POLYPES DE LA CONJONCTIVE
des cicatrices. La vision est d'abord affaiblie, et les objeis sont vus connue à travers un nuage; la céciié ne devient cependant coni|il(Ue qu'an bout d'un temiis assez Ion;;. L'œil est habiluellement sec. La sécrélion lacrymale est tout à fait supprimée ou du moins notablement affaiblie.
Les paupières, rjui ont participé longtemps à la plilcyniasie à la suite de laquelle est survenue la xéro|)btbalmie, suni ordinairement tuméfiées et ont perdu une partie de leurs cils. Les commissures, attirées l'une vers l'aulie par la rétivaclion de la conjonctive, soni plus rapprochées que dans l'elat physiologique.
On ne sait pas bien encore à quelle nature de maladie appartient la xéroplithahiiie. Poui' nous, nous la regardons comme produite par une transformation toute spéciale, en vertu de laquelle la conjonctive perd sa structure et ses propriélés de menibi'ane muqueuse pour ressembler à la peau. Ces changeinciits sont bien indiqués par le mot de ciitisaiioiidii la conjonctive qu'eiiqiloieni |)lusirurs auteurs. Mais la sécheresse caractéristique de la maladie est-elle due à l'alropbie de la glande lacrymale, à l'obliiéraiion de ses conduits? Est-elle la cause ou la conséquence du trouble nulritif de la coujom'iive,ou bien les lésions marclienl-l-el!es simulianément du côté de celte membrane et du col c des voies lacrymales? Tous ces points sont encore à élucider.
Celle affection est des plus graves, parce qu'elle est incurable, i|u'elle ai teint ordiuairemenl les deux yeux à la fuis, et qu'elle conduit iufailliblemeut à la cécité au bout d'un temps plus ou moins long.
Le ti'aitement est nul , car on ne connaît pas d'ageiil qui puisse rendie à la conjuncliveetà l'appareil lacrymal leurs disposiiions naturelles. On n'a même pas la ressource d'un Iraiiement prophylactique , car la cause de la lésion nous échappe entièrement, et nous n'avons aucun moyen d'eu-rayer sa marche, alors même que nous verrions la maladie à son début.
Art. IL — Polypes de la conjonctive.
La conjonctive a , comme membrane tégumentaire, la pi'opriété de donner origine à des productions nouvelles comparables aux poireaux et verrues di; la peau, aux végétalions et aux polypes des muqueuses. Les productions de chacune des muqueuses ont, comme on le sait, quelques caractèies spéciaux : celles de la conjonctive se distinguent eu ce qu'elles lienneut tout à la fois des végétations et des polypes.
Elles présentent d'ailleurs quelques variélés : 1° Dans certains cas, la tumeur est grosse en-
viron comme un petit pois, arrrondie, légèrement inégale à sa surface. Les aspérités sont séparées les unes des aulies par des dépressions beaucnup moins profondes que celles des végéiaiions vénériennes des organes geniiaux, en sorte que la surface malade ressemble plutôt à une mûre qu'à un chou- fleur. Il y en a une seule ou plusieurs. Elles sont implantées par un pédicule éiroit sur la conjonctive oculaire, sur la conjouclive paliiebrale, ou dans le sillon iulerniédiaiie. L'un de nous a soigné à l'Hôlel-Duni, en 1849 , un malade qui avait six tumeurs de ce genre, d'un seul côté : les unes éiaient grosses comme des grains de cbènevis, les aulres comme des pois ; leur surface éiail uniforme; leur tissu , quoique assez solide , n'éiait pas aussi dense que celui des polypes bbreux.Lastructui-edeces sortesde tumeurs n'a pas encore étébien éiiidiée, sans doute parce qu'elles sont rares. A l'œil nu , elles ressemideut assez à ces polypes des fosses nasales que nous avons appelés polypes granuleux. Elles nesont cependantpasaussi vasculaires , quoiqu'elles le soient beaucoup plus que les polypes muqueux. Leur tissu semble fdrmé par une substance ce.tiulcuse et par des vaisseaux sanguins ; mais renferment-elles toujours des éléments fibi o-plastiques comme dans les deux cas dont parle M. Lebert [Phys. pnt/tol., t. u)? Ne peut-il pas s'y rencontre.r aussi des cnls-de-.'-ac glandulaires ou des papilles hypertrophiées? C'est ce que nous ne saurions dire aujourd hui. Nous croyons devoir donner à ces tumeurs le nom de pol\ pes plutôt que celui de végétations parce que ce derm'er mot pourrait faire supposer une origine vénérienne; et, à cause de leur forme, nous les appe!leroas/>o/j/;ef granuleux,
La cause de la maladie est inconnue. Dans les cas que nous avons observés, il n'y avait aucune raison pour invoquer la syphilis, et les lumeurs n'étaient pas survenues après des inflammations répéiées.
Les symptômes sont la gène des mouvements, la sensation de corps étrangers, le larmoiement, et parfois un peu de rougeur.
Pour le traitement, il faut saisir chacun des polypes avec de petites pinces à griltes, et exciser le pédiculeavec des ciseaux, enayaut soin de nepas faii'c .1 la conjonctive une perle de sidjslance assez gi'ande pour causer une rélraciion de la paupière.
2° D'autres fuis la tumeur est mollasse, grisâtre, d'apparence gélatineuse, lisse à sa surface, quoique formée, comme dans le cas précédent, par un lissu celluleux et vasculaire dont la nature iniime n'est pas bien connue. Elle s'implante par une large surface, et plus souveni dans un des culs-de-sac conjonctivaux que daus les autres points , et peut
MALADIES DU GLOBE OCULAIRE
même envoyer un prolongement sons la conjonclivc palpébnile. Elle prend ordinairenient nin: l'orme aplalie, les dt;nx faces regardant l'nne la pau|)ièie, l'anlre le glube de l'œil. Son aspecl et son accroissrnient rappellent les fongosilés des plaies, et lui ont fait di.nner par les auteurs anglais le nom de fongus de la conjonctive. Conservant l'expression géiiériipn; de polype, qui estaccepiée pour les prodikiioirs plus ou moins analogues des membranes mu'iui'uses, nous les mmmeAvwi^ polypes fongueux. Celle dénoininaiion n'enlrainc pour lions aucune idée sur la siruclure iulime de la tumeur, ruais elle laisse préjuger qu'il ne s'agit pas de cancer. Les auteurs anglais élaldisseni deux sortes de fungns, les uns béiiins, les aini'es m.ilins on cam'éreux. Nous l.■lis^ons de côlé celie dei-nici'e varii'té, (|ui présente des caractères tièsd.fférents de ceux de la piemière.
Le volume de la tunn'ur est oi'dinairemcnt pins C(msidérable que celui des polypes granuleux : il peut le devenir assez pour masquer une pariic ou la lulalité de la cornée et pai' conséquent gêner la vision, et même pour déterminer une intlammalion nicérative et suppurative do cette membrane.
Le diagnostic n'est pas diflxile, tant que la tumeur n'est pas très-considéi'ablc. Lorsqu'elle est devenue assez grosse pour s'avancer sur la cornée, soulever les paupières, empêcher leur écartement, on peut croire qu'il s'agit d'un cancer; mais il est lai'e que les tumeurs cancéreuses deuennent aussi superlicielles que le sont celles dont nous notis occupons. En outre les tumeurs cancéi'euses n'ont pas d'implantations limitées, tandis que les polypes fi)n];ueox ont une origine circousciite et s'élalenl en se développant, ce qui permet de conduire entre eux et la cornée un ;tylet ou un corps mousse quelconque.
La guérison ne peut encore être obtenue que par une opération analogue à celle des polypes giantdeux, c'e.4-à-dire par une excision de la tumeur au niveau de son implantation ; mais celte o|iéialion est plus difficile , à cause du volume considérable de la tumeur et de l'éteuilue de sa base. Si l'on ne pouvait mettre suffisamment à jour le pédicule, on devrait inciser la commissure, afin d'avoir un écartement plus grand des paupières. L'exci^ion ne doit être faite que pini à piui. Si l'on est gêné par le sang, on fait absierger au moyen d'un courant d'eau froide dirigé avec une seriiigue. Après l'ablaiion, l'on réunit avec des points de su:nre la plaie de l'angle exierne, et, les jours suivants , on fait exécnlei' le plus de mouvements possible au globe de l'œil, aliu qu'il ne s'établisse pas de symblépharon.
