DE L^ESSENCE DE L^AME HUMAINE
morte^ comment expliquerait-il les phénomènes, bien autre* ment compliqués, de la nature vivante ?
2g I. Lors même qu'on admettrait que l'essence de la matière doit être placée dans une certaine force active, la matière serait encore impuissante à rendre compte des opérations vitales. Car i^ les êtres qui jouissent de la vie diffèrent essen* tiellement, comme nous l'avons prouvé (i), des êtres qui en sont privés ; 7? si les actions vitales^ ainsi que nous l'avons également établi (2), ne peuvent s'expliquer par un principe vital inhérent aux organes, à plus forte raison sont-elles supérieures aux forces de la matière ; 3^ les opérations vitales sont des actions immanentes^ c'est-à-dire qui s'accomplissent dans rêtre viviTnt lui-même, tandis que la matière ne produit que des actions transitives, ou dont le terme se trouve placé hors d'elle-même.
292. Enfin, supposer que les forces delà matière sont capables de produire tous les phénomènes de la nature vivante^ comme elles produisent ceux de la nature morte, serait confondre deux ordres de phénomènes profondément distincts.
ARTICLE TROISIÈME
Ou Pon établit la substantialité de Vâme
(Tom. III, pag. 222-326)
293. Les mêmes raisons vont nous servir à montrer, contre les sensistes, que Tâme est une vraie substance et non une forme purement accidentelle du corps vivant. En effet, I* l'âme établit et maintient l'harmonie soit entre les qualités contraires des corps vivants, soit entre les exigences souvent opposées de leurs différents organes. Or une formé capable de produire des effets si divers et si considérables ne saurait 8tre purement accidentelle. Donc l'âme du corps humain est une forme substantielle. De plus, les choses vivantes sont évidemment des substances ; or ce n'est que par l'âme que vivent les choses en possession de la vie.