‹ Compagnie du KasaiChapitre 13 sur 74 · X go “ i,o35 gr · texte numérisé non relu

X go “ i,o35 gr

Il X 90 = 990 gr.

dont 795 gr. Scraps.

dont 332 gr. Scraps.

dont 5g8 gr. Scraps.

dont 65o gr. Scraps.

dont 5oo gr. Scraps.

Ce qui fait, par arbre, une moyenne de i,32o grammes environ par an.

Les incisions ne semblent pas avoir nui à la vie de l’arbre; en tous cas, ils n’ont pas perdu leurs feuilles, et celles-ci ne jaunissent pas, les fruits mûris sont semblables à ceux de l’année précédente.

Plus de 3,000 graines ont pu être recueillies, elles serviront à étendre les plantations.

Quant aux Hevea de la Kondue, M. Luja dit, dans une lettre envoyée à M. Lacourt, le 4 février 1910 : « Les i5 Hevea que nous avons trouvés ici en igo3 existent toujours. Ils ont actuellement de 8 à 12 mètres de hauteur avec une circonférence de 5o centimètres à la base. Le plus bel exemplaire a I mètre de circonférence, un autre 80 centimètres à la base (voir pl. XIII et XIV). Pendant plusieurs années, la croissance a été très lente, mais, depuis un an, ces arbres progressent rapidement. Ils sont réellement beaux en ce moment et bien portants.

» Il est probable que dans nos terrains bas, cette plante donnerait de bons résultats. On ne peut pas se baser sur les quelques pieds que nous possédons, car nous ne savons pas si la mise en terre a été bien faite, mais le fait que ces ; plantes qui se trouvaient dans des conditions plutôt mauvaises ont pu résister ' jusqu’à présent et que leur croissance est très bonne maintenant est un indice que, plantées convenablement dans un milieu bien approprié, elles devront donner un bon résultat.

» Trois des exemplaires se trouvent plantés dans le bloc d’anciens cacaoyers numéro 10 et les 12 autres dans le bloc numéro ii, au milieu des Irehs (voir pl. XIII et XIV).

» Je dois vous signaler que ces deux blocs sont en général très secs, raison pour laquelle ces plantes probablement n’ont pas poussé plus vite. Il est intéressant, dans tous les cas, de constater que ces arbres ont résisté à de grandes sécheresses aux endroits où ils se trouvent plantés. Deux des exemplaires viennent de fleurir pour la première fois. Celui qui a 80 centimètres à la base porte i fruit et l’autre d’un mètre de circonférence en porte une vingtaine.

» Il est probable que l’année prochaine la floraison sera plus abondante. »

Du tableau paru dans le Bulletin officiel dé l’État Indépendant du Congo, mai 1908, n° 5, on déduit que les Hevea de 8 ans, cultivés à Nouvelle-Anvers, ont donné en moyenne 80 grammes de caoutchouc sec par arbre, en douze jours d’incision. Après trois semaines, les arbres ne paraissaient pas avoir souffert de la saignée.

Les Hevea de Luebo de 8 à 9 ans, ont donné 12 grammes de caoutchouc par arbre en un jour seulement d’incisions. Le résultat semble donc être à peu près le même.

La Compagnie du Kasai et la Société des Plantations Lacourt se sont remises à cultiver VHevea, mais cette fois selon des indications nouvelles.

Au lieu de planter régulièrement en blocs ou en carrés, ainsi que cela se pratique dans presque toutes les cultures, on plante en galerie le long des cours d’eau, après un déboisement suffisant qui donne de l’air et de la lumière.

On ne plante que là où le terrain est frais, riche en humus et où l’air reste, toute l’année, saturé d’humidité, grâce au voisinage de l’eau.

Pourra-t-on impunément répéter les saignées? Il y a certains exemples dans les Colonies anglaises, mais les saignées faites à Ceylan et dans les Straits portent-elles sur un nombre suffisant d’années ?

M. Wickham a jeté un cri d’alarme dans divers périodiques d’agriculture coloniale, en faisant ressortir que les blessures continues doivent avoir pour résultat de favoriser le développement des champignons parasites, qui peuvent occasionner la mort de l’arbre, si la plante est trop épuisée.

En outre, le rendement de 80 grammes par arbre paraît peu élevé. Il est vrai que les arbres saignés étaient fort jeunes.

