déterminer certains accidents graves au même ütre aueî cZZ‘e°n°rè"/ l’hémorragie cérébrale ? Or
ceTaTne f il y a peu de commotions sans une
cei aine émotion, comment fera-t-on la part de ce m i revient à l’une ou à l’autre ? Même dans lesSas of la disïï éHoioS^*^" ‘ parfaitement justifiée au point de vue
dans les^SaS m'i q ^ ^ émotions sans commotion, même dans les cas ou il ne s agit pas de lésions aussi graves uue 1 hémorragie cérébrale, la distinction des phénorfènircom!
phénomènes émotionnels est-elle bien justifiée au point de vue clinique ? Ne sont-ils pas identiques les uns aux autres ? Pouvons-nous, sur le^chamrde bataille ou au poste de secours, dans l’ambulance de l’avant
dLTmottfnïî? - commotS
d un émotionné ? Ya-t-il meme intérêt à les distinguer l’un de 1 autre? Le traitement, l’évolution, le pronostic en subf ront-ils quelques changements ? Pronostic en subi-
Or, à toutes ces questions nous répondrons par l’affirmacr » même d”s-
deTune èl L r°, 1. pa,i
rLu?,!«Ln , 1“ semblent encore, à
sonrrLrfi dominer parleur nombre, nous nous opposons résolument « dualistes... Oui, sur le champ de batadle
LenTe^Ourr ^’®""°Monné se comporteront de façon diflerente. Oui, ils pourront faire l’un ou l’autre une hémor-
historique ET DÉLIMITATION DU SUJET IS
ragie cérébrale ; peut-être l’hémorragie sera-t-elle la même, hiln que, comme nous le dirons, certains vaisseaux paraissent plus particulièrement sujets à rupture dans les commotions et certaines autres artères dans les émotions; mais dans un cas l’épanchement sanguin paraîtra etre la conséquence de l’ébranlement cérébral lui-même ou de causes ' spéciales et momentanées de congestion locale ; dans 1 autre : cas l’hémorragie sera surtout la conséquence d une predis-
■ üosition vasculaire. Oui, les symptômes déterminés par les
■ commotions et ceux produits parles émotions seront encore très souvent dissociables les premiers moments passes, après l’évacuation du malade, et leurs séquelles inemes aui-OTt souvent un caractère et une allure differente. Oui enfin, il faut connaître ces différences, car le traitement de ces divers troubles est non moins dissemblable que leur évolution générale et leur pronostic immédiat et tardif.
Aussi est-ce dans un but essentiellement pratique que nous
avons tenté dans les pages suivantes, en nous basant sur nos propres observations, de distinguer ce qui revient a la commotion vraie et ce qui dépend de la seule émotion ; nous y verrons combien les émotionnés sont plus frequents que les commotionnés vrais, et pourquoi l’abus que Ion a fait de ce dernier terme nous paraît si regrettable. Chemin faisant, nous tenterons de faire la part de ce qui peut, en outre, revenir dans divers accidents à la contusion cérébrale qui, elle aussi, a une symptomatologie assez distincte.
Nous n’oublierons pas qu’il subsiste des commotions par choc direct ou indirect et qu’il en subsiste meme beaucoup, beaucoup plus sans doute que de véritables commotions par seule détonation d’explosif; mais, comme ces dernieres sont les plus pures, les plus indiscutées aujourd’hui, et malheureusement les plus « d’actualité », c’est de celles-ci que nous nous occuperons surtout; ce sont celles que nous aurons en vue quand nous n’ajouterons au mot commotion aucun autre
*^^DanTun premier chapitre, nous esquisserons les causes essentielles de ces commotions par explosion.
/ Puis nous décrirons la symptomatologie différentielle que présentent, au point de vue de leur état mental et Physique, les commotionnés, les contusionnés et les émotionnes. Nous
les suivrons dans les trois étapes à chacune desquelles nombre d entre eux s arrêtent, à savoir : sur le champ de I bataille et au poste de secours, à l’ambulance de l’avant ou de la zone des étapes, à l’hôpital de l’arrière ou, plus exactement, de la zone de l’intérieur.
Ensuite nous esquisserons seulement la description :
1° Des affections mentales véritables qui peuvent succéder aux commotions ou aux émotions ;
2“ Des troubles hystériques ou pithiatiques qui viennent si souvent compliquer en apparence le tableau des accidents provoqués par les éclatements de projectiles, troubles qui pourraient tout aussi bien être la conséquence de n’importe quelle émotion un peu vive, sans aucune explosion.
