FLUXIONS
gien porte avec sa main droite l'extrémité de son instrument entre la gencive et le bord correspondant de la concrélion , puis, soulevant cette dernière, il la détache en la faisant éclater. L'instrument est porté ainsi successivement sur les dents au niveau desquelles il y a du tartre, puis sa pi)inte est promenée dans tous les interstices qui eu coniiennent. Quand on a fait celte petite opération en avant , on la fait en arrière. Là il est souvent plus commode, lorsqu'ou agit sur la niàcliuire inférieure, de détacher la concrétion de haut en bas que de bas en haut. Pendant toute la manœuvre, il importe, surtout quand les dents sont déjà vacillantes, de les assujetiir comme nous l'avons dit, car l'effort qui est nécessaire pour décoller le tartre pourrait êire assez considérable pour les entraîner hors de leurs alvéoles.
Lorsque le tartre est bien enlevé, on cautérise le bord libre de la gencive correspondante avec l'acide chlorhydrique.
M. Brée, ancien chirurgien militaire, a publié dans les Mémoires de médecine militaire |.iour l'année 1833, plusieurs observations dans lesquelles, après avoir enlevé le tartre, il a porté sur le bord ulcéré de la gencive un pinceau trempé dans l'acide nitrique étendu d'eau(une partied'acide pour 8 d'eau). L'auteur recommande même de porter ce mélange non-seulement sur la gencive, mais aussi sur les surfaces dentaires qui avaient été couvertes de tartre, afin de détruire plus sijrenient les restes de cette substance. Il a toujours vu, après cinq ou six cautérisations, l'épéiées tous les jours, et suivies immédiatement du lavage de la bouche avec de l'eau, les dents blanchir rapidement et reprendre de la solidiié. Ce sont exactement les résultats que nous avons obtenus nousmêmes avec l'acide chlorhydrique employé, tous les trois on quatre jours , seul ou mélangé avec le miel rosat.
Quaud il ne reste plus de tartre et que les dents et les gencives sont revenues à l'état normal , on doit songer à prévenir la récidive. Dans ce but, il faut insister sur l'usage habiluel de la brosse; nous donnons la préférence à une bi'osse dure avec laquelle on fait saigner un peu les gencives , et qu'on liempe simplement dans l'eau. Les dentistes conseillent volontiers une poudre denlifiice plus ou moins asiringeute. M. Brcc donne la préférence à une poudre composée de 8 à 10 parties, eu poids, de charbon, une partie de crème de tartre, et quelques centigrammes d'oxyde de calcium. Sans blâmer absolument l'usage de celle poudre ou de tonle autre analogue , nous pouvons affirmer du moins qu'elles ne sont pas indispen-
sables, et que la simple friction avec la brosse remplit suffisamment l'uidication.
Art. vil — Périodontile.
On a donné le nom de périodonlile à l'inflammation du feuillet membraneux qui, prolongé dans chacune des cavités alvéolaires, se continue d'une part avec la muqueuse gingivale, et d'autre part se confond avec le périosie alvéolo-denlaire. On a décrit celle maladie à l'état aigu et à l'éiat chronique , et on lui a donné comme symptômes principaux, dans les deux cas, la douleur et le gonflement des gencives et l'ébranlement spontané des dents. Pour décrire à part cette lésion, il faudrait donc revenir sur ce que nous avons dit à propos de cette dernière affection, et isoler des phénomènes morbides qui, sur les malades, sont presque toujours réunis. Devant d'ailleurs parler plus loin de la gingivite , nous reviendrons encore sur le prolongement de cette maladie dans les cavités alvéolaires et sur ses conséquences. Il sei-ait donc inuiile de nous arrêter plus longtemps sur la périodontile.
Art. VIII. — Blaladies qui se développent au voisinage et par suite de la carie dentaire.
Les dents cariées peuvent occasionner un certain nombre de maladies de voisinage. Les unes ont été décrites dans les chapitres précédents, et devront seulement èlre rappelées ici ; les autres n'ont pas encore été indiquées, et en conséquence nous arrêteront un peii plus longtemps.
Parmi les premières, se trouvent la nécrose, les kystes, et quelquefois l'osléosarcôme, sujets dont il a été question aux pages561,565,decevokime.
Parmi les secondes, seironvent les Huxions, les abcès , et la névralgie faciale. Après en avoir parlé, nous consacrerons un paragraphe spécial aux accidents occasionnés par les dents de sagesse.
g 1. — Fluxions.
On désigne sous le nom de fluxions des gonflements inflammatoires qui se développent sons les gencives et dans le tissu cellulaire de la joue, noa loin des dents gâtées. Elles arrivent aussi biea quand celles-ci sont indolentes que lorsqu'elles Lont douloureuses. On les voit égaicmeul survenir après l'opération de rarrachemcnt, et par suite de l'irritation que produisent les fausses dents mises à la place des aenis cariées qui sont tombées ou qu'on a enle\ées.
Les fluxions dentaires sont plus fréquentes à la
MALADIES DES DENTS
mâchoire supérieure qu'à l'inférieure. Elles forment des tumeurs habilueliement mal circonscrites, assez volumineuses, s'étendant jusqu'à la base de l'orbiie et à la paupière inféiieure. Peu consistantes et à peine douloureuses, elles n'occasionnent qu'une certaine gène pendant la coniraction des muscles de la face pour parler et pour rire, et leur principal inconvénient est la difformité qu'elles occasionnent pendant quelques jours.
En effet cette maladie est de courte durée et se termine toujours par résolution.
On peut considérer la fluxion comme un phlegmon qui reste à la piemièi'e période, c'est-à-dire qui ne suppure pas et se termiue par résolution. Elle diffère cepeudant du phlegmon ordinaire par une mollesse plus grande et par une consistance qui rappelle celle de l'oreillon; elle diffère du phlegmon sujjpurant des régions qui nous occupent par l'absence de saillie douloureuse au toucher sur la gencive, au niveau de la dent malade.
Le traitement est des plus simples et consiste seulement à entretenir avec de la ouate ou une mentonnière une chaleur douce et uniforme sur la partie tuméfiée. Si les récidives étaient fréquentes, le seul moyen préventif serait l'extraction de la dent.