OPFITHALMIE CONTAGIEUSE DES ADULTES
circoiislaiiros, l'ophthnlam; ne tanlt; giiôro ;i devenir ciintaj=[ieuse, de telle sorte qu'une l'ois déclarée i'épiiléiiiie a deux moyens de s'entretenir et de se perpéluer, savoir : 1" l'influence de causes générales communes à la niasse des malades, 2° la transmission directe d'un individu à un autre.
Cette maladie sévit spécialement snr les militaires, c'est pourquoi on l'a dénommée ophthalinie des m niées ou des casernes ; maÀ'f, ou la trouve aussi quelquefois dans d'autres condiiions. Jnnfikeu, ciié par M. Florio, l'a observée sur les bords du Rliiu, dans un pelit village où quai'anle personnes en étaient alleiutes eu même temps. Oa la voit éjjalemcni dans les prisous et dans les iu- (îrmeries de vieillards.
Étioloi
— Parmi les causes , il faut placer en première ligne les influences climatériques. Ainsi, il paiait cei tain (jue celte affecti(ju est plus commune en Egypte que parlout ailleurs : Pr. Alpin en signale déjà la présence au 16" siècle, et depuis ci'tte époque tous les observateurs ont remarqué que beaucoup d'individus sont a\eugles ou borgnes dans ce pays par suite d'ophlhalmies purulentes. Pendant la eau. pagne d'Égyple, en 1798 et I79!t, un assez grand nombre de soldats en furent atieinis et rentrèa'cnt eu France, les uns avec une cécité, les anli-esavec iha resies encore transmissibles de la maladie. Lari'ey,dans sa relation de la campagne d'Egypte [Mémoires el cnmpagnes, t. i), attribue le développement deropliihalmie à l'ardeule lumiè.i'e du soleil rétléehic par un sol blanrhàlrc, aux l'alignes de tout genre, aux bivouacs pendant les nuiis fraîches et humides qui succèdent à des joiu'nées très-chaudes. C'est à dater de cette époque que les traités d'ophthalmologieont contenu un chapili'e consacré à Yopldlinlmie d'Égyple ; mais cetle dénomination nous parait peu convenable, la nn'me affection dérivant di;s mêmes causes et se présentant avec des caiactères semblables en Belgique, en Russie, en Italie, ainsi qu'il résulte des documents foin-nis par MiM. Ploient Cuuier et Calfe sur l'ophlhalmie de l'armée belge, par M. Florio sur celle des armées russes, par M. Landi sur celle des troupes toscanes et autrichiennes à Florence.
La dénomination d'oplithalmie cgyplicnue .s'est conservée parsuile de cetle idée que la maladie, rapportée d'Egyple par l'armée fraiiçaihc, a été communiquée par elle aux soldais ilalieus, prussiens, russes, et autres, avec lesquels elle .s'est trouvée en rapport par suite des hasards de la guerre. Ce serait donc toujours la même maladie, qui se serait propagée par voie de coniagioo; et c'est pour celte raisou qu'elle mériterait le nom
d'égyptienne, quoiqu'elle se montre aujourd'hui dans d'autres contrées. Il faut convenir pouriant que celait, d'ailleurs lrès-|iossible, aui'ait besoin d'être démontré. Sans doule, à leur retimr d'Egypte, les soldats français ont pu communiquer ro|ihthalmie ; mais il n'est pas prouvé que celle-ci se soit perpéiuée drpuis cette époque, et qu'il n'y ait pas eu iulerruplion complèle entre les diverses épidémies. Ponr(|uni certaines circonstances, telles que l'encombrement, les fatigues, la malpropreté, l'intempérie des saisons, ne feraient - elles pas uailrc i'ophtbalmie dans des lieux où elle n'avait pas existe jusque là ou qu'elle semblait avoir abandcmnés? M. Landi admet avec raisou qu'il a dû en être ainsi pour l'ophlhalmie qui s'est déclarée parmi les Ironpes autrichiennes occupant Florence. Ne serail-il pas curieux d'ailb urs que l'armée française, après avoir ainsi répandu l'ophlhalmie par toute l'Europe, en fût depuis devenue tout à l'ait exempte? La maladie ne règne ni dans nos casernes ni dans uoscanqis; on ne la voit pas plus dans noire armée d'Afi'iqne que dans nos troupes de garnison. Il faut donc dans sa production faire une large part au climat et aux habitudes hygiéniques. Si ces condiiions sont assez favorables en France pour avoir permis l'extiiiclioa des ophihalmies épidémiques, elles peuvent êti'e assez mauvaises dans d'autres pays pour y faire naiireces ophihalmies.
