‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 2)Chapitre 12 sur 57 · I .émeut. Des fistules biliaires . d vers · texte numérisé non relu

I .émeut. Des fistules biliaires . d vers

der a l'ouveriuie des abcès du cent un traitement chirurgical dont potti n'avoi -

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rison aux SOIOS de la nature : il faut SC borner à soutenir les forces du malade.

Quand l'abcès s'ouvre dans la poitrine, l'opération de l'einpvèine ne doit pas cire négligée '■ Steinheim l\;!thcr Journ. là. \\\ ,

heft. i. s. M. lanev . client des cas dans

lesquels elle a ete suivie de succès.

Tels sont, eu résume, les préceptes qui doivent guider le praticien dans un traitement don) les détails, appartenant spécialement à la chirurgie, n'ont pas du trouver place dans cet ouvrage.

Historique et bibliographie, — Les alcès du foie, du moins ceux qui sont le résultat d'une hépatite, ont ete décrits avec soin par les anciens, et SUrtpilt par Archigenes [ Aetius, tetrab. i\. senn. i, cap. 120-134] : on trouve indiquées dans leurs ouvrages presque tentes les terminaisons que nous avons énumerees. l.'ouveriure de l'abcès dans le canal digestif e>t mentionnée par Rippocrate Q m , a-n., sect. m, p. 271 , -Vretee ( Ut curât, acut. mrrb.,

lib. u . cap. 6 . Foresl [Obs., lib. i . obs 3: . Tulpius [Obs. nu\i.. lib. u. cap. 27), Lieutaud // ri. anat. me</., p. 35 \ — Bouet [Sepulckr.^ SCCt. wu, obs. u. S 6), Van Swieten [Commet m. §939), Rforgagni (episL \\\m, nM 6 , montrent que le pus peut s'épancher dans la cavité abdominale; Mulpighi, qu'il peut être verse dans un conduit hépatique [Morgagni, epist. wwi. n« |0). Hippocrate entrevoit que les abcès du foie peuvent s'ouvrir dans la poitrine, et communiquer avec les bronches ( < />r,r/*.. sec. m. n' 269 ; Stalparl Van-der-Wiel le dit positivement [Obs, rortor., cent. i. n° •

Aiet e enseigne que , lorsque le pus tend vers l'exteiieur. i! faut lui donner issue le plus tôt possible; il est difficile de comprendre pourquoi cet auteur avance que les abcès du foie s ouvrent souvent dans la vessie, ic que celte terminaison est favorable />r curât. !. /;:<>//>.. lib. u. cap. 6). Kst-ce pour ouvrir un abcès c!u foie qu'Era sis traie a mis cet organe à nu.1 u F.rasi>tratus au:em in jecorosis prmoedens supeipou.Mias jecori eûtes atque membrauam audaeiter parutem pa.ientem nudavit. •

Bianchi a consacré de longs développements à l'histoiie des abcès du foie : différentes causes peuvent présider à leur développement. «Non est tauien, d purulentae omnes collectiones bepatis, >eu t ko semper hujus partis inflauunav»tioni succédant : fréquentes sunt abcessus hepalis ex vi lue e id banc partem inflicto. Non rari . p»>st s \ ,n-» cum nulla tamen iuflauinuialionis suspicione. Ter vidiinus fo'liculatam col- «lectiooem pu is in hepale posi hydropem univer-

\ uquentia m hepatC posi VutnUfi ».i- Hepa mis rrequ< n-

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«teretiam in abscessum migrant» (Histpria hepatica , t. i, p. 146-149). Les symptômes, les terminaisons, le pronostic, sont étudiés avec soin (Iqç. cit., p. 140- 15 1,36 1-365). Le traitement chirurgical repose sur des indications particulières- «Esterais « auxilii.s solum modo opus est, cum pus ad gibbam «hepatis superfi :ieui , veluti ad ejusdem tunicam , «collectum, prœstita a chiiurgo apertura , foras e «corpore educi polest. Antiquorum mos aperiendi «latus per u.^tionem, qualem describit Hippocrates «de inlcrn. ajfect. ut immanior, ita nobis absoletus «est. Gum aegro optimè agitur, si per communia py- «rotica, atque escharotica, seu per causlicos, ut dite citur, lapides, aut etiani breviori manu per scal «pelliaciem,apertionem molimurw (Joe. cit., y. 3fi5).

