‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 7 sur 177 · DES OPÉRATIONS OUI SE PRATIQUENT SUR LE NEZ · texte numérisé non relu

DES OPÉRATIONS OUI SE PRATIQUENT SUR LE NEZ

Les opérations qui se pratiquent sur le nez ont presque toujours pour objet la réparation de cet organe. Déjà nous en avons mentionné plusieurs, à l'occasion des tumeurs élépliantiasiques, du cancer, des difformités ; il ne nous reste plus à parler ici que de la rhinoraphie et de la rhinoplastie. Nous avons peu de chose à dire de la première de ces opérations ; mais la seconde mérite d'autant plus de nous arrêter qu'elle a été pendant des siècles , ainsi que nous l'avons vu plus haut, la seule application de la méthode autoplastique que se soient permise les chirurgiens.

Art. I. — De la rhinoraphie.

On donne ce nom à la restauration du nez au moyen d'opérations dans lesquelles la réunion des parties par la suture forme le temps principal.

Tantôt ces opérations sont pratiquées à l'occasion de lésions récentes et sur des parties saignantes encore ; tantôt elles sont faites plus tard , poiu' remédier à quelque difformité suite d'une lésion antérieure. ■

Dans le premier cas, l'opération se borne à rapprocher les surfaces et à les maintenir réunies au moyen de la suture: à cette catégorie, appartiennent diverses opérations indiquées à propos des plaies, et spécialement la restitution du nez entièrement ou presqu'entièrement séparé. ,

Dans le second , la réunion ne peut se faire qu'autant que les pai'ties ont été préalablement avivées soit avec le bistouri, soit avec les ciseaux, ainsi que cela se pratique pour le traitement du bec-de-lièvre. Les opérations de ce genre conviennent toutes les fois que la perte de substance subie par le nez n'a pas été trop considérable , et elles varient nécessairement en raison de la direction, de l'étendue, et de la forme de la division. M. Pétrequin a eu occasion de pratiquer la rhinoraphie dans une circonstance oii la lésion présentait une disposition rare et curieuse : après avoir creusé entre le lobule et l'aile droite du nez un sillon vertical prolongé jusqu'à la hauteur des os propres, un ulcère cancéreux , traité par la cautérisation , avait fini par se cicatriser. Il s'agissait de faire disparaître la fente profonde et difforme, résultat de l'ulcère et de la cautérisation. Pour y arriver, M. Pétrequin commença par en aviver les bords dans toute leur étendue , puis il les réunit ensuite par quelques points de suture. La guérison fut par-

faite et presque sans difformité. {Gazette médicale de Paris, année 1842, p. 183.) Si, au lieu d'une fente , l'ulcère rongeant avait occasionné une perforation, on pourrait de même arriver à la guérison par la suture après avivement.

Art. II. — De la rhinoplastie.

Ce n'es^ pas seulement l'autoplastle qui a été mise à contribution pour arriver à la réparation du nez ; quelques opérations hétéroplastiques semblent, d'après les récits des voyageurs, avoir été dans l'Inde employées à cet usage. Déjà nous avons eu précédemment (p. 3) l'occasion de citer un exemple de restauration du nez aux dépens des téguments de la fesse du blessé lui-même. Il paraît que la même opération s'est quelquefois praliquée en prenant le lambeau sm- la fesse d'un esclave. On parle même de la transplantation d'un nez étranger mis eu la place du nez absent. De telles opérations, dont on conçoit à peine la possibilité, sont d'ailleurs trop contraires à nos mœurs et à nos idées pour qu'il puisse en être sérieusement question dans un livre français. Nous ne parlerons donc ici que des opérations empruntées à Tautoplastie.

Les désordres auxquels la rhinoplastie est appelée à remédier ne diffèrent pas moins par leur étendue que par leurs causes. Tantôt la destruction du nez est complète et porte à la fois sur toutes les parties, squelette, cartilages, muscles et téguments ; tantôt le squelette et les cartilages ont disparu, les téguments subsistent, mais dans un état d'affaissement complet; quelquefois il reste le squelette et la racine , la portiou cartilagineuse toute entière ayant disparu avec les téguments qui la recouvrent ; d'autres fois c'est le lobule, une des ailes, ou la sous-cloison, qui manquent; ou bien enfin, la lésion ayant porté sur la ligne médiane , chacune de ces parties a perdu une portiou de sa substance. Ces diverses altérations sont le plus souvent les conséquences d'une affection syphilitique constitutionnelle ou d'un lupus; quelquefois elles succèdent au cancer; plus rarement elles sont de cause traumatique et surviennent à la suite de fractures comminutives ou de plaies par instruments contondants , par morsure, ou par armes à feu.

Les inconvénients qui en résultent sont variables. Lorsque la destruction consiste en une simple échancrure, une fente , ou un trou, bornés à une des ailes du nez ou à la sous-cloison, l'aspect du nez est désagréable , mais les fonctions ne sont qu'à peine troub ées. La destruction simultanée du lobule et des ailes du nez, celle du squelette, et à plus forte raison celle de l'organe tout entier, met-

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