‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 52 sur 177 · STAPHYLOME DE LA SCLÉROTIQUE · texte numérisé non relu

STAPHYLOME DE LA SCLÉROTIQUE

pi'idiic, laiidis que le cancer qui vient former une t':meur aussi considérable coiTimence presque loiijiiiu's par aliérer la vision. Néanmoins, comme il y a des cancers indolenis , sans opacité pi'ol'onde , sans lésion primitive de la vue, il serait permis de conserver des doutes jusqu'au moment où Ton ferait l'examen anatomique de la pièce.

Cette alfecliou ne pouvant pas {guérir spontanément, il faut ou l'abandoniier à elle-même ou pratiquer une opération. Cumme elle est farilemnit prise poiu' un cancer, il est probable que l'on a fait et que l'on fera encore plus d'une fois l'eMirpation de l'œil; mais, .si le diaguosiic était bien établi, il vaudrait mieux extirper la partie amérienre de l'œil , de façon à conserver un moignon sur lequel pourrait être placé plus tard un œil de verre.

B. Le slaphylôine partiel peut occuper la partie antérieure ou conjonctivalede la sclérotique ou sa partie postériciu'e.

1° Le slap/iyiônie de la partie antérieure se trouve ordinairement tout à fait en avant, au Yoisiiiaj;e de la cornée, et forme une Inmeui' grosse comme un pois, une noisette, ou une bille. Cette tumeur est habituellement constituée par la sclérotique amincie et par la choroïde, qui ont contracté des adhérences et se comportent l'une par rappoi't à l'autre à peu prés comme l'iiis par rapport à la cornée dans le staphylôiue de celte dernière. La tumeiu- offre alors une coloratiou blenàti-(\ D'autres fois la choroïde n'a pas pris part à la distension, soit parce qu'elle a été déchiiée, soil parce qu'un liqu.de plus ou moins abondant s'est interposé eutre elle et la sclérotique.

Cette maladie est quelquefois causée par une contusion qui a déchiré partiellement la sclérotique et l'a rendue moins résistante; mais, dans la plupart des cas, elle arrive spontanément à la suiie de ces ophihalmies internes prolongées que Mackenzie attribue à la choroïditeet sur lesquelles nous nous sommes expliqués précédemment (voir page 293). Quel que soit leur point de dépari véritable, il est incontestable que ces ophihalinies s'accompagnent parfois d'un trouble nutritif, à la suite duquel la sclérotique devient moins résislanie et se laisse distendre, ou par le liquide normil augmenté, ou par un liquide anormal épanché entre la scléroiique et la choroïde.

Les symptômes se réduisent à la présence d'une tumeur ii-régiilièrc, mobile avec l'œil, et ;ï un affaiblissement ou à une perle de la vision , avec une partie des phénomènes dont nous avons tracé le tableau à propos de la rboroïdile.

Le diagnostic est encore difiicile à cause de la

rareté de cette tumeur. Quand par hasard on la l'eiicontre, on croit tmijoius qu'il s'ajjit d'un cancer. L'un de nous, M. Gosselin, a eu entre les mains im œil enlevé conmie cancéreux, il y a quelques années, par im chirurgien célèbre de Faris, et sur lequel la tumeur était cependant formée par uu staphylôme partiel. Il est vrai qu'eu même temps la vision était perdue par suite de l'ophibalmie profonde qui avait exisié antérieurement et qu'en conséipience l'opéraiion n'avait pas éié trop nuisible. Les deux maladies pourraient cependant se distinguer à l'aide des caracieres suivants. La tumeur formée par le staphylôme est molle, dépressibie et jusqu'à un ceriain point thictuaule, tandis que celle du cancer est assez résistante. La première offre çà et là des points Irès-amincis, au niveau desquels on aperçoit la choroïde ou le corps vitré, ce qui lui donne un aspect brillant comparable à celui de la cornée; on ue voit rien de semblable dans la ♦ seconde. Eniin le staphylôiie a été précédé d'une ophthalmie profonde qui n'a pas existé dans le cancer, et il ne s'accompagne pas de l'amaigi-issenient et de la cachexie qu'on remarque souvent dans celte dernière maladie.

La tumeur abandonnée à elle-même pourrait s'ouvrir, s'affaisser, et disparaître pour toujours; mais le plus souvent elle ic^te statiounaire comme celle du staphylôme coruéen.

Il n'y a rien à faire tant que la vue s'est conservée intacte. Si elle était peidiie et que le malade tint à être débarrassé de sa difformité, on poiu'rail pratiquer une poncliou et faire sortir assez de li(|uide pour affiisser la tumeur : une récidive aurait lieu probablement , et aloi-s il faudrait emporter une partie du staphylôme, vider l'œil, et placer ultérieurement uu œil de verre.

2" Le staphylûme de la partie postérieure de la sclèroiique ne fait pas de sail ie appréciable et par conséquent n'occasionne pas de difformité. C'est une lésion rare, qui, comme les précédeules, arrive quelquefois à la suiie de la vaiiété d'ophlhalmie qu'un a appelée dans ces derniers temps choroïdite. Elie ne donm; lieu à aucun sympiôme ni à aucune iudicitiuu thérapeutique. Srarpa en a trouvé sur le cadavre deux exemples, dans lesquels la tumeur, occupant l'hémisphère postérieur de l'œil en dehors du nerf optique, avait le volume d'une noisette et éiait formée par la choroïde et par la sclérotique devenue aussi mince qu'une feuille de papier. Dans l'un des cas, la vue s'était perdue à la suite d'une oplithalmie opiniâtre, accompagnée de vives douleurs de tète. Dans l'autre, Scarpa n'avait pas de renseignemenis sur l'état de la v ue , la pièce ayant été tiouvee sur un cadavre destiné aux dissections.

