DIFFORMITÉS ET VICES DE CONFORMATION
Les lésions qui figurent dans cette section, étant Ires-rares et trcs-difriciles à guérir, ne présentent qu'un médiocre intérêt.
I. Il peut y avoir absence congénitale du conduit auditif; mais ce vice de conformation coïncide presque toujours avec l'absence de tout l'organe auditif et avec des lésions de l'encéphale qui sont incompatibles avec l'existence.
II. Les auteurs, notamment Boycr et Itard , parlent de \ obturation congénitale du conduit par une membrane, qu'ils conseillent d'inciser crucialenient, afin de rétablir le passage des ondes
sonores et par suite l'audition. Ces auteurs n'ayant rapporté aucune observation à l'appui de leurs assertions , nous n'insisterons pas sur ce sujet.
III. La seule lésion dont la connaissance nous paraisse intéressante pour le chirurgien est Yétroitesse du conduit. Celle-ci peut être congénitale ou acquise.
L'étroitesse congénitale n'a ordinairement aucune influence fâcheuse sur l'audition ; seulement les sujets qui présentent ce vice de conformation sont plus exposés que les autres à l'oblitéralion par le cérumen, le pus, les corps étrangers, et par conséquent à la surdité qui dépend de ces diverses causes.
L'étroitesse accidentelle du canal est quelquefois l'effet naturel des progrès de l'âge, et elle réside alors dans la portion cartilagineuse du conduit : nous avons vu des vieillards chez cjui le rétrécissement avait succédé à l'épaississement et à la rétraction graduelle des téguments , sans qu'il eût été possible de constater aucune maladie préalable. C'est encore là une lésion peu grave par elle-même, mais on conçoit qu'elle vient en aide à toutes les causes capables d'amener une oblitération.
D'autres fuis, et plus souvent, le rétrécissement est consécutif à la cicatrice de pertes de substance par ulcération ou par brûlure : ainsi, quand un eczéma a longtemps occupé le conduit et a suppuré, il peut en résulter un rétrécissement; les brûlures du troisième et du quatrième degré amènent aussi celte lésion. Nous avons nous-mêmes observé une malade chez qui la cautérisation du pavillon avec le fer ronge, pratiquée dans le but de guérir une scintique, produisit une eschare plus étendue que celle qu'on se proposait d'obtenir et donna lieu plus tard à un rétrécissement du conduit. En pareil cas, il est indiqué de lutlcr d'abord par l'emploi des corps dilatants contre la tendance au resserrement pendant la cicatrisation. Si, plus tard, on trouve un rétrécissement assez considérable pour nuire à l'audiiion, on doit encore tâcher de le dilater à l'aide de mèches, de cordes à boyau , d'épongé préparée, de racine de gentiane : on ne parvient d'ailleurs à un résultat satisfaisant qu'en apportant dans l'application de ces moyens beaucoup de soin et une grande persévérance. Lorsque la dilatation obtenue est assez grande pour le permetire, on remplace les corps précédents par une canule en or ou en argent, qui réunit à l'avaniage de continuer la dilatation celui de laisser passer les ondes sonores. Trop souvent, malgré l'emploi de ces moyens, le rétrécissement se reproduit, soit parce que le conduit supporte mal la présence du corps étranger, soit parce que
MALADIES DE LA MEMBRANE DU TYMPAN
les malades en négligent trop tôt l'usage. On doit alors, comme dans les autres cas d'étroitesse congénitale ou acquise , conseiller, à litre de palliatif, l'usage d'un cornet acoustique, dont l'extrémité
auriculaire est accommodée à la forme du conduit, et que le malade introduit lui-même avec précaution chaque fois qu'il veut prêter l'oreille.