‹ Compendium de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes d'après SanseverinoChapitre 73 sur 119 · i"^ Instance. Bien que l'âme soit produite autrement · texte numérisé non relu

i"^ Instance. Bien que l'âme soit produite autrement

DE l'immortalité DE l'aME HUMAINE iSj

que le corps, il est certain qu'elle a eu un commencement ; donc elle aura aussi une fin.

5i8. Réponse : Cette difficulté repose sur cette maxime : Tout ce ^ui a commencé doit finir ^ qui est fausse. Dieu seul n'a^i commencement ni fin, lui seul est immuable et véritablement éternel. Au contraire, toutes les œuvres de Dieu ont un commencement et diffèrent de celui qui les a faites en ce qu'elles ne sont pas incréées comme lui. Si Texistence de quelques-unes d'entre elles se prolonge ensuite pendant toute la durée des siècles, c'est que Dieu leur conserve la nature incorruptible qu'il leur a donnée, en les créant.

5 19. 2e Instance, L'âme a été produite du néant ; donc elle finira par le néant.

520. Réponse : Cette seconde difficulté repose sur cette maxime non moins erronée que la précédente : Tout doit finir de la manière dont il a commencé. Dieu a créé librement les choses qui existent hors de lui ; parmi ces choses, les unes sont composées d'éléments corruptibles et périssent d'elles-mêmes après avoir fourni une carrière plus ou moins longue ; les autres étant incorruptibles de leur nature parce qu'elles sont immatérielles et simples, la mort n'a point d'empire sur elles. Cependant leur immortalité dépend de la puissance divine qui peut toujours, absolument parlant^ leur refuser Vêtre qu'il leur a communiqué. Mais nous allons démontrer que plusieurs attributs divins s'opposent à ce que Dieu veuille jamais les anéantir.

ARTICLE QUATRIÈME

L'âme est aussi extrinsèquement immortelle

621. Il nous reste à prouver que l'âme humaine est également immortelle ab extrinseco, c'est-à-dire qu'elle ne sera point privée de son être par une cause extérieure. D'abord, aucune cause créée n'a ce pouvoir ; car celui-là seul qui a le pouvoir de créer a le pouvoir d'anéantir. Mais Dieu qui a créé l'âme pourrait toujours l'anéantir, à ne considérer que sa puissance absolue (i). Cependant nous pouvons solidement

(i) Voir ci*dessus, § 475.

démontrer cette proposition : Dieu ne voudra jamais anéan-' tir Pâme humaine .

522. Dieu ne peut vouloir ce qui répugne â plusieurs de ses attributs. Or Tanéântissement de rame humaine répugne soit à la sagesse f soit à la bonté, soit à la justice dt Dieu. Et d'abord, Tanéantissement de Tâme répugne â la sagesse de Dieu. En effets il serait contraire à Fidée que nous avons de la divine sagesse que des substances qui ont reçu de leur auteur une nature incorruptible en'fussent ensuite dépouillées sans raison. Or, si après avoir reçu de Dieu une nature incorruptible, Pâme humaine était anéantie, Dieu agirait sans raison. Car^ si Dieu agit quelquefois contrairement à Tordre qu'il a établi parmi les créatures, c'est toujours pour la manifestation surnaturelle de la grâce divine. Mais l'anéantissement des créatures ne peut servir en rien à manifester la grâce divine. Par conséquent la sagesse de Dieu nous est un sûr garant qu'il n'anéantira jamais l'âme humaine.