Ce n'est toutefois que dans ces derniers temps que les abcès du foie ont été complètement étudiés ; les travaux dont ils ont été l'objet appartiennent presque tous à l'histoire de l'hépatite, et sont disséminés dans les traités généraux, dans les ouvrages de chirurgie, et dans les différents recueils périodiques.

Atrophie. — Aridura , conslriclio hcpatis. — Nous ne comprendrons pas, avec M. Mérat (art. cité), sous le nom d'atrophie du foie , les cas dans lesquels cet organe a subi une perte plus ou moins considérable de substance, par suite de la dissolution , de la suppuration de son tissu [atrophie par destruction de tissu ), mais seulement ceux dans lesquels le joie a perdu de son poids ou de son volume, par suite de la diminution du volume des granulations qui le constituent , diminution qui peut coïncider avec la condensation, ou, au contraire, avec la raréfaction du tissu hépatique.

M.Andral, et les auteurs qui admettent l'existence, dans le foie, de deux substances distinctes, enseignent que l'atrophie peut porter isolément sur l'une et sur l'autre de ces deux substances ( voy. Cirrhose y, ou sur toutes les deux en même temps. Cette distinction est rejetée par ceux qui ne voient dans le foie que des granulations toutes identiques.

M. Cruveilhier a pensé que l'atrophie pouvait n'atteindre qu'un certain nombre des granulations hépatiques , lesquelles sont interposées à des granulations restées normales, ou augmentées de volume (voy. Cirrhose ). Nous ne pouvons partager celte manière devoir, que ni la théorie ni l'observation n'autorisent à admettre. Nous avons toujours vu dans les parties hépatiques atrophiées toutes les granulations avoir perdu de leur volume, et l'on ne saurait comprendre qu'il puisse en être autrement dans l'hypothèse de l'existence d'un seul tissu dans le foie.

On a dit que le foie pouvait s'atrophier dnns toute son étendue {atrophie générale ), ou seulement dans un de ses lobes ( atrophie partielle ) : cette assertion demande à être développée.

Nous ne pensons pas, avec quelques auteurs, que l'atrophie spontanée, idiopalhique voy. Causes), puisse être partielle , pas plus que celle qui résulte d'un obstacle apporté à l'ensemble de la circulation hépatique. Dans les cas de ce genre, toutes les granulations ont perdu de leur volume; mais lorsqu'une cause quelconque, ayant son siège dans le foie ou dans les parties environnantes [voy. Causes), exerce une compression plus ou moins énergique sur une portion du foie , et apporte ainsi un obstacle dans la circulation locale de cette portion (voy. Hypertrophie j , alors l'atrophie peut être bornée à celle même portion du foie. Ce n'est que de cette manière que peut se produire une atrophie partielle.

Après avoir établi ces distinctions . étudions les lésions anatomiques que présente le fuie, suivant que la diminution de volume de ses granulations est accompagnée de la condensation , ou de la raréfaction du tissu hépatique.

Altérations anatomiques. — 1° Atrophie avec condensation du tissu hépatique. — Atrophie avec induration (Andral). — Le tissu du foie est serré ; il a perdu son aspect aréolaire , poreux ; il est au contraire, d'apparence celiulo-fibreuse; il crie sous le scalpel, il ressemble à du cuir bouilli, racorni: «Ali- «quoties, dit Van Swieten {Comment., t. m. §946), oinveni totuin hepar exsuccum, instar corii rigidi , «sed contraclum et mole insigniler minutum. » Dans un cas cité par Lieutaud ( liv. i , obs. 820; , le tissu hépathioue «ressemblait à du cuir torréfié, et était si dur qu'on pouvait à peine le couper avec un couteau.»

Le volume de l'organe est toujours diminué, et peut être réduit à de tiès-petites dimensions. M. Voisin a vu le fofe n'avoir plus que la vingtième partie de son volume primitif { Nouvel aperçu sur la physiologie du Joie; Paris, 1833,; Stork La vu n'être pas plus gros que le poing; Portai La vu réduit au volume d'une petite pomme (Anat. méd., t. v, p. 322).^

Le poids absolu du foie peut être diminué, augmenté ou normal : la pesanteur spécifique est toujours augmentée, ainsi que la consistance. Là forme reste ordinairement régulière lorsque l'atrophie est générale; mais lorsque celle-ci n'est que partielle, la forme de l'orgaue subit nécessairement des modifications qui sont en rapport avec le siège, retendue v et le degré de P altérât ion. La couleur est presque toujours modifiée : elle est pâle, jaunâtre.