MALADIES DU GLOBE OCULAIRE

Muladies de l'iris.

Les maladies de l'iris sont des vices de conformation (absence lotale ou partielle, colubôma, pn- ; pilles surnuméraires, taches, atré^ie, mydriase), des dé|jlacpmfnts (hernies, synéchies}, des adhérences. Nou^ terminerons par l'opéraiiun principale rjui se pratique sur celte membrane , savuir la pupille artiliciellc.

Art. P^ — Absence de Viris.

On a observé des individus cbez qui l'iris manquait entièrement sur Tun des yeux ou sur tous les deux. Ce vice de conformation est très-rare, et, pour cette raison , a pu être mis en doute. D'autre part, il est assez diflicile sur le vivant de reconnaiti e s'il .s'agit d'une absence de l'iris ou d'une mydriase très-considérable. Ceux qui doutent de la réalité du fait ont donc pu dire que, dans les cas où l'un crovalt l'avoir observé, on avait eu affaire à la dernière de ces maladies plutôt qu'à la première. Cependant il résulte de faits rapportés par MM. .\mmi>n (irad. fiancaise par Szokaiski), GiralJès et Veii^eau (art. Iris à\x Dict. en 30 vol.), que l'iris peut en effet manquer par défaut de dévelopiiement.

Le symptôme principal est une tache noire, aussi étendue que la cornée elle-même. Cette tache est formée |rar le fund de l'œil, qu'on aperçoit à ti-avers tous les milieux. La vision n"e>t pas trop altérée, ce qui prouve que l'arrêt de dévtlo|ipemeut de l'iris n'en entiame pas un analogue dans la rétine et dans les autres parties impoi'tanles de l'œil. Cependant les yeux se fatiguent plus aisément qu'à l'état normal par l'exercice prolongé et par l'action d'une vive Infnière.

Il n'y a du reste aucun traitement qui puisse corriger cette difformité. Lor>que l'œil se faiigne vile, on peut employer comme moyen pailiaiif des limettes, dont les verres, opaques à la périphérie et transparents seulement dans leur centre, ne laissent passer, comme la pupille naturelle, qu'un nombre îiiLité de rayons lumineux.

Art. II. — Colobôma de l'iris.

Le colobôma de l'iris est une solution de continuité qui arrive jusqu'au contour de la pupille, et forme sur une partie de ce contour un triangle dont le sommet regarde la |iéi'iphérie, tandis que la base correspond au centre de l'iris. Celte maladie peut

être accidentelle, survenir, par exemple, à la .suite d'une blessure ou d'une opération de cataracte. Elle peut également être congéniale, ainsi que l'attestent les faits publiés parWalther, Ammon, Desinarres, et autres. Dans ce cas, elle occupe de pi éfereuce la partie inférieure, et peut coïncider avec quelque autre vice de conformation , tel que la miciophthalmie. On reconnaît le colobôma par l'agraudiNsemtnt de la pupille et la forme triangulaire qu'elle présente sur un des points de sa circonférence. Ce vice de conformation n'occasionne -par lui-même aucun trouble de la vision et ne réclame aucun traitement.

Art. III. — Pupilles surnuméraires.

On observe quelquefois un vice de conformation congénial, qui consiste dans la présence d'une seconde et même d'uue troisième ouverture à l'iris. La pupille normale existe et occupe, comme à l'ordinaire, le centre de la nnmbrane; les pupilles surnuméraiies sont à la périphérie. Leur forme est iriégulière, et les fait ressembler à une l'ente ou à un triangle. Elles sont habituellement plus étroites et moins mobiles que la pupille uatui elle. Cette disposition n'emiiêche pas l'exercice réguliei' de la vue, pourvu qu'il n'y ait pas d'autre vice de conformation.

Si une plaie de l'iris Hé se réunissait pas, elle laisserait de même une pupille surnuméraire, qui n'aurait point d'inconvénient pour la vue et ne réclamerait aucune intervention chirurgicale.

Art. IV. — Taches et décoloration de l'iris.

Quelquefois l'iris présente sur sa face antérieure des taches jaunes, plus ou moins étendues et plus ou moins nombreuses, qui sont dues à une irrégularité dans le dépôt du pigment et sont tout à fait au-dessus des ressources de l'art.

D'autres fois l'iris se décolore et devient plus pâle. (Juaud ce changement s'opère d'un seul côté, on l'apprécie par la comparaison avec l'autre œil. Quand il s'est opéré des deux côtés, on l'apprécie par les commémoratifs, ou, si l'on avait coimu le malade antérieurement , par la comparaison avec ce qiû avait été observé à celle époque. Cette décoloration est le plus souvent accidentelle et due au irouble delà nutrition causé par une idilegmasie. Elle indique donc que le malade a eu une iritis, et peut servir de guide au praticien pour reconnaître l'origine de certains troubles de la vue dont se plaignent les sujets qui ont eu des ophthalmie.s profondes. Elles u'out d'ailleurs aucun autre intérêt dons la pratique.

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