‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 139 sur 177 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

MALADIES DE LA MUQUEUSE BUCCAL;e.

Parmi les maladies de la muqueuse buccale, il en est qui, occupant les portions de cette membrane dont sont revêtus quelques-uns des organes de la bouche , ont été ou serout décrites dans les articles spéciaux consacrés aux maladies de ces organes eux mêmes. Nous n'avons donc à parler ici que des affections qui, occupant la muqueuse buccale daus la loialiié ou dans une grande partie de son étendue, u'appartieinieut pas plus à l'un des organes de la cavité qu'aux autres; nous voulons parler surtout des stomatites, qui d'ailleurs ne sont souvent qu'une extension des gingivites.

Nous ne nous occuperons pas de la stomatite aphtbeuse, non plus que du muguet, parce que ces maladies sont du ressort de la palbolo;;ie interne. Mais nous décrirons la s(omalite mercurielle et la stomalite ulcéreuse épidémique, pour lesquelles les chiruigiens sout souveut consultés.

Art. P''. — Stomatite mercurielle.

On donne ce nom à l'inflammation de la muqueuse buccale provoquée par les préparations mercurielles.

On a décrit souvent celle affection sous le nom Ae, salivation mercurielle, parce qu'un de ses symptômes les plus fi'appants et les plus communs est la sécrétion trop abondante de la s:ilive et l'écoulement de ce liquide à l'exlérieur. Mais, comme la salivation proiirement dite n'a pas lieu ou est à peine prononcée dans un bon nombre de cas, dans ceux en particulier qui sont aujouid'hui les plus fréquents, la dénomination de stomalite est celle qui convient le mieux.

Étiologie. — La stomatite mercurielle ne se développe pas avec la même facilité chez tous les sujets. Il en est qui prennent impunément du mercure pendant des mois et des années, tandis que d'autres salivent aussilôt qu'ils absorbent les plus faibles doses de ce médicament. Nous avons vu une femme èlre alleinle de stomatite à la suite d'une seule cautérisation du col utérin avec le nilrate acide de mercure; chez une autre, la maladie se développa quelques jours après l'introduciion, réitérée chaque malin, dans l'anus, d'une petite mèche enduiie de pommade au proto-iodure de mercure. Il faut doue admettre

ici, comme pour tant d'autres affections, une prédisposition particulière.

Tous les âges sont exposés à la stomatite mercurielle; si on l'observe plus rarement chez les enfants que chez les jeunes sujets et les adultes, c'est parce que les enfanls sont plus rarement atteints des maladies qui réclament l'emploi du mercure.

Quant aux causes déterminantes , la plus fréquente est l'absorption du mercure par les voies digestives ou par la peau. Toutes les préjiaraiions mercurielles données à l'inlérieur peuvent occasionner la stomatite, mais elles la provoquent d'autant mieux que le médicament a éié continué plus longtemps, même à des doses très- faibles. Ainsi 0,40 ou 0,50 centigrammes de calomel, pris en une seule fois comme purgatif, u'occasiounent que très-exceptionnellement la salivation, tandis que la même dose, prise en huit ou dix jours, l'amène assez souvent. On sait même que des doses infiniment plus petites , mais répétées plusieurs fois dans la journée, donnent la stnmaiite, tt qu'eu thérapeutique on a cherché quelquefois à l'aire naître celte maladie, en donnant 0,10 centigr. de calomel divisé en 12 ou 15 prises toutes les vingl-quaire heures, pendant deux, trois ou quatre jours. Il semble donc qu'tme sorte d'imprégnalioa de toute l'économie par le mercure soil nécessaire pour que la maladie se développe. Mais nous ne pouvons indiquer rigoiu'ensemeut le temps nécessaire pour que cette imprégnation ait lieu, parce qu'il y a à cet égaid df grandes variétés individuelles. Nous avons vu des sujets chez lesquels la stomatite arrivait du huitième au dixième jour d'un traiiement mercuriel, tandis que chez d'autres elle se montrait beaucoup plus tard.

On observait cette alïecliuu pins souvent, et surtout à un degré plus iniense i|u'aujuurd'hiii, à l'époque oii l'on donnait la préférence aux frictions mercurielles pour le traitement de la syphilis, et même acluellement les cas graves de salivation dont nous sommes témoins surviennent presque toujours après des frictions conseillées soit pour le traitement d'une péritonite, soit pour la destruction des pediculi. 11 ne faudrait pas conclure de là que ce mode d'administration du mercure expose plus par lui-même à la stomatite que . l'administration par la bouche. Le fait s'explique

MALADIES DE LA MUQUEUSE BUCCALE

tout simijiement par la quantité pjus grande de mercure absorbé. Eu effet , les malades auxquels on prescrit des frictions mercurielles les fonteiixmêmes ou se les font faire par des personnes étrangères à l'art , qui les continuent trop longtemps ou les font avec trop de violence ; or, la quantité de mercure absorbée étant en rapport avec le temps pendant lequel on continue la friction et avec la force qu'on y met , il est aisé d'en faire trop absorber par ce procédé, et il est difficile au praticien de limiter exactement la quantité qui doit être introduite dans le torrent circulatoire.

