‹ Compendium de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes d'après SanseverinoChapitre 81 sur 119 · CHAPITRE QUATRIÈME. — du siège de l'amb · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. — du siège de l'amb

§ 226. La doctrine que nous venons d'exposer amène naturellement cette conclusion que le siège de Vâme se trouve par tout le corps ; mais nous devons établir directement cette vérité. Pag 58

ART. 1. — Opinions des philosophes sur le siège de Vâme

§§ 227. Platon faisait de la tête le siège de l'âme. -— 228. Aristote place l'âme dans tout le corps et non dans le sang ou dans le cœur, comme quelques auteurs l'ont cru. — 229. Les Stoïciens firent du cceur le siège de l'âme. — 23o. Épicure plaçait l'âme dans la poitrine. — 23 1 . Les Pères adoptent presque tous l'opinion d' Aristote ; d'après eux, Pâme se trouve toute entière dans tout {e corps et dans chaque partie du corps. — 232. Les Scholastiques ont soutenu constamment la même doctrine ; mais, si l'âme est une par son essence^ elle est multiple par sa vertu ; elle est donc toute entière par tout le corps d'une totalité d'es* sence^ mais non d'une totalité de vertu. — 233. Descartes assigne à l'âme comme siège spécial le Conarium ou la glande pinéale. — 234. Malebranche place également le siège de l'âme dans le cerveau, Leibnitz reste à peu près fidèle sur ce point à la doctrine scolastique. — 235. Rosmini pense là-dessus comme les Scolastiques. Pag. . . 58-6o

Ai^T. II. «. Vâme existe dans tout le corps et dans chacune de ses parties

236. Nous démontrerons d'abord la doctrine scolastique par des

ANTHROPOLOGIE x6g

argaments a priori et a posteriori ; nous expliquerons ensuite comment l'âme, qui est simple, peut se trouver dans tout le corps et dans chacune de ses parties. — iSy. i^ L'âme est Punique principe par lequel le corps humain vit et opère^ elle est l'acte propre du corps organique tout entier ; or \racte propre d'une chose doit exister dans la chose toute entière qu'il perfectionne. — - 238. 2® L'âme existe aussi dans chaque partie du corps : car le principe qui perfectionne le tout sans perfectionner les parties n'est qu'une forme accidentelle. -« 239. Nous sentons les sensations dans le point particulier du corps qui reçoit l'impression de l'objet sensible ; or ce fait n'aurait pas lieu si l'âme résidait dans une partie spéciale du corps. — 240. Ceux qui traitent cette opinion de préjugé^ ferment eux-mêmes les yeux à l'évidence, lorsqu'ils relèguent parmi les préjugés populaires ce que la nature nous témoigne invinciblement. — -241. Comment l'âme renfermée dans la tête ou dans le cerveau sentirait-elle distinctement la douleur dans le pied ou dans la main. -« 242. Puisque le corps entier et les parties du corps perdent leur nature spécifique si l'âme se retire, il s'ensuit que l'âme se trouve dans tout le corps et dans chacune de ses parties. — 243. La partie du corps à laquelle on rattacherait l'âme ne pourrait être ni un point indi" visible et sans étendue, ni un point étendu et divisible, Pag. 6o-63

ART. m. — De quelle manière l'âme existe dans le corps

* % 244. Quel sens les Scholastiques donnaient-ils à ces mots tout^ totalité ? ~- 245. Le mot tout, comme le mot parties^ se rapporte à quelque quantité, ou à quelque essence. — 246. La totalité d'essence est la seule qui convienne à Tâme, parce qu'elle ne dépend d'aucun sujet. -« 247. — U intelligence et la volonté, qui n'ont besoin d'aucun organe pour s'exercer, n'existent nulle part dans le corps ; quant aux facultés végétatives et sensitiveSy elles ^existent seulement dans les parties du corps qui leur servent à' organes et d'instruments. -« 248. Comment l'âme qui est simple est-elle dans toutes les parties du corps ? les substances simples existent dans le lieu à la faveur d'un contact virtuel et non par suite d'un contact matériel. — 249. On peut dire que l'âme existe dans tout le corps, parce qu'elle est simple, et qu'elle est simple parce qu'elle existe dans tout le corps. — 25o. Une autre raison pour laquelle l'âme existe dans tout le corps, c'est qu'elle n'est pas circonscrite. — 23 1 . L'âme est dans le corps comme son contenant et non comme son contenu ; elle y existe aussi par son opération ou par infor» motion ; c'est ainsi que les substances simples existent dans les parties du sujet qu'elles perfectionnent. Pag • 6o-63

ART IV. — Réponse aux objections des adversaires

§§ 232. i^' Object. Si le cerveau est paralysé, si la matière pulpeuse qu'il renferme est comprimée, ou vient.à se corrompre, toute sensation se trouve anéantie. Donc la sensation a lieu dans le cerveau. — 233. Rép. i^ On rend compte de ces phénomènes en disant que^ le cerveau étant le centre du système nerveux, il est tout naturel que les nerfs particuliers perdent leur vertu si le cerveau perd la sienne ; mais

ijO TABLE ANALYTIQUE

cela ne prouve point que les sensations n'ont pas lieu dans chaque or^ gane. — 234. 2<^ On peut dire cependant que Tâme est dans le cerveau suivant toute sa vertu sensitive, parce que Tencéphale est Torgane du sens commun qui est comme le centre d'où partent et où aboutissent les sens particuliers, — 225. 2« Object. L'âme est dans le corps orgU'nique^ parce qu'elle en est Vacte ; mais chaque partie du corps n'est pas un corps organique. — 2 56. Rép. Il n'y a que le corps avec les divers organes qui le constituent qui soit proprement et par soi ce qui est informé par l'âme ; cependant elle existe aussi dans chaque partie, considérée relativement au tout. — 257. On conçoit d'après cela i** que chaque partie du corps animé n'est pas un animal particulier ; 2® que l'âme n'est pas en plusieurs lieux, quoiqu'elle soit dans chaque partie du corps. — 258. 3^ Object. Les parties du corps sont les unes en mouvement et les autres en repos ; donc l'âme serait à la fois en mouvement et en repos. — 259. Rép, Le mouvement local et le repos ne conviennent pas à l'âme à proprement parler et par soi^ mais il ne répugne nullement que l'âme soit en mouvement et en repos par accident.

— 260. 4^ Object. Si rame existait dans chaque partie du corps, il s'ensuivrait que les parties augmentant de volume, l'âme devrait être créée de nouveau pour animer ces parties nouvelles, et qu'elle devrait disparaître si quelque partie est retranchée du corps. — 261. Rép. 1® Lorsque les parties viennent à croître, on doit plutôt dire que l'âme commence à les vivifier que de dire qu'elle commence à exister en elles ; 2*^ lorsque quelque partie est retranchée du corps, ni l'âme ne dispar raît, ni elle ne transmigre pour cela ; elle cesse de l'animer, voilà tout.

— 262 . Se Object. Ce qui est tout entier dans un lieu ne peut exister au delà ; or, si l'âme est toute entière dans une partie, elle ne peut exister dans les autres. — 263. Rép. L'âme est toute entière dans chaque partie, parce qu'elle est simple^ et qu'elle n'est pas circonscrite par le lieu. Pag 65-67

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