CHAPITRE TROISIÈME — des véo^Aux
S 181. Nous allons maintenant traiteri des corps vivants et d'abord, des végétaux. Pag 47
ART. I. — Si la vie appartient aux végétaux
§§ 182. Parmi les philosophes, les uns attribuent la vie aux plan- 2es, les autres la leur refusent. — i83. Les premiers forment trois groupes : les uns donnent aux plantes une âme raisonnable^ d'autres leur accordent une vie sensitive, enfin les troisièmes ne leur reconnaissent qu'une vie végétative, — 1 84. Ceux qui refusent aux plantes toute espèce d'âme, attribuent leurs mouvements et leurs effets à l'habile diS'position des parties ; d'autres aux forces physiques et chimiques seules ; enfin le P. Tongiorgi les dérive de forces spéciales résultant de la combinaison des forces précédentes. — i85. D'abord les plantes jouissent de la vie, — 186. Preuves directes : i® L'âme et la vie appartiennent à tout être qui est le principe de son propre mouvement; or telles sont les plantes ; 2° les plantes ont divers organes ; or ces organes supposent l'existence d'un principe moteur, — 187. Preuves indirect tes : !• Ni les lois mécaniques, ni les forces chimiques ne peuvent être le principe qui constitue les plantes et qui préside à leurs opérations ; 2^ La combinaison de ces mêmes forces est également impuissante à produire la vie ; 3^ les Chimistes reconnaissent . eux-mêmes que les forces physiques et chimiques sont incapables de former même une seule molécule. — > 188. Le seul principe capable d'expliquer la nature et les opérations des plantes, c'est Ia forme substantielle des Péripatéticiens. — 189. La forme substantielle peut seule exercer son action sur les affinités chimiques et sur les autres forces élémentaires du corps-
— 190. Donc les végétaux sont des corps vivants, — 191. Object, Ce principe substantiel et vital est inintelligible. — 192. Rép, Les naturalistes ont le tort de rejeter comme purement imaginaire tout ce qui ne peut être expérimenté directement. — ■193. Nous ne discuterons pas l'opinion d'Anaxagore qui attribue Vintelligence aux plantes, mais nous devons examiner celle de Platon qui leur accorde la faculté 4^ sentir.
— ig^. Les plantes ne jouissent pas delà vie sensitive : i^ Car, si la puissance végétative était perfectionnée par la sensibilité dans les plantes, il en serait de même a fortiori chez l'homme. -^ 195. 2^ La nature ne fait rien en vain ; or les sens ne seraient d'aucune utilité pour les plantes. — 196. 3° Les plantes ne présentent aucun indice qui puisse|faire soupçonner l'existence de quelque sens. — 197. Si les végétaux sont privés de sensibilité, il est évident qu'ils n'éprouvent ni plaisir ni dou' leur. — 198. Donc les plantes ne jouissent que de la seule vie végéta" tive. — 199. Object, de Robinet : Les mouvements de la sensitive^ de TA^/iofrope, etc., accusent une certaine sensibilité. — 200. Rép, l'^La sensation n'est pas une impression purement passive^ elle consiste proprement dans V action vitale qui suit l'impression ; 2« quant aux plantes en question, les mouvements qu'elles exécutent n'accusent aucune sensation réelle. Pag 47"3o
ART. 11. — Des principales opérations des végétaux
§§ 201. Les opérations principales des végétaux sont au nombre de trois : la nutrition^ la croissance et la génération ; cette division est facile à justifier. — 202. Ces trois facultés sont nécessaires à la plante
pour lui conférer V existence j la grandeur convenable, et pour lui permettre de réparer les pertes qu'elle subit. — 2o3. Notre rôle doit se borner à définir ces facultés diverses. — 204. La faculté nutritive est cette faculté par laquelle Vêtre vivant convertit raliment en sa propre substance, — 2o5. Les aliments n'étant pas de la même nature que la plante, la vertu nutritive des plantes doit avoir pour objet principal d'assimiler ces aliments à la nature du végétal. — 206. La faculté aug'mentative est cette puissance qui permet à l'être vivant de retirer de V alimentation un accroissement de volume, — 207. La puissance génératrice est cette vertu par laquelle un corps vivant est produit par un autre de même nature avec lequel il est joint ; la génération exige trois conditions particulières : ]<> la substance de Tengendré se tire de la substance de celui qui l'engendre ; 2° il existe entre Tun et l'autre uàe ressemblance de nature ; J" le corps engendré est produit par un principe qui lui est uni. — 208. La première condition sert à distinguer la génération de l'opération créatrice et de l'opération productrice. — 2Ô9. La seconde condition est une conséquence de la première. — 210. Enfin la troisième condition distingue la génération des êtres vi^ vants de la génération des êtres privés de vie, — 211. Dans l'ordre chronologique, la faculté nutritive précède la faculté augmentative^ et celle-ci précède la faculté génératrice ; mais, dans V ordre de leurper^ fection, la faculté génératrice précède les deux autres. — 212. La «mtrition, Vaugmentation et la génération constituent des opérations vitales dans la plante. — 2i3. Les trois opérations vitales appartiennent à trois facultés diverses. Pag 5i-53
ART. III. — Définition de la vie végétative
§§ 214. "Lr définition delà vie végétative doit comprendre les trois opérations énoncées; on peut donc la définir: Un principe par lequel une substance se nourrit^ se développe et se propage. — 21 5. Georges Cuvier place l'essence de la vie dans la nutrition ; mais, quoique la nutrition soit la première opération qui se manifeste dans l'être vivant, elle n'est pasVessencedelsi vie; puisqu'elle ne contient pas les les deux autres. — 216. La vie végétative est inférieure à la vie sensi'^ tivCy la vie sensitive est inférieure à la vie intelletuelle, et celle-ci inférieure à la vie qui appartient à Dieu, en qui Vêtre et Vintelligence sont une seule et même chose. Pag , 53-54