Nous ferons ensuite une courte « revue générale » des observations cliniques de lésions en foyers, spécialement hémorragies de la moelle et du cerveau, qui ont été constatées à la suite de commotions par explosion, ou pour le moins de commotions sans plaie extérieure.
Afin de séparer nettement les faits d'observation des chapitres precedents de toute hypothèse et dé toute théorie, nous réserverons pour un chapitre spécial l’exposé rapide des lésions anatomiques déterminées par la commotion, lésions encore fort peu connues, et les discussions pathogéniques concernant le mode de production de ces lésions (microscopiques ou macroscopiques).
Le dernier chapitre enfin nous fera comprendre l’importance qu il y a a savoir différencier les troubles commotionnels et les troubles émotionnels, car nous verrons qu’à chacune de leurs étapes ils comportent un traitement tout différent et un pronostic spécial, entraînant des conséquences militaires essentiellement dissemblables en ce qui concerne les inaptitudes, les gratifications et les réformes.
Usc™.io»s
d Sues d.®l. vie’civil, ,ue
nouveau à cette variété banale de commotions, si ce leur fréquence et leur spéciale intensité.
Tout autres sont les commotions par expias 0 P ’ .
développement énorme de .rtdlerm lourde et 1 «rnplei de charges d’explosits jusqu ici inusitées. j!
gros calibre, en ont considérablement augmente la renoa Dans ces cas. l’esplosit est si ron peut dire la
?ause directe et immédiate de l’ébranlement des centres nerveux puisque la commotion cérébrale ou médullaire, allant uSThTmorragie, se produit en l’absence de tout eboe ou de toute chute sur la tête ou le dos ou sur une partie quelconque du corps.
Quelques chiffres fixeront les idées sur l’accroissement 1 énorme des charges d’explosifs qui a été la conséquence du fait nouveau de cette campagne, à savoir transport sur le champ de bataille des grosses pièces qui parais
saient jusqu’ici exclusivement réservées à la guerre de siège.
Un obus allemand de 77, pesant 7 kgr. 17S, ne contenait au début de la guerre que 0 kgr. 165 de tolite, et un obus français de 75 contenait 0 kgr. 825 de mélinite. Or, les canons de 130 et de 150, que les Allemands utilisèrent dès les premières batailles, envoyaient à 15 et à 14 kilomètres des obus de 50 et de 40 kilos, contenant respectivement 3 kgr. 270 et 4 kgr. d’explosif; l’obusier lourd de 150, communément employé, était chargé à 4 kgr. 800 d’acide picrique.
Quant aux mortiers, destinés surtout, il est vrai, à la destruction de gros ouvrages de campagne, les calibres allemands de 210 et de 280 envoyaient des projectiles contenant 16 kilos et 17 kgr. 250 d’explosif, et le mortier autrichien de 305 se chargeait avec un projectile de 417 kilos, contenant 37 kilos d’explosif et, plus récemment, jusqu’à 60 kilos. Nous ne parlons que pour mémoire du fameux mortier de 420, grande surprise de la campagne, qui envoyait à 13 kilomètres un obus de 930 kilos chargé de 110 kilos d’explosif, mais qui, de par son nombre fort restreint, n’était dangereux que pour certaines fortifications puissantes.
Les Allemands avaient au début 232 batteries lourdes, soit environ 900 pièces. A cette grosse artillerie, nous ne pouvions répondre exclusivement que par environ 150 pièces de 155 court, dit Rimailho, envoyant à coujrte distance,
6 km. 300, des obus chargés de 10 kgr. 200 de mélinite. On conçoit que les commotions, non moins, hélas I que les émotions, aient été plus fortes dans notre camp que dans le camp adverse, fait que les Allemands se sont empressés d’attribuer aux prédispositions névropathiques et psychopathiques de la race latine, et à la résistance nerveuse et mentale que donnaient à la race germanique sa culture et son éducation supérieures !