On le voit, la question n’est pas résolue. Il convient de continuer cependant les expériences, mais celles-ci doivent-être conduites dans certaines conditions.

Si l’on parcourt les rapports des nombreuses sociétés commerciales qui se sont installées dans les Indes Néerlandaises, dans les Straits et à Ceylan, pour faire la culture des caoutchoutiers de Para, on est souvent frappé par l’importance que certains de leurs experts attachent aux soins à donner au terrain et aux fràis qui résultent de la main-d’œuvre de sarclage.

Certes, quand on veut dans une plantation de quelque importance opérer un sarclage systématique, il faut une main-d’œuvre considérable exigeant des frais loin d’être négligeables.

On peut se demander si le sarclage est si nécessaire. Est-il bien utile qu’entre les rangées d’une jeune plantation d’Hevea, comme d’ailleurs entre les rangées de toute plantation, toutes les mauvaises herbes soient consciencieusement éliminées, que le sol bien nu se présente tel quel aux rayons du soleil des tropiques ?

Cest là une idée admise encore par beaucoup d’agronomes coloniaux qui cherchent à nettoyer avec soin le sol et conseillent, pour éviter certains inconvénients occasionnés par la mise à nu du terrain, d’ombrager ce dernier par des arbres, et plus rarement, dans les plantations d’un certain âge, par des cultures intercalaires.

Ces deux dernières méthodes, qui peuvent avoir dans certaines conditions leurs avantages, être même, pourrions-nous dire, nécessaires, ont fréquemment de grands défauts. Les deux genres de protection du sol, par des arbres ou des cultures herbacées intercalaires de rapport, ont le grave défaut de puiser dans le sol des éléments nutritifs qu’ils enlèvent ainsi à la culture principale. La plantation d’arbres d’ombrage ou d’arbres-abris, fait souvent régner une humidité et une obscurité favorables au développement des microorganismes, en particulier des champignons, les pires ennemis des cultures intensives.

Il faut cependant ombrager le sol, car ce dernier, exposé sans couverture végétale aux rayons du soleil, voit rapidement sa couche superficielle humifère se décomposer, se transformer en sable et, dès lors, par suite de son faible pouvoir de rétention de l’eau, devenir peu propice pour la culture. C’est le résultat auquel on arrive dans beaucoup de plantations, en voulant nettoyer avec grand soin les espaces laissés vides entre les lignes.

Pour former une couverture au sol, on ne peut naturellement pas laisser repousser en toute liberté les mauvaises herbes qui auraient vite recouvert l’espace entre les lignes, et égorgé les jeunes plantes, mais ne pourrait-on faire certaines cultures?

Certes, c’est là le vrai moyen et nous pensons que sans grands frais il est possible de faire, dans les plantations de caoutchoutiers, comme dans beaucoup d’autres, des cultures intercalaires qui n’enlèveront rien au sol, mais au contraire, l’enrichiront. Il suffit de trouver, pour la région considérée, une légumineuse non volubile, de croissance rapide, et ne s’élevant pas trop haut; en la semant entre les lignes, on aura rapidement une couverture qui pourra, lors de la maturité, être retournée dans le sol.

Ce dernier se trouvera ainsi enrichi de l’azote assimilé par la plante et de l’humus formé à sa surface par les parties aériennes de la légumineuse.

Mais, nous objectera-t-on, il faut pour faire cette opération, ce « mulching », des Anglais, une main-d’œuvre tout aussi considérable que celle nécessitée par le sarclage ? Nous ne le pensons pas. Même en la supposant aussi considérable, il y aura pour la plantation plus de bénéfice à opérer la culture d’un engrais vert, qu’à détruire simplement les mauvaises herbes car celles-ci peuvent, dans bien des cas, être les convoyeurs de maladies.

On a, il nous semble, fait encore trop peu usage de la culture inter-

calaire de légumineuses pour engrais vert ; elle est appelée, pensons-nous, et comme l’a fait ressortir déjà M. le D*' Van Hall, du Département de l’Agriculture à Paramaribo, à rendre de très grands services dans les plantations dont dépend l’avenir des colonies.

