LES MALADIES
Maladie du sommeil.
M. A. Sapin a envoyé au siège de la Société une note sur le traitement indigène de cette maladie dans la région de Madibi.
D’après lui, le traitement qu’il a vu suivre en 1907 consiste à faire de petites incisions sur tout le corps du patient et à le frictionner avec un mélange :
a) De 3o grammes environ d’écorces pulvérisées et préalablement passées au feu de Moaza (Bawana); Boala (Bangala); Nulla Panza (Mayumbe); Boala (Gabon), c’est-à-dire du Pentaclethra macrophjlla, légumineuse assez répandue au Congo;
I 6) De 10 grammes environ de fourmis (espèce qui accompagne toujours ' les pucerons des Funtumia^ cœur de bœuf, etc.);
c) De 10 grammes d’argile ferrugineuse ou Tukula minéral ;
d) De malafu en quantité suffisante pour faire une pâte liquide.
Les incisions et frictions sont faites pendant trois jours consécutifs; le quatrième jour on purge le patient à l’aide d’un lavement composé de : 3o grammes d’écorces pilées de Moaza et 200 grammes environ de malafu.
I Le cinquième jour on recommence les incisions et on les continue pendant deux, trois, quatre jours ou plus.
Après chaque opération, le médecin a soin de se laver les mains au Malafu. Le Pentaclethra macrophylla est suffisamment connu par ses graines plates, oléagineuses, comestibles. C’est un arbre dont l’écorce constitue un remède populaire, sa décoction ou infusion aqueuse est souvent employée en lavement purgatif ; en tisane, on l’emploie contre les maux d’estomac.
Cette médication est fort en honneur surtout au village Kimolo, près de Madibi- Kwilu.
Tournesol et Moustiques.
On sait que dans certaines publications il a été fait mention de l’action du tournesol sur les moustiques, ces derniers seraient éloignés par cette plante.
Des essais de culture du tournesol ont été effectués à Dima et à Lie en 1906 et 1907, mais ils n’ont pas été continués. Il est probable, d’ailleurs, que la culture du tournesol n’a guère d’action sur la présence et l’absence des moustiques. Cette indication n’aurait donc aucunement mérité d’être relevée ici si, dans le rapport de M. Sapin, il n’était fait la remarque : « En tous cas, les graines récoltées en Afrique ne donnent que des plants avortés, tandis que celles de provenance européenne donnent des plantes et des fleurs magnifiques. »
Il y a là un bel exemple de la perte rapide des propriétés germinatives des graines sur lequel il convenait d’insister, et qu’il serait intéressant de pouvoir étudier dans ses détails.
On a également préconisé, pour écarter les moustiques, la culture du ricin autour des habitations. Une grappe de fruits mûrs suspendue dans une chambre suffirait, dit-on, pour les éloigner.
La culture de VEucalyptus est à recommander. Cette essence, que l’on commence à cultiver au Kasai, devrait exister dans tous les postes. Elle donne une huile essentielle employée avec succès contre les fièvres.
Les Boers ont prétendu que cette huile, avec laquelle ils se frictionnaient tous les jours la poitrine, les avait préservés de la fièvre, alors que les Anglais avaient eu cruellement à souffrir de cette maladie.