Si l'on nous demande comment la forme se tire de la
puissance de maiilrey nous répondrons que ce sont les agents naturels qui font passer la matière du non-être d'une forme â Vêtre de telle forme, parce que la matière sur laquelle leur action s'exerce contient en puissance les germes ou les raisons séminales de toutes les formes.
73. Il est évident que la matière doit exister déjà pour que Tagent puisse en tirer quelque forme ; de plus, l'être de la forme dépend de la matière en ce sens que son sujet réside dans la forme unie à la matière et non dans la forme seule.
74* La génération ne se conçoit pas non plus sans la privation. Comment un sujet pourrait-il acquérir un nouvel être si Ton ne supposait tout d'abord qu'il en est privé ? puisque la génération ne peut se concevoir qu^à la manière d'un passage du non-être à Vêtre.
75. Cependant la privation ne coopère pas à la génération du corps comme un principe qui entrerait dans la chose dont il est le principe, elle y coopère seulement commt point de départ de la génération. En effet, la génération d'un corps suppose la corruption d^un autre corps ; mais la corruption finit dans le non-être ou dans la privation de la forme . La privation est donc le principe ou le point de départ de la génération.
76. La privation ne subsiste pas dans le corps transformé. Car, dès que le corps est transformé, la privation qui a servi de point de départ à la transformation] s'évanouit aussitôt.
77 . Les propriétés que Ton découvre dans les corps confirment admirablement la théorie scolastique.
I* Tout corps présente un grand nombre de parties extérieures les unes aux autres et cependant liées entre elles de manière à former un tout par soi, à la fois étendu et indivisible. Car tout ce qui existe est un et se trouve par là même doué d'une certaine indivisibilité. Mais, pour donner â ce qui est composé de parties cette unité et cette indivisibilité, il faut évidemment la présence d'un principe qui compénètre tellement toutes les parties du composé quMl en résulte un tout indivisible en acte, bien qu'il soit virtuellement divisible. Or un principe de cette nature doit être nécessairement actif et simple : actifs pour opérer l'union des parties entre elles ; simple ou inétendu, car autrement il serait lui-même un corps et non le principe formateur du corps. Ce principe,
comme on le voit, n'est autre que la forme des Scolastiques. Par Conséquent la propriété de détendue qui est commune à tous les Corps s^explique très-bien dans la théorie de la maitère et de la forme (i).
78. 2® \J impénétrabilité du corps ne peut exister sans quelque chose d'étendu, parce que ce dont le volume occupe un certain espace est seul capable de s'opposer à la compé« nétration ; mais retendue est incapable d'expliquer le phénomène de l'impénétrabilité. Car, bien loin de produire la résistance, elle exclut par elle-même toute espèce de force ainsi que nous le verrons plus loin. Par conséquent, outre la ma^^ tière qui sert de fondement comme principe passif à l'étendue corporelle, il faut un principe actif qui n^est autre que la forme^ pour expliquer le phénomène de V impénétrabilité des corps.
3® Il en est de même de la^gure. L'étendue étant par elle-même indifférente à prendre n'importe quelle figure, il est nécessaire qu'il y ait dans le corps, outre le principe qui donne naissance à l'étendue^ un second principe qui explique pourquoi celle-ci prend telle figure déterminée. Ce principe doit être actifs car il faut une certaine force pour déterminer des parties étendues à prendre telle figure particulière.
ARTICLE SEPTIÈME
Réponse aux objections des adversaires de cette théorie
(Tom. Il, pag. 339-347)
79. Dans cet article, nous allons d'abord réfuter les objections des adversaires de la théorie aristotélico-scolastique; nous renverserons ensuite les raisons sur lesquelles ils ont essayé de fonder d'autres systèmes.
80. i^* Objection. Les principes constitutifs des corps sont ceux-là mêmes qu'indique la chimie, c'est-à-dire les corps simples ; car elle n'en reconnaît pas d'autres.