DIVISION DU SUJET
Les nombreuses et long-ues réflexions que j'ai développées au début de mon introduction, m'ont semblé indispensables pour montrer la sig-nifîcation vraie des éléments opératoires, le nombre de ces éléments, et leurs combinaisons diverses dans toutes les opérations chirurg-icales en g-énéral. Il a été facile d'établir que la diérèse n'est autre chose qu'un élément opératoire, et
qu'elle a ses méthodes, ses modes ou procédés, ses moyens. J'ai dit, ensuite, que les moyens de diérèse n'étaient pas les mêmes pour les parties molles et les parties dures, et qu'il était nécessaire de présenter leur étude comparative dans deux chapitres distincts.
Gomme il s'ag-it donc de comparer entre eux les divers moyens de diérèse, et que je me suis déjà long-uement expliqué sur ma manière d'interpréter ce sujet, ainsi que sur les moyens de diérèse à comparer.^ voici le cadre que je me suis tracé.
Dans un premier chapitre^ je présenterai l'histoire g'énérale et spéciale des moyens de diérèse, l'époque de leur apparition, les g'randes idées chirurg-icales qui ont présidé en quelque sorte à leur naissance, enfin l'ensemble des applications auxquelles chaque chirurg-ien a voulu étendre ses moyens de prédilection. De cette façon^ ce me semble, on saisira mieux la filiation chronolog-ique, thérapeutique et prophylactique qui relie entre eux les moyens de diérèse. Le morcellement ne pourrait que nuire à la clarté d'exposition.
Le second chapitre qui me paraît le plus important^ et auquel j'accorderai les plus amples détails, aura trait à la diérèse des parties molles. Il sera divisé en une série d'articles et de parag'raphes ; on y trouvera l'étude comparative des moyens de diérèse, sous les rapports suivants : 1° Instruments et exécution ; 2° Mode d'action sur les tissus morts ou vivants, sains ou morbides ; 3° Effets immédiats de leur mise en action; 4" Effets consécutifs ou secondaires ; 5° Effets définitifs. Pour prévenir quelques objections inutiles, j'ajouterai que je ne me crois pas oblig-é de décrire minutieusement chaque instrument de diérèse, et les divers temps du manuel opératoire,
ce serait un hors-d'œuvre, ce serait répéter sans profit, sans nécessité, ce qui se trouve bien exposé dans tous les traités de médecine opératoire. Je me contenterai donc de sig-naler pour la plupart les imperfections, les vices et les difficultés cliniques de leur application, en insistant toutefois sur quelques particularités pour quelques autres, qui sont de date plus récente, comme le g-alvano-cautère, la lig-ature élastique, le thermocautère; car, disons-le d'avance, les reproches qu'on leur a adressés tiennent en grande partie à une application défectueuse.
La valeur intrinsèque et comparée des moyens de diérèse étant bien établie, il s'ag^ira de déterminer quelles sont les indications générales et spéciales de leur application , quelle est l'étendue de leur sphère dans la pratique chirurgicale. L'instrument tranchant (bistouri, couteau) est-il bien le moyen de diérèse préférable dans la majorité des cas? Doit-il céder la prééminence à l'écraseur linéaire, au g-alvano-cautère, à la lig-ature élastique, au thermo-cautère et à leurs diverses combinaisons? C'est làuue question capitale, très-complexe, très-difficile à résoudre, parce qu'il faudrait des statistiques irréprochables de tous points, et telles qu'il n'en existe pas encore. Néanmoins, avec les documents qui existent dans la science, avec l'expérience de nos maîtres, il ne sera pas impossible de porter un jug-ement de quelque valeur. Un sixième article traitera, par conséquent, de la valeur comparative des moyens de diérèse, au point de vue de leurs applications et de leurs indications générales et spéciales.
Le troisième ou dernier chapitre, destiné à la diérèse des parties dures, sera conçu d'après le même plan
général que le précédent. Mais, pour les raisons que j'ai données plus haut, il y sera plus spécialement traité de la valeur comparative de V ostéotomie et de Vostéoclasie^ opérations qui intéressent vivement à l'heure actuelle, non-seulement en France, mais surtout à l'étrang-er. Il en résultera que ce chapitre n'aura pas la même étendue que le précédent : et c'est à dessein, parce que je suis convaincu qu'il n'y aurait rien de neuf à exposer la diérèse des parties dures en g-énéral.