Si la tumeur avail tellement comprimé le globe oculaire que la cornée l'îit perforée et la vision perdue, on pourrait enlever avec le polype, non pas l'œil lout entier, comme le conseille Markimzie, mais seulement un segment aniérieur, de façon à conseiver un moignon sur lequel un œil de vei're pourrait être appliqué api'ès la guérison.
AiiT. III. — Tumeurs enhyslées.
On a vu des kystes se développer dans le tissu cellulaii'e qui double la conjonctive bulbaire. Les exempts en .sont rares. M. Rogiietta en rapporle tiois qui ont éléob.servcspar Dnpuyiien, Ti'avei's, et lui-même. Cependant il n'est pas demoutié que, dans ces trois cas, il se soit agi réellement d'une poche ronleuant un liquide; car, dans deux, l'ablaiion ne fut pas faiie; dans le tioisiènu;, celui de Travers, l'opération fut [iratiquée, mais on ne dit |)as ce qu'on a trouvé cà l'examen de la |)ièce. filackenzie esl Ini-même foit peu précis sui' ce sujet, en soi'te qu'un peut se demander si les tumeurs dont ces auteurs ont pailé n'étaient pas des productions solides, adipeuses, cartilagineuses, ou caméreusps.
On a rencontré des kysles bydaliques : nous en parleious plus loin en décrivaiu toutes les tumeurs de ce genre qui oui été observées vers l'œil.
Art
l'y. — Pingnecula.
On appelle pingnecula de petites tumeurs arrondies, jaunâtres, grosses comme des grains de mdiet ou de chènevis, qui sont formées par des amas parlirls de graisse dans le tissu cellulaire soiis-coiijonclival. Elles n'occasionnent aucun accideiil, et ne léclameut pas de tiaitement chirurgical ; mais il faut les connaître, alin de ne pas les confondre avec d'autres piodurlions pour lesquelles l'intervention chirurgicale sei'ait nécessaire.
Art. V.
Plérj;
non.
Les anciens ont donné ce nom à une petite tumeur, sorte de végétation membraneuse, qui se dévelopjie sur la cornée et la scléroli(iue, cl parait cousiiiuée par une lésion de la conjonclivc dans le point oîi elle passe de l'une de ces mendiranes .sur l'auli'(!. Celle tumeur représente une peliiciile surajoutée, qui n'a pas avec une petite aile la ressemblance que le mot plérygion .'semble indiquer.
On ne comiait pas bien la structure anaiomique de celte production. Elle parait furmée par nue liame cellulo-fibreuse, de nouvelle formation, qui se dépose dans la couche profonde de la cou-
PÏÉRYGION.
jonclive et dnns le lissu cellulaire sous-conjnndival. On n'cxpliiiui; pas pourquoi elle prend ainsi son origine sur les limites de la cornée eL de la sclérotique, ni piiurquui elle présente dans sa forme et sa position des caractères si singuliers.
Sfmplômes. — La tumeur du plérygion correspond le plus souvent au côté interne de l'œil , et a la forme d'un trianj',le, dont la base regarde la caroncule lacrymale et correspond ordinairement à la membrane semi-liuiaire, et dont le sommet s'avance sur la cornée, en se rapprochant plus ou moins du centre de cetie membrane. La base a une hauteur de 4 ou 5 millimètres, quelquefois plus, et est placée sur la sclérotique, sans lui adhérer; la partie moyenne et le sommet recouvrent lacoinéi; et lui adhèient assez solidement. La couleur est liabituellemenl lilanchâtre, et Ton aperçoit à la suii';)ce(|uelques arborisations vasculaires. La conjoiiciive est fréquemment injectée autour de la lunieiir.
Tels sont les symptômes les plus habituels, mais il y a des variétés. Quelquefois h tumeur occupe le côté externe et a sa base tournée vers la région tenqiorale. Plus rarement, on la trouve à la pa:lie supérieure ou inférieure. D'autres fois elle est multiple, c'est-à-dire qu'il y a plusieurs ptérygions sur un seul œil , chacun d'eux présentiinl les caractères oïdinaircs de la maladie. Si , dans presque tous les cas , la vase nlarisation est peu aboudaule et le tissu ce'lulo- fibreux prédominant, dans d'autres, il y a une prédominance telle de l'élément vasculaire que la tumeur offre une couleur ronge semblable à celle des muscles. Elle est en même temps plus épaisse, ce qui lui avait fait donnei' le nom de plt^rygiitni crnssum, par opliosiliou à l'autre, qu'on appelait /j/<?r/g-/«7» tenue. Nous avons vu quelquefois le plérygion pourvu de deux sommets, c'est-à-dire que d'une base unique partaient deux pointes qui se dirigeaient du côié du centre de la cornée, séparées l'une de l'aulre par un intervalle de quelques niillimèires.
Celte affection se développe lentement et le pins souvent sans aucune douleur. Les malades ne s'en aperçoivent qu'en se ri;gaidant dans une glace ou lorsqu'une autre personne lésa prévenus. Elle n'a d'autre inconvénient que la petite difl'ormité qu'elle occasionne, jusqu'au moment où elle gagne le centre de la cornée : elle met alors obstacle au passage d'un cei-iain nombre de rayons lumineux et obscnrril la vision, et si, plusieui's ptérygions existant simultanément , tous les sommets venaii'nt se rencontrer sur la cornée, luie céciié complète eu serait nécessairement la conséquence.
Quand il existe une conjonctivite, elle est indépendante.
Eliologie,
Elle est fort obscure. Cette maladie ne paraît pas être produite par des inflammations prolongées, car, si on la rencontre quelquefois à la suite de ces inflammations, le nombre des cas dans lesquels elle est .survenue sans pblegraasie antérieure e,'t bien plus considérable, et, d'un autre côté, combien ne trouve-t-un pas d'individus qui ont des ophthalmies rebelles sans avoir ensuite de plérygion! Béer, ayant eu à soigner beaucoup de jouinaliers atteints de pléryguMis, en conclut que la chaux et les poussières contribuent à son déveliippement; mais nous l'observons si souvent dans d'auti'cs comlilions qu'il nott&est difficile de croire à celte éiiologie.
On expliijue également d'une manièie peu satisfaisante pourquoi la tumeur prend une forme trian;iulaire. Voici ce qu'on dit généralement à cet égard : le plérygion est formé par un dépôt de maiière plastique qui .s'accumule au-dessous de la conjouciive en la .soulevant; comme celle membrane adhère plus solidement sur la cornée que sur la sclérotique, elle se sépare plus difficilement de la première que de la seconde, et, comme ses adhérences sur la cornée vont en augmeniaut de la périphérie vers le centre, elle est de moins en moins soulevi'e à mesure qu'on s'approche de ce dernier; la tumeur va donc en s'eflilanl déplus en plus. Le mécanisme de ce soulèvement est ce qu'on a le plus de peine à comprendre, car la conjonctive est si solidement unie à la cornée qu'elle semblerait ne pouvoir en aucun cas s'en séparer, Y a-t-il un ramollissement préalable? n'est-ce pas la membr;ine elle-même qui s'épaissit cl se iransfornie, au lieu d'être écartée par un produit de nouvelle formation?
Primosiic. — Il n'est pas grave. Il le devient lor.squ'on laisse arriver le ptérygion jusqu'au centre de la cornée, parce qu'il obsciuxil alors la vision et que l'opération qu'on doit pratiquer laisseà sa suite une lâche indélébile.
Trnilempnl. — On ne peut débarrasser sûrement les malades que par une opération sanglante, et l'on ne doil pas attendre, pour la pratiquer, que le ptérygion se soit trop avancé sur la cornée, puisque la cicatrice est ordinairement opaque. Les caniéiisalions avec l'azotate d'argent iiourraient suffire si le mal é'ail récent, petit, et peu étendu ; ni:ns elles seraient le plus souvimf insuffisantes, et le mieux est i)e proposer de suite l'ablation.
