‹ Compagnie du KasaiChapitre 10 sur 74 · POUR CENT · texte numérisé non relu

POUR CENT

Landolphia Thollonii . . . rhizomes 3.66

Carpodinus gracilis. . . . rhizomes des bois savanes de Dilolo 2.i3

Faux Carpodinus gracilis rihzomes . . o.35

Landolphia Dewevrei. . . tiges. . ... .... o.23

Id. id. ... racines 1.87

Landolphia Kl ainii . . . . racines . ... ... 1.24

Id id tiges . . . o.63

Clitandra robustior. . . . tiges . . o.85

Landolphia Droogmansiana tiges . . . o.85

Landolphia Gentilii. . . . tiges .... o,5o

Clitandra Arnoldiana . . tiges o.5o

Landolphia owariensis . . tiges 0.40

Baissea gracillima .... tiges. . ..... o 36

De l’examen de ce tableau on peut faire ressortir :

1“ La grande richesse des racines en général comparativement aux parties aériennes;

2° La grande richesse des racines de la liane Katoma que l’on peut rapporter au Landolphia Dewevrei et la très faible teneur des parties aériennes ;

3° La grande richesse des racines du Kabongon vrai, c’est-à-dire de Carpodinus gracilis du Dilolo, comparativement à celles de la même plante croissant dans les petites savanes des plaines sablonneuses du Sud Kwilu, soit une différence de 0.80 à 2.i3 p. c. Ce qui semble démontrer que l’habitat des plantes à caoutchouc a une très grande importance sur leur valeur ;

4° La faible teneur du « faux Kabongon », o.35 p. c., d’un caoutchouc qui surpasse tous les autres en qualité; pour en extraire le caoutchouc il a fallu pulvériser complètement et finement l’écorce ;

5° La supériorité du Landolphia Thollonii ou caoutchoutier des herbes ordinaire, des steppes sablonneuses.

La richesse de cette plante en caoutchouc surpasse celle de toutes les autres, quand on compte la production en p. c. du poids total. Nous avons d’ailleurs encore à insister sur ce point en traitant spécialement du caoutchoutier des herbes.

Landolphia

Landolphia owariensis Pal. Beauv.

(Planche III, fig. i et 4.)

Dans ce paragraphe nous réunirons une série de données se rapportant à la culture et à l’exploitation de l’essence laticifère produisant le caoutchouc rouge du Kasai et que je considère comme se rapportant au type Landolphia owariensis, tel que je l’ai défini antérieurement (i).

Dans les notes que M. V. Lacourt, Directeur général, a bien voulu nous remettre, nous en trouvons une série dues à M. Éd. Luja. Celui-ci y fait ressortir que seules les lianes qui reçoivent le soleil peuvent végéter, cette assertion appuie nos affirmations antérieures et démontre que la liane a, comme toutes les plantes, besoin d’air et de lumière.

Déjà, en i8g8, M. V. Lacourt avait, d’ailleurs, prescrit la culture de la liane à l’air et à la lumière, se basant sur ce fait que le long des chemins et des cours d’eau on trouve les lianes les plus vigoureuses.

Pour M. Luja, le terrain idéal pour la végétation des lianes de ce genre serait une forêt relativement humide, dont les arbres ne dépasseraient pas 10 mètres de hauteur et auraient un espacement égal à cette hauteur avec un diamètre maximum de 3o centimètres. Elles y trouveraient un ombrage suffisant; ombrage, nous l’avons dit plus haut, que nous ne croyons nullement nécessaire à la plante ni pour son développement, ni pour son rendement en caoutchouc.

Dans la forêt de la Kondue, la maturation des fruits de ce Landolphia a lieu pendant les mois de février, mars et avril ; ils se forment en assez grand nombre, mais les singes détruisent environ les deux tiers des graines formées et celles qui tombent à terre sont souvent détruites par les cochons sauvages.

Les graines germent très rapidement, au bout de douze jours on voit les jeunes pousses sortir de terre.

(i) Cfr. De Wildeman et L. Gentil. Lianes caoutchoutifères de l'État du Congo, 1904, pp. 5i et pl. I, II et XXII, fig. 5-8 et in De Wild. Mission Èm. Laurent, vol. i, p. 471 et vol. 2 pl. CLII.

Dans ces jeunes semis c’est non seulement le cochon sauvage qui peut faire des dégâts, mais aussi une sorte de rat qui s’attaque aux jeunes plants au moment de leur sortie de terre. Il déterre d’un coup de patte la jeune plante, coupe la racine et dévore les cotylédons, il peut ainsi causer de grands dégâts dans les pépinières et jeunes plantations.