L'absoi-plion du mercure par les voies de la respiration peut également être suivie de la stomatite ; on l'a quelquefois observée sur les ouvriers qui travaillent à l'étamage des glaces, à la fabrication du vermillon et à la dorure des métaux, sur ceux en particulier qui ramoueut les cheminées des ateliers de dorure. C'est également par cette voie que le mercure est introduit pour aller porter son action sur la bouche, lorsque, par accident, il est soumis à une évaporation lente dans quelque endroit où sont rassemblées beaucoup de personnes. Rien de plus curieux sous ce rapport que la relation des accidents observés siir le vaisseau le Triomphe en 1810 [Jrchives géii. de tned., 1825, t. iv) : 130 tonneaux de mercure, placés à bord de ce bâtiment, se détériorèrent sous rinfluence de la chaleur et de l'humidité , et laissèrent échapper le métal, qui se répandit dans tout le vaisseau. Dans l'espace de trois semaines, 200 hommes furent atteints de salivation, quelques-uns peut-ètie pour avoir avalé du mercure qui se trouvait mêlé à leurs aliments, mais le plus grand nombre pour avoir respiré un air d'autant plus chargé de vapeurs mercurielles que la températui'e était très-élevée. Cette influence de la vicialion de l'atmosphère se fit sentir non-seulement sur les hommes, mais sur un grand nombre des animaux qu'on avait à bord, tels que moutons, cochons, volaille, chats, chiens, et même souris. Le D"" Grapiu a publié dans les Archives générales de médecine, en juillet 1845, l'observation de quatre personnes, le pèie, la mère et deux enfants, qui eurent une stomatite intense pour avoir briîlé dans un poëie la moitié d'une sebille qui avait servi à chauffer du mercure pour l'étamage des glaces. Dans un autre cas, rapporté par le même auteur , uu homme de 50 ans avait fait fondre dans un dé à coudre du tain enlevé à une glace; il eut, ainsi que sa femme et sa fille, qui avaient assisté à l'opération , une stomatite bien prononcée, mais qui guérit assez promptement.

Symptômes. —-Ils diffèrent suivant que l'in-

flammation est plus ou moins intense. Pour bien indiquer ces différences , il faut établir trois degrés principaux de la maladie :

1° La stomatite mercurielle du premier degré occupe pi'esque exclusivemeut les gencives et la face interne des joues et des lèvres , c'est-à-dire la portion de muqueuse buccale qui est placée au devant et au niveau des arcades dentaires, dans ce qu'on appelle le vestibule de la bouche. Le plus souvent même ce n'est autre chose qu'une gingivite , diff'érant de la gingivite ordinaire par sa cause, mais lui ressemblant par ses symptômes fonctionnels et physiques. Nous la signalerons d'une manière spéciale, parce que c'est elle que nous obsei'vons aujourd'hui le plus communément dans le cours de nos traitements mercuriels.

El!e débute quelquefois par les deux gencives antérieiu'es en même temps, lesquelles ne tardent pas à présenter le gonflement , la rongeur et le saignement facile que nous avons signalés à propos de la gingivite non ulcéi'euse; d'autres fois elle commence par la gencive inférieure, et tantôt y reste confinée, tantôt s'étend plus lard à la supérieure. Nous avons vu souvent à l'hôpital de Lourcine la stomatite mercurielle débuter par la gencive correspondant à l'une des dents de sagesse inférieures et par la muqueuse voisine. Les malades accusaient de la douleur dans ces régions en mangeant, et, si nous examinions, en ayant soin de bien écaiter la joue avec une spatule, nous trouvions sur les points indiqués une érosion gi'isàti'e, dont la couleur était due à une exsudation pulpeuse très-adhérente. Probablement le mercure agissait d'abord sur cette partie de la bouche, parce que nos malades, la plupart âgées de 18 à 25 ans , se trouvaient au moment de l'évolution de leurs dents de sagesse, et que ce travail prédisposait la région correspondante à une inflammation dont le mercure était la cause occasionnelle. Chez quelquesunes , la stomatite est restée limitée aux points dont nous venons de parler; chez d'autres , elle n'a pas tardé à se propager aux gencives et à présenter les caractères habituels de la gingivite mercurielle. Quelquefois cette gingivite reste non ulcéreuse ; d'autres fois elle devient ulcéreuse , c'est-à-dire qu'on aperçoit sur le bord libre de la gencive, au niveau du collet des dents , une petite ulcération linéaire , occupant une partie seulement ou la totalité de ce bord. Chez la plupart des sujets, on voit apparaître, au bout de quelques jours, une couche de matière pulpeuse ou même de pus épais, qui séjourne sur la couroune des dents , au voisinage de leur collet.