Pour la pratiquer, le malade est a!>sis ou, s'il
•MALADIES DU GLOBE OCULAIRE
le préfère, couché. Un aide écarte les paupières avec ses doigts ou avec l'élévateur de Pellier. Ou pourrait se servir aussi du blépbareirgou, dont nous parlerons plu^ longiiemeut à propos du slrabisme. Le cliirui'jjien saisit le plei'y;;ion par son milieu avec une pince à griffes, l'écarlede la sclérotique et de la cornée, et l'excise avec de pelits ciseaux courbes. Souvent l'œil remue, et l'opéi'ateur n'est pas maître de tout enlevei' du premier coup. S'il est resté une portion considérable de la tiHiu'ur, on reicimmcnce de suite. S'il ne reste qu'un tiès-petit fragment, on peut le laisser ^ans inconvénieni, car il s'aft'aisse et disparait en quelques jours. Lorsque la base du ptérygion est large, il ne faut pas chercher à l'enlever tout entier, car on s'ex|ioseraii à avoir une cicatrice trop étroite. L'inipoiiant est d'ôter le pins exactement possible toute la poriion qui est en rapport avec la cornée. Ceite opéraiion n'est ordinairement suivie d'auci.u accident, |)as nifVue d'une inflammaiion très-prononcée de la conjonctive. La p'aie se cicalrise sans siqipurer, mais la cornée reste opnqne au niveau de l'endroit où se irouvait la tumeur.
S'il y avait plusieurs ptérygions, il vaudrait mieux les Ojiérer successivement à plusieurs jours d'intervalle que dans la même séance, afin d'éviier plus sûrement encore les accidents inflamnritoircs.
AuT. VI. — Tumeurs diverses de la conjonctive.
I. Graefe et Wardrop paraissent avoir rencontré sur l'œil des tumein-ssur la nature intime desquelles ils ne s'expliiiuent pas, et qui peut-cire avaient une ceriaiue analogie avec les nœvi mateini. Elles étaient remarquables en ce que leur surface donnait naissance à un certain nombre de poils. C'est poiu'quui Grcefe leur a donné le nom de iric/iinsis bullii. Nous ne connaissons aucun fait de ce genre qui ait été observé en France. S'il s'en renconli'ait, on devrait faire l'ablation de la petite tumeur.
II. Nous n'avons de même eu aucune occasion de rencontrer les tumeurs cartilagineuses, lipomateuses et tuberculeuses, dont quelques auteurs ont pai'lé.
III. i\Iackeuzie rapporte deux observations intéressantes de tumeurs volumineuses, qui paraissaient s'i'tre développées sur la conjonctive. Dans l'une, « la tumeur avait 7 pouces de long et 3 pouces et demi de circonférence ; elle pesait deux livres et demie. Siùvant Aberueihy, sa structure ,se rapportait 'à celle du sarcome pnncréniique. Ede avait aus.si les caractères de ce lissu morbide, c'està-dire que son accroissement se faisait lentement et régulièrement, qu'elle n'avait de tendance ni pour l'inflammation ni pour la suppuration. » Dans
l'autre, il s'agit d'une extirpation de l'hi'misphère antérieur du globe de l'œil que lit Travers poiu- un cancer présumé; mais on reconnut qu'il s"agi,ssait d'une tumeur de couleur pourpre, qui cachait la cornée et lui adhéiait dans mu; peliie éieudueen même temps qu'elle adhérait à la sclérotique. Travers, sans s'expliquer sur sa ualure, croit qu'elle était formé par uuc dégénérescence de la conjonctive.
IV. Il n'y a pas de doute que des tumeurs cancéreuses et mélauiques peuvent premhe leur origine dans la conjonciive. Nous reviendrons sur ce sujet eu parlant du cancer de l'œil et de ses prin ■ cipales foi'mes.
2'^ SOUS-Dl VISION.
aialadics de la coruve.
Les maladies de staphylôme.
a cornée .sont les lâches et I
Art. I. — Tacites de la cornée.
La transparence de la cornée est assez souvent troublée par des opacilés, dont les unes sont la conséquence de l'âge, taudis (|ue les aulres surviennent à la sidte de lésions traumatiques ou de kératites spontanées.
I. L'opacité sénile, appelée aussi géronioxon, arc sénde , se présente sous la forme d'un anneau grisàlre qui entoure la circonférence de la cornée. Elle commencée la partie, siipérieiii'e, se montre ensuite en bas , et plus lard eu dedans et en dehors. Elle n'a pas plus de trois ii quaire millimètres de large, et en conséquence n'arrive pas jusqu'au centre et ne peut obscurcir la vision. On doit regarder comme exceptionnel un f.iit cité par Ware et reproduit par .^L Rognetta, ilaiis lequel une opacité sénile occupait toute retendue de la cornée.
Cette lésion arrive à 50 ou 60 ans , rarement à 45 ou 50, et ses progrès sont toujours assez lents. Elle n'a pas d'autre inconvénient que de changer l'expression de la physionomie , et ne réclame d'ailleurs aucun traitement s|.écial.
II. Les cicatrices des piqûres et des coupures de la coi-née sont fréquemment opaques, parce que le tissu de nouvelle formalion ne prend [las lalraiisparence du tissu normal. Cependant il n'en est pas ainsi dans tous les cas, et nous avons vu en particulier les piqûres de la cornée à la suite de la kéraionyxis , les incisions à la suite de l'extraction de la cataracte, guérir .sans opacité, lorsque l'inflammation avait été modérée.
TACHRS DE LA CORNEE.
III. Les opaciti'S consécutives aux kératiles oflVeiit, sous le rapport de leur situation, de leur éleuiiue et de leur épaisseur, des dilTérences assi'z nombreuses, qu'on a coutume de l'apporter à Iruis variétés : la laie, l'albiigo, le leucouia.
1° Taie, liu-hf , nêp/iélion^ niibérule. On a donné ces dilTéi-enls noms aux taclies rpii sont bornées à la lann; conjundivale et aux couches les pins superficielles de la cornée, et f|ui survienuent après les kératites superficielcs ulcéreuses ou non ulcéreuses. Les unes correspoiuleiit à la périphérie, les autres au cenire de la cornée. Ces dernièi'es sont les plus im[iortantes, et ont plus ou moins d'inconvénients suivant cpi'elles sont plus ou moins foncées. Ainsi cpielcjuefois la tache est d'un jjris tellement clair qu'elle se voit à peine, chaujje peu l'expression de l'œil, et n'empêche pas le passage des rayons lumineux. D'auii'es fois elle a une teinte plus foncée, et se voit sans qu'on y regarde di: très-pi'ès : les objets sont alors ajierçus coiiuncà travers un nuage on un brouillard, mais les malades s'habituent à ce genre de vision ei finissent par n'eu èti'e que très-médiocrement uicommoilés.
Les taies sont qiu^l(piefoiscoaiplii|ncesd'une vascularisation anoi'iuali", qui donne lien à desi'etouis plus ou moins fré(iueulsirinfiammntion aigué.
Lorsipi'elles sont anciennes, elles ne peuvent plus disparaître spimlauément : on les voit même augmenter d'i'ti'uduect d'épaisseur à chaque liouvelle bouffée iuflamicatuiie. Tant qu'elles sont récentes, qu'elles n'ont pas plus de deux ou trois mois de durée, elles peuvent, sinon s'effacer, au moins diuiinuer sensiblement, et nous avons déjà dit, eu parlant de la kératite , qu'on observe souvent ce résultat chez les enfants.
2° Jlbiigo. On nomme ainsi des taches plus marquées, blanches et comme laiteuses, de la cornée, qui se forment à la suite des kératites interstitielles et occupent nue épaisseur beaucoup plus grande que les piécédcutes.
Elles sont, comme les taies, variables en nombre et en étendue. Quelquefois il n'y eu a qu'une seule , qui est plus ou moins large et correspond ou non à l'ouverture pupillaire. D'autres foison en ti'ouve deux ou trois qui sont dissémin('es sur les divers points de la luembrane. il n'est pas rare de rencontrer une ou plusieurs taies à côié di'S lâches d'albugo.
Il n'y a guère d'autre signe physique que la coloration blanche de la tache, (juelquefois on trouve des vaisseaux anormaux ou une adhérence concomilaiite de l'iris à la cornée. Les signes fonctionnels manquent lorsque les i,:ches sont situées à la périphéi'ie ou qu'elles sont peu éleiidues. Plus elles sout rapprochées du centre
de la cornée, p'us elles obscurcissent la visioiî. Celles de l'héuiisphère inlérieiu' sont plus nuisibles sous ce rapport que celles de l'iieniisphère supérieui', parce tpi'on regarde p'us souvent en bas qu'en haut. Celles de la moitié rxleinesont plus fâcheuses que celles de la moitié interne , parce qu'on a pins souvent besoin d'agiaudii' le champ (le vision eu dehors qu'en dedans.
