‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 56 sur 177 · CANCER DE L'OEIL · texte numérisé non relu

CANCER DE L'OEIL

traclci- des adliércnces en quelques points avec le périoslc de I'oHmIc et même que conseculivcmcnt elle écarle el déirnise les parois de celle cavité.

Le cancer de l'œil, quel que soil son point de départ, est fréquoiiunent compliqui: de pi jduclions semblables sur toute la longue ur du nerf optique et dans le cerveau, au niveau des corps gcnouillésoudeslubei'culesquadrijumeaux. M. Lebcrt a rencontré souvent celte irradiation, qui est une des causes de la gravité extrême de l'affection. D'autres fois, on trouve des tumeurs cancéreuses dans des oigaues éloignés, tels que le poumon , le fuie, l'estomac.

Étiologie. — Le cancer extra-oculaire peut se montrer à tous les âges. Le cancer iutra-oculaire se voit le plus souvent clicz les enfants el les jeunes gens. Sur 24 m.ilades observés par Wardrop, 20 étaient au-dessous de 12 ans, et la plupart avaient de 2 à 4 ans. Sur 22 malades, M. Leberl en compte S qui n'étaient pas arrivés à l'âge de 1 0 ans, 4 qui avaient de 25 à 30 , 2 de 35 à 40. Les 8 autres avaient de 40 à 75 ans, mais l'auteur ce dit pas si le mal avait pris naissance au dehors ou à l'intérieur de l'œil.

La plupart des enfants atteints sont en même temps scrofuleux et délicats. On ne connaît , du reste, aucune cause occasionnelle spéciale.

Sympiômes. — 1° Le cancer conjonclival, quand il commence par une ou plusieurs petites tumeurs bien isolées, tend à faire saillie au dclioi's i;ans altérer autrement le globe de l'œil. Quand il a une large implantation sur la conjonctive oculaire ou dans le fond d'un des culs-de-sacs palpébraux, il se présente sous la forme d'une tumeur mollasse , rougeâlrc, qui soulève les paupières , s'avance sur la cornée, i'aplatit et parlxjis la fait disparaître rapidement, ou bien qui refoule l'œil en arrière, en haut, ou en bas, et l'atrophie.

2° Le cancer extra-oculaire orbitaiie peut exister assez longtemps sans se traduire par aucun symptôme. Lorsqu'il débute par le nerf ou dans Sun voisinage , la vue s'affaiblit et se perd avant qu'aucun signe physique ait apparu et souvent même sans qu'il survienne de douleur. Plus tard, on est mis sur la voie parl'exophthalmie. Lorsqu'il ne compromet pas le nerf optique et que la vision ne s'altère pas, il commence par occasionner quelques douleurs dans l'orbite el par gêner l'action des muscles et les mouvements de l'œil; quelques mois plus lard, la conjonctive devient œdémateuse et vasculaire, à cause de l'obstacle que la tumeur apporte au retour du sang veineux; puis l'exophthamie et le (rouble delà vi-

sion commencent. Souvent la tumeur, en s'accroissant , se prolonge en avant derrière l'une ou Taulre paupière cl pliilôl derrière l'inférieiu-e que derrière la supérieure : on sent alors de ce côté une saillie anormale, et bieniùt l'œil est refoulé eu haut et aplali, la vue se perd complètement, les douleurs deviennent de plus en plus vives, les paupières sont envahies ; l'ulcération, les hémorrhagies, le suintement iciioreux arrivent, et la mort finit par mettre lin aux souffrances du patient.

