‹ Compendium de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes d'après SanseverinoChapitre 38 sur 119 · Pour maintenir intacte la doctrine de l'Église sur l'In · texte numérisé non relu

Pour maintenir intacte la doctrine de l'Église sur l'In

(1) La définition de l*homme donnée par le vicomte de Bonald, l'homme est une intelligence servie par des organes^ mérite les mêmes reproches que Topinion du philosophe athénien. Car elle suppose également que le corps et ses différents organes ne font point partie inté" grante de l'homme. Nous venons de voir en quel sens le corps peut être considéré comme un instrument ou un organe sous l'action de Târoe qui le compénètre et l'anime.

(2) Descartes convient que l'union de Tâmc et du corps est substan^ tielle ; mais, tandis qu'il l'affirme en parole, -il le nie en réalité. Car, telle qu'il l'explique, l'union de l'âme et du corps n'a lieu ni suivant l'être^ ni même suivant l'opération,

NATURE DE l'uNION DE l'aME ET DU CORPS 7

carnation du Verbe, les Pères avaient énergiquement combattu la théorie renouvelée par Descartes (i). Citons seulement saint Jean Damascène : « Pierre, dit-il, est un composé de corps et d'âme ; car ni Tâme seule n'est Pierre, ni le corps seul, mais les deux ensemble (2). »

19. Laissant de côté les systèmes de Yinjliix physique^ de Voccasio7îalisme et de Vharmonie -préétablie que nous discuterons bientôt, nous ferons remarquer au sujet des philosophes qui, à l'exemple de Kant, ne font pas même consister U moi^ ou Vhommej dans Tâme comme sujet pensant, mais qui le placent dans la seule conscience de ses pensées, que cette opinfon se réfute par les arguments que nous avons déjà fait valoir contre ceux qui définissent la personne une nature qui a conscience de soi\; car, suivant eux, le moi n'est autre chose que la personne humaine (3)^

20. Rosmini crut échapper aux inconvénients des théories de Descartes et de Kant en ne faisant consister le moi ni dans le seul sujet pensant, ni dans la conscience seule, mais dans râmc prenant conscience d'elle-même par la réflexion. Rosmini confond deux choses très-distinctes : ce qui constitue le moi et ce par quoi le moi nous est connu. Certes, le moi ne parvient point à la connaissance actuelle de lui-même avant de s'être replié sur ses opérations ; mais n*est-il pas évident qne le moi ne pourrait réfléchir sur ses propres opérations s'il n'existait déjà? Or, si le moi doit exister avant d'avoir conscience de lui-même, on ne peut le définir, comme le veut Rosmini, un sujet qui a conscience de soi^

(i) Parmi les hérétiques des premiers siècles de l'Église, quelquesuns enseignèrent que le Verbe avait pris un corps sans âme et d'autres qu'il avait pris une âme sans un vrai corps. Pour réfuter ces deux erreurs, les Pères s'appliquent à montrer que Thomme n'est placé ni dans rame seule, ni dans le "corps seul, mais qu'il est composé de Tune et de l'autre .

(2) Dialect.f c. 11. « L'essence de l'homme, dira plus tard saint Thomas, consiste dans l'union de Pâme et du corps ; » Qq. dispp., q. un. De unione Verbi Incarnati.

(3) Ontologie, ch. III, art. 3J 223.

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