‹ Comparaison des coefficients d'inductionChapitre 4 sur 30 · EXPOSÉ DES LOIS EXPÉRIMENTALES DES COURANTS INSTANTANÉS · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DES LOIS EXPÉRIMENTALES DES COURANTS INSTANTANÉS

3. Je commence par rappeler les lois physiques sur lesquelles je m'appuierai. Ces lois, établies expérimentalement dans certains cas simples, ont été excessivement généralisées; je m’efforcerai de préciser dans quelles conditions elles sont strictement applicables; j'en indiquerai les conséquences mathématiquement rigoureuses, sans intervention des principes de la Thermodynamique, et celles qui ont un caractère hypothétique. On se heurte, en effet (n°° 5 et 6), en appli-

quant les lois telles qu’on les généralise, à une impossibilité logique : il est done utile de marquer les points douteux, ceux où la généralisation a pu être trop hâtive. Ce n’est que l’ébauche d’une discussion complète, mais elle n’est pas déplacée ici; car elle me permet d'établir que les méthodes décrites dans ce travail s'appuient directement sur les lois expérimentales, dans les conditions mêmes de leur démonstration, et sont indépendantes de toute théorie.

1° Expériences de Biot et Savart. — Loi de Laplace. — Cette loi est relative à l’action des courants constants sur les aimants permanents. Le courant est caractérisé en grandeur par un certain facteur qu’on appelle son sntensité. Les expériences de Colladon (') ont montré que cette intensité, quand elle est constante, est proportionnelle au flux d'électricité, la quantité d'électricité étant définie par la loi de Coulomb.

2° Lois de Ohm (*). — Ces lois, relatives au partage des courants permanents entre divers conducteurs, ont été établies par analogie avec les lois de propagation de la chaleur, et rattachées par Kirchhoff (*) (1849) aux principes de l'électricité statique. Ohm (1826), Fechner (183r), les ont contrôlées au moyen d'appareils électromagnétiques. C’est au moyen des mêmes appareils que Pouillet (*) les a découvertes à nouveau. Le développement de ces lois permet de trouver des méthodes de mesures relatives, simples et précises, pour les résistances des fils et les forces électromotrices des piles.

Les vérifications de ces lois au moyen d’appareils d'électricité statique ont d’abord porté sur la valeur et la distribution des potentiels : Kohlrausch (1853) a montré (°) que les différences de potentiel et les résistances déduites des mesures électrostatiques sont identiques à celles que fournissent les mesures électromagnétiques, quand les unités sont les mêmes. Ces expériences vérifiaient donc indirectement l’iden-

(1) Annales de Chimie et de Physique, 2° série, t. XXII, p. 62. — MascarT, Traité d’Électricité statique, t. X, p. 430. ;

(2) Voir en général : Mascarr, Traité d’Électricité statique, t. W.

(3) Pogg. Ann., t. LXXVIIL. — Annales de Chimie et de Physique, 3° série, t. XLI.

(*) Comptes rendus, t. IV, p. 267.

(5) Poggendorff Annalen, t. LXXV et LXXVIIT. — Annales de Chimie et de Physique, 3° série, t. XLT.

(e) MARCEL BRILLOUIN.

tité de l'intensité et du débit établie par Colladon. Une nouvelle confirmation a été fournie par les expériences de M. Gaugain (') qui, grâce à l'invention de l’électromètre à décharges, a réussi à étudier les lois du débit dans les conducteurs médiocres.

4. Étudions de plus près une des conséquences des lois de Ohm, la relation qui existe entre les intensités et les flux d'électricité dans divers fils qui se réunissent en un même point.

Il est évident que, pendant l’état permanent, il ne peut y avoir accumulation indéfinie d'électricité; la somme totale des quantités d’électricité f apportées au sommet est donc nulle, dans l’état permanent,

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