‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 49 sur 177 · OPIITHALMIE PURULENTE DES NOUVEAU-NES · texte numérisé non relu

OPIITHALMIE PURULENTE DES NOUVEAU-NES

geiit lorsqu'elles sont moins rouges, ou bien avec les crayons irazulale de poiassc et d'argent, qui sont un peu plus irrilanls que les premiers el un peu moins que les seconds. Le but de ces divers alioiichemeiits n'est pas de déirnire les granulations, car l'eschare qu'ils produisent est Irop superlirielle peur donner ce résultai; c'est seulement de modifier la viialilé de la membrane , et d'y provoquer un travail de résolution qui fasse di^parailre les productions morbides : on n'y parvient qu'après un lemps fort long, quelquefois une ou plusieurs années.

5 II. — Oitliihalmic piirolcntc cica nouTean-ués,

Les enfants nouveau-nés sont irès-exposés à l'opbthalniie purulente. Des causes de deux ordres' les unes individuelles, lesaulres exléi'icures à l'individu, ont été invoquées punr expliquer ce fait.

Parmi les causes individuelles, on a sijjnalé: i° l'irrilation produite sur les yeux par le changement de milieu et par la premièie impression de la lumière; 2" la faiblesse de consiiiulioii, si fiéquenle chez les enfants nés de parenls affaiblis par la misère, les maladies chroniques, la syphilis. Il est douteux que les premières de ces causes aient une grande influence, car, le changement de milieu étanl une condilion normale de l'exislence et les yeux étant organisés poiu' supporler la lumière, on ne voit pas ponrijuni chez cerlains eul'aiils ces actes normaux devicndiaient causes d'une maladie grave. La dernière est beaucoup plus im|iortanle et constitue une prédisposition paiticulière, qui peut se traduire en même temps par d'autres mauil'estations morbides.

Parmi les causes extérieures, on mentionne gécéralement :

1° Une vaginite blennorrhagiqne chez la mère. Il est en elfet incontestable que, si le lii|uide blennorrhagiqne était mis en contact avec les conjonctives de l'enfant au moment de l'accouchement, l'ophlbalmie purulente poiu'rait s'eusuivre ; mais MM. liégin et Velpeau ont fait observer avec laison que, les enfants venant au monde les yeux feimés et des lotions éiant presque toujours faites avec soin immédiatement après la naissance, il est dès lors douteux que le contact dont il s'agit puisse avoir lieu. M. Dequevanviller, dans son travail sur l'ophlbalmie des nouveau-nés (Jrchives géii. de inéd., 4^ série, t. i et ii), fait observer de .son côté que, si celte cause était aussi fréquente qu'on l'a dit, on ne verrait pas l'ophthal- Diie affecter une sorte de prédileclion pour les saisons froides et humides. A ces raisons nous ajouterons que, le mucus utériu et les eaux de l'arauios

entraînant avant le passage de l'enfant les liquides du vagin, il ne doit pas rester de pus blenuorrhagique an moment oii ce passage a lieu, et que, d'autre part, les lésullats de notre observation ne confirment pas l'opinion générale sur ce sujet : nous avons vu accoucher à l'hôpital de Lourcine un bon nombre de femmes atleinles de vaginites sans que les enfants aient eu d'iiphlhalmie purulente, et ceux qui en ont présenté ont été atteints deux ou trois semaines après la naissance, trop longtemps après celle-ci par conséquent pour que l'on ait pu croire à une contagion. D'autres causes, spécialement la débilité des enfants et leur séjour dans une salle d'hôpital, expliquaient suffisamment l'origine de la maladie.

2° La leucoj'rhée. Les médecins belges ont beaucoup insisté sur cette cause; I\IM. Cunier et Ausiaux en pariiculier ont cherché à prouver par des .statistiques qu'elle intervient fréquemment [Annales d'ocuUst., t. iv, t. xui, t. xv). Nous nous étonnons que cette opinion ait trouvé tant de partisans et qu'elle soit adoptée par Mackenzie. A-t-on donc oublié que toules les femmes ont plus ou moins de leucorrhée pendant la grossesse, (|ue toutes on! au moment de l'atconchemeut une sécrétion glaii'cuse? Comment ce liquide, dont la sécrétion est normale, serait-il si iiritant s Comment méiiagerait-il d'ailleurs un si grand nombre d'enfants? N'y a-t-il pas enfin, comme pour la blennorrhagie, cette objection capitale que les yeux sont feiniés pendant le travail et qu'on les netloye immédiatement après la naissance?