2° Atrophie avec raréfaction du tissu hépatique. — Atrophie avec ramollissement (Andral).

— Ici le tissu du foie présente un aspect entièrement différent de celui que nous venons de décrire: il est raréfié, poreux; il semble qu'une partie de la substance ait été résorbée ; quelquefois, à mesure

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que le tissu propre disparaît , il est remplacé par du tissu cellulaire ; alors l'organe étant réduit à sa trame primitive, l'on y trouve de larges places où il n'y a plus qu'un tissu cellulaire assez dense. Le volume de l'organe peut être augmenté, diminué ou normal ; mais le poids et la consistance sont toujours moindres que dans l'état sain, ha forme varie suivant les circonstances que nous avons indiquées plus haut; la couleur est rarement modifiée.

Il est très-rare que l'atrophie du foie ne soit pas accompagnée d'autres lésions anatomiques : cellesci paraissent être tantôt les causes de l'atrophie ( voy. Causes), tantôt elles semblent être consécutives, et doivent être regardées comme des effets ou des complications. Lorsque le tissu propre du foie ayant disparu , dit M. Andral ( An. path. , t. n , p. 594 ), il ne reste plus dans l'organe que la trame primitive , une organisation compliquée peut s'établir dans ce tissu cellulaire : de là la formation de kystes séreux , d'hydatides, qui , loin d'annoncer une augmentation de l'action organique de la partie où ils apparaissent, sont peut-être liés à une diminution de cette action. Ne pouvant plus s'élever jusqu'à reproduire le parenchyme hépatique , le tissu cellulaire marque en quelque sorte sa tendance à l'organisation en devenant un kyste séreux.

Le foie peut-il disparaître entièrement? Lieutaud cite , d'après Bauhin , un cas dans lequel on ne trouva aucune trace de foie ni de rate; mais on a , avec raison , mis en doute l'exactitude de cette observation.

Symptômes. — L'atrophie du foie peut exister pendant longtemps sans se manifester par aucuns troubles fonctionnels; ceux-ci n'apparaissent que lorsque l'altération est déjà portée à un haut degré , ou qu'il est survenu des complications. Les malades commencent ordinairement par maigrir; au bout de quelque temps, les digestions s'altèrent; il survient des vomissements , de la diarrhée ou de la constipation; bientôt le ventre augmente de volume, devient fluctuant , et il se développe une ascite que M. Andral considère comme constante , et qu'il attribue à l'oblitération d'une partie des rameaux de la veine porte. Dans l'atrophie avec ramollissement , ce symptôme peut ne pas exister. L'ictère se montre quelquefois à une époque variable; d'autres fois la couleur de la peau reste naturelle, Rien de précis ne saurait être établi à cet égard.

Nous ne parleront pal (\r< symptômes qui se lient aux différente! altérations qui accompagnent presque toujours l'atrophie du foie, et qui varient avec leur nature.

Marche. — Terminaison. La marche de l'atrophie do foie est toujour lente et régulièrement progressive: l'issue est toujours funeste. Les malades

succombent, après une durée plus ou moins longue , soit aux troubles des digestions , soit à l'hydropisie , soit enfin aux complications qui sont survenues.

Diagnostic. — «L'atrophie du foie, dit M. Andral (Cours de pathologie interne , t. n, p. 276), peut être soupçonnée par l'existence de Tascile qui l'accompagne constamment. Cette ascite se développe très-lentement et graduellement ; elle précède l'œdème des membres inférieurs: on pourra soupçonner qu'elle est liée à l'atrophie du foie par l'absence de toute lésion du côté de la circulation. » Sans doute une ascite qui suivrait cette marche , qui ne pourrait être rattachée ni à une tumeur abdominale , ni à une affection des voies circulatoires , respiratoires , ou urinaires, peut faire supposer qu'il existe une atrophie du foie , mais elle ne permet en aucune manière de l'affirmer. A combien d'altérations qui échappent à nos moyens d'investigation , à combien de lésions différentes du foie lui-même ne peut-elle pas être due ?

Les troubles de la digestion n'ont pas une valeur diagnostique plus réelle : ils peuvent se rattacher à une complication , et ils peuvent manquer entièrement, ainsi que l'a constaté M. Voisin dans le cas dont nous avons parlé.

