POLYPES, CORPS ÉTRANGERS, CALCULS
qu'une semblable lésion est au-dessus des ressources de l'art.
L'oblitération complète ou le simple rétrécissement peuvent se produire dans les conduits en même temps que dans les points lacrymaux et par les mêmes causes. Ces lésions peuvent aussi être consécutives à des blessures, ou occasionnées soit par l'hypertrophie et l'induration des parties constituantes du grand angle de l'œil, soit par la tuméfaction de la membrane muqueuse propre des conduits. Dans ce dernier cas, qu'on observe à la suite des ophthalmies scrofnleusesou blennorrhajjiqnes, l'alTection se complique de granulations coujonctivales , et la muqueuse hypertrophiée donne naissance, en s'échappant par l'orifice du point lacrymal, à une saillie exubérante, coniparable siu' une petite échelle au bourrelet que forme la muqueuse intestinale dans les chutes de la partie inférieure du rectum.
Lorsque l'altéralion s'élend aux deux conduits elle a pour symptôme principal le larmoiement. Si elle en occupe un seul , ce phénomène n'a pas nécessairement lieu et manque même le plus souvent, en sorte que les troubles fonctionnels ne diffèrent pas de ceux qui appartiennent à l'ophthalmie chronique concomitante.
Ou établit le diagnostic au moyen du calhélérisme. Si le stylet oculaire arrive facilement dans le sac, c'est la preuve que le canal est libre; s'il n'y arrive que très-difficilement, c'est l'indice d'un rétrécissement; si enfin il n'y parvient pas et se trouve invariablement arrêté dans le même point , quelque délié que soit le bouton terminal , il y a lieu de penser qu'il s'agit d'une oblitération complète.
Le traitement consiste eu deux ordres de moyens : 1° le cathétérisme et le séjour plus ou moins prolongé de stylets très-fins dans le conduit malade; 2° l'injection forcée faite dans le même conduit à l'aide de la seringue d'Anel; mais on conçoit qu'il n'y a aucune chance de succès et par conséquent rien à tenter, si l'oblitération est complète : les cas de rétrécissement sont les seuls qui se prêtent à l'emploi des moyens indiqués. Dans les cas d'oblitération , la chirurgie n'est pas entièrement désarmée. J.-L. Petit conseille le cathétérisme forcé avec un stylet aigu et le passage d'une petite sonde déliée laissée à demeure : il réussit à guérir un malade sans larmoiement. Dans un cas oîi cependant il n'avait débouché qu'un seul conduit, G. l'ellier lit deux fois avec un succès égal la perforation des points lacrymaux pour remédier à une oblitéralion complète suite de la variole. Monro allait encore plus loin, car il conseillait d'ouvrir. le sac lacrymal, de percer avec
une aiguille ronde et courbe sur chaque point lacrymal et dans la direction du conduit , de manière que l'aiguille ressorte par l'incision du sac, puis enfin de laisser dans le trajet un fil ciré, sorte de séton destiné à entretenir le conduit artificiel. Pour se résoudi'e à pratiquer une telle opération , il faudrait que le larmoiement fût assez prononcé pour gêner beaucoup le malade et lui faire ardemment désirer une guérison par quelque moyen que ce fût.
§ III. — Polypes tlois conduits Iticrymaiix. ^
On a vu une production polypeuse prendre son origine dans un des conduits lacrymaux et sortir par le point lacrymal, sons forme d'une tumeur rougcâtre , grosse comme un grain de chènevis ou de millet, qu'il ne faudrait pas confondre avec cette hypertrophie de la muqueuse dont il vient d'êlre question dans le précédent paragraphe. De la présence de cette petite tumeur, résulte une certaine difformité et une irritation du bord palpébral.
Si le pédicule n'est pas profond , on peut arracher la tumeur avec une pince à disséquer, et, s'il en reste , cautériser tons les deux ou trois jours avec la pierre infernale. Demours rapporte un exemple de succès par ces moyens (t. ii, p. 92). Mais si le pédicule était profond, il serait plus difficile de l'arracher au niveau de son insertion. Dans un cas de ce genre, après avoir essayé la torsion, qui ne produisit qu'une déchirure du polype, iVI. Desmarres se fraya un chemin vers le lieu d'implantation en suivant le conduit avec un bistouri dirigé du côté de la peau, et put alors facilement enlever la plus grande partie de la tumeur, puis cautériser le reste. N'ayant pu suivre la cure jusqu'à la fiu, il ne saurait dire si le canal s'est bien rétabli , mais il incline à penser qu'il a dû rester imperméable après la cicatrisation.
§ IV. — Corps étrangers et cnlcnls'des voies laerymaîes ou ilncryolidics.
Les conduits lacrymaux peuvent être plus ou moins complètement obstrués et en même temps irrités par divers corps étrangers venus du dehors, tels qu'un cil, un cheveu, une barbe de plume, un épi de blé, quelque parcelle de mêlai, etc., qui peuvent occasionner une ophthalmie dont il est facile de méconnaître la cause. L'indication est d'extraire ces petits corps s. l'aide d'une pince , aussitôt que leur présence à pu être constatée.
Ou trouve sur le trajet des larmes des concrétions qui paraissent y avoir pris naissance et aux-