3" L'exposiiion au fr(àd humide. Celte cause ne saurait être niée, puisque, d'après les staiistiques de M. Dequevanviller, l'ophthalmie des nouveau-nés est plus IVéquente dans les mois de janvier, février, mars, aviil et mai, que dans les autres.

4" Les émanations nuisibles , résultant de l'enconibrcment et de la malpropreté.

5" La contagion, soit d'un enfant à un autre on d'un adulte à un enfant, par les éponges, les linges, l'eau, etc., soit d'un œil à l'autre, lorsqu'un seul éiant malade d'abord le pus vient tomber sur l'anti-e.

L'époque à laquelle la maladie commence varie entre le sccoird et le vingt-cinquième jour après la naissance. Dans les relevés de M. Dequevanviller, les débuts les plus fréquenis sont aux sixième et septième jours. Dans celui de i\L Allamand (thèse de Paris, 1846), le huitième et le dix-seplième sont les plus chargés. Dans un autre publié par les Annales d'oculistique, le quatrième et le cinquième jour soQt ceu3w où il y a eu le plut de débuts.

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Symplômes. — Ils sont analogues à ceux que , nous aviins indiqués duiis la desciipiiuii générale. L'enfant redoule la lumière et lie;il les yeux con- | stamnient fermes. Si on cherche à les ouvrir, des ' larmes s'écuuleiil. Lue matièi'e muqueuse ai'parait ensuite sur le bord libre des paupières, et se répand sur leur face externe, uù elle se dessèche. Les paupières se gnnSent sans présenter de rougeur intense, et , si on le.s écarte, un voit sortir du pus en qiianiiié quelquefois cunsidéiabie; mais un aperçoit au fond !a cornée transparente et saine. Cet état se prulouge pendant cinq ou six jnurs, après lesquels le gonflement diminue, le prodiu't de séiTCliun redevient muqueux , se dessèche moins aisément, et eiif5a la maladie disparait sans laisser aucune trace. Les choses se passent ainsi lorsque l'inflanimalion se limite aux paupièi-es, ce qui arrive très-souvent chez les nouveau-ni'S. Mais lorsque la conjonctive oculaire se prend, la maladie est de pus longue durée : le chémosis se forme, les paupièi'es sont rouges et s'écarteut irès-difficilemeiit à cause de leur contraction spasmodique, la suppuration est plus abondante, la cornée peut même s'iuhlti'er de pus et se perforer , mais ce dernier résultat a lieu plus rarement que chez les adultes.

Les symptômes présentent fies variétés qui dépendent de rinleusiié de l'inflamir.aiion et peutêtre aussi de l'origine de la maladie. Ce dernier point est admis par MM. Cuuier el Sonenmayer, qui attribuent dts syuqitôraes spéciaux à chacune des ophihalmies lei.conheiqiie. blennorrhagique, catarrhale, traumatique. Lohservatiun des faits ne justifie nuliemeut ces distinctions et démontre que les variétés, lorsqu'il en existe, doivent être attribuées uniqiirment à la constitiiiion de l'enfant ei aux conditions hvgiéuiques dans lesquelles il s'élève.

M. Chassaignac a signalé comme un caracière de l'ophtha'mie purulente des nouveau-nés la formation d'une fausse membrane sur la conjonctive palpi'brale [Griz. desliop. de Fnris, 1847), et il a paru attacher unegraude importance a l'abialiou de celle fausse membrane par les lavages répétés. Sans nier que celte production puisse se rencontrer, nous assurons du moins qu'elle manque souvent, et M. Poincarré, qui a fait sa thèse (1852, u" 176) avec des faits nombreux recueillis à Ihôpilal des Enfants Trouvés, l'a vu manquer dans la plupart des cas. Il suppose avec raisim que sans doule la fausse membrane a caractéiisé une ou pluMeursdes épiJémies qui ont eu lieu pétulant le séjour de M. Chjs>aignac à l'hôpital des Enfants Trouvés, et que, depuis, le.5 épidémies n'oul plus offert la mèuie particularité.

Se foime-t-il toujours des granulations sur la conjonctive palpébiale ? M. Thiry regarde leur développement comme un caractère coiislant de la maladie, même à l'état aigu [Annales d'ocuUslique, t. xxin). Lawrence el M. Siœber ne partagent pas cette opinion, et M. Poincarré assure les avoir souvent cherchées inutilement sur le cadavre comme sur le vivant. Nous avons de notre côté reconnu que les granulations manquent fréquemment dans l'ophlhalmie purulcnle des nouveau-nés. Serait-ce pour celle raison qu'elle ne passe pas aussi .souvent à l'état chronique et n'a pas une aussi longue durée que chez les adultes?