Quelle que soit d'ailleurs la situation de la gingivite mercurielle, les malades accusent un goût

STOMATITE MERCURIELLE.

métallique désagréable, et leur bouche exhale une odeur fétide toute spéciale, que ne présentent pas les gingivites dues à d'autres causes. Souvent les ganglions sous-maxillaires se tuméfient et deviennent sensibles à la pression.

Quant à la douleur, elle ne se montre guère que durant la mastication , et elle offre beaucoup de variétés individuelles. Elle manque rarement dans la stomatite ulcéreuse du fond du vestibule, celle que nous avons dit se développer autour de la dent de sagesse; mais elle manque quelquefois dans la gingivite générale non ulcéreuse.

Il en est de même de la salivation. Certains malades se plaignent d'être obligés de cracher plus souvent que dans l'éîat normal, sans qu'on voie cependant la salive s'écouler en abondance sur la joue, comme dans le deuxième degré de la stomatite ; d'autres ont une salivation assez prononcée, d'autres enfin n'indiquent rien de particulier du côté de la salive. Ces vailélés nous paraissent démontrer péremptoii'cmeut que le mercure, dans la maladie dont nous nous occupons, ne porte pas exclusivement son action sur les glaudes salivaires ; s'il en était ainsi , nous verrions dans tous les cas la salive s'échapper eu grande abondance. Il est plus probable que cet agent porte son excitation s[jéciale sur la muqueuse buccale et sur toutes les parties qui en dépendent , c'est-à-dire sur les glandes salivaires aussi bien que sur les follicules mucipares de la bouche, et que tantôt cette action se limite à la muqueuse buccale et à ses follicules, sans se propager aux glandes salivaires , tantôt elle s'étend à ces dernières en même temps qu'à tout le reste de la muqueuse buccale.

La marche et la durée de la stomatite du premier degré présentent aussi des variétés. En général, quand lagingivilemercurielle est douloureuse, elle est aiguë, et tend à se terminer promptement par résolution et sans ébianlement des dents, une fois qu'on a cessé l'emploi du mercuie. Lorsqu'elle est indolente , elle tend à durer plus longtemps. Probablement elle s'arrêterait encore et se terminerait assez promptement si les malades ne continuaient pas à faire usage du mercure. Mais la plupart, se fiant siu- l'indolence du mal, n'y font pas attention et n'arrêtent pas leur traitement ; quelques-uns ne revoient même pas le médecin qui le leur a conseillé, ou s'ils le revoient , celui-ci , se eonteniant de denîander si l'on salive et si l'on soutire pendant la mastication, et recevant une réponse négative, n'examine pas suffisamment les gencives.

Nous avons observé des cas dans lesquels la stomatite, primitivement aiguë et douloureuse,

diminuait après la cessation du traitement mercul'iel , mais reparaissait aussitôt que ce dernier était repi'is pour s'améliorer encore après quelques jours d'iiileiruplion, et revenir de nouveau après la reprise du traitement, jusqu'à ce qu'enfin la maladie passât définitivement à l'état chronique et indolent. Lorsque la gingivite mercurielle, après une série de récidives, revêt cette forme chronique, dont les auteurs ont peu parlé, elle devient impropre à guérir vite, alors même qu'on a cessé les mercuriaux. Nous avons vu des malades qui ne prenaient plus de mercure , et cependant la conservaient, surtout lorsqvi'ilsn'étaient pas bien soignés, pendant plusieurs années.

A la longue, le bord gingival enflammé, quelquefois entretenu dans un état d'ulcération par une couche de tartre dont le dépôt semble être favorisé par le travail inflammatoire, s'affaisse et laisse les dents déchaussées; puis celles-ci s'ébranlent par la propagation de l'inflammation dans l'intérieur des alvéoles. C'est surtout au niveau des incisives moyennes inférieures que ces résultats se remarquent ; mais il n'est pas rare non plus que peu à peu les autres dents se déchaussent, s'ébranlent, et tombent. A la longue , et après la chute d'un certain nombre de dents , la guérison fiinit par avoir lieu.

Deuxième degré. — La stomatite mercurielle du deuxième degré occupe non plus seulement le vestibule, mais toute la cavité de la bouche; elle est en même temps plus intense et se caractérise par la production de fausses membranes et d'ulcérations, et par la séciétion et l'écoulement d'une grande quantité de .salive. La maladie est toujours aiguë et aocompagnéed'un mouvement fébrile.

