CHAPITRE QUATRIÈME
jMALADIES de LA CAISSE DU TYAIPAN.
Les seules maladies que nous ayons à étudier ici sont les blessures, les corps étrangers, et l'inflammation.
Art. P
Blessures.
Les lésions traumaliques sont de deux espèces : ou elles snccèdenl à l'aclion directe d'un instrument pointu, poussé avec force, qui, après avoir Iranspercé là membrane du tympan, vient heurter la paroi iulerne de la caisse; ou bien elles ont pour origiue un ébranlement général de la tète, soit par une chute, soit par uu coup violent.
I. Les blessures par instruments piquants donnent lieu d'abord à un écoulement de sang et à des douleurs aiguës, plus lard, à des accidenis i;:flamraatoires et à tous les symptômes de l'otite interne. Elles peuvent se compliquer de la présence et du séjour de quelque fragment détaché du corps vuluérant, briser la chaîne des osselets , entrainer la perle de ces petits organes, laisser à leur suile une perforation permanente de la membrane du tympan et une surdite plus ou moins prononcée. Les indications consisteiiL à .extraire le corps vuluérant et les parcelles qui peuvent être restées dans l'oreille, à calmer les douleurs, à prévenir et à combaltie les accidents inflammatoires par des saignées locales ou même générales, par des injections (ièdes, émollieules et narcotiques, et par l'administration intéiieure de préparations calmautes, antispasmodiques, ou opiacées.
II. Les grands ébraulements imprimés à la tète peuvent produire dîus l'oreille moyenne un écoulement de sang , comparable à celui qui a lieu quelquefois dans les mêmes circonsiauces à la surface de la pituitaire, et dû, comme ce dernier, à la rupture des petits vaisseaux de la membrane muqueuse.
Les suites de cette lésion varient suivant que
la membrane du tympan s'est conservée intacte ou que, par l'effet de l'ébranlement céphalique, elle a elle-même été rompue.
La membrane s' est-elle maintenue dans un élat d'intégrité, deux choses peuvent arriver : ou le sang s'écoule par la trompe et tombe dans le pharynx pour être ensuite avalé ou expectoré; ou il se coagule dans la trompe, séjourne dans la cavité tympanique, et détermine par sa présence dans ce lieu des bourdonnements d'oreille et de la surdité. Dans ce dernier cas, le sang peut à la longue se résorber ou se frayer plus ou moins rapidement une issue à travers la membrane du tympau ulcérée et perforée. On voit, dans un des faits rapportés par A. Cooper ( OEuvres chirurg., traduction française , 1835, p. 586), que ce chirurgien pratiqua lui-même la perforation sur uu malade affecté de surdité consécutive à une comrautiou cérébrale avec écoulement de sang par les deux oreilles, et qu'il en résulta un grand soulagement et une amélioration de l'ouïe, résultats heureux qui furent attribués à la sortie d'une petite quantité de sang noir. Malhenreusepieut un tel exemple ne pourra que rarement être imité, car les signes manquent presque toujours pour reconnaître uu épanchement sanguin intra-anriculaire , et la surdité consécutive aux lésions traumatiques du crâne peut tenir à tant d'autres causes qu'on risquerait souvent de faire une opération inutile et même d'aggiaver la position du malade eu ajoutant à son infirmité une cause nouvelle d'inflammation et de surdité.
Si la membrane du tympan a été rompue au moment de l'accident, le sang versé dans la caisse traverse la déchirure et s'échappe immédiatement par le conduit auditif. Comiuent distinguer cet écoulement sanguin auriculaire de celui qui succède souvent aux fractures du rocher? L'abondance et la continuité de l'écoulement doivent, ainsi que nous
IMFLAMMATION (
l'avons fait voir ailleurs (t. ii, p. 589), Rire prises ei! sérieuse coiisidéralioii. L'écoulement qui succède à une commotion sans fractui'e est peu abond:!Ht et se tarit eu quelques heures; celui qui suit nue fracture est assez considérable et ne cesse qu'au bout de quelques jours. Les phénoiiièues consécutifs ne diffèrent pas d'ailleurs de ceux qu'on observe à la suite de toute perforation Iraniiiatique de la membrane du tympan , c'est-à-dire que la coutinnité de la membrane se rétablit le plus souvent et que l'ouïe reparait au bout de quelques jours. Il n'y aurait pourlant rien d'impossible à ce qu'une (elle blessure donnât lieu au développement d'une olite interne.
La commotion ne peut-elle pas aussi être suivie de quelque dérangement dans la chaîne des osselets? C'est là une question pour la solution de laquelle les faits manquent encore aujourd'hui.
Art. il — Corps étrangers.
Non -seulement les corps étrangers peuvent, ainsi que nous l'avons précédemment démontré par des exemples , passer au bout de quelques jours de l'oreille externe dans l'oreille moyenne , .soit qu'ils aient déterminé l'inflammation et l'ulcération de la membrane du tympan, soit que des lenlatives imprudentes les aient poussés trop profondément et enfoncés dans la caisse i travers la membrane rompue ; ils peuvent aussi pénétrer dans cette cavité au moment même de l'accident. On a retiré de l'oreille moyenne des fragments de verre ou de métal qui s'y étaient introduits directement et immédiatement après avoir perforé et traversé la membrane du tympan. Nous devons à Belheder l'histoire singulière d'un grain d'avoine , qui détermina par .son introduction et son séjour dans l'oreille d'un cocher des convulsions épilepliformes , bientôt suivies de la mort , et qu'où retrouva, lors de l'autopsie, boursouflé, encore entouré de sonenveloppe, el implanlé dans la membrane du tympan de manière à correspondre, par une de ses moitiés, au conduit auditif , et, par l'autre, à la caisse. D'auties fois les corps éti'angers, trouvant la cavité lympanique dejù malade depuis pins on moins longtemps et en communication plus ou moins ancienne avec le conduit, s'in- Iroduisent facilement et de suite jusqu'au fond , c'est-à-dire juscpie dans l'oreille moyenne. On a vu enfin, dans des cas d'otorrhée interne, quand les malades avaient négligé les injections et les soins de propreté, la lésion se compliquer de la formalion de petits vers, qui jouaient le rôle de corps étrangei's animés.
Après les détails dans lesquels nous sommes eu-