On peut également employer en culture intercalaire le caféier, en particulier les formes très productives de l’Afrique centrale, telles les variétés du Sankuru, et cette dualité de cultures — , sur laquelle nous ne voulons pas insister ici — , a donné déjà des résultats merveilleux dans les Indes Néerlandaises, où entre deux rangées d’Hevea distantes de 8 mètres, on peut placer 3 rangées de caféiers qui produiront dès leur deuxième année de mise en place et pourront être supprimés quand les Hevea seront en état d’être saignés.

Il faut également insister sur la préparation du terrain. Les observations de M. Gallagher, aux États fédérés Malais, ont démontré que pour éviter les Termes gestroi, ces ennemis terribles des jeunes plantations, et divers champignons des racines, il faut non seulement priver la zone à mettre en culture de toute le forêt qui dépasse le sol, mais encore du bois qui se trouve sous le sol, racines, rhizomes, etc. qui sont des foyers d’infection. C’est pour avoir négligé ces premiers soins, pour avoir voulu marcher trop rapidement, que beaucoup de planteurs ont à lutter si rigoureusement de nos jours contre des attaques qu’ils auraient pu en grande partie éviter.

Dans nos cultures, il faut prévoir, d’autant plus qu’au dire de plusieurs agents de la Compagnie du Kasai, les termites sont en Afrique dans certaines régions des ennemis terribles pour les plantes à caoutchouc. Or ces régions sont celles à sol argileux, dans lesquelles, pour la région du Kasai, on peut peut-être espérer la réussite des Hevea.

. Castilioa.

Introduits depuis 1897, les Castilloa ne semblent pas être appelés à un très grand avenir, bien que dans les « Plantations Lacourt » certains pieds aient atteint un beau développement.

Ils ont, comme les Hevea, souffert de la sécheresse et au bout de quatre semaines sans pluie ils avaient perdu leurs feuilles; mais leur vigueur leur est revenue avec les pluies. Malgré la vigueur nouvelle acquise, M. Éd. Luja a vu la plupart des pieds, cultivés dans des terrains bas dépérir, alors qu’ils avaient atteint de 4 à 5 mètres de hauteur.

Le dépérissement se fait par le système radiculaire, et dès que l’arbre commence à souffrir, on voit apparaître des coléoptères perforants qui opèrent la destruction complète de l’arbre en peu de jours.

Aux Plantations Lacourt, on a noté les premières floraison et fructification des Castilloa fin 1906, sur des pieds plantés en 1897.

Il conviendrait sans doute d’essayer cette culture le long des cours d’eau, comme nous le disions pour V Hevea.

Manihot.

Bien que cette essence n’ait pas donné lieu à de nombreux essais de la part des agents de la Compagnie du Kasai, il n’est pas sans intérêt de signaler quelques remarques faites par ces mêmes agents.

Pour Brisa c, et d’après un de ses rapports de 1904 ; les Manihot introduits au Kasai ne donneraient rien parce qu’ils ont été plantés dans un terrain trop lourd. Brisac a fait planter à Tse-Mondane, où le terrain conviendrait mieux, quelques Manihot.

C’est encore à peu près la même opinion qu’exprime M Sapin, quand il dit en 190g : Les Manihot plantés à Madibi avaient l’air bien malades en 1907-1908 ; ils étaient presque dépourvus de feuilles. Arrivés à un certain âge ils semblent y dépérir. Ils sont plantés à la rive et les racines atteignent, après quelques années de croissance, la nappe d’eau. Serait-ce la cause du dépérissement?

A Luano, environ 4,000 plants de Manihot ont été repiqués en 190g. On pourra suivre bientôt les résultats de ce nouvel essai et voir si l’appréciation de M. R. Vandenhove, un des agents de la Compagnie, qù’il faudrait une certaine acclimatation au Manihot pour produire du bon caoutchouc, se vérifie.

Nous n’avons guère foi dans l’avenir de cette plante; elle peut être utile dans des cas spéciaux, par exemple pour un reboisement rapide, mais elle présente trop d’inconvénients et d’aléas dans sa culture; très souvent on pourra, même dans ces cas, trouver des plantes mieux appropriées aux terrains de la zone Kasaienne.

Poissage et conservation du caoutchouc.

Plus d'une fois nous avons été amené à parler du poissage du caoutchouc. Cette question a une très grande importance. Malheureusement les causes du poissage sont très multiples et il est difficile, dans l’état actuel de nos connaissances, de discuter leur importance. Comme on l’a fait remarquer souvent, il convient, pour éviter le poissage, de pousser la coagulation, si l’on part du latex, le plus loin possible.