Si l'on fait ouvrir la bouche du malade, on trouve,dès les premiers jours, sur les gencives, la face interne des joues , la voûte palatine , la langue, et même sur les piliers du voile du palais et les amygdales, des plaques et des pellicules blanches ou grisâtres, molles, assez minces, qui s'enlèvent avec une grande facilité. Ces plaques sont des fausses membranes déposées sur la surface épithéliale. La langue est plus volumineuse que dans l'éiat naturel ; si cette augmentation lui permet de rester derrière les arcades dentaires , les dents contre lesquelles elle appuie plus fortement qu'à l'ordinaire, marquent sur son contour autant de sillons, et le malade articule difficilement les sons. Si l'augmeniation de volume devient plus grande encore , la langue ne peut plus tenir dans la bouche , s'échappe entre les arcades dentaires, qui restent écartées, d'oii une expres.sion particulièrement désagréable de la physionomie.

MALADIES DE LA MUQUEUSE BUCCALE

L'haleine est plus fétide encore que dans le degré précédent ; le malade sent arriver continuellement dans sa bouche une grande quantité de salive; il ne peut l'avaler en toialilé , il répugne même à le faire, parce que la saveur en est désagréable; c'est pourquoi un liquide clair, légèrement visqueux, s'échappede lui-même sur le menton et les joues. Quand le malade est couché, ce liquide humï-cte si proinptemeut l'oreiller ou le traversin, qu'on est obligé de mettre des serviettes ou d'autres linges, faciles à renouveler dès qu'ils sont trop mouillés; et encore cette obligation d'avoir les joues coutiiuiellement humides est tellement incounnode, que beaucoup de sujets préfèrent placer une cuvette à côté d'eux lorsqu'ils sont couchés ou rester assis avec la cuvette au-devant d'eux.

La quantité de salive qui se perd de celte manière est de 300 à 1,000 grammes par jour ; on a vu des malades en perdre 3 et 4 kilogrammes dans les vingt-quatre he.ures. Du reste la composition de ce liquide diffère peu de ce qu'elle est dans l'état normal. Selon le chimiste anglais Bostock, on y trouverait une proportion moindre de mucus et une proportion plus grande de sérosité, comme si la matière animale était passée de l'état de mucus à celui de sémsité [Journal des progrès, t. iv). Les analyses qui ont été faites par Bostock, Ortila, M. Devergie, et d'autres chimistes, n'ont pas fait découvrir de mercure daus la salive.

Au bout de quelques jours, les gencives se tuméfient davantage , les dents s'ébranlent ; la langue , de plus en plus volumineuse , s'avance au delà des arcades dentaires. Quelques-unes des fausses membranes sont expulsées, et à leur place se trouvent des ulcérations en général peu profondes, d'apparence gaufrée, quelquefois vermeilles, douloureuses au moindre contact. Les malades s'affaiblissent et maigrissent promptement, tant par suite de la déperduion de salive que par l'impossibilité de se nourrir, et par Tiusoinnie à laquelle les coiidamueiit l'écoidement continuel, la gène de la respiratiou et la douleur.

Troisième degré. — On observe les mêmes signes physiques et fonctionnels que dans le denxièiTie, le même gonflemeut de la langue, le riiême écoulement de salive; mais, de plus, les ulcérations de la face interne des joues sont plus profondes ; d'autres se montrent sin- les gencives, atteignent et détruisent le périoste, d'oii la dénudation et plus tard la nécrose plus ou moins étendue de l'un des maxillaires. Quelquefois, au lieu d'ulcérations, ce sont des eschares qui se produi-

sent sur la surface interne des joues et les gencives ; dans ce cas, comme dans ceux d'ulcérations profondes, la guérison laisse à sa suite des cicatrices vicieuses, qui maintiennent les joues collées aux mâchoires et empêchent ces dernières de s'écarter.

La stomatite du deuxième et celle du troisième degré se terminent souvent parle passage à l'état chionique, et ne disparaissent tout à fait qu'après la chute des dents préalablement ébranlées. D'autres fois elles guérissent assez vite, et la santé se rétablit prompiement, une fois que la mastication est redevenue possible et que le sommeil est revenu. Ell<;s se terminent rarement par la mort; celle-ci a cependant été quelquefois causée par le dépérissement rapide du sujet, et la diarrhée colliquative qui s'en est suivie.

Diagnostic. — Rien de plus facile que de déterminer l'existence d'une stomatite et le degré de son intensité. Les commémoratifs éclairent sur l'éliologie ; s'ils manquaient , soit par la mauvaise volonté du malade, qui ne voudrait pas convenir qu'il a |)ris du mercure, soit par ignorance de sa part, on serait guidé par l'odeur toute spéciale, de l'haleine , par le goi!il méiallique dont se plaint le patient, et enfin par la salivation abondante quand elle existe. Car il n'y a guère que les préparations mercuiielles qui donncirt lieu à ces deux variétés de phénomènes : inflammation de la muqueuse buccale , et sécrétion d'une très-grande quantité de salive.