523. Voici un argument fondé à la fois sur la sagesse et sur la bonté de Dieu. L'esprit humain est possédé d'un désir ardent du bonheur parfait, ce désir étant nécessaire et invincible, il n'a pu lui être inspiré que par Dieu auteur de la nature. « Nous voulons tous être heureux, dit saint Augustin ; on ne trouverait personne au monde qui ne soit de cet avis (i), » Ce qui n'est pas moins constant, c'est que ce parfait bonheur n'existe point en ce monde. Or, si l'âme p'était pas immortelle et qu'elle ne pût acquérir un bonheur parfait dans une autre vie, Dieu lui aurait donné un désir inutile^ puisqu'il serait sans objet, ce qui répugne à sa divine sagesse ; de plus il se montrerait cruel envers elle, puisqu'il ne lui aurait inspiré ce désir que pour son tourment, ce qui répugne à sa bonté infinie. Par conséquent l'anéantissement de Tâme est contraire à la sagesse et à la bonté de Dieu.

524. Il est évident que le bonheur parfait auquel l'âme aspire doit être éternel. En effet, ce bonheur, suivant l'observation de saint Augustin, doit être d'une nature telle que « l'homme ne puisse le perdre malgré lui . Car personne ne met sa confiance dans un bien qu'il sait pouvoir lui échapper, quelques efforts qu'il fasse pour le retenir et l'étreindre.

(i) De moribus Eccl.y lib. I, c. 3, n. 4.

DE L*IMMORTALITE DE L^AME HUMAINE iSq

Or comment celui qui n'est pas assuré delà perpétuelle jouissance d'un bien pourrait-il être heureux (i) ? »

525. /^ Objection. L'auteur du Système de la nature : Tous les hommes désirent la vie du corps, la possession des richesses, etc., et cependant les hommes ne vivent pas tou* jourSy ils ne sont pas tous riches, etc.

525'. Il y a une différence essentielle entre un désir primitif et universel et des désirs secondaires et particuliers. Celui-là, étant inhérent à tous les hommes remonte évidemment à Dieu auteur de la nature ; par conséquent il doitpoupoir être satisfait (2). Ceux-là au contraire sont soumis à l'autre, et comme ils ne s'y rapportent que d'une manière contingente, ils n'existent pas dans chaque individu , et il n'est pas toujours au pouvoir de l'homme de les satisfaire (3).

526. Enfin toitf le monde convient que Dieu doit à sajt/^tice de récompenser les justes de leurs actions méritoires et de punir les méchants de leurs prévarications. Il est reconnu d'autre part que ni le vice n'est toujours suffisamment puni en ce monde, ni la vertu suffisamment récompensée. En effet, combien de criminels qui sont heureux en cette vie et combien d'hommes vertueux qui vivent dans des angoisses continuelles ! Mais, s'il en est ainsi, il doit exister une autre vie où chacun recevra la récompense ou la punition de ses œuvres, suivant les lois de l'équité et de la justice. Écoutons saint Jean Chrysostôme : « Si Dieu existe, et il ne peut pas ne pas

(i) De moribus Eccl.^ lib. I^ c. 3, n. 4.

(2) L'auteur anonyme d'un livre intitulé ; U essence de la religion, dérive de ce désir naturel pour le bonheur cette conséquence que toutes les créatures raisonnables doivent parvenir au bonheur. Mais, dans les choses qui sont subordonnées à une fin^ il y a lieu de distinguer entre le pouvoir d'atteindre la fin et V acquisition actuelle de la fin. Celui-là doit appartenir à tous, autrement ce désir naturel serait vain et inutile, mais celle-ci n'appartient pas nécessairement à tous. Il est manifeste que la fin proposée à des hommes libres s'acquiert par la pratique du bien et la fuite du mal. On ne peut donc compter surTacquisition du bonheur parfait, si Ton ne suit pas la voie seule que la raison indique.