Il est démontré que la présence d’une petite partie de caoutchouc poisseux suffit à gâter une grande masse; les microbes pourraient jouer un certain rôle dans cette transformation.

Un noyau poisseux peut provenir d’une partie de latex non suffisamment polymérisé dans la coagulation, de la préparation défectueuse ou encore du séchage à la lumière. Il peut être dû aussi à l’action d’une forte chaleur, et même à un travail mécanique mal approprié. Certains auteurs ont également prétendu que le séchage dans le vide favorisait le poissage.

Nous partageons totalement l’avis émis encore récemmeiU par M. le Dr Fritz Frank, de Berlin, et déjà souvent exprimé par nous, que, des théories établies jusqu’à ce jour, relativement au poissage du caoutchouc, la plus admissible est celle qui attribue le poissage à la présence d’une partie de caoutchouc non suffisamment polymérisé ou d’une partie dépolymérisée par une influence mécanique quelconque.

Pour nos caoutchoucs africains, c’est surtout la polymérisation incomplète, la présence dans la masse de substances qui n’ont pas été suffisamment atteintes par l’agent coagulant. C’est pourquoi nous avons toujours conseillé la coagulation par l’eau bouillante, soit en diluant le latex, soit en le précipitant dans l’eau bouillante, en lavant ensuite la masse fournie et en enlevant l’excès de liquide.

M. le Dr Franck conclut, de ses recherches et de celles des divers observateurs, que les meilleurs moyens de préserver les caoutchoucs du poissage I sont ;

1° L’emploi de procédés de préparation dans lesquels les agents de

coagulation viennent en contact direct avec les globules du caoutchouc, ce qui augmente la stérilité désirable à cause de l’albumine et des influences secondaires ;

2® Dans les méthodes qui aboutissent à la formation de blocs : cuisson, coagulation sur le sol, etc., éviter l’emploi de grandes quantités de latex; opérer par petites portions.

3® Empêcher que la chaleur et plus encore l’air et la lumière agissent en même temps sur le caoutchouc préparé;

4® Prendre des précautions dans le travail mécanique; nous avons insisté sur ces précautions, en particulier dans le battage où l’action mécanique exercée sans soin fait perdre rapidement au produit élasticité et résistance;

5® M. Frank conseille l’emballage du caoutchouc en caisses, cela mérite un examen approfondi. Souvent on a préconisé cette manière d’opérer, mais les résultats ont été peu favorables ;

6® Il faut choisir dans le transport un endroit convenable en se rappelant qu’une température élevée est néfaste pour la conservation du caoutchouc;

7® M. Frank prétend, enfin, qu’une certaine quantité d’humidité est nécessaire dans le caoutchouc frais pour empêcher l’influence nuisible de parties poisseuses qui pourraient se trouver dans la masse entière, comme pour éviter les effets nuisibles de la pression et de la chaleur dans l’emmagasinage e t pendant le transport.

On a prétendu parfois que la teneur en résine influençait la résistance au poissage, il n’en est rien; cette teneur en résine n’est d’ailleurs pas toujours proportionnelle au pourcentage en caoutchouc vrai.

Nous ne pouvons entrer dans tous les détails des résultats d’analyses chimiques effectuées sur des caoutchoucs africains ; pour tirer des tableaux des proportions de résine, de caoutchouc et de résidus divers des conclusions de quelque portée générale, il faudrait une unité dans les méthodes d’analyses.

Il n’est cependant pas mauvais d’attirer l’attention sur les résultats obtenus par M. le D'' D. Spence, de 1’ « Institute of Commercial Research in the tropics » de l’Université de Liverpool (i) ; la méthode suivie ayant été la même pour tous les produits examinés, les résultats sont comparables.

Nous donnons ci-dessous le tableau résumant les résultats (2) :

(1) Quarttrly Journal of the InstituU of tropical Rtstareh, Liverpool 5 avril 1906.

(2) Cf É. De Wildeman. A propos de la constitution de divers caoutchoucs et de l'effet des variations atmos phériques sur leur teneur en résine in Le Caoutchouc et la Gutta Percha, n<> 28, x5 juin 1906.

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