Les Allemands paraissent avoir sensiblement baissé dans ce genre de .prétentions, comme dans tant d’autres, depuis que nous avons pu rattraper le retard. Ils ont multiplié leurs pièces, puisqu’en mai 1916 ils disposaient de 1.474 batteries, dont 411 sur le front oriental et 1.063, soit plus de 4.000 pièces, sur le front occidental. Mais, dès ce moment, ils étaient rejoints pour le nombre des canons par l’artillerie alliée franco-anglaise. Quant à la puissance.
leurs pièces n’avaient que peu varié, les nôtres les avaient déjà dépassées, car nous pourrions citer telle piece qui fat ses débuts en Artois dès 191S avec des obus de 500 kilos chargés à 150 kilos de mélinite! Il ne semble plus que la race allemande ait depuis lors, au point de vue névropathique, la même supériorité ! ^
Les gros mortiers sont des engins destines surtout a la destruction d’ouvrages fortifiés; aussi ce ne sont pas ces grosses pièces qui ont déterminé parmi les troupes le plus grand nombre de commotions, bien qu’elles aient compte en septembre 1916 pour 24 p. 100 de la totalité de 1 artillerie lourde allemande. Au contraire,il est des engins couramment employés aujourd’hui contre les troupes memes qui occupent les tranchées, engins qui ne le cèdent en rien en puissance explosive anx plus gros mortiers, nous voulons parler de Y artillerie de tranchée.
Les minenwerfer portent en général tout près, a moins de 1 kilomètre; mais les projectiles sont ces torpilles aériennes dont il a été tant parlé ces derniers temps dans l'armée. Ce sont des obus à ailettes qu’un canon de tranchée envoie presque verticalement à 4 ou 5.000 métrés et qui, retombant par leur propre poids, s’écrasent en touchant le sol et en explosant ; aussi leur enveloppe, dont 1 etlet nocif doit se manifester par la multiplicité des éclats, est- ' elle relativement mince, mais leur contenu en explosif est relativement considérable. La mine legere employée par les Allemands {minenwerjer de 75) contient 0 kgr. bOO d’explosif pour un poids total de 4 kgr. 600; la mine moyenne (calibre de 170), 13 kgr. 500 pour un projectile de 50 kilos; la mine lourde, couramment utilisée (cahbre de 245), pèse 100 kilos, et ne contient pas moins de S>0 kilos . dexplosif; ce sont ces grosses torpilles que jles artilleurs désignent sous le nom imagé de « valises », indiquant bien par là le'peu d’importance du contenant par rapport^ au contenu. Inutile d’ajouter que, loin d’être restes en arriéré, nous répondons maintenant à l’artillerie de tranchée aile, mande non seulement par des torpilles de 240 contenant 50 kilos, mais aussi par des torpilles de 340 chargées de 140 kilos de cheddite. j * i,
Les torpilles sont parmi les engins les plus redoutables
aux fantassins dans la guerre de positions ; elles comptent pour plus de moitié dans nos observations comme cause directe des commotions vraies et graves.
Des torpilles nous pouvons rapprocher les bombes d’avions, qui ont une action à peu près analogue, mais dont l’abondance est heureusement infiniment plus limitée; les Aile mands emploient surtout actuellement de petites bombes, chargées de 7 kilos d’explosif et dangereuses surtout par l’abondance de leurs éclats rasants, et de grosses bombes très destructives chargées de 28 kilos d’explosif.
Pour juger de la valeur commotionnante que peuvent avoir ces énormes charges, il suffit de savoir que les explosifs (1 brisants », que contiennent les obus modernes, se transforment instantanément en une masse de gaz qui atteint 27.000 fois le volume primitif pour le fulminate de mercure, 9.000 fois pour la nitroglycérine. Cette masse de gaz, se formant instantanément dans l’espace qu’occupait l’explosif, développe une pression qui, pour les plus puissants explosifs, peut atteindre 35.000 kilogr. par centimètre carré. Sous l’influence de cette pression, les parois en acier du projectile sont non seulement brisées, mais encore arrachées, tordues, déchiquetées, la surface intérieure du métal se comprimant et se durcissant contre le métal extérieur [Hudson Maxim (775)]. Dégagés de l’enveloppe, « les gaz se détendent avec une violence formidable et communiquent à l’air environnant de telles pressions et vitesses que celui-ci produit les mêmes effets destructeurs que s’il était solide, arrache et cisaille les arbres, broie les roches, etc. C’est pourquoi l’explosif est dit brisant. » [Painlevé {191 ).] Quoi d’étonnant à ce que cet air puisse aussi commotionner le crâne ou le rachis « comme s’il était solide n ? La phrase ci-dessus, écrite avant la guerre actuelle, contient en germe toute l’explication des « commotions par éclatement d’obus » ; il est assez curieux que. comme nous le dirons, les médecins l’aient surtout compliquée.