D'antres maladies accompagnent fréquemment l'ophthahnie des nouveau-nés. M. Dequevauviller a suitout observé l'enlériie, le mnguel, la pneumonie, la svphilis. M. Ailamand a constate, trentecinq fois sur quatre-vingts malades, des lourniolcs multiples. Ces :i!;iladies tiennent aux mêmes causes que l'affeciion des veux, c'est-a-dire à la débilité générale et aux mauvaises coudilions hygiéniques.

Pronostic. — Il est fâcheux, en ce sens que la n.aladie annonce une faiblesse originelle de la consiiintion, et que celte faiblesse ne peut qu'èirc augmentée par la suppuration des yeux ; mais, quand la mort arrive, elle est due aux affections Concomitantes bien plutôt qu'à l'ophibalmie ellemême. D'autre paît, l'ophthalmie esl moins grave à cet âge que chez l'adulle, parce qu'elle reste plus souvent limitée aux païqnères, qu'elle pa.sse rarement à l'élat chronique, et que les lésions de la cornée disparaissent quelquefois avec une remarquable facilité. Il y a cependant encore un bon nombre d'enfanis qui doivenl à cette affcciion la perle de !a vus et même des yeux.

Trailement. — Il ne doit pas être aussi énergique que chez l'adulte. Les nouveau-nés en général. Ceux qui sont délicats en particulier, supporlenl mal les émissions sanguines : aussi doil-cn s'en abstenir ou tout au plus mettre une sangsue au devant de l'oreille. Les moyens les plus efficaces sont les instillations d'azolale d'argent (50 ceiuigrammes à 1 gramme pour 30 grammes d'eau), répétées quatre ou cinq fois par jour, les lavages au moyen d'injections faites avec une seringue toutes les deux ou trois heures, pour entraîner le pus, et l'usage d'une pommade mercurieile pour enduire le bord des paupières. On a soin d'iustdler l'azniale d'argent après que la lotion a été faite, et l'on diniiiuie d'ailleurs la dose d'azulale d'argeut à mesure que l'inflammation s'affaiblit.

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.OPirniALMlE BLENNORRHAGIOUË.

g III. — Ophthaluiic blcnnorrhogiqne»

Les individus atteints de blennonhagie sont; quelquefois pris d'ophlhalmie purulente. La maladie des yeux se déclare en général du qualriiMne au vingt-cinquième jour après le début de i'urétlirite, et plu:^ souvent avant le quinzième qu'après. Quelquefois l'ophilialniie coïncide avec l'arthrite blennorrliagique; mais, dans le plus grand nombre des cas, cette coïncidence n'a pas lieu.

Étiologie. — Tous les observateurs ont remarqtlé que celte affection est plus rare chez la femme que chez l'homme. A l'hôpital de Lonrcine, où les vaginites blennorrhiigiques sont communes, on ne la voit que très-exceptionnellement. Nous y avons dn moins passé l'un et l'autre plusieurs années sans en observer aucun exemple. Peut-être faut-il attribuer ce f;iit à ce que les femmes portent moins souvent les mains sur leurs organes génitaux. Les soins de propreté auxquels les malades sont assujetties dans cet élablis.sement ont sans doute aussi quelque influence sur le pLénonicne.

On s'est beaucoup préoccupé du mode de production de l'ophthalmie blennorrhagique. Deux opinions sont en présence : dans l'une, l'inoeulatiun du pus blennorrhagi(]ue est regardée comme nécessaire; dans l'autre, cette inoculation n'est pas jugée indispensable.

La première de ces opinions s'appuie sur des faits irrécusables et que personne ne peut contesler aujiand'hui. Un certain nombre de malades, parmi les hommes surtout, ont en effet remarqué que l'affection oculaire était survenue chez eux après un attouchement ou un frottement de l'œil par les doigts ou par divers objets contaminés de pus blennorrhagique. M. FI. Cunier rapporte, dans les Annales d'ocnlistique (t. xvi), que, sur 84 malades atteints de cette ophthalmie, 45 (38 hommes et 7 femmes) la devaient à l'inoculaiinn: 25 avaient porté leurs doigts des organes génitaux à l'œil ; 5 avaient lavé leurs yeux avec leur urine, suivant un pr(\jugé populaire, qui existait déjà du temps d'Asiruc, et d'après lequel l'urine fortifie les yeux; 2 s'étaient nettoyé le visage avec de l'eau qui avait servi à la toilette de leurs parties génitales ; 6 s'étaient par niégarde essuyé les yeux avec un linge imprégné île matière gonorrhéique; les autres n'avaient pas eux-mêmes de blennorrhagie, mais avaient porté sur leur visage de l'eau ou des linges dont s'étaient servis des camarades qui en étaient atteints.