(3) Ainsi le désir des richesses est subordonné au désir du bonheur ; car on les désire parce qu'on espère devenir heureux par leur moyen. Voilà pourquoi ceux qui n'ont pas cette opinion des richesses les méprisent au lieu de les désirer : c'est ce qu'on rapporte d*un grand nombre de chrétiens et même de quelques païens, entre autres d'Anaxagore et d'Heraclite.

exister, il faut avouer qu'il est juste ; s'il est juste, il doit rendre à chacun suivant ses mérites ; s'il rend à chacun suivant ses mérites, comme ici-bas ni le méchant n'est toujours puni de son iniprobité, ni le juste récompensé de sa vertu, il est manifeste qu'il doit exister une autre vie où chacun sera traité suivant ses œuvres (i). » D'où il suit que la justice divine s'oppose à ce que Tâme soit anéantie après sa séparation d'avec le corps.

527. Saint Cyrille de Jérusalem donne la même preuve et ajoute : « Si vous remplissez les fonctions de juge, vous louez les hommes de bien et vous punissez les méchants. Vous qui êtes mortel, vous garderiez les règles de la justice et Dieu qui est le monarque suprême, lui dont les jugements sont irréformables, ne rendrait pas à chacun ce qui lui est dû (2) ? »

528. Ce qui donne une plus grande force à cet argument, c'est que tout acte humain, bon ou mauvais, possède devant Dieu la raison de mérite ou de démérite par sa seule raison (facte. Or, comme le mérite et le démérite se rapportent à la rétribution qui a lieu suivant la justice, il appartient à Dieu de récompenser le bien et de punir le mal (3).

529. 5* Objection. Le crime porte avec lui sa punition et la vertu sa récompense. Car les remords qui déchirent le méchant sont le châtiment de ses crimes, et la paix de la conscience dont jouissent les gens de bien en ce monde constitue la juste récompense de leur bonne conduite. Ainsi raisonnent plusieurs Incrédules.

529'. Réponse: i"" Il est faux que la vertu soit à elle-même sa propre fin, ainsi que l'avaient rêvé les Stoïciens ; parce que la vertu se rapporte à Dieu comme à sa fin dernière ; c'est même cette relation qui lui donne tout son prix et toute sa valeur. 2** Si Ton admettait que le remords est la punition adéquate du crime, il s'ensuivrait qu'il serait injuste de leur infliger un autre châtiment et qu'on devrait s'en remettre entièrement au remords du soin de les arrêter dans leurs débordements: conséquence absurde et anti-sociale. Mais, si le remords n'est pas la punition adéquate du crime et que la justice humaine soit impuissante à les réprimer en ce monde.

(i) De Laijaro, Concio IV, n. 4.

(2) Catechesis XVIII, De carnis resurrect.^ p. 286, Parisiis 1726.

(3) I* 2", q. XXI, a. 3 c. ; ibid., a. 4 c. et ad 3,

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il est nécessaire d'admettre l'existence d'une autre vie où la faute rencontrera une expiation suffisante. 3** D'ailleurs les remords du pécheur et la tranquillité d'âme du juste sont la conséquence de la persuasion où ils sont l'un et l'autre qu'il existe un souverain juge qui traitera chacun suivant ses œuvres dans une autre vie. 4** Il arrive assez souvent que les remords du pécheur diminuent au lieu d'augmenter à mesure que ses crimes se multiplient et que la conscience du juste reste agitée de diverses inquiétudes. Par conséquent, le moyen le plus efficace de se soustraire au châtiment de ses crimes serait de les multiplier, et le juste ne trouverait pas aux sacrifices qu'il s'impose pour rester dans le devoir une équitable . compensation. 5** L'homme s'expose plus d'une fois à la mort, soit par dévouement à ses semblables, soit par devoir. Or, en supposant qu^il succombe dans cet acte héroïque, quelle serait sa récompense s'il n'existait pas une autre vie ? On pourrait faire un raisonnement semblable au sujet du criminel qui meurt en commettant un crime ; où serait son châtiment, s'il n'y en a pas d'autre à redouter pour lui que les remords de la conscience ? '

530. Quoique la récompense ne doive pas être le motif principal pour lequel on pratique la vertu, il est certain néanmoins qu'une récompense est due à la pratique du bien (i).

