AFFAISSEMENT SPONTANÉ DU SINUS
ture artificielle finit elle-raèine par s'oblitérer. Ce résultat demande plusieurs mois , et quelquefois plusieuis années. Il peut même arriver qu'il ne soit pas obtenu et que la difformité persiste : c'est ce qu'on observa dans un cas rapporté par Sabatier {Traité de inéd. opératoire, t. m, p. 302).
Celte opération réussit ordinairement bien, et, quand il s'agit en effet d'un polype fibreux ou fibro-cellulcux ayant un pédicule bmité, il n'y a pas de récidive. Il n'en est pas de même lorsque la tumeur est cancéreuse, quand elle s'est étendue aux os , ou quand elle a une large implantation ' sur eux. Dans ces diverses circonstances, la réci- ' dive est imminente, et l'on est souvent forcé d'en venir à une opération plus radicale, par laquelle on enlève avec le tissu accidentel tout ou partie de l'os maxillaire et même de la mâchoire supérieure. C'est , du reste , un sujet sur lequel nous aurons à revenir plus loin à propos des maladies des mâchoires.
Art. V. — Affaissement spontané du sinus.
Nous ne connaissons qu'un seul fait qui réponde à ce titre: ce fait a été observé par M. White Cooper. Il s'agit d'une malade chez laquelle une difformité remarquable et exceptionnelle de la joue fut expliquée par le retrait des pai'ois du sinus. Nous reproduisons textuellement l'observation, d'après les Archives gén. de médecine (4*^ série, t. xxviii).
«Le 22 mars 1849, M. Cooper est consulté par une femme de vingt-cinq ans, bien constituée, atteinte d'un écoulement des larmes sur la joue. Également bien conformée des deux côlés de la face sept ans avant cette époque, elle vit paraître une tache brunâtre sous l'œil gauche, sans altéra tion de cet organe. Cette coloration s'étendit vers le nez, puis fut suivie d'un aplatissement graduel de la joue. Elle n'a jamais éprouvé la moindre douleur. Entre le nez et l'os nialaire, on voit eu effet une dépression profonde, qui donne à la face un cachet spécial, et qui paraîtdue à l'affaissement de la paroi anlérieure de l'os, ainsi qu'à celui de la paroi supérieure. Du même côté, l'arcade alvéolaire présente plusieurs dents gâtées , des gencives altérées; mais l'arcade alvéolaire n'est pas altérée dans sa forme. La fosse nasale du même cùlé est libre, mais un peu sèche. Par la bouche, le doigt reconnaît une dépression correspondante au sinus maxillaire, sans aucuu signe de perte de la substance osseuse.
a M. Cooper fit enlever les dents malades. Il vit de nouveau celte malade en juin 1850 et en février 1851 : la difformité était plus prononcée, la joue plus affaissée; la fosse nasale paraissait un peu atrophiée, l'arcade alvéolaire intacte, les téguments adhérents aux os. Le larmoiement persistait.
« L'auteur ue connaît pas de fait analogue , mais Otto dit eu avoir vu quelques exemples. »
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