Pronostic. — La Stomatite mercurielle du premier degré n'est pas une maladie grave , et guérit loujimrs an bout d'un temps plus ou moins long après la cessation des merruriaux. Il en est ordinairement de même pour celle du second degré; pourtant, lorsque la diarrhée survient, et que le sujet est déjà affaibli par d'autres maladies antérieures, la terminaison par la mort n'est pas impossible. Dans celle du troisième degré, on peut craindre aussi la diarrhée colliquative, et, lorsque le malade guérit, les cicatrices vicieuses dont nous avons parlé.

Traitement. — Le point important est de soustraire le malade à toute influence mercurielle, eu faisant cesser le traitement, lorsqu'il a une syphilis, en l'éloignant des émanations délétères, lorsque ses travaux ou un accident quelconque l'ont exposé à ces émanatiiins.

Quant au traitement curatif, nous n'en connaissons d'efficace que pour la stomatite mercurielle du premier degré ; nous avons souvent em-

STOMATITE ULCÉREUSE ÉPIDÉMIOUE.

ployé, conformément aux préceptes de Van Swieten, Boyer, et M. Ricoid, l'attouchement des gencives et de la muqueuse des joues avec un pinceau trempé dans Tacide chiorhydrique pur ou dans un mélange d'acide chloihydiique et de miel rosat, et il nous a paiu que cette peliie opération, répétée tous les deux ou trois jours, favorisait la résolution de l'état inflammatoire et empêchait son passage à l'état chronique. Les gargarismes aslringents, particulièrement ceux dans la composition desquels on fait entrer l'alun ou le borax à la dose de 4 à 8 grammes pour 1 litre d'eau d'orge ou de guimauve, ne sont pas non plus sans utilité. Nous avons essayé les mêmes moyens contre les ulcérations du second et du troisième degré; mais les malades en ont vivement souHért, sans que l'inflammation ait été modifiée avantageusement. Il nous a paru que les ga'garismes émollieuts étaient les seuls agents à employer tant que la stomatite était réceute et très-aiguë, et que la cautérisalion et les astringents n'étaient utiles que plus tard, c'est-à-dire quand la maladie devenait indolente et commençait à prendre la forme chronique. On a couseillé, dans ces derniers temps, d'ajouter au traitement local dont il vient d'être question un traiteuient interne et général, consistant dans l'administration du chlorate de potasse à la dose de 4, 6 et 8 grammes dans les vingt-quaire heures. Nous avons employé plusieurs fois ce médicament dans la stomatite du premier degré, concurremment avec les attouchements dont il éiait question (oui à l'heure. Les malades ont été guéris sans doute , mais ils ne l'ont pas été sensiblement plus vite que ceux chez lesquels nous avions précédemment mis en usage la cautérisation toute seule. Les faits dont nous avons été témoins ne nous permettent donc pas d'accorder à cet agent la valeur qu'on lui a donnée. Nous avons eu également l'occasion de donner le chlorate de potasse dans des cas de stomatite violente, sans que la maladie en ait été noiablement améliorée. Nous possédons, en particulier, l'observation d'une Jeune femme chez laquelle des fi'ictions immodérées faites sur le ventre avec l'ouguent napoliiain, pour une métro-péritonite puerpérale, avaient amené une stomatite des plus intenses , avec gonflement et issue de la langue, ulcérations multiples à foud grisâtre, salivation extrêmement abondante. Le chlorate de potasse lui a été donné à la dose de 6, 7 et8 grammes par jour, pendant plus de vingt jours; et cependant la stomatite a suivi ses périodes ordinaires et s'est améliorée si tardivement qu'il n'a pas été possible de décider si la giiérison avait été due au médicament plutôt qu'à la marche uaturelle de la maladie.

Cependant , comme le chlorate de potasse n'a certainement aucun inconvénient , et comme des observateurs dignes de foi, M. le D'' Isanibert en particulier, danssa ihèse en 18.57, assurent enavoir obtenu de bons résultats, nous ne le proscrivons pas absolument; nous averiissons seulement les praticiens, qu'ils ne doivent s'attendre à des efléts positivement satisfaisants que dans le plus petit nombre des cas.

Art. il — Stomatite ulcéreuse épidémique.

La maladie dont uous voulons parler ici a d'abord été observée chez les enfants et décrite dans des mémoires spéciaux ou dans des traités généraux sur la pathologie infaniile, avec des dénominations diflérenies. MM. Blache et Guersant lui ont donné , dans l'article Stomaiile du Diciionnaire en 30 volumes, le nom âtslomatile couenneuse ou pseudo-membraneuse ; M. Barrier, dans son Traité des maladies des enfants, celui de stomatite ulcéreuse ; M. Taupin, dans un mémoire spécial {Journal des connaiss. médico-chir. , 1. 1 v), celui àtstomatite gangreneuse ; MM. Rilliet et Barthez, dans leur ouvrage sur les maladies de l'enfance, celui de stomatite ulcéro-membraneuse. Boyer avait aussi consacré un article à cette maladie, .sous le nom de gangrène scorbutique des enfants.