L'inspection locale peut seule fournir des données de quelque valeur, et alors seulement que le foie a diminué de volume : dans ce cas , la percussion fait entendre un son clair dans une étendue plus ou moins considérable, qui , dans l'état sain, donne un son mat , puisqu'elle est remplie par le foie. L'on peut , à l'aide de ce moyen , reconnaître les points que cesse successivement d'occuper l'organe , tracer les limites nouvelles de celui-ci à chaque examen, et suivre ainsi la marche de la maladie dans ses différentes périodes. La palpation confirme les signes fournis par la percussion. Lorsque le foie est réduit à un très-petit volume , le poumon droit , ne trouvant plus de résistance à sa base , augmente quelquefois un peu de volume , et descend plus bas que dans l'état sain ; l'auscultation et la percussion font encore reconnaître cette disposition importante à constater.

Si le foie atrophié conserve son volume normal , ou que celui-ci soit augmenté , l'affection ne saurait être reconnue , et le praticien est exposé à commettre des erreurs de diagnostic qui peuvent être préjudiciables au malade. 11 vaut mieux alors rester dans le doute que de porter un jugement qui ne serait pas confirmé par l'examen cadavérique.

Causes. — L'atrophie du foie peut exister sans complications anatomiques (atrophie idiopathique), et dans ce cas , la cause immédiate de cette altération nous échappe entièrement. Hcnsinger assure que l'arlère hépatique , et même le tronc cœliaque, sont retrécis ou en partie oblitérés ( Naumanu, Handb.

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der med. Klin. , t. vu , p. 72 ). Mais cette opinion a été combattue par M. Cruveilhier : «J'ai vainement cherché , dit ce dernier, dans les vaisseaux du foie , soit artériels , soit veineux , la raison de l'atrophie de l'organe; ils ont diminué en raison directe du foie , mais rien n'annonce que cette diminution ait été primitive.» Dans les cas de ce genre, on a rattaché la lésion à des maladies antécédentes, à des fièvres intermittentes (Mérat), à des affections nerveuses (Portai); mais même en admettant une relation que rien ne prouve d'ailleurs , le fait anatomique n'en reste pas moins inexpliqué.

Presque constamment l'atrophie du foie est le résultat d'un obstacle mécanique apporté dans la circulation de l'organe par une compression exercée sur celui-ci (atrophie symptomatique); cette compression peut elle-même être produite , soit par une maladie du foie , soit par une affection des parties environnantes. La cirrhose est souvent accompagnée d'atrophie ; dans un cas où , par rétention de la bile , les conduits hépatiques étaient énormément distendus, le foie n'avait plus que la moitié de son volume. Les kystes hépatiques sont une cause fréquente d'atrophie. Dans tous les cas d'enkystement général ou partiel du foie , présentés à la Société anatomique pendant l'année 1834, il y avait en même temps atrophie générale ou partielle de cet organe.

Nous n'énumérerons pas toutes les maladies de l'abdomen et de la poitrine , toutes les différentes tumeurs qui , en exerçant une compression sur le foie, peuvent en déterminer l'atrophie; nous rappellerons seulement , afin que l'on ne confonde point la cause avec l'effet, que l'ascite peut avoir ce résultat : c'est par un examen anatomique attentif que l'on reconnaît si répanchement a précédé ou suivi l'atrophie du foie. Traitement. — Classification. — On ne peut combattre efficacement l'atrophie du foie qu'autant que l'on a reconnu la cause pathologique sous l'influence de laquelle elle se développe, et que cette cause n'est point au-dessus des ressources de l'art. Nous ne possédons aucun moyen que l'on doive diriger contre l'atrophie considérée en elle-même.

M. Andral a placé l'atrophie du foie parmi les lésions de nutrition de cet organe ( classe iue ).

Cancer. — De toutes les affections du foie, le cancer est la plus fréquente et la plus grave. Sans entrer dans tous les détails auxquels nous avons déjà donné place dans cet ouvrage ( art. Cancer), nous allons étudier avec soin les altérations qui la caractérisent. Lésions anatomique s. — Le siège le plus ordinaire du cancer hépatique est la face convexe du foie : sur un foie qui contenait vingt tumeurs cancéreuses, seize étaient superficielles (Cruveilhier, Anat. pathol. , liv. xu, pi. 2 et 3 , p. 2 ). Souvent les tu-

meurs présentent des embranchements qui suivent le trajet des divisions veineuses. Le lobe droit parait être plus fréquemment atteint, et favoriser le développement de la dégénérescence, cependant celle-ci peut aussi occuper le lobe gauche, le lobe de Spiegel, en un mot, tous les points superficiels et profonds de l'organe.