Ce mode d'origine fait comprendre la fréquence de l'ophthalmie bornée à un seul œil ; mais n'est-ce

pas aller trop loin que de prétendre expliquer aussi de celte manière sa préilileclion pour l'œil droit? Sans doute la main droite est plus exposée que l'autre à être contaminée ; mais s'ensuit-il que l'œil droit soit plus facilement et plus souvent inoculé? La conclusion n'est pas rigoiu'euse , car on porte les doigts sur les paupières pour les gratter ou les frotter lorsqu'il y a démangeaison : or, rien ne prouve que le côté droit soit plus exposé que le gauche à cesdémangiaisons. D'ail leurs, avant de chercher l'expliealion d'un fait, il faudrait savoir d'abord si le fait est réel, et c'est ce qui jusqu'ici n'a pas été démontré.

La seconde opinion s'appuie sur deux ordres de faits : 1" sur ceux dans lesquels les malades, babil ués à s'observer ou prévenus des suites fâcheuses que peut avoir le contact blennorrhagique sur les yeux, sont certains de n'avoir rien fait qui pût favoriser l'inoculaiion; 2° sur ceux dans lesquels, les conditions précédentes existant, l'ophlhalmie a coïncidé avec une arthrite blennorrhagique. Il est incontestable que ces deux ordres de faits peuvent se rencontrer. M. FI. Cunier cite les observaiions de deux malades intelligents qui, ayant eu une première gonorrhée et une ophthalmie purulente double, et connaissant bien le danger de l'inoculation, n'en eurent pas moins plus lard, malgré toutes leurs précautions , une nouvelle ophthalmie à la suite d'une nouvelle gonorrhée. Il est vrai que, dans aucun de ces deux cas, la maladie des yeux ne devint très-grave. Nous avons donné nous-mêmes des soins à un éiudiant en médecine fort instruit, qui fut pris, au huitième jour d'une blennorrhagie aiguë, d'arihrite dans les genoux, les épaules, les mâchoires et la région cervicale, et chez qui les deux yeux furent atteints en même temps d'uneophthainu'e purulente, limitée à la conjonctive, dont l'issue fut heureuse : le malade était sûr de n'avoir porté à ses yeux ni ses doigts ni aucun objet sali par le pus blennorrhagique. Eu présence de tels faits, il estdiflicile de se refuser à admeitre que l'ophthalmie blennonhagique se développe quelquefois par un mécanisme analogue à celui de l'arthrile. Mais alors quelle explicalion doit-on en donner? Dira-l-on, avec Saint-Yves, qu'il y a méiasiase, c'est-à-dire transport du liquide ou du virus blennorrhagique sur l'œil par les voies de la circulaiion? Ou bien iuvoquera-t-on, avec Sanson et Scarpa, une sympathie entre les muqueuses urethrale et oculaire, sympathie en vertu de laquelle, la première étant malade, la seconde aurait de la tendance à le devenir? Ou bien encore supposera- t-on que des émanations n)iasmaliques fournies par le pus blennorrhagique viennent irriter et enflammer la conjonctive? Toutes ces expli-

INFLAMMATIONS OCULO-PALPÉBRALES.

cations sont acceptables , mais aucune n'est rigoiireu'ieiiient démonliée, et nous simules obliijés de convenir, ainsi que nous l'avons fait à l'occasion de l'arthr'ue blennori'liajjique, qu'il y a dans ces faits quelque chose de sin[;ulier qui échappe aux lois de l'analoniie et de la physiologie. Nous serions néanmoins assez disposés à admettre que, chez certains sujets, prédisposés d'ailleurs à l'ophihalmie, la constitution se trouve, parle fait de la blennorrhagie, modiliée d'une certaine façon, et que, parsuilede cette mudifiiaiion, l'aplitudequi existait antérieurement se satisfait avec facilité sous l'influence d'un refroidissement , d'un courant d'air, d'une fatigue, toutes causes qui, avant la blennorrhagie, n'auraient pas été assez puissantes pour faire naitre Tophlbalmie.