Celles du centre abolissent complètement la vue, lorsqu'elhis sout placées de manière à cacher eniièrenient la pupille. Si elles laissent un des côtés u\] peu libre, les rayons latéraux iieuvent encoi-e servir à la vision, et alors l'œil se poi te instinctivement c!u coté opposé et finit quelquefois par devenii' strabiijue.
3" Lencomn. Il serait peut-être difficile de trouver, dans les auteui's anciens et modernes, la signification rigoiweiise du mot leucouia. Quelques cliniciens remploient comme synonyme de l'albugu. Les deux maladies se ressemblent en effet sous ce rapport qu'elles sont consécutives à la kératite et qu'elles forment des taches ti'ès-apparentes. Cependant, en général, le nom de lenconia exprime une alléialion pins grave , c'est-à-dire une opacité plus étendue en suii'ace et en profondeur, d'un blanc plus mat , accompagnée d'autres lésions oculaires susceptibles d'empêcher la vision, telles que le slaphylôiue, l'atrésie de la pupille et la fausse cataracte.
A° Opai'ilé ostéique. Aux variétés pi'écédenles il faut ajouter l'opacité qui s'accompagne d'une ossification partielle ou générale de la cornée. Quand elle est partielle, elle peut occuper la couche superficielle, la couche profonde, ou les couches moyennes. Les cas de ce génie sont trèsrares. Deux ont été cités par Wardrop (t. i^'', p. 72). Dans l'un , il a troi.vé une lamelle osseuse entre les coucli.es moyennes de la cornée devenue blanche. Dans l'autre, une lamelle semblable se rencontrait sur la face postérieure de la membrane. .M. Piognetta rapporte quelques faits analogues qu'il emprunte à des chirurgiens anglais.
Traitement. — Il n'y a rien à faire contre les opacit(is sénilcs ni contre les Icucoiuas anciens et bien organisés. On ne peut espérer quelque chose de l'intervention de l'art (pie dans les cas où l'opaeilé est récente , dans ceux où elle est circonscrile et peu profonde, et dans ceux oii elle parait entretenue par des vaisseaux anormaux.
Lorsqu'il s'agit d'une taie r('cenle, ou doit, surtout si le sujet est jeune, favoriser la résorption des matériaux pinstiques |iar l'emploi de coliyns faiblement astringents, et prineipalenient par Tin-
MALADIES DU GLOBE OCULAIRE
suffl.ilioii ilii collyre sec compose de ca'orael et de tiUll'aie ilc ziiic à parties éjjales.
Lorsfiu'il y a des vaisseaux anormaux, leur excision estiiiilif|uée. Il est vrai que, s'il s'agit d'uu albiig;) ou d'un leucoma complétemeuL formé, l'op;icité persi-te ordinairement même après la disparition des vaisseaux ; mais celle dispaiition peut du moins avoir pour effet d'arrêter sou acci'oissement. Si les vaisseaux é'aient profonds , on ne pourrait les atlaquer par l'excision. On a conseillé, pour les cas de ce genre, d'inciser la coi'uée coinme dans l'oppralion de la cataracie par extraction, en dmiuant à l'incision assez d'étendue pour y comprendre le plus possible des vaisseaux anormaux. Ou suppose que ces deiMiiers, intei-rompus dans leur coniinuilé, peuvent s'affaisser et disparaître avant que la cicatrice soii faite. Celte opératimi, proposée par Wardrop, parait avoir été exécutée avec succès par i\I. Riberi, de Turin. Nous ne saurions, quant à nous, la conseiller : à peine offrirait-elle quelques chances de succès dans les cas où les vaisseaux, au lieu d'entOMi-ei' circulairement la cornée, currespondraient à une partie seulement desa circonféi'euce; ilans les autres cas, elle exposerait à des accidentsinflammatoires sans avantages réels, parce que les vaisseaux se rétabliraient à peu près inévitablenu'.nt an moyen des anastomoses et qu'ainsi alimentée l'op icilé subsisterait.
abrasion df. la cornée. On a à diverses époques conseillé et abandonné une opération qui consiste à enlever la lamelle de la coi'née sur laquelle se trouve lalache. Cette manœuvre était exécutée suuveni parles oculistes ambulants du temps de Saint-Yves, qui en parle pour la critiquer et la rejeter. Demonrs cite (igalemeut plusieurs observations dans lesquelles on enleva en sa présence quelques lames de la membrane devenue opaque, et on scaiifia les autres avec la pointe d"uu bistouri étroit : ces tentatives n'eurent pas de succès. Pellier paraît avoir fait la même chose dans deux ou trois cas. Cette opération, blâmée de nouveau par Scarpa et par Wenzel qui lui reprochaient d'exposer au l'etour de l'iuflaminaiiou et de procurer une cicatrice aussi opaque que la tache primitive, était de nos jours tombée dans l'oubli, loi'squ'elle fut remise en honneur, en Allemagne, par Rusas (1833), en Angleterre, par Gulz (1842), et eu France, par M. Md\^,?i\^jW,{Journnl de chirurî^ie, t. Il, p. 99). L'abrasion de la cornée n'est praticable et indiquée, d'après ce dernier auteur, t|ue dans les cas oii la tache est centrale et superlicielle, et voici comment il la pratique. Le malade étant placé en face d'ime fenêtre, un aide relève la paupière supérieure avec l'élévateur de Cellier, pendant qu'un antre maintient le g!obe de l'œil
avec une érigne implantée dans la sclcrolique. Le chirurgien abaisse la paupière inféiaeure avec sa main gauche, pendant qu'avec l'autre il porte la pointe d'un ténotome on d'un couteau à cataracte au-dessous de la tache pour faire une petite incision circulaire. Il saisit ensinle le bord supérieur du petit lambeau avec une pince à griffes, et le dissèque de haut en bas. Quelquefois une légère traction suflit pour en achever la séparation. D'autres fois on est obligé de disséquer longtemps, et, dans ce cas, il faut prendre garde d'enlever une trop grande épaisseur ou de porter l'instrument tranchant trop en arrière, car on s'exposerait à pénétrer dans la chambre antérieure. Si la tache occupait une large surface, on ne devrait pas cheicher à l'ôler en totalité ; il suffirait d'eu circonscrire une portion circulaire au niveau de la pupille. On voit après l'opération une dépression , qui à la longue s'efl'ace ou dimiiuié sensiblement. Il parait incontestable que, dans quelques cas, la cicatrice consécutive est restée transparente, et que la vision s'est rétablie. M. Malgaigne a montré à l'Académie de médecine, en 18-^5, une jeiuie fille opérée de|)uis trnis ans, chez laquelle un bon résultat s'était maintenu. i\I. Lepiez a inséré dans le Journal de chirurgie (t. iv, p. 188) une observation non moins concluante, et i\l. Szokalski assure avoir obtenu quinze succès complets sur trente-deux yeux abrasés {Revue médicochirurgicale, t. xv). i\Iais à côté de ces faits, il en est d'autres dans lesquels la tache a persisté nuîme après plusieurs abrasions successives, soit qu'eile n'ait pu être enlevée tout entière à cau<e de sa profondeur, soit que la cicatrice ait pris de l'opacité, comme cela arrive souvent à la suite des plaies de la cornée. Il en est quelques-uns dans lesquels des accidents inflammatoires sérieux sont survenus : M. Szolcalski en signale deux exemples. L'abrasion de la cornée est en définitive une opération qui doit rester : seulement elle ne convient qu'aux opacités centrales, qui abolissent ou ad'aiblissent notablenaent la vision et qui en même temps occupent les couches snperfieiidles de la membrane. Ces conditions se présemant rarement, elle ne se trouve bien indirpiée que dans un petit nombre de cas. D'un autre côté, quand on la pratique, on ne doit pas trop compter siu- un succès, puisqu'il est constant que l'opacité peut se rétablir.
