‹ Compendium de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes d'après SanseverinoChapitre 7 sur 119 · DES PROPRIÉTÉS DU CORPS · texte numérisé non relu

DES PROPRIÉTÉS DU CORPS

Tautre passifs la forme. Or les parties dont le corps se compose viennent sans doute de la matière^ mais Padhérence qui les unit de telle sorte qu'elles présentent un tout par soi est évidemment l'œuvre de lat forme; car c'est à la forme seule que les parties de la matière doivent la cohésion d'où résultent les trois dimensions de la quantité.

i3i. i^^ Objection. Kant : Si l'étendue était objective^ elle serait contingente ; or il suivrait de là que la géométrie, dont rétendue forme l'objet, ne serait pas une science absolue.

li^. Réponse: Kant confond ici l'étendue ^^n^i^/e avec l'étendue intelligible. La première est en effet contingente^ mais la seconde est absolue. Or c'est l'étendue intelligible seule qui est l'objet de la géométrie. Donc l'opinion des Scolastiques sur l'objectivité de l'étendue sensible ne détruit pas les sciences géométriques.

i33. 2^ Objection. Le même: Si Pondit que l'étendue est objective et réelle, il faut admettre ou bien que la matière est divisible à l'infini, ou bien qu'elle est composée d'éléments simples. Mais ces deux hypothèses étant contradictoires et s'appuyant sur des preuves également probables, on doit les rejeter l'une et l'autre. Donc l'étendue est purement phénoménale.

£34. Réponse : Il est faux que ces deux hypothèses soient également probables ; car nous avons prouvé que l'hypothèse des monades ou des éléments simples manque de solidité. Par conséquent, on peut admettre Vobjectivité de l'étendue sans s'inquiéter de V antinomie cosmologique de Kant.

i35. Zenon prétendit que le corps était composé de points à la fois indivisibles et étendus^ mais privés départies ; ce système est encore appelé théorie des points lénoniens, i^ Cette théorie est absurde en soi. Car, pour former une quantité continue^ des points doivent former entre eux un tout continu, ou du moins être contigus les uns avec les autres. Or, les points s[énoniens ne peuvent former un tout continu, puisque n'ayant pas de parties, celles-ci ne peuvent se réunir par leurs parties extrêmes ; ils ne peuvent pas davantage être contigus^ parce que des points privés de parties ne peuvent se toucher ni partiellement ni en totalité.

1 36. 2* La théorie de Zenon conduit à des conséquences

absurdes. Supposons deux corps en mouvement dont l'un soit animé d'une vitesse double de Tautre, et marchant suivant une ligne de points !{énontens. Pendant que le premier franchira onze points, le second en franchira la moitié, c'està-dire cinq et demi. Voilà donc les points de Zenon qui sont à la fois divisibles et indivisibles. Autre absurdité. Il suivrait en outre que les circonférences de tous les cercles concentriques seraient égales. En effet, la théorie de Zenon admise, toutes les circonférences des cercles concentriques auraient le même nombre de points. Car, si par chaque point de la circonférence extérieure on mène des rayons au centre, ces rayons passeront par autant de points distincts de chacune des circonférences intérieures. Celles-ci auront par conséquent un nombre de points égal à celui de la circonférence extérieure ; ce qui est évidemment absurde.

iSy. Les parties sont-elles en acte dans le corps, ou bien n'y sont-elles qu*en puissance ? L'opinion de saint Thomas, qui soutient que les parties, sans être séparées^ sont distinctes eh acte dans le corps, nous paraît de beaucoup la plus probable. D'abord, si les parties étaient séparées^ l'étendue ne serait ni réelle ni même phénoménale, comme nous Pavons

prouvé.

j38. Ensuite il faut admettre l'existence ew ac/e dans le corps d'une chose, sans laquelle l'étendue ne pourrait se concevoir. Or l'étendue ne peut se concevoir sans des parties dont l'une soit située hors de Tautre ; mais des parties dont l'une est située hors de l'autre sont évidemment distinctes en acte,

iSg. En outre, les rapports dts parties entre elles supposent cette distinction. Nous disons, par exemple, que l'une est à droite, l'autre à gauche, celle-ci au dessus, celle-là au dessous ; or cette différente situation des parties, les unes par rapport aux autres, n'est pas l'œuvre exclusive de l'esprit, comme chacun a pu s'en convaincre.

140. Enfin, bien que le corps soit indivisible en acte^ il est divisible en puissance; or la divisibilité en puissance suppose l'existence de plusieurs parties réellement distinctes.

141. Quelques auteurs prétendent à tort, avec le P. Tongiorgi, que des parties distinctes en acte ne peuvent engendrer Vétendue ou le continu. Car, bien que distinctes en acte^

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