‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 12 sur 177 · LÉSIONS PHYSIQUES DES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

LÉSIONS PHYSIQUES DES FOSSES NASALES

Les seules lésions dont nous ayons à traiter dans celte section sont : 1'^ les corps étrangers et les calculs, 2'' " ' de la cloison

" les bosses sanguines et les abcès

Art. P''. — Corps étrangers et calculs.

Les corps étrangers que l'on trouve dans les fosses nasales vieunent le plus souvent du dehors : ce sont des noyaux de cerise, de petites pierres, de petits morceaux de bois ou de plume, des haricots ou d'autres graines que les enfants s'introduisent, par niégarde ou eu jouant, dans la narine. C'est par exception que certains corps venus des voies digestives, tels que des matières alimentaires rejetées par les vomissements ou des ascarides, y ont été rencontrés.

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MALADIES DES FOSSES NASALES

Les corps étrangers occupeut habituellement la partie inférieure de la fosse nasale. Ils peuvent cependant aussi être retenus dans quelqu'autre point et spécialement vers la partie supérieure : c'est ainsi que Kern a vu s'échapper, à la suite d'un violent éternuement , un corps étranger qui avait occasionné pendant deux ans de fortes douleurs dont le malade plaçait le siège entre les deux yeux.

Quand ils séjournent longtemps, les corps étrangers des fosses nasales peuvent subir certaines modifîcatious. Lorsque leur substance est spongieuse, comme celle des haricots, par exemple, ils se laissent pénétrer par les liquides de la région et prennent de cette manière un accroissement qui rend leur issue difficile. Quand au contraire ils sont durs, comme dans les cas où il s'agit d'un noyau de cerise, ils grossissent quelquefois par l'addition d'une couche calcaire à la surface. Ruysch rapporte , dans ses Observations anatomiques , (obs. 44) , qu'une petite fille de cinq ans s'était introduit dans la narine une graine de succin d'un volume considérable : elle en souffrit jusqu'à l'âge de quatorze ans , et finit par la rendre en éternuant ; le corps étranger était entouré d'une couche de matière plâtreuse ou pierreuse. On trouve dans Schmucker (obs. 22) la relation d'un fait qui lui avait été communiqué par Horn, et dans lequel le cliù'urgien, croyant qu'il s'agissait d'un polype , conduisit une pince dans la narine; mais il fut étonné de ramener, en l'écrasant, une matière calculeuse au centre de laquelle se trouvait un noyau de cerise. Deux cas exactement semblables ont été observés, l'un par M. Savialles [Bulletin de la Facullé de médecine, t. IV, p. 411); l'autre, par Graîfe {Journal des progrès, t. xii, p. 266). M. Demarquay a fait connaître, dans .son travail sur les calculs des fosses nasales {Arch . gén. de méd., 4" série, t. viii), l'observation suivante, qui avait été recueillie dans le service de Blandin. Une malade, âgée de trente-cinq ans, portait dans la fosse nasale gauche plusieurs concrétions calcnleuses qui furent successivement extraites : Tuue d'elles était grosse comme un haricot ; en la sciant , on trouva qu'elle avait pour base un Doyau de cerise. Il en est donc des fosses nasales comme des voies urinaires : un corps étranger déposé dans leur cavité peut se recouvrir d'une croûte calcaire formée par le dépôt des sels contenus dans le mucus nasal et les larmes. Peut-être la composition chimique de ces liquides est-elle modifiée par l'irritation que détermine la présence du corps étranger, de telle sorte que les sels, devenus plus abondants, se déposent.

Lorsque le corps étranger a séjourné pendant

longtemps, la pitnitaire rouge, boursouflée, quelquefois ulcérée, présente tous les caractères du coryza chronique.

Certains corps étrangers diffèrent des précédents en ce qu'ils se forment d'emblée dans les fosses nasales. On leur donne, avec Graîfe, le nom de rhinoliihes. Les exemples en sont rares. Quelques - uns avaient été publiés par Bartholin {Hisloriarum analoni., cent, i et iv), Wepfer (obs. 192), Plater {deOlfaclus lœsione, lib. i), Thouretli'ls (^/-c/i. gén. de méd., V série, t. xix) , Axmann {Arch. gén. de méd., V série , t. xx) ; mais les auteurs classiques en faisaient à peine mention. M. Demarquay a rassemblé tous ces faits dans le travail cité plus haut, et a réuni, sous le nom de calculs des fosses nasales, tout à la IViis les concréiions formées sur des corps venus de l'extérieur et celles qui se produisent spontanément. Nous n'avons pas à revenir sur les premières, il nous reste à nous occuper des secondes.

Ces corps étrangers peuvent occuper l'une ou l'autre fosse nasale, ou toutes les deux en même temps. Ils sont uniques ou multiples. Il y en avait trois, dans une observation rapportée par Kern {Ephemerides nalurce curiosorum, année 1700), et un nombre plus considérable, quoique indéterminé, dans le cas de Axmann. Leur volume varie : on le compare tantôt à celui d'un pois, d'une noisette, tantôt à celui d'un haricot ou d'une noix. Lorsqu'ils sont volumineux, ils bouchent complètement la narine et peuvent déjeter ou détruire la cloison. Leur consistance est habituellement grande; cependant on en trouve parfois qui s'écrasent avec facilité. Dans le fait cité par Thouret , le calcul était creusé, à sa partie intérieure, d'une cavité que remplissait un mucus d'une odeur infecte. Leur surface est tantôt grise, tantôt noire; elle est en même temps inégale et d'uu aspect comme chagriné.

Ces calculs ont été soumis à l'analyse chimique par Axmann, Front, et M. Bouchardat, qui ont trouvé dans leur composition du mucus et de la matière animale mélangés avec du phosphate de chaux et de magnésie, du carbonate de chaux, du carbonate de magnésie , du chlorure de sodium, et quelques traces de carbonate de soude. Quoique les analyses ne donnent pas dans tous les cas des résultats exactement semblables, M. Demarquay fait cependant observer qu'il existe une grande analogie entre la composition chimique des calculs et celle des liquides (mucus et larmes) qui baignent habituellement la pituitaire.

Éliologie,

Les corps étrangers venus du

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