DE L^ESSENCE DE L^ÂMB HUMAINE 7I
humeurs et des tissus qui entrent dans sa composition ; mais les fonctions dont l'âme est le principe sont très-supérieures ; car elle est le principe de la nutrition, des sensations et des intellections. Par conséquent Tâme ne consiste pas dans le tempérament ou dans la complexion du corps humain.
281. Enoutre,'l*âme a le pouvoir de comprimer les mouvements qui s'élèvent dans Tappétit sensitif et de modérer les affections du cœur. La prédominance de certaines humeurs qui constituent le tempérament sont au contraire la cause déter-^ minante et provocatrice des passions et des affections, loin de les dominer. Il y a donc une différence essentielle entre Tâme et le tempérament.
282 . 2* L'âme diffère aussi de Yharmonie du corps humain. Car rharmonie est plutôt une résultante qu'une cause ; elle n'a rien de commun d'ailleurs ni avec la nutrition, ni avec les sensations, ni avec les intellections dont l'âme est également le principe.
283; Suivant le rapport sous lequel on considère l'accord ou Vharmonie qui règne entre les parties du corps humain, cette harmonie se nomme santé, vigueur ou beauté; l'absence de l'une de ces qualités accuse la maladie, la faiblesse ou la difformité corporelle. Or l'âme n'est rien de semblable, elle n'a donc rien de commun avec Yhannonie du corps humain.
284. L'harmonie résulte soit de l'arrangement des parties soit de leur juste proportion. Ces deux harmonies en comprennent même plusieurs autres. L'âme, au contraire, est unique en chacun de nous ; elle est donc tout autre chose que l'harmonie corporelle.
285. Enfin l'âme exerce son empire sur le corps, elle lutte contre ses tendances et se trouve capable de les dominer. L'harmonie offre des caractères tout opposés : elle n'est jamais en lutte avec ses éléments, les dissonnances l'affaiblissent ou la détruisent. L'âme n'est que trop sujette aux dissonnances ; car, sans cesser d'exister, elle peut tour à tour pratiquer la vertu ou s'abandonner au vice.
286. D'ailleurs tout corps composé présente une certaine harmonie ; si donc l'âme n'était que Pharmonie du corps, il faudrait admettre que tout corps composé est animé et vi-^ vant : ce qui est contredit par l'expérience.