CHAPITRE CINQUIÈME
DE l'uNFTÉ de dieu
387. L'unité de Dieu est manifestement démontrée par sa nature, telle que nous l'avons expliquée. Mais cette unité ne consiste pas seulement en ce que Dieu est indivisible en soi et distinct de tout autre, car cette sorte d'unité n'exclut pas les autres individus de même nature; elle consiste surtout en ce que Dieu exclut toute société avec un autre être qui serait son égal, c'est-à-dire en ce qu'il est V unique Dieu.
(i) /« if^. lisent., Dist. XXXVII, a. 11, q. i adarg.
f98 THÉDMCéÈ
ARTICLE PREMIER
Des erreurs contraires à Vunité de Dieu (Tom. III, pag. 737-7^4)
388. Uerreur grossière qui consiste à reconnaître /7/imettrj dieux se nomme Polythéisme. Les Gentils partagèrent presque tous cette erreur.
389. Quoique la plupart des peuples païens reconnussent l'existence d'un Dieu suprême qui préside à toutes les choses, il est certain, contrairement à ce qu^affirme Lamennais (i), qu'ils rendaient un culte à plusieurs dieux ; ce qui le prouve c'est que les Pères, qui devaient parfaitement connaître la religion païenne, s'occupèrent tous de la réfutation de cette su* perstition absurde.
390. On confond ordinairement le Polythéisme avec VIdolatrie^ bien que celle-ci n^embrasse pas toutes les variétés du Polythéisme. 'Les principales formes de celui-ci furent : le Fétichisme j ou culte des choses naturelles, vivantes ou non ; le Sabéisme^ ou culte des astres ; la Zoolatrie, ou culte des bêtes ; V Anthropolatrie, ou culte des héros et des rois ; T Idolâtrie, ou culte des statues et des images ; la Démonolatrie^ ou culte des démons et des génies. La superstition des peuples alla jusqu'à déifier les vertus et les vices , elle dressa même des autels et des temples à la Guerre, à la Paix^ à la Fièvre, à la Pâleur^ etc.
391 . Mais le Polythéisme n'a pas été la religion primitive des peuples (2). En effet lé récit dé MoI$e, dont Tautorité est irrécusable (3), témoigne que le Dieu unique et véritable s'était révélé à rhomme dès l'origine et que le Monothéisme fut la croyance primitive du genre humain. Il est probable même que le Polythéisme ne fit son apparition sur la terre qu'après le déluge. Par conséquent le culte d'un Dieu unique avait déjà régné deux mille ans sur la terre que le Polythéisme ne s'y était encore montré nulle part.