‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 86 sur 177 · DE L'APPAREIL AUDITIF · texte numérisé non relu

DE L'APPAREIL AUDITIF

d'un morceau d'amadou ou de colon imbibé de chloroforme, de petits vésicatoires volants dont on saupoudre la surface avec 20 à 25 milligr. d'iiydrochlorale de morphine , des instillations de guimauve avec addition de laudanum ou de baume tranquille dans le conduit externe, des fuiriigations faites avec un mélange d'eau chaude et de liqueur d'Hoffmann, portées sur le même point, enfin l'injection par la trompe d'Eustache de vapeurs élhérées, renouvelée tous les trois ou qualre jours, lorsque le malade supporte bien ropéralion. Itard a, dit-il , retiié de grands avantages de la transpiration du cuir chevelu provoquée par l'application de cataplasmes de verveine et de graine de lin, par des lotions d'eau chaude, des frictions faites avec la flanelle, et l'application sur lecràne d'une calotte de laffetas gommé. C'est là une indication capable, suivant nous, d'augmenter le mal dans ceitaius cas en attirant le sang vei's les parties soulfrantes : aussi ne conseillons-nous d'y recourir que dans les cas oii les autres moyens auraient échoué.

Art. II. — Bourdonnements d'oreille.

Les bourdonneiDcnts sont des sensations comparées le plus souvent par ceux qui les éprouvent au bourdonnement des abeilles, mais qui offrent des différences assez grandes pour que les malades indiquent quelquefois un autre objet de comparaison. Les uns disent qu'ils croient entendre un bruit semblable au tintement d'une cloche ; les autres parlent d'un sifflement presque continuel ou d'un bruit semblable à celui qu'on entend quand on place sou oreille sur un coquillage. Il en est encore qui sont toiu'mentés par un bruit comparable à celui de l'eau bouillante, du roulement lointain d'une voiture, du mugissement de la mer, de la pluie qui tombe. Nous connaissons un jeune homme chez qui le symptôme le plus gênant d'une otite subaigué fut l'apparition fréquente de battements isochrones à ceux du cœur, ballements tellement gênants qu'il était obligé, pour s'en débarrasser , de sortir et de chercher les rues les plus fréqueniées par les voilures : les bruits de la ville finissaient par faire disparaître la sensation inco.mmode. On voit enfin des individus chez qui , la maladie se prolongeant longtemps , la sensation anormale change plusieurs fois de cai'actère.

Les bourdonnements diffèrent aussi suivant qu'ils sont spontanés ou provoqués, ou, comme le dit Itard, faux ou vrais. Les premiers sont ceux qui arrivent sans cause appréciable ; les seconds sont excités par quelque bruit, dont la nature est mal saisie à cause de l'allération

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