Dans ces derniers temps, M. le D'E.-J. Bergeron, médecin de l'hôpital Sainte-Eugénie, après avoir recueilli , à l'hôpital militaire du Roule, un grand nombre d'observations analogues à celles qu'avaient eu l'occasion de faire, sur une moins grande échelle, divers chirurgiens militaires, et en particulier Desgeneties, Larrey, et plus récemment MM. les D" Caffort, Payen et Gourdon, et Léonard, a publié un travail consciencieux sur la stomatite ulcéreuse des soldats (voy. Mémoires de méd. et de chirurg. milit., 1859, et Jrchives gén. de méd., 1859, t. il). L'auteur de ce travail fait une élude complète de celte maladie chez les soldais, et démonire son identité avec la stomatite décrite chez les enfants par les médecins que nous avons cités.

Il semblerait donc résulter de ces publications que la slomatite ulcéreuse épidémique et conlagieuse est une affection spéciale aux enfants et aux soldats. Or il n'en est pas ainsi ; nous voyons assez souvent dans les hôiiitaux d'adultes, et nous avons eu plusieurs fois l'occa.sion de traiter des hommes ou des femmes qui présentaient les symptômes de la mahidie si bien étudiée par les médecins d'enfants, d'un côté, par les médecins militaires et M. E.-J. Bergeron , d'un autre côté.

MALADIES DE LA MUQUEUSE BUCCALE

Il est donc nécessaire aujourd'hui , pour n'induire personne en erreur, de présenter une description qui s'applique à tous les sujets sur lesquels on peut avoir roccasion de rencontrer cette maladie.

Étiologie. — La stomatite ulcéreuse est quelquefois sporadique, mais le plus souvent elle est épidémique. Sa cause occasionnelle principale est l'encombrement. On la voit apparaître, pour les enfanis,dans les écoles, les salles d'asile, les chambres étroites dans lesquelles vivent, sur les mêmes grabats, plusieurs frères et sœurs; pour les adultes, dans les casernes, et dans ces mêmes logemp.nis insalubres où la maladie sévit sur les parenis, après avoir atteint d'abord leurs enfants.

A côté de l'encombrement, il faut placer la contagion, en vertu de laquelle le mal se propage et se développe sur un certain nombre d'iudividus habitant ensemble et vivant de la même existence. Cette contagion est démontrée par les détails suivants, que nous empruntons au mémoire de M. E.-J. Bergeron : Le D"" Léonard rapporte qu'un détachement du 3" bataillon du 5*^ de ligne, atteint de stomatite ulcéreuse, ayant été mis en rapport avec les deux autres bataillons jusque-là exempts, la stomatite envahit toutes les compagnies, et le régiment dispersé transporta ensuite l'affection à Aix, à Antibes et à Toulon. M. Bergeron a eu le courage de se faire inoculer à luimême la sanie purulente prise sur une des ulcérations que portait un jeune soldat affecté de stomatite. L'inoculation fut faite avec une lancette sur la lèvre inférieure. L'inflammation qui en résulta fut assez modérée, et l'expérience serait restée douteuse, si une autre personne, vivant dans le même intérieur, n'avait été prise d'une stomatite ulcéreuse type, à laquelle elle n'était nullement exposée par son hygiène.

Les faits précédents ne permettent pas de douter que la maladie est contagieuse, mais ils n'éclairent pas sur le mode de transmission. Celle-ci a-l-elle lieu par contact, par infection miasmatique ou par ces deux voies à la fois ? Nous n'avons pas de documents assez précis pour répondre à ces questions. D'un côté , si l'un des soldats soignés par M. Bergeron a pu croire qu'il avait gagné la maladie en buvant dans le gobelet d'un camarade; si M. Taupin a vu l'affection se développer chez des enfants qui s'étaient servis de la cuiller ou du gobelet d'un autre enfant déjà malade, et si nousmêmes nous avons rencontré des pères et mères qui pensaient avoir été atteints pour avoir embrassé leurs enfants malades avant eux; d'un autre côlé, dans le plus grand nombre des observations, il a été difficile, sinon impossible, de prouver qu'un

contact direct avait eu lieu entre l'individu malade et l'individu sain.

Des causes prédisposantes .s'ajoutent presque toujours à l'encombrement pour donner naissance à la stomatite. Les plus importâmes sont l'uniformiié, l'insuffisance et la mauvaise qualité des aliments. Dans l'armée, par exemple, cette maladie est rare chez les sous-officiers , et plus raie encore chez les officiers; tandis qu'elle atteint de préférence les jeunes soldats, dont la nourriture est moins bonne et surtout moins variée. Dans les familles pauvres, cette cause intervient également pour une large part.