La contagion joue un rôle assez considérable dans l'éiio'ogie. On voit , dans l'ouvrage de M. Florio, la maladie se iransmetire souvent d'un individu à un autre par l'usage des mêmes oieillers, ou par celui des mêmes linges ou de la même eau pour laver le visage, exacl émeut comme cela à lieu dans roiihihalmie bleiinorrhagique. Ici même une question imporianle se présente : l'ophlbalmie est-elle transmissible à tuuies li's périodes de son existence? On ne saurait contester que l'époque où la contagiim est le plus à redouler ne soit celle période qui est marquée par l'abondance de la suppuration, c'est-à-dire la seconde période. L'observation nous apprend encore que ro|ihihalmie, après être restée chronique, c'esl-à-dire à l'état de blépharile granuleuse, peut tout à coup repa.sser à l'état aigu , et se communiquer dans ce moment à des individus qui, bien que depuis longtemps rapprochés du malade, n'avaient cependant pas élé afi'eclés d'abord. Mais la transmission estelle possible quand il ne resie plus que des granulations sur les paupières et une sécréiion plutôt muqueuse que purulente ? Nous n'avons p is à cet égard d'cbservaiion personnelle; néanmoins la lecture des auteurs compétents nous autorise à peuser que cette transmission , quoique plus difli-
INFLAMMATIONS OCULO-PÂLPEBRALES.
cile et p'tis rare rjiie clans les cas p.écédenls, peut cependant encm'e avuir lien.
Il en i:sl du reste de celte contagion comme de tontes les anlres. Les imUvidus les plus facilement atteints sont ceux que Ifur cuostilution y prédispo^e. Queicpies-uiis peuvent y éihiippcr en verlu de conditions qui nous sonl inconnues, ou bien en subir tout à coup les conséquences apri'S avuir paru réfraclaires pendant un certain temps. Voiià piiurquoi l'on ne doit pas attacher une irop grande importance h l'expérience souvent citée d'un médecin anglais, nonmié Mackezy, qui a placé sur ses yeux nue compresse imbibée de pus provenant d'une ophlhalmie purulente sans contrarier la maladie.
Les conditions les plus favorables au diWeloppement de l'ophlliaimie contagieuse sont l'encorabremeut des soldais dans les camps et dans les casernes, la mal pro prêté, les fatigues, les excès alcooliques, l'exposition an froid, à l'humidité, et aux variations atmosphériques.
Symptômes, marche, terminaisons. — Les phénomènes ne présentent ici rien qui n'ait été .signalé dans les articles précédents. Le pronostic est toujours fâcheux, mais il est plus ou moins grave sidvant l'intensité de la maladie et la rapidité avec laquelle elle s'accroît.
Traitement. — Il est préservatif on cnratif.
Le traitement préservatd' consiste à éloigner autant que possible les causes qui favorisent l'extension de l'ophtbalmie, à éviter surtout la contagion. Dans ce but, ou doit recommander une grande propreté; bien avertir ceux dont les yeux sont encore sains des dangers qu'ils courent en s'inoculant. à l'aiiledes linges, de l'eau ou même par un voisinage de trop longue durée, la niaiière pnruleule provenant des yeux de leurs camiirades malades; sé,jarer, si faire se peut, les individus ophthalmiques; recourir enlin à tons les moyens d'assainissement, en évitant surtout l'accumulalioa des hommes dans des espaces trop étroits.
Quant au traitement curatif, l'azotate d'argent , les lavages répétés, les antiphlogistiques, les purgatifs et les révulsifs cutanés, sont toujours les moyens auxquels ou doit accorder la préférence.
Art. IV. — Ophthahnie purulente profonde.
Cette maladie, qui consiste en une inflammation suppurative des parties pi-ofondes de l'œil, se distingue de la précédente par son siège et de l'hypnpioti lui-miMne par .son étendue. Elle a été décrite par les auteurs sous le nom iYop/ii/inlniiie, qui n'indique pas le caractère principal de l'affection,
et gênerai
c'est-à-dire la suppuration intérieure
de l'œil, et sous CiJid de phlegmon oculaire,
qui est encore plus impropre.