3° Le cancer intra-oculaire, qui est le plus fréquent, commence par quelques douleurs habituellement peu vives cl par le trouble de la vue. On ne larde pas à voir au fond de l'œil , surtout en examinant de côté, une surface plus brillante qu'à l'ordinaire, offrant un reflet, tantôt blanc ou gris, tantôt jaune ou verdàtre, quelquefois variable suivant la position qu'on prend. Celle surface briilanle constitue une des variété de la lésion décrite par Béer sous le nom d'œil de chai amaurotique. La [lupille est élargie et immobile, elon reconnaît aisément que la tache est trop profonde pour apparlenir au cristallin. A mesure que la tumeur s'accroît, l'œil augmente de volume et devient bosselé, la vue se perd complètement, la tache se rapproche de la pupille, la cornée se trouble, la conjonctive est le siège d'une injection et d'ua œdème que rien ne peui faire disparaître à cause de la gêne qui a lieu dans la circulation veineuse, les veines du fi'ont et des paupières deviennent variqueuses, la projection de l'œil entre les paupières l(!s empêche de se rapprocher et ajoute à la difformilé occasionnée par le boiu'souflenient conjonclival. Lesdouleursaugmentenl : ellesoccupenl, non -seulement l'oigane malade, mais les l'égions frontale, temporale, el sourcilière ; elles deviennent violentes, s'exaspèrent la nuit, parfois s'accompagnent de délire; le malade dépérit rapidement. Eniiu la cornée se perfore et laisse échapper la tumeur scus forme d'uu fongus saignant, qui s'accroît rapidement au point d'acquérir le volume du poing, et dont la présence rend la difformité encore plus repoussante. Quelquefois le malade est emporté, avant celte période, par les accidents cérebr.iux dus au développement de tumeurs analogues dans le crâne.

3° Il et-t clair que, si le cancer s'était développé simultanément à l'extérieur et à l'intérieur de l'œil, on observerait en même temps les deux ordres de sym|itômesqui viennent d'être décrits.

La marche de cette maladie est plus rapide que celle du cancer di; la plupart de nos organes, ce qu'il faut attribuer sans doute en grande partie à l'âge des sujets, l'encéphaluïde marchant eu général plus vite chez les enfauts que chez les adultes

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et les vieillards. M. Lebert a relevé dix observalion dans lesquelles l'affection s'est terminée par la mort : quatre fois , en moins de deux ans; trois fois, au bout de deux ans et demi à trois ans ; deux fois, au bout de quatre ans; une seule fois, au bout de six ans. Une mort rapide après des souffrances et une difformité considérable est donc la terminaison la plus habituelle du cancer intra-oculaire. Par une exception rare et assez curieuse dont M. Lebert signale deux exemples, il peut survenir, après l'ouverture de la cornée et l'apparition du fongus, une atrophie de l'œil et avec lui du produit morbide qui se transforme eu une matière granulo-graisseuse : malheureusement, le malade n'est pas, pour cela, uéc(;ssairement à l'abri de l'irradiation vers l'encéphale ou de la généralisation du mal.

Diagnoslic. — Le cancer exfra-octilalre orbitaire , ne se manifestant au début que par l'exophihalraie, le trouble de h vue, et la gène de la circulation veineuse, ne peut se distinguer alors des autres tumi;urs de l'orbite, capables d'amener les mêmes résultats. Ce n'est que plus tard, lorsque la tumeur s'avance vers les paupières et que la continuité des douleurs et l'amaigrissement rapide viennent éclairer le chirurgien, qu'on peut reconnaître la nature du mal.

Le cancer intra-oculaire peut être pris, au début, pour une amaurose; mais la douleur, l'affaiblissement rapide, l'œdème de la conjonctive, qui ne tardent pas à survenir, rendent le diagnostic facile. On peut le confondre aus4 avec une hydropisie sous-choroïdienne, qui lui ressemble par la cécité, l'aspect resplendissant du fond de l'œil, et la présence d'une tache blanche ou jaune qui s'avance peu à peu vers la pupille ; mais la marche ultérieure de la maladie éclaire le chirurgien, car l'hydropisie ne s'accompagne, ni d'un amaigrissement aussi prompt, ni de douleurs aussi tenaces, ni d'une augmentation aussi rapide dans le volume de l'œil. Si l'on avait des doutes, une ponction exploratrice pratiquée à travers la cornée les ferait disparaître.

Certaines productions non malignes ne peuventelles pas aussi naître et se développer au fond de l'œil comme le cancer, et imprimer à l'organe les mêmes changements? et, s'il en est ainsi, quels sont les moyens de diagnostic? Mackenzie admet que des tumeurs de ce genre se forment parfois à la suite des inflammations traumaliques ou même spontanément chez les scrofuleux , et il leur consacre un chapitre spécial , dans lequel il rapporte l'observation d'un adulte qui présentait tous les symptômes physiques d'un encéphaloide

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