LES EXEMPTIONS DE TAXES
Le Canada-Revue a pris à l'égard des exemptions de taxes une attitude ferme et définie qui lui a value des admonestations amères de la part de la Semaine Religieuse.
Notie confrère — très malchanceux avec les Semaine Religieuse — ne s'avoue pas pour battu, et voici ce qu'il répond :
La Semaine Religieuse met en cause les institutions religieuees de Montréal et les sœurs que nous n'avions pas désignées, puisque nos remarques étaient générales. 11 evit été certainement plus juste à notre égard d'attendre le développement des idées émises et du programme énoncé avant de suspecter nos motifs et de nous faire un procès de tendance qui court le risque de tomber à faux. Mais nous sommes plus braves que cela. Nous n'aurons pas recours à des échappatoires de dialectique pour plaider une cause que nous croyons sincèrement juste, et dont 1 e triomphe aurait pour résultat de soulager le peuple d'une jmrtie du fardeau écrasant qui lui fait chercher un refvige aux Etats-Uuis, à l'abri de ces redoublements de générosité qui lui coûtent si cher.
C'est parler à la légère d'une chose bien sérieuse que de demander si notre ville sera plus riche et plus heureuse lorsque les communautés religieuses seront astreintes aux taxes régulières pour leurs immenses immeubles qui en sont aujourd'hui exempts.
Non, la ville ne sera pas plus riche, mais le peuple sera moins pauvre, lorsqu'il aura une part moins lourde à paj^er.
Et, ne vaut-il pas mieux qu'il n'ait pas besoin d'avoir recours à la générosité et aux symjmthies de personne, même des communautés, plutôt que d'être obligé de quêter le pain de ses enfants. L'agent du tisc lui enlève aujourd'hui ce qui lui restait pour payer le boulanger, et la méthode est étrange qui consiste à atfamer un homme pour avoir la joie de le faire vivre.
Plus de dix millions de propriétés appartenant aux institutions protestantes ou catholiques sont à l'abri des taxes au milieu de la marée croissante de dépenses qui chaque année grossit le chiffre des loyeiu Ces institutions sont prospères, s'agrandissent chaque jour, se bâtissent des palais, s'élèvent des demeures somptueuses, tandis que le logis de l'ouvrier se rapetisse et que sa marmite ee vide.
Il serait folie de penser que c'est avec des mots qu'on peut cacher cette situation et mettre du baume sur les plaies ; il faut plus que cela, il faut des actes.
La continuation de l'état de chose actuel est impossible, c'est la désertion à courte échéance, l'abandon de notre ville, l'exil de nos frères. Cette fois nous invoquons les mêmes sentiments que la Semnine Religieuse, i^our faire appel aux communautés qu'elle défend.
Au nom de la générosité, de la charité, du devoir et de la reconnaissance, nous demandons à tous ceux qui, à un titre quelconque, jouissent du privilège d'exemptions de taxes, de faire remise de ces privilèges au peuple qui les a octroyés et qui les a chèrement payés. .^''1!]:]
Il eu coûtera peut-être beaucoup ; ce sera peut-être une épreuve, que nous comprenons et regrettons, mais elle est nécessaix*e sans être impossible.
L'église Baptiste de Toronto, (Jarvis Street Baptist Church) %'ient'de faire connaître ses comptes de gestion pour 1891-92, et bien que cette église ait depuis longtemps renoncé aux exemptions de taxes et ait payé dans le cours de l'année $14:'7.20 détaxes sur un revenu annuel de $14.500 ses affaires ne s'en portent pas plus mal.
Quelqu'un prétendra-t-il que la foi catholique ne p^t pas inspirer d'aussi fructueux dévouements que la foi protestante ?
Eu mai 1892, le Canadien publiait ce qui suit :
Une dépêche nous informe, que M. "Watson, M. P., a été assermenté hier membre du gouvernement Grreenway et que le portefeuille des Travaux Publics lui a été décerné.
M. Watson était le seul député grit dans tout le Nord-Ouest, Manitoba compris.
C'est un mange catholique et un mange canadien des plus féroces.
Les catholiques et les canadiens du Manitoba peuvent se préparer à la lutte.
MM. G-reenway, Martin et "Watson sont trois pareils, trois mangeurs de catholiques, trois mangeurs de canadiens des plus féroces. Cependant aujourd'hui tous trois sont les amis de M. Tarte, il les embrassent sur les deux joues. Quelle hypocrisie scandaleuse !
Le journal de Mr Tarte.