Ki'rntoplnslie. Quelques chii'urgirns de la fin du dernier siècle avaient eu l'idée, pour les lencomas e! les albugos incurables, d'enlever la membrane Ojiaque et de la remplacer par une rornéc superficielle eu verre, en corne ou en écaille fine, percée à sa circouférence de trous qui permettaient
SÏAPIIYLOME DE LA CORNEE.
3JS
Jk l'assujcllir i\ la sclérotique. Culte opératiun est déci iiii [lar Pcllicr dans le l'récis du cours d'opérations sur la cliii'Lirijie des yeux, p. 94. Il va sans dire qu'une pai'cille teniaiive ne pouvait réussir ui rester dans la pratique.
De nus jours, au lieu d'une membrane artificielle, on a proposé de substituer à la coi'née devenue opaque ui;e cornée nalurelle piise sur un animal vivant, un poix, une brebis ou un lapin. Celle opération, qui a pris naissance en Allemagne, est donc une auioplastie par Iransplaniatioa cl die a reçu le nom ûe. /it^raiopltu/ie. Esayée sur les animaux par MM. Reisinjjei',ïhonié et Feldniann, elle paraît avoir élé exécutée deux fois sur l'iiuinnie par M.Wiitzer. Chez les animaux comme chez i'Iiomme, les cornées transplantées ont contraclé di's adhérences, mais sont devenues opaques Cl inutiles pour la vision. On pouna lire l'exposé de ces tentatives dans le niémoirede .\i. Feldmann {Jrchives gân. de inéd., 4" sér. , tome v), et en lirer celle conclusion, que la kératoplastie offre trop peu de chances de succès pour qu'on doive la tei:;er de nouveau chez l'homme.
Pupille arii/icielle. Une dernière opération à laquelle on peul songer dans les opiicilés incurables qui empêchent la vision est celle de la pupille ariillcielle. Nous en parlons plus loin dans un arlicle spécial.
Art. II. — Slaphflôme de la corjièe.
On appelle ainsi la tumeur qui est formée par ]a propulsion en avanl de la cornée au delà des limites de sa courbure nalurelle Elle présente, suivant qu'elle e.-t opaque ou iranspaieiiie, deux variéiés,qui sont designées par les noms de siap/ij-lûine opaque et slaphyiûme pelliicide.
§ !!"■. — Staithylômî! opaajue.
Fnriélfs anatomiques. — On dit que le slaphylôme est total, lorsqu'il est formé par tout le conluur de la cornée, et partiel, loisqu'il est formé par une pariie seulement de celle membrane.
1° Le sinphriôine tolnl est le plus souvent ariondi ou sphénque. Dans quelques cas rares, il est conique et le sommet du cône répond au centre de la coiniv, : nous verrons lout à l'heure que celle forme implique, en gi'méral , des dispositions anatomiques particulières et un mode de développement spi'cial.
Ou peul regarder cimime une variéti' du slapliylômc s|ihériqne celui dans lequel la surface arrondie est divisée en deux, trois, ou qiiaire parlions,
par un sil'on plus ou moins profond qui lui donne une a|iparcnce lobiilée.
L'u|iacilé est ordinairement d'un gris de perle ; mais elle n'est pas partout uniforme. On la trouve plus foncée en certains poinis et moins eu d'autres. (Juelqnes parlies de la tumeur peuvent nirme èti'e resli'es Iransparenles.
Si l'on dissèque un slaphylôme sphérique, on trouve que la membrane qui seit de limiie antérieure à l'œil, non-seulement est plus opaque que la cornée , mais eu même lenips est plus épaisse et parcourue par di:s vaisseaux sanguins évidents. Elle esl confondue, dans nue partie ou dans la tolalilé de son étendue, avec l'iris. Celle dernii'.re membrane manque ou est perforée dans les endroils où elle n'est pas adhé.reiite; en effet, son lissn, qui esl peu extensible, s'est déchiré à l'époque où la cuiuée, eu s'alluugeani, l'aentrainé avec elle. C'est pour celle raison que les perforations de l'iris soûl d'autant plus larges et mullipliées(|ue la tumeur esl plus volumineuse.
La chanilu-e antérieure n'existe pins; la poslérienre, formée p;ir tout l'espace qui exisie entre le slaphylôme et le crislallin, est remplie par l'humeur aqueuse. Le crislallin et le corps viiré ont conserve leur élat naturel ; qiichpjefois cependant le dernier est legèremen! liquelié.
Dans ceriains cas, il y a une accumulation considérable d'humeur aqueuse et une augnienlation noiable du volume de l'œil, au niveau de la sclérotique : le slaphylôme est alors compliqué d'hydroplithalmie. Dans d'autres, la scléiolique, au lieu d'èire uniformément disieiidue, l'esi |ilus en qiiel(|ues pidiils que dans les autres, et présente alors lin aspect staphylomaienx. C'est un slaphylôme de la sclérolique qui accompagne celui de la cornée.
Si l'on dissèque un slaphylôme conique, on trouve également l'iris el la cornée confondus; mais, derrière ces membranes, il n'y a pas d'espace qui rappelle les chambres de l'œil : lecri.'.tallin est appliqué sur la partie postérieure du slaphylôme (lireclemenlou par rinlerméiliairede fausses membranrs plus (ju moins solides. Par suite de ces disposilions et surloiit de rab.sence de liquide iiilél'ieur, la lumeiir n'arrive jamais à un volume aussi considérable que celle du slaphylôme sphérique. Les cas de ce genre éianl d'ailleurs irès-rares, on n'a peiil-êire pas eu l'occasion d en étudier sufiisainmenl lims les détails.
2" Le sliiphylônie partiel peut occuper l'un des points de la cornée; mais on l'observe de préférruce à la partie inférieure, parce qu'il est ordinairement consécutif à l'onyx et que celui-ci apparaît surtout au bas de la cornée. La cou-
MALADIES DU GLOBE OCULAIRE
leur est toujours blanche ou d'un gris île perle. Dans les anlres points, la cornée a conservé sa ti-ansparenre, mais il est rare qu'on aperçoive nettciiieiii derrière i^lle l'iris et la chambre antérieure, soii parce que l'iris lui est accolé, suit parce que cette membrane est déchirée ou détruite.
Eliologie.
■ La cause principale de cette maladie est le ramollissenu'.iit et la perforation de la cornée, c|ui ont lieu dans beaucoup de kéraiiies. Le ^taphylômrt sphériqiie arrive de préférence à la suite des ophilia'mies purulentes. Les enfants y sont plus particulièrement exposés: aussi, lorsque, d-Uis i'iiphthaluiie purulente des nouveau-nés, la cornée se prend, doit-on s'attendre à voirconsécntivrmeiit le slaphylônie. C'est de mèine un ré^ultat Irès-ordinaii'e de l'ophtlialmie bieunorrhagique. Voici comment on explique géuéraleiiieut dans ces cas la foi-matiun de la tUM:eur. La cornée s'iuliltre de pus OU de uialière plastique, sa consistauLe diminue, ses lames superlicielles s'ouvrent pour laisser sortir ces prcduits, une perforaiiun s'é'ablit même en quelques points et donne issue à l'humeur aqueuse. L'iris est repoussé dès lors contre celte membrane, et vient nièaie s'engager dans l'ouverture, pourvu que cel!e-ci suit assez grande. La perlui-aliun se eica'risn, mais les deux membrauus accolées et confondues Suni trop molles pour résister à la pression exercée de dedans en dehors par l'humeur aqmuise à toel insiant et surtout pendant la routraclion des muscles de l'œil. El les cèdent donc et se laissent allonger, jusqu'à ce qu'elles soient devenues plus résistantes et pins épaisses par le travail d'organisation complémentaire qui s'établit; et, comme ce travail est tei'miné p'us ou UKiins proiiipîemeut suivant l'étenduedes lésions de la cornée, il en l'ésuUe que le slajjhylôaie arrive à des proportions plus on moins coasidérables.
JNotis faisons intervenir dans ce mode de formation le ramollissement de la cornée, sa perforation, et la pression intérieure par l'humeur aquruse. On peut admettre aussi avec Sanson que la quantité de ce dernier liquide est augmentée, suit parce que la sécrétion est devenue plus abondante, suit parce que l'absorption est diminuée.
