En outre, c'est une maxime reçue que V accident n'ajH
(i) Cosmologie, ch. I, art. i.
{2) Voir ci-devant, ch. IIF, art. 2 et 3.
partient pas à P essence des choses ; mais Tâme appartient tellement à Tessence de ce qui est vivant que ces mots être vivant et être animé sont identiques. Par conséquent Tâme n^estpas un simple accident des substances vivantes.
295. Voyons sur quoi se fondaient les anciens seosistes pour nier la substantialité de Tâme. i^ L^une de leurs maximes était que tout s* écoule et se trouve dans un perpétuel devenir ; maxime qui, prise à la lettre, signiOerait que rien n^existe. 2** Si Ton examine de près l'idée à^ écoulement ou de changement on voit au contraire qu'elle implique Tidée d'une chose qui change d'état, mais qui reste la même au fond, c'està-dire quant à la substance. 3° Une autre de leurs maximes était que notre esprit est la mesure de toutes choses (i) ; maxime très-fausse, car le vrai c'est ce qui est^ répond saint Augustin, et non ce qui nous paraît être. 4^ Ils soutenaient aussi qu'il n'y a que ce qui est perçu par les sens qui soit véritablement ; or, d'après cette maxime, il faudrait nier nonseulement l'âme, mais la sensation elle-même, puisque la sensation n'est nullement perçue par les sens. 5* Enfin, puisque, d'après les anciens sensistes, la sensation est une modification de l'âme, il est clair que cette modification exige un sujet qui soit modifié, c'est-à-dire une substance.
296. Quant aux sensistes modernes^ nous avons montré, dans VOntologie^ combien leur doctrine s'éloigne de la vérité (2) . Nous n'ajouterons ici qu'un petit nombre de réflexions, i* Nous distinguons très-bien l'identité du moi au milieu des modifications si variées qui Taffectent tour à tour; or comment expliquer ce fait sans la permanence et par suite sans l'existence d'un sujet ^tt^5/j«f 2e/? 2* Si l'âme n'était que la collection de nos divers états, où serait l'esprit qui les percevrait et les recueillerait ? 3** Enfin, un grand nombre de ces modifications ont pour cause l'âme elle-même ; or, si l'âme consistait dans ces modifications elles-mêmes, il s'ensuivrait cette absurdité que l'âme serait sa propre cause.
(i) Dynamilogie^ ch. X, art. 6, et Ontologie^ ch. II, art. 8. (2) Ontologie^ ch. III, art. i .