‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 31 sur 177 · S VII · texte numérisé non relu

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-Tumeurs érectiles.

Les tumeurs érectiles des panpièies ne sont pas I rares. La forme veineuse est celle qu'un y observe le plus fréquemment. Plusieurs faits de tumeurs artérielles ou mixtes ont été rapportés par Travers, Dalrympbe, VVardrop, et Warren.

I T Les tumeurs veineuses présentent, dans leur ' position , trois variétés : les unes sont cutanées et restent souvent à l'état de taches; les autres sont sous-cutanées , mais ne dépassent pas l'épaisseur de la paupière ; les dernières sont souscutanées , mais se prolongent en même temps plus i ou moins profondément dans l'orbite; elles sont par conséquent orbito-paipébralcs.

Les premières et les secondes se présentent avec les caractères généraux qui ont été décrits tome i", page 626. Elles occupent, tantôt une des paupières seulement , tantôt l'une et l'autre à la rois, comme cela a lieu surtout pour celles qui apparaissent dans le voisinage des commissures. Il n'est pas rare qu'elles se prolongent en même temps dans les régions voisines. Lorsqu'elles sont peu volumineuses, elles ne gênent pas les mouvements ; lorsque leur saillie est cousidérable, elles empèclieut l'œil de s'ouvrir.

Les dernières ou orbito-palpébrales se'distinïguent des précédentes par une couleur moins fon- Icée, par la sensation comparable à celle de paquets ^variqueux qu'elles donnent au doigt, par l'impossibilité de sentir leur limite en arrière , enfin quel- :iuefois par l'exophthalmie et la présence de varicosités sur la conjonctive oculaire. Dans la plupart des cas, il est diflicile de reconnaître à quelle profondeur elles s'avancent, soit parce que la tuméfaction des paupières empêche celles-ci de s'écarter et s'oppose à l'exploration de l'œil, soit parce que, 'exopbihalmie et les varicositcs de la conjonctive

manquant, on n'a aucun moyen pour apprécier rigoureusement les limites de la maladie.

Cette région est une de celles dans lesquelles les tumeurs veineuses ont le moins de teudance à guérir par les seuls efforts de la nature. Tant qu'il s'agit seulement de taches, on peut attendre et espérer encore une disparitiou spontanée ; mais du moment qu'il y a tumeur, on ne doit pas temporiser; car, en grossissant, celle-ci deviendrait plus difforme, gênerait davantage les mouvements et serait plus difficile à guérir. D'ailleurs il s'agit ordinairement d'enfants à la mamelle et chez eux les opérations réussissent bien.

Nous examinei'ons le traitement 1" dans les cas de tumeurs veineuses palpébrales, 2° dans ceux de tumeurs veineuses orbito-palpébrales.

1" Parmi les moyens que nous avons décrits ailleurs pour les tumeurs veineuses cutanées et sous- cutanées, il faut choisir ceux qui n'obligent pas à faire une perle de substance étendue aux téguments , car on aurait à craindre un raccourcissement de la paupière ou un ectropion. Si la tumeur était pédiculée, ce qui est le plus rare, ou pourrait l'extirper avec un bistouri; mais, comme il y aurait à craindre un écoulement sanguin excessif, la ligature serait préférable.

Si la tumeur était sessile, on ne devrait songer ni à l'extirpation ni à la cautérisation avec la pâte de Vienne, puisqu'on ne doit pas faire de perte de substance; il faudrait choisir un des procédés qui modifient le tissu morbide sans enlever de peau. On pourrait commencer par la vaccination,si l'enfant n'avait pas encore été vacciné. Parmi les autres opérations , celles qui nous paraissent les plussiires sont les aiguilles en permanence (procédé de M. Lallemand) ou les sétons multiples , auxquels A. Bérard donnait volontiers la préférence dans les cas où la cautérisation avec la pâte de Vienne était contre-indiquée. '