De ce qui vient d'être dit résulte que le tissu qui l'orme lestaphylônie sphérique n'est antre que celid de la cornée épaissie et confondue avec l'iris. Les auteurs anglais, et en particulier 'Warlhnn Jones et .Markenzie, comprennent autre:nent la strurture de la tumeur. S'onr eux , c'est un ti.;su cicaliiciel nu de nnuveile formation qui la constitue rssentielleuu;nt. Il y aurait, rouiuie poiiU de dep u't, une perforation étendue de la cornée; l'iris viendrait s'y pi-ésentcr, et sur celte membrane
se déposerait de la lymphe plaijiique, qui s'organisei-ait peu à peu et céderait à la distension tant qu'elle n'aurait pas acquis une as'-ez grande soli-' diié. Sans doute il est nécessaire de faii-e in;ervenir ce mécanisu^e pour les endroits oii la cornée a été perforée, mais ce serait aller au delà de ce qu'enseigne l'observation que d'aduieitre pour le slaphylônie entier une formaiion cicalricielle, car on voit rarement une perfoi'ation qui comprenne tonte la coi'néc, et cependant les stapbylôim:s généraux sont assez communs. D'un antre côté, les suites du traitement chirurgical, dont nous paierons bienlôi, viennent contredire cette théorie, car on enlève une gi-ande partie de la cornée , et cependant la cicatrice reste aplaiie. C'e>l donc surtout par suite de son raninllissement que la cornée se laisse allonger dans les points où elle n'avait pas éié perforée.
Le uiode de formation que nous nvons admis penuel d'ailitnrs de, compreudix la coïncidence assez fiéqiienie du kératocèie avec le staphylôme, l'oparile de la tumeur, et sa vascularitaiion tant générale que partielle.
Le staphylôme conique s'établit à peu près de la même manière. La principa'e difFéi'enee cnnsi^te en ce que l'humeur aqueuse , après s'ètix écoulée ou résorbi'e, ne se reproduit pas. En consequenre la pression sur la cornée est moindre, et la tumeur ne devient pas aiussi considérable. On admet que cette variéié de slaphylônie se forme à la snilc des ophthaluùes profondes compliipiées de kératite, ophtbalmies dans lesquelles les chau.bres de l'œil sont promptement remplies de matière plastique et par sui;e deviennent impropres à la reproduction de l'humeur aqueuse.
Le st:q)hylùnie pai tiel a pour origine la kéiatile dans laquelle le ramolli.ssement et l'iuliltratiiMi n'oni occupé qu'une partie de la cornée, comme on l'observe en pai'ticuaer dans l'onyx. C'est toujours le même mécanisme, savoir : perforatitm, issue de l'humeur aqueuse, fusion enire l'u'is et la cornée, allongement de celte dernière et des couches plastiques épanchées au niveau de la perforation.
Syinplûmes. — Lcstaphylômede lacnrnéee-t, dans tous les cas, une can^e de difformité jar sa co ileur et sa saillie anormales. Il donne rarement iieu à des troubles fonclionuels, loisqu'il ne dépasse pas sensiblement le niveau des paupières. Lorsqu'il les dépasse, il occasionne au contraire de la gène et rai'iim de la souffrance. En effet, incessamment exposée an coiU:;ci de l'air et irriter parles muuvemenisdes bonis palpébraux, la lumeurest habilnelUmeiit enflammée : il y a de la rougeur et
STAPIIYLOME DE L^ CORNEE.
du larmoieniRiit, le malade ne peut s'exposer à l'air san.s sdLilFiii- davaiilaoe; de Iriiips àaiilre, sans cau-^e connue ou après la plus léjièi'e eNcilalion. la ph!e,;;iiiasie passe tout à l'ait à lélai aii;ii. On observe dn resie des différences individuelles remarquables. Nous avons vu des sujets chez qui leslapliylôiiie, quoique saillant, n'occasionnait d'auti'e inconvénient que celui de la ditt'oi mité.
La l'aru'té de voir est entièiemeut perdue, lorsque Copaciié est générale. Pour peu qu'il resIe de tiansparence à la cornéo et que l'iris présente uneonverlure normale ou accidiuiielle, la vuepent êti'e c(.nservée, mais elle e^t toujours notablement alTaildie.
Le staphyiôme spliérique cnlraine moins nécessairement la cécité que le staphyiôme conique. En effft, dans ce dernier, il s'est toujours foiiné une fausse cataracie, et la reline s'est altéiée à la suiie de l'ophihalmie profonde qui a été le point de déjiart de la tumeur.
Le siaphylôme partiel est celui dans lequel ou trouve le plus souvent im reste de vision.
Abandonnée à elle-même, cette affection peut rester iiidéliniment stationuaire. Quelquefois, après une série d'iiiflammaiions plus ou moins intenses, la cornée s'ulcère, se perfui'e, et laisse échapper une partie des milieux de l'œil. Si la perforai ion était assez étendue pour donner issue au ciistailin et à riunnenr vitrée, !a tumeur pourrait s'affaisser et disparaure commi; à la suite de l'opération dont nous [larlerons loutà l'heure; mais, comme celte ouvertui'e spontanée est habituellement trop étroite, les liquides ne s'écoulentque très-incomplélement , et, après la cicatrisation , le staphyiôme reprend ses dimensions et son aspect primitifs.
Trailenienl. — Si le staphyiôme est en voie de formation ou s'il est récent, on doit chercher à lui donner promplement la solidité et la résistance qui lui niauqucni. On y ]i;irvient quelquefois avec la caulérisalion répétée tous les trois on quati'C jours. Richter se servait du beurre d'antimoine. L'azotate d'argent est aiissi eflicaee et plus commode à employer. On pnuri'ait y parvctùr encore au moyen de la compres: ion exercée sur l'œil par l'intermédiaire des paupières; mais ce mode de traitement est désagréable, et la plupart des malades consentiraient d'autant moins à l'employer qu'il faudrait le continuer longtemps et que son eflicacité doit cependant à l'avance être considérée conmie très- douteuse.
Lorsque la maladie s'est développée malgré la cautérisation ou qu'elle est trop ancienae pour céder à ce moyen, on a à choisir entre deux partis : l'abandoiuier à elle-même, ou recourir à une
opératiitn (pii permette l'affiiisseiilent de la (nuieur et coiaige ainsi la dillôrmilé et la prédisposition aux phicgmasies.
Le premier parti dnit être conseillé toutes les fois que la vision est conservée, tnême à un trèsfaible degré, comme cela arrivesouveni dans le stapliylôme partiel. Ou a seulement alors une indication particulière à remplir, celle de lenii- dilatées, la pupille naturelle, si elle existe encore, ou les ouvertures accidentelles, lorsqu'il s'en rencontre. Four cela des instillations de belladone doivent être faites de temps en temps.
L'opération est formellement indiquée, et le chilurgieu doit la. déclarer indispensable, lorsque le staphyiôme est une cause continuelle de douleurs et d'infiammation en même temps que de cécité.
Dans les cas où, le staphyiôme é'anî imlolent, le malade veut être débarrassé de sa difformité, on peut satisf.iire son désir. On fait alors une opération de complaisance; mais, comme elle est sans gravité, elle est du nombre de celles que le chirurgien peut pratiquer sans être taxé de témérité.
Manuel opératoire. \° Nous supposons d'abord le cas le plus fréquent, celui d'un staphyiôme général sphrrique. L'indication est d'emporter une portion assez grande de la tumeur, pour substituer une surface aplatie à la suid'ace convexe, en conservant, s'il est possible, un moignon mobile, sur lequel puisse être placé ultérieurement un œil dé verre.
On choisit, pour pratiquer l'opération, un moment où l'œil n'est pas enflammé , et ou l'exécute de la manière suivante.
Le malade étiint assis, un aide élève la paupière supérieure avec un doigl et an besoin lixe l'inférieure avec l'autre doigt. Le chiiurgien commence pai' implanter dans la partie la plus proéminente du staphyiôme, a!in de lixer le globe de l'œil , une érigne double qu'il tient avec une de ses mains, pendant que de l'autre il conduit le couteau à cataracte puur tailler un lambeau semblable à celui de l'opeiation par extraction. Ce lambeau taillé, il eu coupe la base avec des ciseaux, en le tendant préalablement avec l'érigne double ou avec des pinces. (]e lambeau doit a\oir cinq à six millimètres de diamètre pour un staphyiôme de peiite dimension, dix à douze pour un gi'os staphyiôme.