53 1. L* éternité des peines ne présente rien qui répugne à Vidée que nous avons de la justice divine. Dans cette partie de notre travail nous n'avons qu'à reproduire les arguments que les Pères et les Docteurs de l'Église nous ont laissés.

532. I® « Quoiqu'il fut absolument possible, dit saint Thomas, que Dieu anéantît la créature qui l'a oflfensé en la privant de Vetre qu'il lui a donné, il est cependant plus conforme à sa justice qu'il le lui conserve pour qu'elle puisse subir le châtiment... ; parce que dans la faute c'est la volonté qui agit contre Dieu et non la nature ; car celle-ci ne sort pas du rôle que Dieu lui a fixé. Par conséquent, la peine doit être infligée de manière qu'elle affecte la volonté en atteignant la nature dont la volonté abusa. Mais, si la créature était anéan-

|i) Kant lui-même en convient, quoiqu'il prétende faussement qu*il n'est jamais permis de pratiquer la vertu en vue de la récompense. Cette erreur sera réfutée dans la Morale,

tie, la punition atteindrait la nature sans affecter la volonté (i). »

533. 2** Comme les incrédules modernes ne font que répéter les anciens, il nous suffit de reproduire la réponse que saint Augustin adressait à ceux qui trouvaient injuste qu^une peine étemelle fût infligée à des fautes qui, quelque grandes qu'on les suppose, n^ont duré qu'un temps relative' ment très'court. Qui donc, leur disait-il, a jamais accusé les tribunaux d^injustice parce quUls ne proportionnent pas la punition à la durée de la faute ? «c La confiscation, Tinfamie, Texil, Tesclavage, étant d'ordinaire sans espoir d'adoucissement, ne sont-ils pas pour la vie présente comme des supplices éternels ? Slls ne le sont pas réellement, c'est que la vie elle-même ne l'est pas ; et cependant les fautes qui sont punies par un châtiment d'une si longue durée ont été commises dans un temps très-court. Il n^y a personne au mçnde qui soit d^avis que la durée de la peine ne doit pas dépasser le temps qu'il a fallu pour commettre un homicide, un adultère, un sacrilège^ ou tout autre de ces crimes que l'on mesure i la grandeur de l'iniquité et de Timpiété et non d'après le temps qu'il a fallu pour l'accomplir. Quant aux hommes qui sont punis de mort pour quelque grande faute, est-ce que les lois apprécient la gravité de leur crime à la durée du supplice ? N'ont-elles pas plutôt en vue de retrancher pour toujours le coupable de la société des vivants ? Le supplice de la peine capitale que l'on inflige dans cette cité terrestre est l'image du supplice de la seconde mort qui retranchera les grands coupables de la cité immortelle. Car, de même que les lois de la cité terrestre ne peuvent rappeler à la vie celui qui en a été privé, de même les lois de la cité céleste ne rappelleront point à la vie éternelle celui que la seconde mort aura frappé (2). » On peut lire dans la Somme théologique de saint Thomas une réponse analogue (3) •

534. S^ Objection. Il y aurait certainement cruauté à infliger une peine qui ne servirait pas à l'amendement du coupable ; or une peine éternelle n'aurait pas ce but ; Dieu ne peut donc l'infliger.

(\) Qq. dispp., De Pot. Dei^ q. V, a. 4 ad 6.

(2) De Civil. Dei, lib. XXI, en.

(3) i» 2* q. LXXXVir, a. 3 ad I .

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534\ Réponse: i* « Les peines infligées par les lois humaines, dit saint Thomas, ne sont pas toujours médicinales pour le coupable, il suffit qu'elles le soient pour les autres. Lorsqu^un scélérat est pendu, ce n'est pas pour son amendement, c'est pour que les autres s'abstiennent de faire le mal, au moins par crainte du châtiment. . . Il en est de même des peines étemelles que Dieu inflige aux réprouvés, elles sont médicinal les pour ceux qui s'abstiennent du péché par crainte de les encourir (i). » Nous ajouterons avec le même saint Docteur que les peines servent à la correction et à l'amendement des hommes, non-seulement lorsqu'elles sont infligées, mais encore à partir de leur promulgation.

