‹ Compendium de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes d'après SanseverinoChapitre 42 sur 119 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

SI LE PRINCIPE VITAL DIFFÈRE DE l'aME RAISONNABLE

102. Lorsqu'on a démontré que l'âme raisonnnable est la forme substantielle du corps, il semble superflu de démontrer en outre qu'elle en est Vunique principe formel, c'est-à-dire qu'elle est le principe de la vie végétative et de la vie ammale chez Thomme en même temps qu'elle est le principe de sa vie intellectuelle.

io3. Nous croyons cependant qu'il n'est pas inutile de reprendre la même question en ces termes : Le principe for»

St LE PRINCIPE VITAL DIFFERE DE l'aME RAISONNABLE î I

mel che\ l'homme est-il unique ou multiple ? parce qu'elle a été vivement agitée dans les temps modernes et Test encore de nos jours à ce point de vue particulier.

article PREMIER

Opinions des anciens et des modernes sur cette question

(Tom. III, pag. 82-io3)

104. Les philosophes anciens s'étaient déjà demandé si ce qui pense^ sent et végète en nous est un principe unique, ou bien sMl faut en admettre deux ou même trois. L^opinion d'Hippocrate n'est pas très-claire, celle de Platon est moins obscure sans être entièrement certaine ; il paraît reconnaître l'existence de trois âmes : une âme raisonnable^ une âme iras* cible et une âme concupiscible, qui.ont leur siège la première dans la tête^ la seconde dans la poitrine et la troisième dans les entrailles (ij.

io5. On croit que cette doctrine, d'abord enseignée par Pythagore et ses disciples, s'était transmise par ces derniers jusqu'à Platon. Cependant quelques auteurs soutiennent que Platon n'admettait qu'une seule âme dans l'homme et qu'en en distinguant trois espèces, il avait voulu seulement désigner les diverses puissances de l'âme.

106. Quatit à Aristote, il est très-certain qu'il n'admet qu'une seule âme dans l'homme. Car il enseigne clairement que l'âme humaine est la cause unique d'où le corps tire sa vie ; c'est pourquoi, d'après le philososophe de Stagire, l'âme humaine est un principe à la fois végétatifs sensitif^ intel^ lectiftt moteur.

107. A l'exemple d' Aristote, les Stoïciens et les Néoplatoniciens défendirent l'unité de principe dans l'homme ; mais ils l'expliquaient mal, parce qu'ils la déduisaient des principes panthéistes de leurs divers systèmes.

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