Éiiologie — Cette variété d'ophlbalmie est souvent consécutive aux lésions iraumaliqucs. surfout à celles dans lesquelles l'instrument vulnérant est lancé avec force ou chargé de quelque matière septiqne. On la voit survenir aussi à la suite de la variole , des fièvres graves , spontanément et sans cause cuunue.
Symptômes, marche, terminaisons. — Les symptômes se rapportent à tr^is périodes.
Dans la première, on constate, outre les signes communs à toutes les opUbalmies générales ou graves, une douleur excessive, lancinante, quitte laisse de ri^pos au malade ni le jour ni la nuit, qui lui arrache des plaintes ou des cris continuels, et s'accompagne de réphalalgte intense, de fièvre, de prostration , de découragement. Il y a tu même temps de la photopsie, de la pyropsie, de la photophobie portée au plus haut degré. Les panpii'-res sont gonflées, et la conjonctive rouge et tuméfiée. Dans une seconde période, qui débute du troisième au quatrième jour, la suppuration s'établit, le globe de fœil se tend et se tumélie, la cornée devient plus saillaïUe, les paupières sont soulevées et repcuissées, le liquide de la chambre antérieure se ti ouble, et l'on voit paraître à travers la piqiille des tâches jaunâtres, plus ou moins profondes, dues à la présence du pus. Le liquide apparaît bientôt dans la chaïubre antérieure et jusque dans la cornée, qui s'infiltre et se laisse de plus en plus distendre. La douleur perd alors de sou intensité et la vision est compléteiiKUil abolie.
Dans la troisième période, la sclérotique ou la cornée s'ouvre et lais.se sortir le pus: la douleur s'apaise, les symptômes généraux cessent, mais il reste de l'affaiblissement; la snppin-ation continue pinson moins longtemps, puis se tarit peu à peu; l'œil se ville, s'alfcisse, et se réduit à uu moignon qui conserve quelque mobilité.
La chambre antérieure et la cornée peuvent, comme nous l'avons vu , participer à l'infiammation. Il n'est pas impossible que la conjonctive suppure aussi, et qu'on ail à la fois ophlhalmie purulente superficielle, ophlhalmie piirubnte profonde, et hy|i(ipion. Il se peut encore i|ue le tissu cellulaire de l'orbite s'enflamme et qu'à la suppiipuration de l'œil se joigne un phlegmon orbitaire.
Pronostic. — II est des plus fâcheux, puisque la maladie conduit infailliblement à la perte de l'œil. Ou cite même quelques cas dans lesquels la
OPHTHALMIE PHLÉBITIQUE.
mort esl survenue par 'a |)i'opngal,iun de l'inflamiiialiun vers l'inlérieur du cràue.
Trailement. — Dans la première période , il faut employer les saignées coup sur coup, les révulsifs, ei loiis les uarcolirpies diml il a déjà été cpieslion , des applications d'eau froide ou môme de glace, si le malade peui les supporter, ce qui esl rare. Les collyres sont tout à fait iiuitiles. H est remarriu^illi; que , si les moyens pré.cé.deiits peuvent arrèier les progrès de l'inflammaiion vers l'orbite et le crâne, ils ne réussissent que très-rai'euient à calmer les douleurs : celles-ci ne peuvent être soulagées que par l'ouveriuiede l'œil. Si donc on est appelé pendant la deuxième période et que la suppuration iutia-ocu'aire soit évidente, il est indiqué d'ouvrir largement la cornée ou la sclérotique. Il est entendu qu'on devrait s'abstenir, s'il n'était pas encore démontré que le pus lût bien formé. Pendant la li'oisième période, il n'y a pas aut:e chose à faire que de laver souvent, de pousser quelques injections pour entraîner le pus, et de combattre l'allaiblissement par les toniques et le régime. La cicatrisation une f(,iis achevée, le malade peut porter un œil de verre pour masquer la diil'uriuité.
AaT. V. — Ophlhalmie purulente mélastiitique.
Sons le nom d'ophlhalmic phlébilique, i\îackenzie decrii une o|ihthaimie con.îplexc, que l'on observe quelquefois à la suite de la [ihlébile suppurée , dans le cours de la maladie générale appelée eu France infection purulente, et que, pour cette l'aison, nous croyons devoir mma\U' o;jhllMiniie pur.ilrnie iiiétastntique.