535. 2® D'ailleurs Dieu a pu édicter des peines éternelles pour rétablir Vordre de r univers^ troublé par les crimes de ses créatures. « Nous convenons^ dit toujours saint Thomas, que Dieu n'inflige point les peines pour elles-mêmes, comme s'il y prenait son plaisir, mais elles sont infligées dans un autre but, c'est-à-dire pour rétablir l'ordre parmi les créatures, en quoi consiste le bien de l'univers. Car Tordre de l'univers exige que tout soit réglé par Dieu avec une exacte propordon. C'est pour cela qu'il est dit au livre de la Sagesse\(\Mç, Dieu fait toutes choses avec nombre^ poids et mesure. Mais de même que des récompenses proportionnées correspondent aux actes de vertu, de même des peines proportionnées doivent correspondre aux péchés. Or les peines éternelles sont proportionnées à certaines fautes, comme nous Tavons prouvé. Par conséquent Dieu inflige à certaines fautes des peines éternelles pour conserver dans l'univers cet ordre régulier qui montre si bien sa divine sagesse (2). »

536. 3® En outre, les récompenses et les peines éternelles étaient nécessaires pour donner à la loi morale une sanction efficace. En effet, Dieu ayant imposé des lois aux hommes en même temps qu'il leur accordait la liberté, il devait, pour ^ les engager à s'y soumettre, leur proposer les motifs les plus convenables, sans porter atteinte à leur liberté. Or des récompenses et des peines temporelles n'auraient pas obtenu ce résultat ; parce qu'on aurait fait peu de cas d'une sanction

(1) I* 2-, q. LXXXVII, a. 3 ad 2.

(2) Contr. Gent,^ lib. III, c. 144.

éloignée et qui ne devait pas durer toujours. Il était donc nécessaire que Dieu proposât aux hommes des peines et des récompenses éternelles (i).

537. Les peines éternelles sont conformes aux règles de la plus exacte équité. Nous avons suffisamment prouvé que réternité des peines ne répugne pas à la raison ; établissons, en outre, qu'elle est parfaitement conforme aux règles de Téquité et de la justice.

538. I® « La même raison de justice exige que les actions vertueuses soient récompensées et les actions criminelles punies. Or, la vertu est récompensée par la béatitude qui est éternelle, comme nous l'avons prouvé. Donc la peine qui consiste à être exclu de la béatitude doit être pareillement éternflle (2). » Et de même que les justes parvenus à la béatitude jouissent d'une joie proportionnée à leurs bonnes œuvres, de même les pécheurs exclus de la béatitude doivent recevoir un châtiment proportionné à la gravité et au nombre de leurs fautes.

539. 2° « Au jugement de Dieu la volonté vaut Tacte; car tandis que Thomme ne voit que les actions extérieures, Dieu scrute le cœur des hommes. Mais celui qui, pour un bien temporel, se détourne de sa fin dernière, préfère la jouissance momentanée de ce bien périssable à la possession de sa fin suprême ; on peut dire par conséquent qu'il mérite d'être puni comme s'il avait éternellement péché. Car tout le monde convient qu'une faute éternelle est digne d'un châtiment éternel. Donc une peine éternelle peut être justement infligée à celui qui se détourne volontairement de sa fin dernière (3). »

540. 3** On comprend très-bien qu'une punition sévère est due aux fautes qui troublent gravement l'ordre établi de Dieu, et que la durée de la punition du coupable doit égaler celle du trouble qu'il a introduit dans l'ordre de l'univers. Or, du côté de la créature, la perturbation de l'ordre n'a pas de terme. Donc la peine doit être également interminable.

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