‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 122 sur 177 · QUATRIÈME DIVISION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME DIVISION

Maladies des dents.

Les dents , organes remarquables par leur mode de formation et d'évolution , leur renouvellement à nue certaine période de la vie, l'accroissement successif de leur nombre jusqu'à l'époque et au delà de la puberté, ont une organisation toute spéciale et mystérieuse, qui a beaucoup exercé la sagacité des anatomistes et des physiologistes. Leur pathologie n'offre pas moins d'obscurités, et peut être compiise de diverses manières , suivant l'idée qu'on se forme de leur structure et de leur mode de vitalité.

Parmi les opinions qui se sont produites sur ce

dernier point, deux surtout ont été mises en vogue : la première, comparant les dents aux os, les considère comme organisées et vivantes, de la même manière que ces derniers; la seconde, tenant compte de l'absence des vaisseaux sanguins dans la portion dure de ces organes , et de la présence d'une portion vasculaire à leur cenire, les considère comme formées de deux parties distinctes , l'une vivante (la pulpe), l'autre inorganique et non vivante (ivoire et émail), comme cela a lieu pour les poiis, les ongles, ces éléments de notre organisme quedeBlamville avait groupés avec les dents sous la dénomination de phanères. La première de ces théories pouvait admettre des lésions vitales et organiques aussi bien dans la portion dure que dans la portion molle des dents ; la seconde, au contraire, ne pouvait admettre ces sortes de lésions que pour la pulpe, mais était obligée de considérer toutes les altérations de l'ivoire et de l'émail comme étant de cause physique ou mécanique.

Cette dernière manière de voir n'a pas prévain ; il a été impossible de considérer comme exclusivement mécaniques les diverses formes de caries dentaires, et la nécessité dans laquelle les pathologisles se sont trouvés de regarder ces caries comme des lésions vitales et organiques a certainement contribué à éloigner les anatomistes de l'opinion si séduisante de de Blainville, et à les ramener à celle de Hunter et de Bichat, qui admettent la vitalité des dents.

Ce n'est pas une raison cependant pour établir que les dents sont organisées et vivent exactement de la même manière que les os. Il est incontestable que leur portion dure est dépourvue de vaisseaux et de circulation sanguine , qu'une fois formée, elle est, même chez l'enfant, impropre à s'accroiire en largeur ou en épaisseur, par intussusception; mais, d'un autre côté , les connexions étroites des racines avec les parois alvéolaires, et la présence, non contestée aujourd'hui, dans l'épaisseur de l'ivoire, de canalicules multipliés qui reçoivent un suc nourricier fourni par les vaisseaux du bulbe , suffisent pour faire admettre dans la portion dure de ces organes une vitalité, plus faible sans doute que celle des os, mais réelle, et qui explique les phénomènes morbides dont les deuls peuvent devenir le siège.

Pour bien comprendre les maladies dont nous allons nous occuper, il ne faut pas perdre de vue cette distinction des deux éléments constituants de la dent : la pulpe et la portion dure; il faut se rappeler aussi que cette dernière est composée elle-même de trois substances , l'émail , l'ivoire et le cément , cette dernière étant plus or-

FRACTURES

ganisée et plus semblable au tissu osseux que les autres, et paraissant avoir pour destination principale d'élablir une connexion solide entre la racine et sa cavité de réceplion.

Faut-il rappeler aussi la présence du cordon vasculo-nerveux qui , après avoir traversé le fond de l'alvéole, s'engage dans le trou placé au sommet de la racine pour arriver au bulbe, le périoste alvéolo-denlaire , ses rapports intimes avec la racine et son cément d'une part, le squelette de l'alvéole d'autre part, sa continuation avec la gencive, la disposition et les adhérences de cette dernière au niveau du collet?

Sans aucun doute, tous ces faits doivent être présents à l'esprit , lorsqu'on étudie la pathologie dentaire, de même qu'il est indispensable de bien connaître les deux dentitions, et l'époque approximative d'évolntiou de chacune des dents; mais tous ces phéuomèues sont assez généralement connus pour qu'on nous dispense de nous y arrêter plus longuement.

Nous aurons à étudier : 1" les lésions traumatiques et physiques ; 2° des lésions vitales et organiques ; 3° des vices de conformation et de développement. Nous terminerons par les opérations qui se pratiquent sur les deuts.

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