‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 150 sur 177 · IH · texte numérisé non relu

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d'une hémorrhagie difficile à arrêter , tout se réunit pour engager le chirurgien à tenter d'abord la staphylorapliie seule, en ajoutant au procédé ordinaire les sections transversales de Roux et celle des deux piliers; puis, si l'on avait réussi, à se contenter de l'obturateur métallique pour pallier le reste de la difformité. Mais on ne doit pas se dissimuler que, dans les cas de ce genre , l'écartement étant plus considérable que dans tous les autres, les chances de succès de la staphyloraphie sont beaucoup moins grandes.

Art. VL — Maladies de la luette.

Nous avons indiqué, chemin faisant, quelquesunes des lésions de la luette, telles que les ulcérations syphilitiques et la division congénitale , lésions qu'il n'était pas possible de séparer de celles du reste du voile du palais , avec lesquelles elles coïncident habituellement.

En réalité, la luette est rarement malade seule ; ses inflammations, en particulier, coïncident presque toujours avec celles de l'arrière-bouche , et nous n'avons à signaler qu'une forme de phlegmasie, tout à la fois inflammatoire et œdémateuse, qui l'envahit quelquefois. Cette affection a été désignée autrefois sous le nom de chute ou prolapsus de la luette, et est connue aujourd'hui sous celui à'' engorgement.

La luette est augmentée de volume dans tous ses diamètres, surtout dans le diamètre vertical ; elle atteint la base de la langue, le sommet de l'épiglotte et, suivant quelques auteurs, l'ouverture supérieure du larynx ; elle est quelquefois aplatie, comme rubanée, au lieu de former un véritable cordon. La sérosité qui infiltre les mailles du tissu cellulaire peut gagner la pointe de l'organe, s'y accumuler, et former une sorte de petit kyste transparent. Vidal (de Cassis) a vu un kyste de ce genre qui avait le volume d'une noisette et était pédicule. La luette , devenue trop longue, irrite la base de la langue, et détermine des mouvements fréquents de déglutition et d'expuition ; lorsqu'elle descend plus bas encore, elle peut provoquer uue toux opiniâtre; mais on conçoit difficilement, avec les auteurs anciens, que l'augmentation de volume puisse être portée au point d'amener la suffocation ou la phthisie pulmonaire.

Si la tuméfaction séreuse de la luette est récente, dit Boyer, on parvient ordinairement à la dissiper par les gargarismcs astringents et résolutifs. H conseille encore ^spour donner du ressort à cet organe, d'y porter avec une petite cuiller du poivre et du gingembre en poudre très-fine. Aujourd'hui nous préférons l'aluu en poudre, porté

MALADIES DES AMYGDALES

avec le doigt ou par ie moyen de l'insufflation ; mais, lorsque l'engorgement est ancien, et qu'il donne lieu aux petits accidents que nous avons décrits , il ne faut pas hésiter à sacrifier une portion de l'organe, en saisissant son extrémité avec une

pince à griffes, et coupant, soit avec le bistouri, soit avec des ciseaux courbes. L'écoulement de sang qui résulte de celte petite opération s'arrête le plus souvent de lui-même ou à l'aide d'un gargarisme astringent.

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