La violence de ces explosifs brisants explique qu’il n’est même pas indispensable qu’ils détonent en grosses masses pour déterminer des accidents commotionnels vrais : seule la proximité immédiate de l’explosion est alors une condi-
tion nécessaire. 9’f ^ gg^'^expî'osion qu^'^nt été signaavérés de lésions internes pa p concerne
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ïSfeirÆs"
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0 kgr. 165 seulement ^^otion maintenant que
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aussi sur le système nerveux centra^a^^^^ rapportons à
Pourtant nous doutons "^motions par obus de petit ::fi6r^soi“mTnt bien fréquentes, en dehors de toute
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braie les iunombrables cas, que „i, d„
au début de la obus de 75 qui ne l’avait
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dans la position ^««l';XdourSi que nous le révélera moindre mouvement. Sa ’ accidents commotion-
'u:r.ïSÏÏ.XoSoir’«re particulière-"' touché „ ..„M. e.e.e ,a. -‘■‘"l
SOUS le nom de Sranat-n^rose, répondre à leur grosse artillerie,
E;Térpî,tf;r,t.û.»--e>i»^
dans les commotions, de sorte que, à la rigueur, la mort immédiate pourrait s’expliquer mieux par le choc bulbaire que par l’ébranlement nerveux diffus ou la soi-disant absorption massive de gaz qu’on avait d’abord incriminés. Mais n’est-il pas pourtant quelque peu paradoxal de constater que ces soi-disant morts subites par explosion ont précisément à peu près disparu au moment même où nos obus lourds de tout calibre, à charge explosive infiniment plus considérable, sont venus concurrencer notre presque unique obus de 75 du début? et n’est-il pas assez surprenant aussi que ces cas de mort subite n’aient guère été observés parmi nos propres soldats que ménageaient cependant si peu dès le début les grosses pièces lourdes de l’adversaire (1)?
Quoi qu’il en soit, il semble que la mort subite par simple éclatement d’obus de 75 doive, au moins pour la plus grande part, rejoindre le domaine des nombreuses légendes du début de la guerre. Que n’a-t-on pas vu dans les premiers anois de la campagne, en Allemagne comme en France d’ailleurs, ainsi que nous l’a révélé Georges Dumas (59)?
Si l’éclatement d’une quantité d’explosif aussi minime que celle des obus de 77 (modèle 1896 ou 1914) est capable de
(1) On a souvent remarqué, dit-on, chez ces sujets morts subitement, quelques suffusions sanguines du cuir chevelu. Cette constatation, faite même par des profanes à la médecine, nous remet en mémoire une observation que nous avons recueillie au début de la guerre, et qui peut-être peut éclairer certains de ces faits.
Un soldat, évacué à l’intérieur, ne présentait qu’un peu de torpeur intellectuelle dont on le tirait facilement en le secouant légèrement ; il répondait alors aux questions d’une façon parfaitement juste, mais avec une particulière humour qui l’aurait volontiers fait considérer comme im simulateur ; un examen approfondi, pratiqué de parti pris, nous montra pourtant un signe de Babinski d’un côté, sans paralysie correspondante. L’examen attentif du crâne nS révéla qu’une toute petite lésion du cuir chevelu, déjà à peu près cicatrisée, située du même côté que l’extension des orteils; peu de jours après, la température montait brusquement et le malade succombait. A l’autopsie, on trouva une balle qui, entrée par la voûte, était allée se loger dans la base du côté opposé, traversant successivement les deux hémisphères et déterminant dans le second la lésion pyramidale qui se traduisait par le seul signe de Babinski.
déterminer des lésions internes semblables à celles décrites par Leclercq, on peut s’étonner que la détonation de masses explosives aussi considérables que celles des gros obus ne paraisse pas déterminer d’accidents commotionnels a forte distance. Il semble, en effet, que les gros accidents commotionnels purs, mis à part des troubles émotionnels, hystériques et autres, ne se produisent qu’a une distance très restreinte de l'éclatement, à quelques mètres, 2 ou 3 mètres pour un obus de petit calibre, S ou 6 pour un obus de moyen calibre, 8 ou 10 au plus pour un gros. La proximité de l’explosion est un élément bien plus important que la masse de l’explosif; la distance à laquelle les effets commotionnants se produisent augmente certainement avec la charge, mais faiblement, nullement en proportion de cette charge.