Avant la plantation en place il est nécessaire de défricher avec soin ; ces soins ne seront jamais perdus. Le défrichement doit naturellement se faire en saison sèche et dans les conditions actuelles l’incendie doit intervenir pour détruire les débris.

D’après M. Luja il est difficile, dans la région de la Kondue, d’établir une règle générale pour le choix du moment qui convient le mieux à la mise en terre des jeunes plantes.

Les mois d’octobre et novembre qui ont semblé très propices à ce travail par suite de la fréquence des précipitations atmosphériques de certaines années, ont été mauvais durant les période sèches.

Insistons également sur cette remarque de M. Luja, qu’il est d’un avantage appréciable de pouvoir planter dans un terrain défriché une année à l’avance parce qu’une grande partie du bois abattu est entrée en décomposition et que ce bois décomposé, mélangé à l’humus de la surface, constitue un excellent terreau pour remplir les trous destinés aux jeunes plantes.

M. Luja conseille également de préparer, pour la plantation des jeunes pieds, des trous de 70 centimètres sur 40 centimètres, dans lesquels on place une terre humifère. Il reconnaît aussi que c’est â tort que l’on a voulu réserver les gros arbres comme tuteurs, car les jeunes vrilles des caoutchoutiers ne peuvent s’y attacher. Mais il montre les effets notables du bon défrichement sur le développement des lianes. Au fur et à mesure, ajoute-t-il dans un rapport de 1906, que nous enlevons les arbres en excès dans la forêt, les lianes se mettent en végétation comme par enchantement. Elles se développent en même temps que les Funtumia que nous y avons plantés.

Il est curieux de voir comment ces lianes ont pû rester stationnaires pendant quatre et cinq ans et qu’il ne faut que quelques semaines pour les faire pousser, une fois la forêt superflue abattue, aussitôt que la lumière et l’air leur arrivent.

Il faut aussi insister sur les remarques suivantes de M, Luja datées de la Kondue 1904 et 1907, elles viennent corroborer la nécessité de la coupe, il vaut donc la peine de les rappeler. « Toutes les lianes incisées précédemment dans la propriété ne donnent presque plus rien, elles se dessèchent lentement et les vieilles lianes, sauf quelques-unes, ayant été incisées à une époque plus ou moins reculée par les indigènes, ne donnent rien ou presque rien par la saignée. »

En coupant les lianes à ras, on les obligera d’émettre de nouveaux jets qui, sur les vieux pieds, prennent de suite de grandes proportions, comme on peut lé constater dans les forêts.

Il nous faut également insister sur le fait que contrairement à ce qui a été souvent soutenu, la plantation des lianes au pied des arbres est à déconseiller.

L’expérience faite à la Kondue le prouve. Au pied des arbres il fait trop sec, l’air et la lumière font défaut et la jeune plante ne sait pas s’accrocher au tronc d’un arbre ; elle ne peut s’accrocher qu’aux branches.

A propos du développement des lianes, M. A. Sapin rapporte encore cette observation. Il a trouvé, en 1907, à trois quarts d’heure de Tombolo, une cinquantaine de pieds de ce Landolphia.

Cette plantation était en plaine, c’est-à-dire au milieu d’un groupe de ! grands palmiers Elaeis indiquant l’emplacement d’anciens villages, l’espace était occupé par des broussailles s’étant développées en même temps que la , liane. Les lianes avaient été coupées alors qu’elles mesuraient 4 à 5 centi-

I mètres d’épaisseur à la base. Le chef du village Tombolo a dit à M. Sapin

que cette petite plantation avait été faite 7 ans plus tôt par Bonduki et que ! ses gens avaient déjà coupé les lianes pour en faire du bon caoutchouc.

Il lui demanda de faire du caoutchouc avec les rejets; mais le chef lui a ; répondu qu’il fallait attendre encore un an ou deux avant d’opérer sur ces j rejets.

Il semble résulter de cette observation qu’une liane plantée dans de I bonnes conditions (air et lumière, humus) pourrait être exploitée au bout de

I cinq ans par battage. Coupée, elle donnerait naissance à de nombreux rejets

et ceux-ci, au bout de trois à quatre ans, seraient eux-mêmes exploitables. Il , s’agit, bien entendu, de lianes aérées et non étouffées dans une vieille forêt.

Grâce aux récoltes faites sur place aux Plantations Lacourt, plus de

250.000 lianes ont pu être mises en terre en 1904. La production de graines I est notable, en un mois, en février 1904, M. Luja a pu recueillir :

I2,3oo gV2\nQS àe Landolphia owariensis.

j 2,3oo graines de Clitandra Arnoldiana.

j Pour les deux mois de janvier et février on comptait : 3o,ooo et

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