FJSTULES SALIVAIRES DU CANAL DE STÉNON
d'être simplement ramenés l'un vers l'autre, comme dans le procédé de de Guise, sont ensuite tordus et laissés dans la cavité buccale. On les serre davantage de temps en temps, et on peut arriver ainsi à couper progressivement le pont qui les sépare. iViais, si la lisiule extérieure est cicatrisée avant que ce travail soit accompli , on retire avec précantion le fil de plomb, et l'on a ainsi deux voies pour Técoulement de la salive dans la bouche , an lieii d'nne seule , lui peu plus large sans doute , qu'on aurait obtenue si toute la portion de muqueuse intermédiaire aux deux orifices internes avait été coupée. Il n'y a cependant pas sur ce dernier point de précepte absolu. A. Bérard nous apprend, dans une note placée au bas du compte rendu du procédé d'Atli {loc. cit.), que Béclard a opéré trois malades par son procédé. Sur l'un d'eux , le fil est resté en place pendant dix-huit mois , au bout desquels on le détacha en incisant une petite portion de la membrane muqueuse , à laquelle il restait encore suspendu ; chez les autres, le fil de plomb fut enlevé après quelques niois, sans qu'on dise si la muqueuse a dû être incisée comme sur le premier.
5° Procédé de Langenbeck. — Dissection du bout postérieur du condiut. Ce procédé , qui n'est applicable qu'aux fistules correspondant à la portion buccale du canal de Sténon , consiste à faire une incision à la peau, parallèlement à la direction connue du conduit parotidien, à chercher ce dernier, à l'isoler, à le replier vers la cavité buccale, dont on incise la muqueuse, et à le maintenir dans cette position, en fermant la plaie extérieure avec une suture entortillée.
M. Bonnafont ( /ïnnales de la chirurgie française et étrangère, t. Il) a modifié ce procédé en introuuisant le bout préalablement disséqué du conduit dans une canule d'argent et l'y fixant avec un fii. Celte canule a été laissée à demeure pendant quelques jours dans la bouche, et a été retirée avec le fil , lorsque la plaie extérieure a été cicatrisée.
Nous ne croyons pas nécessaire de décrire longuement ces procédés; car, pour la variété de iistulesà laquelle ils conviennent , l'opération de Béclard, ou celle dont nous allons parler tout à l'heure, est plus simple dans son exécution et aussi sûre dans ses résultais. Pour la même raison , nous ne ferons que mentionner, sans nous y arrêter, Tidée bizarre qu'avait eue Riberi,de Turin, de porter dans la bouche le bout du canal parotidien, après l'avoir préalablement étreint dans une ligature qui devait tomber au bout de quelques jours.
ylppréciafton des procédés anciens. ■ —
Modification récente. Les exemples de fistules salivaires du canal de Sténon sont Irop rares pour que tous les chirurgiens puissent avoir une opinion fondée sur leur propre expéiiciice, et même pour cpi'uu nombre imposant de faits aient pu se produire en faveur de tel ou tel procédé. Cependant les guérisous incontestables obtenues par J.-L. Petit , Dnphœnix , Desault, de Guise, et Béclard, doivent faire admettre sans hésitation que le but à chercher est l'établissement d'une fistule interne^ à la place de la lisiule externe. Faire du côté de la cavité buccale une plaie par laquelle s'écoule incessamment la salive, tel doit être le but du chirurgien , siiion dans tous les cas , au moins dans ceux oîi l'on a constaté que le canal est oblitéré en avant et que le rétablissement de la voie naturelle serait ou trop difficile ou impossible à obtenir.
Il est incontestable que les procédés des auteurs dont nous venons de rappeler les noms peuvent conduire et ont conduit à ce résultat. Sans doute on n'a pas signalé habituellement qu'on avait vu , plusieurs mois on plusieurs an- I nées après, la s^alivc .s'écouler par l'orifice buccal de nouvelle formalion; mais, comme il n'est pas dit non plus que les malades aient eu les inconvénients de la rétention salivaire et une atrophie de la parotide, nous sommes autorisés à croire que la fistule interne a bien été obtenue.
Parmi les procédés qu'on a suivis , ceux qui consistent à placer un séton , une éponge, ou une canule, à la partie interne du trajet préalablement creusé dans l'épaisseur de la joue nous paraissent être les plus difficiles à exécuter , car, ainsi que nous l'avons dit , ou bien ces corps étrangers ne restent pas en place, ou bien, pour les y maintenir, on est obligé de passer par la fistule un fil qui peut s'opposera la cicatrisation de cette dernière.
Le procédé de de Guise , avec la modification de Béclard, savoir: l'entortillement et la constriclion progressive du fil de plomb, est, de tous, le plus facile à exécuier et le plus commode à supporter pour le malade; cependant il a l'inconvénient de demander beaucoup de temps, d'obliger le patient à garder dans la bouche un corps étranger , et peut-être d'échouer quelquefois. Il n'est pas impossible, en effet, que la section opérée par le fil se cicatrise à mesure qu'elle se produit, et ce résultat est surtout à craindre si la pariie extérieure de la plaie, celle où se trouve la fistule, ne peut pas être réunie immédiatement, suppure, et continue à laisser passer la salive. Nous avons vu A. Bérard échouer, et il faut bien que d'autres échecs aient eu lieu pour que i\IM. Lan-