‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 38 sur 177 · MALADIES DES CONDUITS LACRYMAUX · texte numérisé non relu

MALADIES DES CONDUITS LACRYMAUX

Le Iraitcmeut est celui de l'ectropioii ou de l'en'

tropion, lorsque la dévialion se lie à l'une ou à l'au- Ire de ces maladies. Les cas qui ne se lient point à ces maladies , et ce sont les plus rares , doivent presque toujours être abandonnés à eux-mêmes. M. Bowman a proposé pour eux une opération qui consiste à ouvrir le canal lacrymal à une certaine distance de son orifice, dans un endroit où le bord libre ait conservé sa posilion et sa Ptiuclure normales, au moyen d'une incision verticale faiie sur la face interne de la paupière et sur la partie la plus postérieure du bord libre , puis à détruire tous les jours la cicatrice et les adhérences avec un slylct. Son intention était d'établir ainsi une ouverture lîstuleuse qui correspondit au sac lacrymal et par laquelle les larmes pussent être absorbées. L'auteur assure avoir pratiqué trois fois cette opération avec succès. Elle ne nous inspire pas néanmoins une grande confiance, car nous doutons que l'orifice artificiel, à supposer qu'il s'établisse, présente les conditions de structure convenable pour que l'absorpiion des larmes s'opère; et, d'un autre cùlé , il nous parait peu problable que l'établissement de cet orifice puisse cire obtenu, au moins dans la majorité des cas, et nous pensons qu'on aura presque toujours à redouter une oblitération, ainsi qu'on l'observe à la suite des plaies accidentelles.

Lorsque la dévialion est tout à fait parlielie, on pourrait, à ce qu'il nous semble , redresser le point lacrymal et même la portion du bord palpébral qui le supporte, en faisant éprouver une petite perte de substance, soit avec le bistouri, soit à l'aide de la cautérisation, à la membrane muqueuse dans le cas où le renversement aurait lieu en avant, à la peau dans le cas où il aurait lieu en arrière.

§ III. — Atonie on paralysie des points lacrymaux.

Celte lésion n'est pas très-rare : elle consiste en une sorte d'atonie des points lacrymaux, qui se dilatent au point de doubler ou de tripler de volume et cessent d'être excitables et contractiles au degré suffisant pour aider le passage des larmes dans le sac lacrymal. De là résulte un épiphora plus ou moins prononcé. Cette altération s'observe le plus souvent cbez les vieillards. On l'a vue accompagner la paralysie de la face. Mais il est plus ordinaire qu'elle succède à des ophthalmies anciennes ou à des engorgements des voies lacrymaiesayantnécessité l'introduction fréquemment répétée des sondes ou des canules.

Ancienne et portée à un certain degré, la ma-

ladie est presque toujours incurable. Au début et chez les sujets jeunes , d'ailleurs bien portants, elle peut être avantageusement combattue par l'emploi de collyres astringents, de douches, ou de frictions excitantes sur les paupières.

Art. il — Maladies des conduits lacrymaux.

Les maladies des conduits lacrymaux qui méritent une mention particulière sont : 1° l'inflammation et ses conséquences, telles que les abcès et les fistules; 2'*rabsence, l'oblitération, le rétrécissement ; 3° les polypes ; 4° les corps étrangers, spécialement les concrétions calculeuses.

§ 1°''. — laSaïuniatlou , abcès , et fistules des conduits lacrymaux.

Les conduits lacrymaux participent à l'inflammation dans la plupart des ophthalmies et des coryzas, sans qu'il eu résulte de phénomènes particuliers; mais il arrive quelquefois aussi, quoique la chose ne soit pas très-commune, qu'il se forme sur le trajet même des conduits un abcès, dont l'ouverture, soit du cô:é de la peau, soit du côté de la muqueuse, devienne lacaused'une fistule. M. le D'' Desmarres a observé un exemple de ce genre sur un jeune homme scrofuleux, depuis quelque temps affecté d'une tinueur lacrymale. Une inflammation étant survenue, on vit paraître dans la région du conduit lacrymal inférieur une tumeur fluctuante, dont la compression avait pour effet de faire saillir le mamelon lacrymal légèrement dilaté et de chasser au dehors par son orifice une assez grande quantité de pus mêlé de larmes , en même temps qu'une partie de ces liquides s'échappait à travers une fistule capillaire placée au niveau du bord inférieur de l'orbite. L'eau poussée avec une seringue d'Ancl par la fistule ou par le point lacrymal rendait à la tumeur son volume primitif. Une incision fut faite; la plaie se cicatrisa ainsi que la fistule , mais le canal resta oblitéré malgré toutes les précautions prises pour empêcher ce résultat.

^ II. — j&bscnce , oblitération, rctréoissenient des conduits lacrymaux.

En parcourant les écrit» des observateurs , on trouve quelques exemples d'absence des conduits lacrymaux, observés sur des individus qui ne portaient aucune trace d'affection antérieure des paupières. S'agissait-il là d'un vice de conformation? C'est ce qui n'a point été suffisamment déterminé ; mais , quoiqu'il en soit , il est évident

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