‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 29 sur 177 · VERRUES ET POIREAUX · texte numérisé non relu

VERRUES ET POIREAUX

La terminaison par suppuration et par issue d'un bourbillon est la plus fréquente. Dans quelques cas rares , 1 orjjeolet ne suppure pas et se termine par résolution; mais celle-ci est lente, et la petite tumeur reste souvent pendant plusieurs semaines avec sa rougeur et sa dureté. En pareil cas, la récidive est plus fréquente encore que lorsqu'il y a suppuraliou. D'autres fois la terminaison a lieu par induration , et le malade conserve pendaut longues années , et même indéfiniment, une tumeur dure qui, pour divers auteurs , constitue une variété de chalazion ou grêlon.

Les paupières sur lesquelles plusieurs orgeolets se sont foimés successivement conservent quelquefois une inflammation chronique glandulo-ciliaire. Outre les petites indurations que peut laisser le furoncle lui- même, on trouve alors sur le Lord libre des croûtes, des adhérences entreles cils, et de petites excoriations caractéristiques. Ce mode de terminaison , qui est dû à la propagation de la phlegmasie vers les follicules de Méibomius et les bulbes pileux, se voit de préférence chez les sujets prédisposés par leur constitution à la blépharite glaudido-ciliaire.

L'oigeolet n'est pas une maladie grave et ne réclame pas de /ra;7eme«? énergique. Le repos des yeux, des lotions réfrigérantes ou des applications légèrement astringentes, spécialement celles de pomme cuite, suffisent ordinairement. On peut y ajouter quelques pédihives et une purgation. Ce serait en vain que l'on essaierait de faire avorter le furoncle par des émissions sanguines locales et générales : la terminaison la plus naturelle est la suppuration, et il vaut mieux ne pas l'entraver par des moyens inutiles. Si l'ouverture tardait trop à se faire et que cependant l'orgeolet fût arrivé à maturité, on pourrait l'ouvrir avec la pointe d'une lancette ou d'un bistouri.

g II. — «Edènie.

L'œdème des paupières arrive dans l'anasarque et coïncide avec celui des auli'cs parties de la face. On remarque seulement qu'aux paupières la tuméfaction est plus considérable que dans les régions voisines , à cause des conditions spéciales du tissu cellulaire.

Il se montre quelquefois sans infiltration générale chez les personnes délicates et chez celles qui sont affaiblies par une longue maladie ou par des excès. Dans cecas, il est peu prononcé et constitue seulement ce qu'on appelle la bouffissure des paupièress II ne gêne pas alois les fonctions visuelles

et ne doit occuper le praticien que comme étant la manifestation symptomatiqnc d'un état général peu satisfaisant.

Lorsque l'œdème est considérable , il empêche les mouvements des paupières , en s'opposant aux plissements de la peau ; mais cet état est ordinairement passager, et l'on ne tarde pas à voir, au bout de quelques jours, une diminution qui permet de mettre l'œil à découvert. Si pourtant on n'obtenait pas ce résultat , on pourrait faire quelques mouchetures.

§ III. — EffliiiliysèiMC.

L'emphysème des paupières arrive à la suite des fractnresdunezou du sinus frontal, lorsqu'elles s'accompagnent d'une lésion de la muqueuse qui permet le passage de l'air dans le tissu cellulaire de la région. Quelquefois il se montre immédiatement après l'accident. D'autres fois il survient beaucoup plus tard, et apparaît instantanément pendant un effort que fait le malade pour se moucher. L'un de nous, M. Gosselin, a eu l'occasion de voir cet emphysème tardif sur un malade de l'Hôtel-Dieu qui avait eu dix ans auparavant une fracture du nez. L'accident a été attribué au détachement d'une esquille tertiaire de la fosse nasale on du sinus et îi la déchirure de la muqueuse pendant l'effort , ou bien simplement à ce que cette déchirure s'était opérée dans un point où l'os offrait depuis longtemps une perforation.

L'emphysème s'annonce par une tuméfaction indolente, sans changement de couleur à la peau , tuméfaction qui occupe les deux paupières. Son aspect extéiieur est celui de l'œdème, mais on l'en distingue facilement par son apparition brusque et la crépitation caractéristique.

Le traitement (,ii des plus simples, parce que l'air infiltré disparait ordinairement de lui-même an bout de quelques jours. Il suffit d'employer quelques résolutifs et une légère compression. Pour cela, on applique sur la région palpébrale une compresse pliée en plusieurs doubles et imbibée d'une solution de chlorhydrate d'ammoniaque, que l'on mainiient avec un bandeau ou avec le bandage appelé monocle.

^ IV. — Tcrrues et poireaux.

On peut trouversurla peau des paupières lesdeux variétés de productions qui ont été décrites, 1. 1'^'", p. 62, sous les noms do verrues et poireaux.

Page 1