L’explication en est simple : « Lorsqu’une certaine quantité de substance explosive est amenée à detoner contre un corps dur, contre n’importe quel corps solide place à 1 air libre, les pressions développées, prenant appui sur ce corps, rebondissent dans la direction de la plus faible résistance, non sans causer à ce corps, en raison de leur violence et de leur quasi instantanéité, des détériorations plus ou moins importantes. C’est pour cette raison que les grandes explosions ne produisent pas plus de dommages. (1).» [Hudson Maxim {115).] Les gaz issus de la combustion se détendent suivant un cône dont le sommet se trouve au point percuté et dont la base est d’autant moins évasée, a quantité égale d’explosif ou plutôt de gaz produits, que l’ex-
(1) C’est pour cette raison aussi que les puissants explosifs brisants modernes n’ont heureusement pas produit tous les effets formidables dont certains les croyaient capables. Hudson Maxim rappelle qu avant la guerre on avait prédit que, « si on laissait tomber,[par exemple, 200 ou 260 kilogrammes de dynamite sur un navire de guerre ou des fortifications, la cible serait complètement détruite par l’explosion ; quelques bombes de même puissance lancées du haut des airs sur une ville suffiraient à la réduire à peu près en cendres ; et, dans une guerre avec l’Allemagne, Paris ou Londres serait bientôt détruit de fond en comble par les bombes des zeppelins ; les événements n’ont guère confirmé ces prédictions 1 » Pour détruire un navire, par exemple, il ne suffit pas de projeter un explosif sur la coque ou sur le pont; il faut, par des torpilles ou des obus de gros calibre à parois très épaisses, dits obus de rupture, perforer d’abord les blindages et ne faire éclater le projectile qu'à l'intérieur du navire atteint.
plosion a été plus brusque. L’air est brusquement chassé par les gaz de toute l’étendue du cône d’explosion ; la couche d’air en contact immédiat avec ces gaz est projetée par eux « à la manière d’un projectile » ; c’est dans cette zone que les corps solides, murs et maisons par exemple, peuvent être détruits et que les individus peuvent être violemment commotionnés, sans être touchés par aucun éclat de projectile ou de pierre. Mais cette zone vraiment dangereuse est très circonscrite ; au delà se produit une vague de compression atmosphérique radiée par l’explosion, vague qui se propage à la vitesse du son, environ 340 mètres par seconde, sur un rayon parfois de plusieurs kilomètres ; l’ébranlement moléculaire qu’elle produit est suffisant parfois pour amener la rupture de matières aussi fragiles que le verre des vitres, mais il est insuffisant pour causer de grands dommages soit aux édifices, soit aux individus.
Au-dessous du cône d’explosion, les effets du projectile sont relativement minimes ; c’est ce qui fait toute l’importance des tranchées ; un obus tombant sur le parapet même de la tranchée détone en l’air, pour ainsi dire ; pour peu que la tranchée ait quelque profondeur, il est rare que ses occupants soient vraiment commotionnés. Nous en avons pourtant observé quelques exemples ; mais, d’une façon générale, on peut dire qu’ane commotion se produit presque toujours à l'air libre, à moins que l’obus ne tombe en plein dans la tranchée.
Or, en dehors des grands tirs de destruction et de nivellement, l’éclatement dans la tranchée même est relativement rare avec les obus ordinaires, qui sont projetés par des canons à tir courbe. 11 est bien plus fréquent avec les torpilles aériennes, que l’on utilise plus volontiers dans la guerre de positions, torpilles qui retombent verticalement, par leur propre poids, et doivent éclater dans le fond même de la tranchée.
Le moindre abri semble protéger assez efficacement contre les commotions d’obus., même s’il est défoncé par l’explosion. A moins qu’il ne s’agisse d’un obus à fusée retardée, cas relativement rare et réservé à des buts spéciaux, le projectile éclate dès qu’il touche le toit de l’abri ; c’est au-dessus que se trouve le cône d'explosion. Ensuite les parois métal-
liques de l’obus, projetées avec une violence considérable, peuvent enfoncer la toiture et pénétrer jusqu’au sol de l’abri, si profond soit-il ; les sacs de terre, les rondins s’effondreront, les assistants seront ensevelis et plus ou moins
violemment contusionnés; ils pourront être, en outre, plus ou
moins intoxiqués et asphyxiés, soit par un séjour parfois prolongé en atmosphère extrêmement confinée, soit aussi par infiltration d'oxyde de carbone issu de toute combustion d explosif, gaz lourd qui tend à pénétrer dans toutes les fissures du terrain. Mais l’explosion aura eu lieu au-dessus d’eux, le cône d’explosion ne les a;ura pas frôlés, ils ne seront pas vraiment commotionnés par l’explosion.