L'indication de ménager la peau serait encore satisfaite par la ligature sous-cutanée , telle que nous l'avons vu pratiquer dans un cas de tumeur érectile de la paupière supérieure par Blaudiu. Pour l'exécuter, ce chirurgien avait traversé la peau avec une aiguille armée d'un fil ciié qu'il avait poussée sous les téguments , à la périphérie de la tumeur, jusqu'à ce qu'il cessât de pouvoir la 1 faire tourner ; il avait alors fait sortir la pointe; j puis , la rentrant par la même ouverture, il l'avait conduite un peu plus loin sous la peau : il l'avait ainsi fait sortir et rentrer alternativement jusqu'à ce que , les deux chefs sortant par le même orifice, il pilit étreindre toute la base de la tumeur, sans comprendre la peau dans la ligature. Les deux chefs furent noués siu' uu rouleau de diachylou , au

MALADIES DES PAUPIERES

moyen d'une rosette, et serrés tous les deux jours. Au cinquième ou sixième jour, la suppuration sortit par les pirii'u'es circonférenlielles , entraînant avec elle des détritus de la tumeur qui peu à peu s'affaissa et finit par disparaître. Ce procédé est ingénieux ; mais il peut occasionner , comme toutes les ligatures , une douleur et une inflammation vive qu'il imporle d'épargner aux enfants. Le sétou multiple d'A. Bérard n'a pas le même inconvénient et donne des résultats aussi certains.

2" Pour les tumeurs veineuses orbito-palpébrales, les opérations qui n'agissent que superliciellement seraient insuffisantes ; en vain emploieraiton la vaccination, les aiguilles de U. La!lcmand,la ligature sous-cutanée. On pourrait songer à la cautérisationsous-cutanée avec une pointe de fer rougie, d'après le procédé imaginé par A. Bérard et M. Lenoir;mais ne doit-on pas craindre les inflammations consécutives de la région orbilaire? et, d'un autre côté, comment être sîir d'arriver aux limites du mal ? A la rigueur, les sétons pourraient encore être employés en conduisant les mèches profondément avec une aiguille courbe ; mais il serait certainement très-difiicile de traverser toute l'étendue de la production morbide dont on ne connaît pas les limiles. Ces sortes de tumeui-s sont, en définitive, à peu près impossibles à guérir, et le malade est condamné à les conserver comme une infirmité.

On doit regarder comme exceptionnelle l'opération et le succès d'Allan Burns dans un cas que Mackenzierapportelonguement(/oc.c(7., p. 131). Le malade était un adulte. La tumeur recouvrait environ un tiers de l'extrémité temporale de la paupière supérieure et en même temps toute la paupière inférieure. Vers le grand angle de l'œiLelle était interposée entre la conjonctive et la sclérotique. Elle s'étalait eu outre dans les régions raaiaire et parotidiennc. Comme elle faisait des progrès continuels, M. Burns se décida à l'opérer. Il détacha d'abord la paupière inférieure dans toute son étendue; ensuite il disséqua la partie de la tumeur qui adhérait à la sclérotique et celle qui adhérait à la paupière supérieure. Il disséqua enfin dans les régions malaire, parotidienne et temporale, où la production, morbide envoyait des prolongements , et fut obligé d'emporter une portion du muscle temporal, et de lier plusieurs artères volumineuses. Le malade guérit, mais avec des adhérences entre la paupière inférieure et l'œil, et une grande diminution des mouvements de cet organe. Il faut également regarder comme exceptionnel et comme ne devant pas êli'c imité un autre cas emprunté par Mackenzie à Wardrop , cas dans lequel ce dernier chirurgien avait cru devoir faire la ligature de la

carotide primitive pour une tumeur veineuse orbito-palpébrale.

II. Les lumeurs érect'des artérielles et celles qui sont tout à la fois veineuses et artérielles sont très-rarement limitées aux paupières; elles sont presque toujours orbito-palpébrales et s'éleudent même aux autres régions delà face. Nous comprendrons ce qui a rapport à leur traitement dans la

description des tumeurs érectiles de l'orbite. Il est cependant un cas dans lequel la tumeur ne paraissait pas se prolonger dans l'orbite; c'est celui de

Warren,cité longuement par Mackenzie (p. 134). La tumeur pulsatile occupait le grand anglede l'œil, le front, et la racine du nez. Après avoir essayé en vain de l'aft'aisser par la ligature des branches de l'nphthalmiqne, de la faciale, et de la temporale, Warren se décida à lier la carotide primitive et obtint un succès complet.

SECTION III

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