Celle malailie est en elf'et caractérisée par la formation d'un abcès, cooqiarable à ceux qui paraissent en même temps dans d'autres organes, et le pus se dépose au fond de l'œil, soit eiilre la rétine et la choroïde, soit entre cette dernière et la sclérotiqiuî , soit dans le corps vitré. C'est donc une variété de l'ophibalinie purulente profonde, dont elle dilfére cependant en ce que les symptômes inflaimnatoircs sont moins violents. La douleiu' n'est pas aussi intense. La rougeur de la conjonctive esl modériu;; mais son gonflement, assez considérable, prend le caractère œdémateux. Les paupii'res elles mêmes sont gonflées. Il y a de la phoiophobie. La vision se perd deirès-bonne heure, des dépôts plastiques se forment dans le champ de de la pupille et dans l'épaisseur de la cornée. S'ils n'ont pas lien, on aperçoit au fond de l'organe une tachejaunàlre, profonde, due à la présence du pus.
Quelquefois ily a en même temps une exophtbalnde, parsintedu gonfli'meut du lissu cellulaiie de l'orbite. L'œil est peu mobile, tant à cause de cette dernière lésion (|uepai' suite delà doideurcpie provoquent les mouvements. Le malade présente en m''me temps les autres symptômes généraux de l'affection grave dont il esl atteint, et il succombe presque toujours avant qi;e l'œil se soit ouvert pour laisser sortir le pus. Cependant, lorsque la cornée s'iiitiltro rapide;neui,elle s'ulcère quelquefois de bonne he.ure.
Cette ophihalmie, très-rare d'ailleurs, peut être observée dans toutes les circonstances capables d'occasionner une phlébite snppurée , savoir, ,à la suite des grandes amputations. aJDrès l'excision des veines variqueuses, pendant la lièvre puerpéiale. Ce n'est qu'un accident de l'infection purulente, dont elle partage la gravité et l'incurabilité presque constante.
Art. VI. — Ophthalmie phlébitique.
Il est une autre variété d'ophthalniie, que Mackeuzie a eu le tort de confondre avec la précédente, variété qui nous parait avoir ses caraclères pi'opres et mériter le nom de p/ilébitique , car elle se rattache à l'oblitération de la veine ophthalmiqwe par des caillots sanguins développés sous l'influence d'une inflammation de celte veine.
On sait que, chez les individus afi'aiblis par de longues maladies, le sang se coagule quelquefois dans certaines veines et en pailicu ici' dans celles du membre inférieur, et l'on attribue généralement celle coagulation à une phlébite spontanée qui ne déliasse pas la première péàode. Eh bien ! ce phénomène peut arriver du cùl(; de la veine ophihalniiqne, ei alors la stase du sang veineux dans les veines oculaires ilonue lieu à nue variété d'uplnhalmic, assez rare d'ailleurs, mais qui n'en doit, pas moins être étudiée à pail. Graves, de Dublin, qui parait avoir signalé le |iremier cetteaffecti(ui,(';iudiée depuis par les chirurjjiens français cl suMonl par A. Bérard, avait bien saisi l'analogie qu'elle piésenle avec l'œdème douloureux des femmes en couches, analogieqn'il avait exprimée de lamanière la plus formelle en disant que son maladi; était atteint d'une phlegmatia alba dolens de l'organe de la vision.
On voit survenir celte affection à la suite des maladies fébriles, telles que la fièvre typhoïde, la rougeole, la scarlatine, ou après l'accouchemeut, lors même qu'il n'y a pas eu de métropérilonite. L'un de nous en a observé un exemple chez un malade, qui avait eu plusieurs accès de lièvre pendant le iraitement d'un rétrécissement uréihral et
MALADIES DU GLODE OCULAIRE
probablement par coDsé.quent une ui'phiite suppiii'éo.
La maladie di''bii'e quelquefois brusquement par une duuleiir vive dans l'œil, un alï'aiblissement de la vue, et un gmiflenient œdéinateuxavec roujfeur modérée de la conjonclive. D'autres fois, la douleur et le gïinfleiijent aiiifinenlent peu à peu. La ron;;eurnedevient jamais très-vive; c'est l'œdème qui fait le caractère pi'incipal de la maladie. Dans quelques cas, les synqitômes s'arrêieut là : les parties profondes de l'œil resleul intactes; et, au bout de quelques semaines, la circulaiion se rétablissant dans la veine, la conjonctive reprend son aspect naturel. Dans d'autres circonstances, la congestion veineuse causée dans les membranes oculaires par l'arrêt de la ciiculation amène un travail phlegmasique. L'iris se prend, aiusi que la capsule aulérieureet même la cornée et la rétine; des flocons plastiques se mciangcnt avec lliunieur aqueuse et l'Inuiieur viliée; la vision s"altère,et on observe les symptômes de l'inflanmiation des parties profondes de l'œil. L'intensité de ces synipiômes est eu général assez modérée; néanmoins il peut se former, comme après toutes les ophilialmies corivjjlexes, uneaiiésie et une fausse cataracte, une amaurose ou un glaucôiue, à la suite desquels la vision reste perd..e. Peut-être aussi la terminaison par suppuration peut-elle avoir lieu. Nous n'enavons pascrpi-ndant observéd'excmples.