Les sujets originellement faibles, ceux qui ont été débilités par une maladie antérieure, par des fatigues corporelles, comme celles du service militaire, y sont plus parliculièremeut exposés.

Les conditions météorologiques qui paraissent favoriser le développement des épidéuiies de stomatite ulcéreuse sont la chaleur et l'humidité. Ainsi M. Bergeron, après avoir analysé les diverses épidémies retracées dans les annales de la chirurgie militaire, est arrivé à ce résultat, que la maladie avait été plus commune entre les mois d'avril et de décembre qu'à d'autres époques, que les cas s'étaient multipliés d'abord au moment des premières chaleurs , puis au commencement de l'automne.

Symptômes. — Après une période d'incubation sur la durée de laquelle nous n'avons aucun renseignement, le malade est pris de quelques symptômes prodromiques, consistant en une fièvre avec courbature. Mais, chez un bon nombre de sujets , les prodromes manquent , et la maladie débute d'emblée par un sentiment de chaleur douloureuse dans toute la bouche. Bientôt apparaissent un gonflement avec rougeur des gencives, et çà et là sur la face interne des joues et des lèvres, sur la langue, le palais, et même sur les amygdales et les piliers, de petites pustules blanches, qui ne tardent pas à s'ouvrir et sont remplacées par des ulcérations. Chez beaucoup de sujets on n'a pas eu l'occasion de constater ces pustules initiales, et l'on a pu croire que les ulcérations avaient eu lieu d'emblée. A ce moment, les ganglions sous-maxillaires se tuméfient, la mastication et la parole deviennent difficiles, l'haleine prend une fétidité prononcée, mais différente de cellede la stomatite mercurielle, et le malade commence à perdre un tjeu de salive. Puis le bord libre des gencives s'ulcère et prend une coloration grisâtre, due au dépôt d'une couche pulpeuse sur la petite soliuion de continuité.

D'autres ulcérations, qui prennent une plus

STOMATITE ULCÉREUSE ÉPIDÉMIQUE.

grande étendue , se montrent sur divers points de la bouche et notamment sur la face interne des joues et sur la langue, que'ques-uues même sur le voile du palais et les amygdales. Elles ont leur fond gris, à cause de la présence d'une pulpe tantôt sanieuse et semi-liquide, tantôt d'apparence membraneuse , qu'on a pu considérer comme une fausse membrane. Mais M. Bergeron a fort bien indiqué les différences qui existent entre ces produits et les fausses membranes de la dipbthérite. Tandis que ces dernières reposent sur un fond non ulcéré, ne sont pas mélaugi^es avec le pus, sont formées, d'après l'examen microscopique et chimique, de fibrine sans organisation et sans trame, les autres, c'est-à-dire les produits membraniformes de la stomatite, reposent sur une muqueuse ulcérée, sont toujours mêlés avec une certaine quantité de pus, que l'on reconnaît à l'aide des caractères microscopiques, si l'examen à l'œil nu laisse des cloutes, el enfin sont composées d'une matière organique arrangée en trame, c'est-à-dire composée de fibres cellulairesentre-ci'oisées. Ces couches, en im mot, au lieu d'èire un produit surajouté, comme celles delà diphthérite, semblent formées par une portion delà muqueuse elle-même, ramollie et passée à l'état de détritus plus ou moins mou par suite du trouble nutritif.

Abandonnée à elle-même, cette affection peut guérir spontanément après deux ou trois semaines (le durée. On voit alors la matière blanche du fond des ulcérations s'éliminer; celles-ci prendre un aspect vermeil el se cicatriser, après avoir présenté à deux ou trois reprises de nouvelles couches blanches à leur suiface. Les dents d'ailleurs ne sont pas ébranlées, et aucune d'elles n'est tombée.

D'autres fois et même plus souvent, la maladie passe à l'état chronique. Après l'expulsion de la matière blanche membranifornie, une nouvelle quantité de cette matière .se produit. Les ulcérations ne passent pas à l'état vermeil, les gencives ue cessent pas d'être ulcérées, les dents s'ébranlent et tombent à la longue comme dans la stomatite mercurielle. Cet élat persisie tant qu'on ne change pas d'hygiène ou que l'art n'intervient pas utilement, et les malades s'affaiblissent d'autant plus que l'élat de la bouche ue leur permet pas de manger suflisamment. Cependant presque tous les .sujets guérissent, parce qu'à la fiu ils réclament des secimrs , et que ceux dont nous disposons sont efficaces.

Il n'est pas rare non plus de voir la maladie repasser tout à coup à l'élat aigu au moment où elle paraissait être sur le point de guérir.

Si maintenant nous voulons comparer la storaa-

tite ulcéreuse épidémique à d'autres maladies, et chercher dans quelle partie du cadre nosologique on doit la ranger, nous arrivons à celte C(mclusion, que d'après les phénomènes physiques, elle ressemble beaucoup à la stomatite mercurielle du deuxième degré , dont elle diffère seulement par son étiologie et par son caractère contagieux.