Au moment de la section, l'humeur aqueuse s'échappe. Il n'est pas impossible que le ciistallin sorte en même temps; mais on ne doit faire aucune pressiim ni aucune tentative poui' provoquer sa sortie, car on pourrait craindre que l'humeur vitrée, devenue plus fluide (in'à l'état nurmai, lu; s'écha[ipàt à sou tour, et qu'en conséquence le moignon ne fût réduit à de trop petites dimensions.
Le pansonii'iit se compose de linges mouillés d'e;iu Friiiile, qu'on niainliintavec un bandeau. Le mal.ide est mis au lit et tenu à un régime sévère, l'endaut les jours (|ui .suivent, une infiamn;atiun modelée se dévelnp|ie. L'nuvei'ture l'aile au devant de l'œil semble restei' béante; mais en réalité elle est fei'inéc de bonne benre par une substance pla.-tiquc, mince, et transparente, qui s'oppose à la sortie des nnlicux conservés dans l'œil Au bout de quelques jours, celle ouverUn-e se rétrécit, puis elle se resserre de plus en plus par la réti-a'-tiiin de la substance plasiique, et enfin elle .s'ubliière enlièremcnt, tant par le rapprocliement de ses bords que par l'organisalion difiniiive de la matière qui s'éiait épanchée dès les premiei's jours.
On ne met l'œil de verre en place qu'à l'époque où l'inflammation est lout à fail terminée, ce qui n'a guère lieu qu'au bout de deux ou trois mois. Avant ce temps, il ne pourrait être supporté.
Quelques accidents peuvent survenir après celle opération. Le piincip il est un épanchenieiit desang dans l'œil. Ce liquide, eu se coagulaul, forme au delà de la plaie une tumeur rouge, qui, vers le troisième ou qualrième jour, peut être devenue assez volumineuse pour soulever les paupières, les colorer en noir, et occasionner une gène notable dans leur ciicu aiion. Quand cet accident arrive, on doit insister sur les vél'rigéranis et enlever avec précaution la partie la plus aniérieure du caillot. On tâche de lais.ser eu place le saog qui correspond à la section elle-même, parce qu'il bouche les vai.sseaux ouverts, et il suffit d'e.nlevcr celui qid l'orniC la saillie pour faire disparaiU'e les inconvénients de la compression prolongée des paupières. On rcno\ivelle ro|iéralion tous les deux ou trois jours, jusqu'à ce que le caillot. cesse de se reproduire.
Lue inflammation suppurative peut survenir : il y a des lors une doideur plus l'orie et drs synipiômes généraux. Le pus, formé à l'intérieur de la coque oenlaii'e, se fait jour en enlrainant la matière plasiique déjà épanchée, le cristallin, et une pnriiun du cor|»s vilré. Le moignon oculaire se réduit dès lors à de petites proportions et deviimt trop exigu pour sup;ioiter un œil de verre. Dans queiquis cas, sans (|u'il y ait suppuiation, le cristadiu .s'échappe, au bout de plusieurs jours, à tiavers la sub.slance plastique (\m formait au devant de l'œil une couche tiop mince. Après celte issue, les choses marchent connue à l'ordinaiie ; sen- Icmenl le moignini est encore dans des coudiiions moins favorables pour .supporter l'œil de verre, parce qu'il est moins gros et moins mobile.
2" S'il y avait coiiiplicalion destaphylùmedela scleroticjue, il faudrait emporter une pariie de celle
ftiALADlES DU GLOBE OCULAIRE.
membrane avec la cornée, et p"évoir encore des conditions désavaniageu.ses pour la prothèse oculaire.
3" S'il s'agit d'un staphylôme conique , on doit considéri'.r d'abord qu'il est peu saillant et par suite peu douloureux. En outre, comme il n'y a pas d'immeur aqueuse et que le cristallin louche l'iris et la cornée, on doit s'attendre, si l'on opère, à viiler l'œil et à se trou l'or encoi'e dans de mauvaises condiiions pour la prothè.se. L'upéraiion serait donc moins unie et ne devrait pas èire offerte au malade comme une ressource aus>i avantageuse que dans le cas préc.'dent. On l'exéculeraii d'ailleurs de la niêuiemiuiière.
4" Pour le staphylôme partiel , l'opéralion serait la même que pour le staphylôme général ; seulenieni il ne sérail pas nécessaire d'enlever un lambeau aussi considérable.
§ sa. — Stai>SyIâiue pellucide.
Le slapbylôme pellucidc est celui dans lequel la cornée a conservé sa transparence, sinon totalement , au moins dans la plus gi'ande partie de son élendue.
Cille maladie est Irès-rare. Elle diffère de la préiédeiile, nnu-senbment en ce qu'elle ne s'aecoiTi|iagne pas d'opacilé, mais encore en ce qu'elle n'est pas consécuiiveauxojjblhalmies et parait due à un vice de nutriiiun ou de confoiiuaiion.
C'est pour celte raison sans doute que plusieurs auteurs ne l'ont pas déciitc comme siaphylôme et eu ont paile sous une autre dénomination, que, par exemple, Weller l'appelle />ro/j«/sion conique de la cornée, Mackenzie conicilé de la cornéf , et que Scarpa en fait connaitre un exemple en se demandant et n'osant pas décider s'il s'agit ou non d'un staphylôme. •
CarncU'.res analomlqup.s . — Le staphylôme pellueide pcul être arrondi et consister jiar conséqueni en une exagération de la convexité normale de la cornée; mais celle forme doit èire trè.s-rare, et, si elle existe, ne pas donner lieu à des troubles funclionnels a|ipréciables , car les auteurs la signalent à peine et nous n'en avons rencontré aumn exemple dans la pratique. Le plus ordinairement, il a la foinie d'un cône, dont le sommet, saillant en avani, répond au centre de la cornée. Ce .sommet est transparent comme le reste, mais, dans quelques cas, il pré.^ente une légère 0|iaeiié. M. Siebel a même prétendu que celle opacité existe dans lousles cas [Bulletin de llicrajieutique , t. sxiii )• C'est une erreur, car nous avons vu un malade chez lequel il n'y
STAPHYLOME DE LA CORNEE.
nvait |ias et, il n'y avait jamais en le moindre ironb!e (li; la cornée, et M. Desmarres a observé des ras du mène genre. On n'a pas assez étudié celle affection, qui en définitive est rare, poiir savoir positivement s'il y a on non amincissement an niveau du sommet du cône.
Étioloirie. — Les causes sont tout à fait inconnues. Dans l'opinion de M. Sichel, le point dedi'part de la maladie est lonjnnrs une kéraiite ulcéreuse cl un ramollissemenl inflammatoire de la partie centrale de la cornée ; mais , puisque ces lésions manquent quelquefois, on est obligé d'aduieltre, au inoins pour ces cas, un autre mode de formation. Sans doute il faut lonjours invoquer un raniollissenient en veitu duquel la cornée, devenue moins résislanle, cède à l'action des muscles de l'œil; mais ce ramollissement, au lieu de s'expliquer par un tiavail phlegmasifiue, .serait dû à un trouble mysléi'ieux de la nutrition, trouble que Mackenzic Kiunble iniliquer lorsqu'il parle de quelque action aiiorniale di;s vaisseaux noia'ricicrs de la cornée.
Cette affection commence habituellement par un siuil œil, mais elle envahit presque toujoiu'S l'autre au bout d'un certain temps, ce qui ajoute beaucoup à sa gravité.
Symplômes. —Le maladeaccuse d'abord delà myopie, à cause de l'augmenlalion de convexité de la cornée ; puis il survient de la diplopie et la vue se trouble, parce que les images ne tombent plus ré;]ulièrementsurlai'étine.A mesui'eque la maladie devient plus ancienne , ces symptômes augmentent, la vision s'affaiblit de plus en plus, et, si les deux yeux sont pris , elle peut finir par se perdre entièrement.