Symptômes. — Ils sont variables suivant l'intensité de la maladie. Souvent celle intensité est très- grande : en peu de jours, en quelques heures même, la seconde période succède à la première et la troisième à la seconde ; la suppuration devient très-abondante , la cornée se ramollit et blanchit, puis l'œil se perfore, s'atrophie, ou bien un staphylôme, un leucoma se développe, et dans tous les cas la vue reste, sinon perdue, du moins considérablement affaiblie. Celte ophihalmie doit, eu un mot, être rangée parmi celles qui marchent le plus vite et qui ^oiit le plus graves. Cependant il est des cas dans lesquels la suppuraiion est peu abondante, le gonflement delà conjoiiciive moile.i-é, et qui se terminent sans que la cornée ail participé à la maladie. Ces cas sont principalement ceux dans lesquels, l'inoculation n'ayant pas eu lieu, l'aftéclion peut être rapportée à quelque prédisposition aniérieure. Il résulie de là et il ressort de ce que nous avons dit à propos de l'éliulogie qu'il exisie en réalité deux sortes d'ophthalmie blennorrhagique : l'une, par inoculation, qui est la plus fréquente et de beaucoup la plus grave; l'autre, sans inoculation , qui est plus rare et moins fâcheuse.

Que devient, pendant le cours de l'ophthalmie, l'écoulement urélhral ? Beaucoup d'auteurs ont prétendu qu'il se supprime, et ont même invoqué ce fait à l'appui de la métastase ; mais il y a eu là une iuexactiuide d'observation. Dans quelques cas, l'écoulement ne se niodilie en rien ; dans le plus grand nombre, il diminue sensiblement, sans cependant disparaître tout à fait. Ceux dans lesquels il guérit entièrement sont exceptionnels : nous n'en avons, pour notre part, observé aucun exemple.

Traitement, — Il faut employer ici les antiphlogistiqucs , l'azotate d'argent à haute dose, et

les purgaiifs, avec une énergie proportionnée à l'intensité du mal et à la rapidiié de sa marche. En généi'al nous préféi'ons l'insidlaiiou du collyre cau>lii|ue à l'atiourhement avec le crayon. Cependant deux conditions sont nécessaires pour que ce moyen soit efficace : la première, que le collyre soit bien préparé; la seconde, que l'un soit sûr de l'adresse et de la bonne volonié des personnes chargées de faire l'insiillalion. Pour peu qu'il y ait doute sur ces deux points , et c'est ce qui nous arrive dans les hôpitaux, il vaut mieux cautériser de temps en temps avec la pierre uiferuale la surface inlerne des deux paupières. Après chaque cautérisation l'on fait laver l'œil avec de l'eau fi'oide, et l'on recommande de ne pas faire d'insiillaiion d'azotate d'argent dans la journée. Le lendemain on revient aux insliUaiions. et le surlendemain on cautérise de nouveau. Si cependant on croyait remaïquer que les cautérisations augmentent trop rinleiisité de la phlegmasie, on n'y reviendrait pas aussi souvent ou on les abandonnerait tout à fait. De même, si le collyre à 1 gramme d'azotate d'argent pour 30 grammes d'eau distillée paraissait trop excitant , on diminuerait la dose du caustique.

C'e>t d ins celte variété d'ophthalmie purulente (|ue l'excision partielle de la conjonciive ocidaire serait faite avec le plus d'avantages, si. l'opéi'ation pouvait être pratiquée sans tropde diflicullés.

S'il y avait de grandes douleurs, les préparations opiacées seraient employées à l'extérieur et à l'iniérieur. Les vcsicaloires volants à la nuque, dcnière l'oicille ou sur le front, ne sont pas non plus sans utilité.

Quant à l'administration des balsamiques (copahu et cubèbe), elle n'aurait sur la maladie oculaire aucune autre influence que celle qui pourrait résulter de leur action purgative : or, à ce point de vue, les puigatifs salins répétés tous les deux ou trois jours sont beaucoup plus efficaces.

Les partisans de la métastase, qui croyaient à tort à la sup|U'ession complète de la blennorrhagie, regardaient comme avantageux l'emploi de moyens mécaniques propres à réveiller l'ureihrite, et, dans ce but, ilsiutrodnisaieut des sondes dans le canal. Celte pratique n'a pas doinié de bons résultats et est aujourd'hui tout à fait abandonnée.

5 IV. ~- Ophthalniie contagieuse des adnltea.

L'ophthalmie purulente allcint quelquefois un grand nombre d'individus en même temps, sous l'influence de certaines conditions hygiéniques et climatériques, c'est-à-dire qu'elle prend le caractère épidéraique. Lorsqu'elle Bail dans de telles

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