Le volume de l'organe est diversement modifié : sur neuf cas, M. Andral l'a vu six fois augmenté, une fois diminué , deux fois normal. Mais on ne saurait décider , d'après ce relevé, quelle est la plus fréquente de ces dispositions. Morgagni, Meckel, M. Bouillaud, ont trouvé le foie hypertrophié à divers degrés : Krukenberg a vu cet organe peser 1 3 livres - , Heyfelder, 18 livres^; dans un cas. rapporté par Colligny, il pesait 20 livres, et remplissait tout l'abdomen. Heyfelder a vu un foie qui remplissait une partie du thorax, les deux hypochondres, débordait de trois pouces les côtes , couvrait l'estomac , le cœcum , les parties ascendante et transverse du colon, plus des deux tiers des intestins grêles , et s'étendait jusqu'au pubis. D'un autre côté , Hope a vu plus fréquemment le foie être atrophié en totalité ou en partie. M. Cruveilhier parle de foies cancéreux qui n'avaient plus que la sixième ou la huitième partie de leur volume ordinaire (loc. cit., p. 4 ).

La surface du foie , l'aspect extérieur de l'organe , varient suivant que le cancer est général ou partiel , c'est-à-dire qu'il a envahi le tissu hépatique tout entier , ou qu'il y forme des tumeurs séparées. Dans le premier cas, la surface du foie reste ordinairement lisse, et ne présente rien de particulier, mais la forme de l'organe est totalement changée et n'a plus rien de régulier. Dans un cas observé par Heyfelder, le bord convexe du foie avait onze pouces et demi de long, et la face inférieure ne présentait plus de traces de sillons ni de dépressions. Dans le second cas , qui est le plus ordinaire ( cancer par masses disséminées) , la forme n'est que peu ou point modifiée, mais la surface du foie est inégale, couverte d'un nombre plus ou moins considérable d'aspérités , de saillies , de tumeurs rondes , ovales , irrégulières , offrant à leur centre une dépression centrale, vers laquelle convergent de tous ies points de la circonférence des rides plus ou moins saillantes , d'une couleur tantôt blanche (Andral) , tantôt rougeàtre, grise, jaunâtre, brune (Nisle), ou même noire ( Meckel ,v Cruveilhier, Heyfelder). Cette dernière coloration ne se montre toutefois que lorsque la dégénérescence est compliquée de mélanose. La couleur varie quelquefois de la périphérie au centre. Le volume des tumeurs varie , selon Hope , depuis la grosseur d'un grain de moularde jusqu'à celle d'une orange ; mais le docteur Heyfelder ne lésa jamais vues aussi petites que le dit Hope ( Studien im Gebiete der fleilivissenschafl ;

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«Uuttgard, 1838, bel. 1 , s. 99 ; Nisle les a vues atteindre le volume d'un poing: M. Cruveilhier, celui de la tête d'un enfant né à terme (toc. cit., p. 2). Le nombre des tumeurs est , en général , en raison inverse de leur volume. «Rarement, dit M. Cruveilhier, trouve-t-on une seule tumeur dans le foie : dans le petit nombre de cas de tumeur unique que j'ai rencontrés , il existait en même temps un certain nombre de petites tumeurs miliaires qui échappent au premier coup d'œil par leur ténuité ; le plus souvent, on en observe un certain nombre, 8, 10 , 20, 40, plusieurs centaines , plusieurs milliers... Je signalerai comme le siège habituel des masses cancéreuses les plus volumineuses cette partie du foie qui répond au ligament suspenseur, et, par conséquent, au sillon antéroposlérieur.»

Le squirrhe et rene^phaloïde peuvent également se développer dans le foie : le premier est plus rare que le second; cependant le docteur Heyfelder l'a rencontré plus fréquemment que celui-ci. Le squirrhe constitue plus spécialement le cancer général ; cependant il peut aussi former les masses disséminées, comme nous en avons observé plusieurs exemples; l'encéphaloïde ne se rencontre guère que dans ces dernières. D'autres fois les deux tissus se rencontrent en même temps dans le même organe, et ce cas se présente assez fréquemment. Afin de simplifier notre description , nous étudierons ces deux tissus dans les tumeurs isolées.