Cette affirmation paraîtra peut-être paradoxale si l’on en croit les récits des blessés; tant d’entre eux disent avoir été commotionnés par l’éboulement d’un abrü^Qu’il s agisse d’une commotion directe par choc sur le crâne, le fait est possible. Mais qu’on prenne l’habitude d’y regarder d’un peu près, tant dans l’interrogatoire que dans l’examen, et l’on s’apercevra, comme nous l’avons observe chez nos malades, que la plupart de ces sujets présentent quelques signes plus ou moins nets de contusion cérébrale ou d intoxication, mais qu’ils sont différents des commotionnés vrais par explosion. C’est seulement quand le sujet se trouvait près de la porte de l’abri et que l’obus est tombé devant l’ouverture qu’il est parfois commotionné sans contusion.
Notons encore que, sur les côtés mêmes du cône d explosion, la force de la vague atmosphérique paraît s’épuiser, se briser, pour ainsi dire, sur le moindre obstacle ; cette force se propage là où elle trouve la moindre résistance ; pour peu qu’elle résiste un peu, une simple et mince paroi d’abri paraît protéger efficacement les occupants contre les effets d’une explosion même toute proche.
Aussi, pour ces différentes raisons, peut-on dire, en résumé, que la commotion par explosion se produit surtout a l'air libre et à courte distance de l’éclatement du projectile, projectile le plus souvent de, fort calibre; elle ne se produit guère dans la tranchée que quand l'obus ou surtout la torpille y tombe en plein; elle ne's’observe qu'exceptionnellement dans les abris ; c’est à ces considérations que nous ont mené nos observations.
C’est pour ces motifs aussi que, malgré l’emploi de charges énormes d’explosifs, les commotions vraies par obus sont relativement rares, infiniment plus rares que les troubles simplement émotionnels avec lesquels trop d auteurs les confondent, infiniment plus rares que ne le pensent actuellement la plupart des médecins d’après le retentissement, d’ailleurs fort justifié par leur intérêt, de quelques publications récentes.
Tout ce que nous venons de dire s’applique à trois autres variétés d’explosions susceptibles de déterminer de grosses commotions, à savoir : les explosions de dépôts de munitions, les explosions de pièces d’artillerie, les explosions de mines.
Quand un dépôt de munitions saute, les 'obus explosent par centaines et par milliers ; tout est détruit aux environs immédiats; on pourrait croire que le nombre des commotionnés doive être considérable; or il n’en est rien. Nous nous sommes trouvé dans une armée très active, où ont éclaté plusieurs gros dépôts de munitions : nous n’avons presque pas vu de commotions graves dues à cette cause. Cette constatation, en apparence un peu paradoxale, nous paraît tenir au moins à plusieurs causes.
En premier lieu, comme pour les explosions d’obus isolés, bien que les gaz se détendent en tous sens et non plus seulement en l’air, bien que le cône d’explosion soit plus large, ce cône est pourtant encore assez limité,^ ainsi que la couche d’air adjacente qui est violemment projetée; sur les personnes comme sur les objets, l’action destructive na vraiment lieu qu'aux environs immédiats de l'explosion seulement. Hudson Maxim rappelle à ce propos la catastrophe qui survint dans le port de New-York le 30 juillet 1916, une quantité énorme de shrapnells et d’autres munitions sauta ; leurs fragments s’abattirent sur les eaux environnantes, les wharfs, les navires, etc., en une pluie de fer. 11 n’y eut pourtant qu’un très petit nombre de personnes tuées, et le dommage matériel causé aux maisons et édifices voisins de Jersey-Cily, Manhattan et Brooklyn fut étonnamment faible, à l’exception du verre cassé. Mais l’ébranlement moléculaire
se propagea au loin, et il y eut pour environ un million de dollars de pertes, en vitres et glaces brisées, dans la seule ville de New-York (175).
En second lieu, la force des gaz se brise, pour ainsi dire, contre les obstacles; et l’on nous citait tel cas où, au moment de l’explosion d’un immense dépôt, toute une paroi d'une baraque en bois fut violemment arrachée et projetée a distance; aucun des blessés qui se trouvaient dans la baraque ne fut commotionné.
