‹ Compendium de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes d'après SanseverinoChapitre 93 sur 119 · Lintelleaion actuelle, considérée comme le concept · texte numérisé non relu

Lintelleaion actuelle, considérée comme le concept

(i) Ontologie^ ch. II, art 5, § 73

Si fHébûiCÉfi

formel de la dernière actualité complète et subsistante dans ^ le genre intellectuel, ainsi que s'exprime Gonet (i)^ ne peut pas davantage être la première des perfections divines: i* parce que i'intellection actuelle, étant l'opération intellectuelle de Dieu, exige que la nature de Dieu soit déjà constituée; 2"^ on ne voit pas ce que peuvent ajouter à cette opération les conditions dont Gonet l'environne; 3* Tintellection, comme acte dernier de la nature intelligente, se distingue formellement ou non de l'opération : si elle ne s'en distingue pas, donc elle ne doit pas en être séparée ; si elle s'en distingue, donc elle n'est pas absolument parfaite : dans les deux cas elle n'est point la première des perfections divines.

146. 2* L'aséité constitue l'essence divine. D'abord, noui concevons Paséité comme quelque chose de primitif en Dieu ; car, si Ton pouvait concevoir en Dieu quelque chose d'antérieur à Vaséité^ l'être par soi serait conçu comme provenant d'un autre^ ce qui est contradictoire.

147. En second lieu, Vaséité, ainsi qu'on l'a vu dans le premier article^ est aussi conçue comme la raison pour laquelle toutes les perfections doivent se trouver en Dieu. « Comme Dieu est l'être subsistant par soi, dit saint Thomas, il est nécessaire qu'il contienne en lui-même toute la perfection d'être (2). »

148. Si rintellection considérée en soi surpasse Vêtre en perfection, elle exprime cependant une perfection inférieure à Vêtre par soi, car celui-ci est la raison a priori de la perfection intellectuelle comme de toutes les autres perfections.

149. Enfin Vaséité est la raison qui distingue Dieu de tout ce qui n*est pas Dieu ; de fait, comme dit très-bien saint Thomas, « l'être de Dieu se distingue de toutes les autres choses par cela seul qu'on ne peut rien y ajouter (3) ; et l'on ne peut rien y ajouter, parce qu'il est Vêtre même, c'est-à-dire Vitre par soi.

i5o. Joignons à cela « qu'on ne saurait mieux parler de Dieu, comme dit saint Hilaire, qu'en répétant les expressions dont il s'est servi lui-même pour se faire connaître à

(1) Manuale Thomistarum^ 1. 1, tract. I, c 3.

(2) I, q. IV, a. 2 c. Voilà pourquoi le S. Doaeur démontre par Vaséité, comme par une raison a priori, toutes les perfections divines,

(3) Contr. Gent,^ lib. I, c. 26.

nous (i). » Or, Dieu répond à Moïse qui lui a demandé qui il est : Je^suis celui qui suis.». Tu parleras ainsi aux enfants d^Israël : Celui qui Est m'envoie vers vous (2). Par ces paroles, Dieu témoigne lui-même que Vêtre par essence, Vêtre indépendant de tout autre, en un mot que Vaséité est le caractère propre de son essence (3).

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