Celte nia'adie étant ti'ès-rare, on ne l'a pas encore étudiée suffisamment dans tous ses détails. On ne sait pas, par exemple, si les mêmes résultats sont fournis par l'obliiération du tronc veineux principal et par celle de quelques--unes des brancbes oculaires.
Le diagnostic n'est difficile qu'à cause de la rareté même de l'aflV.ction, qui enqîêche de songer tout d'aboi d à ce genre d'ophtlialmie, On la reconnaît à ce qu'elle dd'fèie des autres oplithalmies par la rapidité de son appaiition, par le gontiemeut œdémateux avec rougeui- modérée de la conjonctive, par la lenteur avec laquelle se forment, quand on les voit survenir, les lésions intérieures de l'œil. On pourrait confondre l'opbibalmie plilébitiqne avec le phlegmon de l'orbite, car, dans cette dernièie maladie, il y a aussi inflammaiion avec œdème de la conjoncti\e et douleurs plus ou moins vives dans l'orbite ; mais dans le phlegmon orbitaire, on voit survenir, au bout de quelques jours, luie exopliihalmie qui n'a pas lieu dans l'ophilialniic plilebilique, et il s'établit aussi, par suite de la comjiression des nniscles, une iiimmbiliié de l'œil qu'on n'observe pas non plus dans cette dernière.
Le traitement est simple. Comme il n'y a pas de
d()u'e;:rs très-vives et qu'il im| orte de ne pas affaih.ir davantage le malade, les aiitipldogistiques Sont contre-iiidiqnés. Quelques purgatifs, des oiictiiius inercuriellesdans la région frontale, des boissons uitrées, des instillations belladonées, si la pupille se resserre trop, sont les seuls moyens à mettre en usage.
maladies propres anx divers éléments de VodU.
Api'ès avoir étudié à part toutes les inflauimalions oculii-palpébrales, il nous reste à i>asser en revue les autres lésions vitales et organiques des divers éléments de l'œil, c'est-à-dire de la conjonctive, de la cornée, de la sclérotique, de l'iris, du cristallin , du corps vitré, et de la rétine.
l" sous-mvisioN.
91alndie.<; de la coujonctiTe.
Les maladies propres à la conjonctive sont la xérophthaliiiie, les polypes, les kystes, les tumeurs graisseuses ou pingueciila, le ptérygion, et certaines tumeurs de nature diverse.
Art. P
Xérophtlialntie.
La xérophihalmie est caractérisée par une modification profonde dans la nutrition de la conjonctive, modilicatiou par suite d.; laquelle cette membrane est rétractée et desséchée.
Celte singulière lésion, dunt on doit la connaissance aux descriptions modernes de Schniidt , d'Ammon, de Mackenzie et de i\I. Velpeau , se voit rarement cbi'z les très jeunes sujets. Oirl'obseivc piiilôt chez !(S aduites, lorsqu'ils ont eu des conjoncli\iles répétées ou une conjoiiclivite chronique.
Symplûmes. — Le malade n'accuse point de douleurs. La conjonctive a perdu son aspect luisant, est roiigeàtre on de couleur olive, desséchée, et rendue inégale par de petites brides disséminées à sa surf.ice. Elle est revenue sur elle-même etconnue raititinée, en sorte que ses ruis-de-sac supérieur etiiifericur sont moins profonds que dans l'état normal. Elle est en même temps insensible au contact des corps extérieurs. La cornée est grisâtre et semble recouverte d'iuie poussière trèsadhérciite. Les moiivemcnls du globe oculaire sont très-limilés, à cause de la rigidité et de la résistance du tissu qui remplace celui de la conjonctive naturelle, et qui a une certaine analogie avec celui