En troisième lieu surtout, dans un dépôt de munitions les obus ne sont pas « amorcés » ; aussi leur charge de poudre « déflagre », elle ne « détone » pas. 11 y a entre la déflagration et la détonation une différence capitale dans la vitesse d’explosion (1); or, les. effets brisants des explosifs étant sensiblement proportionnels à leur vitesse d’explosion, ils perdent en déflagrant la plus grande partie de ley puissance. A un moment donné, sans l’intervention d’aucüne amorce, la déflagration d’un explosif peut se transformer en détonation si la température ou la pression s’élève suffisamment ; le phénomène « s’emballe » tout d’un coup (2). Mais,
(1) La déflagration est l’allumage progressif de proche en proche par cheminement continu du feu; c’est ce qui se produit quand on allume de la poudre à l’aide d’une mèche ; la déflagration se fait à là vitesse de 50 centimètres à 1 mètre à la minute. La détonation se fait par une sorte d’onde explosive, série de chocs et d’ébranlements moléculaires à la façon d’une onde sonore'; elle se produit quand on allume la poudre ou la masse explosive à l’aide d'un explosif détonant, une « amorce » de fulminate de mercure par exemple ; la détonation est presque instantanée, puisqu’elle se fait à'ia vitesse de l.SOO mètres à la seconde pour la nitroglycérine, 2.700 mètres poùr la dynamite, 6.500 mètres pour la mélinite, 10.000 mètres pour les panclastites, les plus puissants des explosifs. La charge du fusil ou du canon qui projette le projectile déflagre ; si elle détonait, elle briserait l’arme.
Les projectiles qui déflagrent deviennent relativement inoffensifs ; .aussi est-ce par erreur que l’on a appelé les commotions par explosion (( commotions par déflagration d’explosif » ; c’est « par détonation » (pi’il faudrait dire, si le mot détonation n’impliquait encore dans l'esprit de nombreuses personnes l’idée de bruit, d’onde sonore. C’est aussi par erreur, ou plutôt par restriction excessive, qu’on a dénommé les commotions « par éclatement d’obus », puisque les éclatements de mines et de pièces en sont parmi les causes fréquentes. Aussi conviendrait-il de dire plus volontiers s commotions par explosion ».
(2) Il en est ainsi surtout quand une caisse d’amorces de fulminate
d’une façon générale, une explosion de dépôt de projectiles ne se fait dans toute son ampleur qu’après un temps plus ou moins prolongé, pendant lequel les hommes placés dans le voisinage immédiat ont le temps de se garer.
C’est pour ces raisons sans doute, et peut-être pour d’autres encore, que les explosions de dépôts nous ont paru produire relativement peu de grosses commotions. Mais, en revanche, elles sont parmi les causes relativement fréquentes de troubles émotionnels sérieux, même chez les sujets places assez loin, par la violence du hruit qu’elles déterminent, par la violence de l’ébranlement de l’air à grande distance, par l’éloignement au moins relatif du front qui les rend inattendues, etc.; les dépressions nerveuses, les tremblements névropathiques durables, etc..., ont assez souvent pour point de départ dans nos observations un éclatement de dépôt de munitions.
Les éclatements de pièces d’artillerie sont une des causes fréquentes des grosses commotions.
Elles en ont malheureusement été une cause plus fréquente encore au début de la guerre, période ou les essais incomplets et les fabrications hâtives ont dû forcément laisser place à quelques imperfections. En effet, un canon n éclate pas, à de rares exceptions près, parce qu’il est lui-meme fissuré ou en métal de mauvaise qualité, mais bien parce que Tobus détone avant d’avoir quitté l'arme. 11 en est ainsi dans des circonstances très variées (1).
vient à éclater ; toutes les autres caisses d’amorces peuvent éclater du môme coup, jpa;* influence, même si elles ne sont pas en contact immédiat les unes avec les autres, et les obus peuvent éclater en même temps. On évite autant que possible ces accidents dans les grands dépôts en éloignant les détonateurs des projectiles.
(1) li en est ainsi, par exemple, quand la fusée est trop sensible (notamment fusée I. A., destinée à éclater avant que l’obus ne touche le sol, et dépassant le projectile) ; — ou bien quand l’obus, amorcé par le choc du départ, subit dans i’âme même du canon un^ deuxième choc (coincement dans des pièces usées, choc contre les traînées métalliques laissées par les projectiles précédents) ; — ou bien quand la ctiarge même de l’obus est trop sensible (sachet de phosphore destiné à augmenter
L’obus, en détonant dans l’âme du canon, c est-à-dire presque en vase clos, développe des pressions considérables- Nous avons donné plus haut, pour fixer les idees, quelques chiffres concernant d’une part le volume des gaz développés et l’instantanéité de la réaction, éléments essentiels de la puissance des explosifs, d’autre part la pression produite dans un obus par ce dégagement de gaz énorme et instantané. Quand l’obus éclate dans le canon, la force des gaz est d’autant plus grande que la charge de la douille détone en même temps que celle du projectile et que la résistance des parois de la pièce s’ajoute à celle des parois de lobus. On comprend qu’il n’y a pas de bronze ou de métal quelconque qui puisse résister à de semblables pressions : la piece s’entr’ouvre, éclate, se brise en deux, dix ou cent morceaux qui sont projetés à distance.