On a pu croire que les produits blanchâtres qui recouvrent les ulcéiations étaient des fausses membranes, et en conséquence regarder la maladie comme une diphthérite buccale, mais nous avons fait ressortir les différences qui existent entre ces produits et les fausses membranes proprement diles; et comme d'ailleurs on n'a pas vu la stomatite se lerminer par une angine coueuneuse ni par un croup; comme, d'un autre côlé, ces épidémies n'ont point coïncidé avec des épidémies de diplithériie, ce sont autant de raisons pour ne pas la ranger parmi les affections diphihéritiques.

Le gonflement, et quelquefois le saignement des gencives, ont pu faire établir une analogie entre cetle affection et le scorbut ; il est remarquable, en effet, qu'elle se développe, comme le scorbut , d'une manière épidémique , et chez des sujets soumis à l'humidilé et à de mauvaises conditions hygiéniques. Mais, dans le scorbut, les ulcérai ions ue sont pas couvertes d'une couche couenneuse, et ne sont pas contagieuses ; il y a d'ailleurs du côté de la peau et des muqueuses des suff'usions sanguines qu'on attribue à une altération spéciale du sang , et qui n'existent pas dans la slomalile ulcéreuse; pour ces raisons, il ne s'agit pas non plus d'un scorbut , et nous ne con.servons même pas le nom de gangrène scorbutique des gencives, employé par Boyer.

En somme , tous les caractères de la maladie obligent à la considérer, avec M. Bergeron, comme une inflammation ulcéiaiive spécifit|ue, c'est-àdire se produisant chez plu.sieurs individus à la fuis avec les mêmes caractères, et engendrant, chez les sujets auxquels elle a éié inoculée, des phénomènes semblables à ceux qu'on observe chez les sujets sur lesquels la matière de l'inoculalion a été prise.

Diagnostic. — La seule maladie avec laquelle on puisse confondre celle dont nous nous occupons en ce moment est la stomatite mercurielle du deuxième degré : en effet on a, dans les deux cas, les mêmes ulcérations et les uiéines productions membraniformes giisAires. Mais, dans la stomatite mercurielle, la salivation est plus abondante que dans laslomalite ulcéreuse, et la féiidiléde l'haleine a un caractère plus spécial. On est guidé d'ailleurs par les antécédents , lorsqu'on sait d'à-

MALADIES DE LA LANGUE

vance, ou lorsque le malade ne cherche pas à cacher que des préparations merciirielles ont été prises. Enfin, en cas de doute, le diagnostic de la stomaiiie ulcéreuse serait encore aidé par les renseignements qui feraient savoir que la maladie s'est développée en même temps sur un certain nombre d'individus vivant ensemble, et pariiculièremenl sur des enfants, auxquels un serait certain qu'aucune préparation mercurielle n'a pu être administrée.

Pronostic. — Il découle de tout ce qui a été dit jusqu'à présent que ct'tie maladie est fâcheuse par sa longue durée, par Tébranleinent possible des dents, par l'affaiblissement qu'elle occasionne en empêchant les malades de manger; mais elle est rarement assez grave pour eutrainer la mort.

Traitement. — Il faut , autant que possible, soustraire les sujets à l'eucoiubremeut et aux mauvaises condiiions hygiéniques.

Pour M. Bergeron, la médication la plus utile consiste dans l'emploi du chlui'ate de potasse aux doses que nous avons indiquées plus haut ( voyez p. 695 ). Lorsqu'il y a de l'anorexie, de l'embar-

ras gastrique, il commence par donner un vomitif ; puis il prescrit le chloratede potasse pendant douze ou quinze jours, et si, au bout de ce temps, aucune amélioraiion n'est obtenue, il en cesse l'emploi et s'en tient à des gargarismes chlorurés, ou à l'attouchement des gencives avec le chlorure de chaux sec. Nous avons, de notre côté, prescrit plusieurs fois le chlorale de potasse contre la stomatiie ulcéreuse, et il nous a paru avantageux; mais nous avons en même temps mis en usage l'attonchemeol des surfaces ulcérées avec l'acide chlorhydrique , et cet altouchement , qui nnus a réussi également dins les aulres variétés de stomatite, a sans doute contribué pour sa part aux guéiisons promptes que nous avons obtenues. Nous avons même traité exclusivement, par ce moyen, à la consultation de l'bôpiial , des malades à qui nous prescrivions en même lemps le chlorate de potasse à l'intérieur, mais qui ne pouvaient, faute d'argeut, exécuter celte partie de notre ordonnance. Ils ont néanmoins parfaitement guéri. Il est donc sage d'employer concurremment les deux médications, et cette manière de faire est d'autant plus avantageuse que, de l'aveu même de M. Bcrgei'ou, le chlorate de potasse seul a quelquefois échoué.

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