ORIGINE DE LAME HUMAINE
auraient été contenus dans le premier homme et chaque homme serait constitué par l'un de ces germes au fur et à mesure que ce germe se trouve dans les conditions voulues pour son développement.
453. Enfin, Reynaud et quelques autres ont essayé dans ces derniers temps de ressusciter la métempsycose des anciens. Ils enseignent que les âmes subissent différentes migrations successives.
464 . Les âmes rCont été criées ni avant V existence du monde corporel ni avant les corps qu'elles doivent informer. i« Nous avons prouvé ci-dessus (i) que les âmes ont une disposition naturelle k s'unir au corps. D'où il suit que si, avant de s'unir au corps. Pâme existait déjà, elle était privée de sa perfection ; bien plus, elle se trouvait dans un état contraire à sa nature : erreur grossière, car il est manifeste que tout ce que Dieu produit immédiatement doit être produit dans son état naturel. On ne peut conclure que Tâme a commencé d'exister avant le corps de ce qu'elle lui survit. En effet, si Pâme survit au corps, cela tient à la défection de celui-ci ; mais il ne convenait pas qu'au moment de sa création l'âme fût privée de son corps, car Dieu aurait commencé son œuvre par ce qui est imparfait et contre nature.
455. Mais, si l'union de l'âme avec le corps est naturelle, cette union n'est pas la cause pour laquelle l'âme ne se sou* viendrait plus dans la vie présente ni de ce qu'elle a connu^ ni de ce qu'elle a fait dans une vie antérieure^ c6mme Platon l'a cru. Car il est absurde que l'opération naturelle d'une chose soit entravée par ce qui est conforme à sa nature.
456. Saint Irénée (2) prouve par deux arguments solides que l'union de l'âme avec le corps n'est pas la cause de l'oubli du passé. Si cette raison avait quelque valeur, dit-il, elle prouverait que l'homme, dans la vie présente,; est également incapable de se souvenir de ses connaissances passées. En outre, l'âme étant la maîtresse et la directrice du corps, on ne comprendrait pas qu'elle fût contrainte par lui d'oublier les connaissances qu'elle avait précédemment acquises.