Le squirrhe se présente avec les caractères que nous lui connaissons : on trouve un tissu serré, solide, lardacé, blaire ou grisâtre, criant sous le scalpel, noueux , fibreux , cartilagineux. Au milieu de la partie dégénérée se trouvent quelquefois des espaces vides , remplis de sérosité, traversés par des colonnes fibreuses : si on le soumet à une forte pression, il suinte de toutes parts un suc lactescent (suc cancéreux \ et après celte expression, il ne reste plus qu'une trame aréolaire fibreuse (Cruveilhier). Le tis.u sqiiiirheux peut se ramollir, et cette transformation commence ordinairement au centre de la tumeur, pour se propager de là vers la circonférence : on trouve alors des cavités plus ou moins considérables remplies par une matière dont la couleur varie depuis le gris sale jusqu'au rOUge, et donl la «-on istanee est plus ou moins gran le ; quelquefois elle est fluide et c.mslitue une espèce 3e bouillie, d'autre? fois, elle est encore solide, nuis la pi. :a légère pression, suffit pour !a liquéfier. M. \ndr.il pense qu â l'époque de leur ramollissement, les tumeurs squirrheuses peuvent rt transformer en encéphaloïde; nuis Heyfelder objecte avec raison que ertte opinion n'est encore qu'une hypothèse. M. Cruveilhier .e.Mire que la matière molle,

comme la matière dure, esl molle ou mue des le premier moment de son apparition. «Les expressions de

période de crudité et de période de ramollissement , dit cet anatomiste, par 'esquelleson désigne habituellement ces deux variétés sont donc impropres, car les variétés ne constituent pas les degrés d'une même altération» ( loc. cit., p. 3 ).

Le tissu encéphaloïde est mou, grisâtre, semblable à la cervelle des enfants nouveau-nés, très-vasculaire , sillonné ordinairement par une grande quantité de vaisseaux d'apparence veineuse, très-développés, se déchirant avec une extrême facilité, lise ramollit, comme le squirrhe à une certaine époque, du centre vers la circonférence. Les tumeurs sont quelquefois creuses, et offrent une cavité que Nisle a vue être divisée, par des bandes de tissu cellulaire, en compartiments, remplis par une sérosité blanchâtre. Souvent le ramollissement de la matière cancéreuse détermine la rupture de quelques vaisseaux, et un épancliement de sanga lieuau centre ou dans un point quelconque de la tumeur. Ces épanchements peuvent être pris pour des apoplexies hépatiques ( hémorrhagies du foie), dont ils ont l'aspect. Le sang peut rester fluide, se prendre en caillot, subir les différentes transformations que présentent les caillots des foyers hémorrhagiques du cerveau. Il masque quelquefois les caractères de la dégénérescence , et la rend difficile à reconnaître. M. Cruveilhier a trouvé au centre de masses cancéreuses une sorte de tissu érectile dont les aréoles étaient remplies par un liquide semblable à delà lie de vin.

Tels sont , en général, les caractères anatomiques de la dégénérescence cancéreuse du foie; mais l'on se tromperait étrangement si l'on croyait que le cancer se présente dans le foie avec les mêmes caractères que dans les autres organes; ceux qui n'ont pas eu occasion de l'étudier dans ce viscère auraient quelque peine à l'y reconnaître. Un grand nombre de causes concourent à changer sa physionomie habituel'e : la couleur et l'aspect du tissu hépatique, le degré variable d'hypertrophie qu'il subit, la présence de la matière colorante de la bile infiltrée dans le tissu morbide , la congestion sanguine , l'an -mie, qui se forment en quelques points, telles sont les conditions anatomiques qui modifient et la forme et la disposition du cancer hépatique. Ajoutons qu'à mesure que la dégénérescence fait des progrès, une ou plusieurs des altérations indiquées se joignent à la première, et qu'il en résulte alors des états morbides très- complexes, dont l'anatomopathologisle le plus exerce ne parvient pas toujours à pénétrer la Véritable nature.

Souvent la miticre squirrheuse apparaît dans le foie sous la forme de masses d'un blanc jaunâtre, constituées par une matière grumeleuse, consistante, assez analogue; à celle que l'on trouve dans les masses tuberculeuse* de certains organes , eeùlemént elle est

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