Dinffnostic. — Il est souvent difficile. Les malades accusent un trouble de la vue, un brouillard uu un image, qu'on est disposé à expli(|uer par une amaurose couiinençante : on cherche de suite s'il y a quelque chanijernent dans les dimensions et les mouvements de la pu|:iille, et, pour peu qu'on trouve une niodiliratioii même passa;;ère et que la foi'Uie nouvelle de la cornée échappe à l'attention, on attiibue les symptômes à une amblyopie; ou bien, si une inflammaiion accidentelle de l'œil ou des paupières vient s'ajouter à la déformation, on peut croire qu'il s'ayit seulement d'une ophihalinie. Tous les doutes sont levés si l'on examine la cornée avec assez d'attention, car on aperçoit alors la saillie brillante formée par le sommet du cône : pour la bien voir, il faut examiner de très-près, et regarder alternativement eu face et de côté.
l'ronoslic. ■ — Il est d'autant plus grave que le mal est à peu près irreu.édiable. Quand les deux yeux se prennent l'un après Fantre, ce qui est le cas le plus ordinaire, on peut prévoir que la vue se perdra au bout de quelques années.
Tmilemenl. — Il faut essayer d'amener dans la vitalité de la cornée une modification qui puisse lui rendre sa Rume naturelle. Ce résultat est fort difiicile à obtenir; cependant on ne doit pas le regarder comme impossible ni désespérer fiop tôt les malades en déclaianl leiiiaffection inruiable.
11 faut distinguer les cas. Si la vision n'est qu'affaiblie ou brouillée, les collyres astringents au sulfate de zinc ou de cuivre, les cauié;isations faites de temps en temps avec l'azotate d'argent, les vésicatoires volants au front et à la nuque, les révulsifs sur le canal inlestinal , seront mis en usage; on en continuera l'einploi peu- « danl longtemps, et on cessera lorsque leur inefficacité sera démontrée, il faut conseiller d'éviter les tiavanx qui exigent une certaine fatigue des muscles ocidaires, tels que ceux de coulure et de broderie fine pour les femmes , ceux de lecture ou .d'écriture à la lumière artificielle pour les hommes. Il est certain, en effet, que l'aciion incessante et pio'oiigée des muscles doit accroilre l'allongement de la cornée en augmentant la pression exercée sur elle par l'humeur aqiu'.use.
Tant que la vision n'est pas abolie, on ne doit pas songer à une opération ; mais û la vue est tout à fait perdue, soit parce que le s^apliylôme occupe les deux yeux, .soit parce que, l'un des deux yeux étant atteint, l'autre est depuis longtemps privé de ses fonctions par une antre maladie, on peut se demander si quelque opération ne serajt pas indiquée et praticabb;.
Celles qu'on a conseillées .sont : \° l'extraction ou le broiement du ciistallin;. 2" la ponction de la cornée, pour évacuer l'hinneur aipiense.
La première a été laite par W. Adams, ce chirurgien ayant- remarqué qu'une dame, atteinte de cataracte et deconiciléde la cornée sur les deux yeux, avait retrouvé une vue assez bonne à la suite de l'opération par extraction. Dans un autre cas où il y avait cunicilé sans cataracte, il In l'extraction sur l'un des yeux et la vue s'améliora; la malade devint capable de dislinguer des objets irès fins, ce qu'elle ne pouvait faire avant ropéialion. Nous ne connaissons aucun autre cas dans lequel celte méthode ait été exécutée.
La ponction simple serait suivie sans doulcde la reproduction prompte de l'humeur aqueuse et du retour de la maladie: c'esi pourquoi l'on a conseillé de faiic après la ponction, pendant un cer-
MALADIES nu GLOBE OCUF.AIRE.
taii! temps, la compression sur l'œil par l'interméJiaiie des paupières. Celle niéihoile scrait-elie plus efiicace? Auus vuudiions le croire, mais il iiiius parait bien dillicilc que la coiiipressiCin puisse èti'e a.^sez forte itsuilout coiiiiuuée a>sez lougtcmps pour s'opposer à la reproduction de la raèine quantité d'humeur aqueu'^e. Nous ne ronnaissons d'ailleurs aucun exemple de succès. Or, s'il en exisiait, n"est-il pas probable qu'un les aurait fait coiinaitre? .■\I. Desiuarres dit bien qu'il a employé ce moyen avec avantage dans deux cas de siaphylôme transparent, mais il ne donne pas d'autres "détails, et ceux-là .sont en vérité trop brefs pour qu'on soitauturisé à croire que les guérisons ont éie durables.
En résumé, on pourra, dans les cas désespérés, essayer l'une ou Tautre de ces opérations , mais on ne doit pas sedissinniler qu'une iaflannualion peut survenir conscculiveraent et que le résultat est des plus iucettaius.
3® SOOS-DIVISION.
jUaladlcs de la sclérotique.
I. On a quelquefois observé sur l'œil des taches noires, sans saillie ni tumeur appréciables, placées sous la conjonciive, et appartenant évidemment à la .sclérotique. Ces taches sont congéniales, formées par finliltration d'une nraière colorante noire dans les mailles libreusi's, et dues à u^e sorte d'aberration du pigment. On peut les comparer aux taches pigmentaires de la peau.
H. La coloration ble.iàtre que parait offrir la sclérotique chez certains individus ne doit pas être compiéj au nombre des maladies propi-cs à cette membrane : elle est due à ce que le tissu libreux, plus mince que dans l'état normal, lais.-e apercevoir la couleur foncée de la choroïde. Elle se rencontie assez souvent chez les enfants, et disparait avec l'âge. (Juand elle pecsiste, elle indique en général une faiblesse de la consiitulion : nous l'avons, par exeuqile, rencontrée quelquefois sur les phihisiques et sur les femmes chlorotiques.
111. On aperçoit quelquefois, sur un ou plusieurs pi)ints de la scleroiique, de petites tuniiiurs ("rosses environ comme des grains de chèuevis, de couleur bleu.Ure, qui ne g.-nenl en rien la vision ui les mouvements des paupières. Chacune d'elles est formée par un ainincis.sement partiel et une propulsiimcon-écutive du tissu librcux avec la choroïde qui le double et qui lui donne son aspect bleudtre. Ces sortes de tumeiu-s ne réclament aucun traitement.
La .seule lésion qui mérite une description spéciale est le siaphylôme.
Siaphylôme de la sclérotique.
iNous donnons ce nom à la tumeur formée par la propulsion de la sclérotique, amincie, au delà de ses limites naïuielles.
Comme celui de la cornée, il peut être général ou [ artiel.
Le siaphylôme général est excessivement rare. Il se produit, ain.si que nous l'avons dit à l'occasion de la choroidite, dans certaines o|]hthalmies avec liquéfaction et augmentation de l'humeur vitrée. Si, en pareil cas, la sclérotique se laisse distendre sans trop s'amincir, elle forme la saillie uniformémeiit arrondie qtie l'on trouve dans l'hydrojtbthalmie et qui n'est pas ou n'est que nu'diocremcnt colorée par la choroïde. î\Iais si, en même temps que la pression iutéi-ieui'C a lieu, la membrane fibreuse subit un aaiincissement considérable, elle se laisse .soulever par places et forme une série de bosselures, colorées en noir ou en bleu par la choroide qui se voit à travers la sclérotique amincie. Tantôt la cornée ne prend aucune paît à la maladie, laïuôt elle devient siaphylomateii.'-e en niè.i;e temps.
Citte affection s'annonce par une tumeur incgulière, bosselée, de couleur pias ou moins foncée, qui se voit à la p'ace occiqtée habitmllement par le blanc de l'œil , qui entoure la cornée et r|uelquel'nis la dépasse, en sorle que celle-ci parait .siiuée au fond d'une dépression qui se meut avec le globe de l'œil, et dont une partie des bosseliu-es se dessine à travers les paupières qu'elles soulèvent.
La vision est perdue, parce qu'il y a toujours une lésion concomitanle de la rétine et de la plupart des milieux. On doit en elfet regarder le siaphylôme comme la con.séquence d'un trouble nu- Iriiif de la sclérotique et de la idioroïde, coïncidant lui-même avec un trouble du corps vitré et de la rétine incompatible avec l'exercii e de la vision.
La tumeur du siaphylôme général ressemble beaucoup à celle de certains cancers mélanés, et l'on doit .s'y tromper d'autant plus facilement que la piemière de ces maladies est beaucoup moins connnuneque la seconde.
Le diagnostic peut être établi : 1" par l'absence de douleurs , tandis qu'il y en a .souveni dans le cancer; 2*^ par l'absence de productions blanchâtres ou grisâtres au fond de l'œil , comnu', on en trouve fréquemment dans cette dernière affecliun; 3" par les commémoraiifs, qui font savoir que la tumeur a commencé avant que la vision ait été