Si les âmes humaines passaient dans des corps de
(i) Bien que la métempsycose ait quelque ressemblance avec le dogme de la résurrection, elle est cependant contraire à la foi. Car nous croyons par la foi que, le jour de la résurrection, la même âme reprendra le même corps qu'elle avait quitté.
DE l'immortalité DE l'aME HUMAINE l5l
bêtes, elles en exerceraient sans doute les opérations. Mais les opérations des bêtes sont incapables de mérite et de démérite. Donc le but expiatoire de ces transmigrations ne serait pas atteint (i).
564. 3* Cette sorte de transmigration détruit même la vraie métempsycose. Car celle-ci suppose que la même âme^ satis changer de nature, subit les vicissitudes des corps qu'elle anime successivement. Or, dans cette sorte de transmigration, le changement de Pâme serait au moins égal à celui des corps, et partant ce ne serait plus la même âme.
565. Ajouter avec certains Platoniciens qn^après un long repos dans le ciel^ les âmes se sentiront de nouveau éprises des corps et recommenceront une nouvelle série de transmis grations^ c'est tomber dans de pures rêveries indignes d'être sérieusement discutées.
ARTJCLE SEPTIÈME
De la palingénésie des philosophes modernes
(Tom. III, pag. 418-422)
566. Plotin, comme nous Tavons indiqué au commencement de ce chapitre, crut que, de sa nature, l'esprit humain tendait à sa propre simplification, qu'il travaillait à détruire la dualité du sujet et de l'objet pour arriver enfin à se confondre avec r Unité^ ou avec V Absolu. Cette doctrine, que Plotin avait empruntée en grande partie aux Stoïciens, et qu'on appelle palingénésie^ c'est-à-dire régénération, la plupart des Panthéistes modernes, et les disciples d'Hegel surtout, l'ont adoptée sous différents noms, en lui faisant subir quelques modifications sans importance. Le fond de leur doctrine est celui-ci : l'âme est immortelle en ce qu'elle est â^« sorbée dans la substance divine ou dans Y Absolu^ comme ils disent, après la dissolution de son corps.