En général, c’est surtout en arrière, vers la culasse, que les gaz se détendent; or c’est précisément de ce côté que sont placés les artilleurs. Aussi les éclatements de pièces déterminent des traumatismes violents, même en l’absence de tout choc direct, et sont une des causes, qui n’est pas rare, des grosses commotions vraies.
Les explosions de mines en sont une cause frequente aussi.
Les explosions de mines destinées à faire sauter les travaux ou les tranchées ennemies doivent être très brisantes. Pour cela il n’est pas toujours nécessaire d’employer des explosifs très brisants par eux-mêmes, car la production de gaz célère très vite quand la température et la pression s’élèvent; il suffit que le trou de mine soit assez profond, solidement bouché et bien bourré d’explosif; aussi la poudre noire est-elle souvent utilisée au lieu de cheddite, beaucoup plus puissante. Mais les charges employées sont considé-
la visibilité de l’éclatement, mélanges explosifs formés par la mélinlte avec le métal de l’obus ou surtout celui de la fusée) ; — ou bien quand la trop grande charge de poudre,de la gargousse laisse des gaz inflam- 'mables et des débris charbonneux incandescents susceptibles de faire détoner l’obus suivant, etc...
râbles; 500 à 1.000 kilos sont utilisés pour les petits fourneaux de mines souvent ordonnés en série sous les tranchées ennemies; mais, quand le terrain devient rocheux, quand l’ouvrage à faire sauter est plus important, 10, 20, jusqu, a àO.OOO kilos d’explosifs ne sont pas charges extraordinaires.
On comprend que, sous l’influence de semblables explosions, les commotions sont fréquentes et Igraves dans le voisinage; mais, comme pour les éclatements d’obus et pour les mêmes raisons, il s’agit encore du voisinage plus ou moins immédiat.
Heureusement d’ailleurs, ces explosions, qui avaient souvent de graves conséquences, sont devenues plus rares : les progrès de la microphonie, qui permettent à l’adversaire d’entendre la fabrication d’une mine, et la rapidité de percement d’un « camouflet », qui lui permet de la faire sauter, ont rendu les mines presque plus dangereuses pour celui qui veut s’en servir que pour celui auquel elles sont destinées, et en ont, dans ces derniers temps, presque supprimé l’emploi.
Cette revue rapide des causes des commotions par explosion ne donnera qu’un aperçu des forces explosives employées. Elle fera comprendre pourquoi l’air avoisinant peut agir h la façon d’un corps solide; elle fera comprendre aussi pourquoi, malgré tout, les commotions vraies par explosion ne sont pas extrêmement fréquentes, relativement à ce qu’on pourrait croire.
En tout cas, il est relativement très peu de « commotions par explosion » auxquelles ne se soit jointe quelque commotion directe ou indirecte, par choc ou chute, et très souvent quelque contusion cérébrale. Il n’en est guère non plus qui aient pu se produire sans quelque émotion, soit préalable ou immédiate, soit au moins rétrospective. Aussi bien des tableaux cliniques de « commotions » ne sont-ils, en réalité, qu’un mélange des faits les plus disparates.
Les cas d’émotions vraies sans commotion sont, au contraire, infiniment fréquents ; si bien que, en definitive, si l’on ne peut se baser que sur un nombre assez restreint
d’exemples pour décrire les accidents purement commotionnels, les cas ne sont pas rares qui permettent de décrire des accidents purement émotionnels.
Quant aux accidents de la commotion vraie par explosion, ce qui doit pour le moins permettre de les dissocier, c’est qu’ils ne diffèrent pas sensiblement des troubles, bien anciennement connus, de la commotion par,choc ou chute; mais leur description a été étonnamment obscurcie et illégitimement compliquée dans ces temps derniers.
Une analyse attentive est, dans les cas complexes, le « réactif » qui permet de décomposer l’amalgame en ses éléments différents, si différents parfois qu’il semble presque curieux qu’on ait pu les confondre en une même description.
C’est cette analyse que nous avons tentée dans les cas qui se sont présentés à notre examen ; ce sont les éléments de cette dissociation que nous nous sommes efforcé de classer dans les descriptions cliniques des pages suivantes.