‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 2)Chapitre 18 sur 57 · GAL · texte numérisé non relu

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Nous avons accordé quelques développements à ce symptôme, parce qu'il a été entièrement négligé, et souvent même entièrement omis par les auteurs qui ont traité de la pathologie générale , et parce que Ton n'a pas toujours eu des idées parfaitement nettes sur ce sujet, ainsi que le prouvent les remarques critiques que nous avons été contraints de présenter.

FULIGIN0S1TÊ, s. f.; fyliginosïtas, de fuligo, suie; matière noire, couleur de suie, qui couvre les dents, les lèvres et la langue.

L'inspection des dents et des gencives fournit quelques sig-ies importants, entre autres les enduits noirs et fuligineux. Ils dépendent de plusieurs conditions pathologiques que nous allons relater : Tune d'elles est l'existence d'un mucus épais et visqueux, dont les parties aqueuses sont enlevées par l'évaporation, et par le passage rapide de l'air inspiré et expiré; quelquefois ce mucus est plus épais et contient moins d'eau que dans l'état normal, parce que la sécrétion de la salive et du mucus est modifiée par la maladie. Une autre condition morbide est l'exhalation du sang par la membrane muqueuse buccale. La sécheresse des membranes amène aussi la production des fuliginosités : celles-ci ne sont donc, en définitive, que des enduits formés par le dépôt du mucus seul , ou mêlé à une certaine quantité de .sang.

Le siège ordinaire de ces enduits sont les lèvres, les gencives . les dents, et la langue. Les enduits qui couvrent les lèvres son! déposés sous forme de croûtes fortement adhérentes, sèches et noirâtres , séparées par des -fentes longitudinales produites par le mouvement des lèvres; ces sillons laissent suinter un sang noirâtre , qui se concrète et constitue de nouveaux enduits. Quand les fuliginosités occupent les dents, les i routes forment , tantôt nue ligne épaisse, située au milieu des dents, tantôt un enduit continu , grisâtre ou noire, qui envahit toute leur partie antérieure, et ne laisse apercevoir que la couronne. Les gencives en sont moins souvent recouvertes. La Lingue conserve au$sj le mucus et le taitgqni se concrète à sa surface «11 en résulte un

enduit Épais, p!.i< »'• oidin liremt ut à la pallie ant.'iirnrr de r<n{;uir. qui est noirâtre , et parcouru par des sillons irréguliers.

Les plaques qui constituent les fuliginosités n'ont pas toujours le même degré de sécheresse : elles finissent par s'humecter et se ramollir, soit par l'effet des boissons qui les baignent , soit par suite du rétablissement de la sécrétion normale. Quelquefois, ces fuliginosités persistent pendant toute la durée du mal , ce qui est , en général , d'un fâcheux augure.

Ce symptôme se manifeste d'ordinaire dans les affections fébriles graves , dans toutes les maladies qui s'accompagnent d'adynamie et d'ataxie ( fièvres putrides et malignes des anciens) , dans la fièvre typhoïde, dans la variole , la rougeole, la phlébite , la fièvre puerpérale , certaines pneumonies , dans les affections cérébrales, telles que l'encéphalite partielle, le ramollissement sénile , la méningite, etc. 11 n'est presque pas de maladies aiguës et même chroniques dans le cours desquelles on ne puisse voir paraître le symptôme en question , qui, d'ordinaire, est grave, et annonce un état morbide général enté ou non sur une maladie locale. Disons, toutefois, qu'il suffit d'une rapide évaporalion des membranes muqueuses et de la sécrétion du sang à leur surface, pour que les fuliginosités puissent naître.

Une des maladies dans lesquelles on l'observe le plus ordinairement, est la fièvre typhoïde, dont il est considéré comme un signe important. Il n'a pas toute la valeur que lui accordent certains pathologistes , puisqu'on le rencontre dans un grand nombre d'autres maladies, et particulièrement dan-s celles qui s'accompagnent de prostration extrême et de délire [Adynamic , dtaitîe). Ces deux états , en apportant quelque obstacle à l'accomplissement régulier de la déglutition, empêchent le malade d'humecter la cavité buccale avec le liquide qui lui sert de tisane; ils les forcent aussi à respirer par la bouche, à cause des mucosités qui s'amassent et se dessèchent dans lès fosses nasales. Ajoutons enfin que les sécrétions, ordinairement modifiées, et l'altération du sang, qui sont si constantes dans ces maladies, ont la plus grande part dans la production des fuliginosités et des hémorrhagies. On comprendra dès lors quelle peut être la valeur séméiologiqne et pronostique du S} Diplôme que nous venons d'étudier.

(. \I l . !. F. Tous les symptômes qui caractérisent l.i «le se rattachent immédiatement a la présence defâcârù.' - ibiei; la gale doil être rangée désormais parmi les maladies pédîcuiaires. Pour mieux constater, dans !<• Compendium, ce lait qui ûésl

reconnu que depuis peu de temps, auquel se lient les plus importantes questions de pathogénie et de classification de la pathologie cutanée voy. Pbau, mal. de la . et duquel on n'a pour ainsi due pas encore tenu compte, puisque, dans les dernières éditions des

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traités sur les affections cutanées, la gale a été conservée parmi les maladies de la peau proprement dites, de causes internes , et placée au nombre des vésicules, nous renvoyons la description de la gale au chapitre dans lequel nous nous occuperons des affections cutanées de même nature que cette maladie ; en agissant ainsi nous aurons encore un autre avantage, celui de rapprocher la description des symptômes psoriques de celle de l'insecte qui les produit, et qui , lui-même , est le seul symptôme caractéristique de la gale (voy. Insectes et Maladies

PÉDICULAIRES).

GANGRÈNE , s. f., ^a^paiva, dérivé de w*<» , je dévore, et, suivant quelques auteurs, du mot celtique gan , qui veut dire tout.

Dénominations françaises et étrangères. — Gangrène, sphacèle, mortification ,Fr. — crcpaxsXoç, <x9cuteXiaj/.oç, acpoocspo;, vsxpcosiç ? Gr. — Sideratio 3 gangrœna , Latin. — Cancrena , sfacello, mortificazrone, Ital. — Gangrena, es/acelo, Espag. — Mortification, gangrené, Angl. — Eriodtung, halte Rrand, heisse Brand} trockneBrand, Allem. — Heedbrand 3 koldbrand , Dan. — Koud vuur, heetvuur , Holl. — Hetbrand , kallbrand , mu.lt.ing, Suèd.

Synonymie suivant les auteurs. — (jcpoweXoç v£)cpwot;, -ya-^pa'.va, Hippocrate, Galien ; Gangrœna, Gehe, Sauvages, Linné, Vogel, Sagar , Boerhaave, Cullen, Swediaur, Young, Good; Sphacelus, Linn., Vogel, Boerhaave, Cullen; mortificatio, Macbride; gangrœna sphacelus, Good; gangrœna necrosiSj Good; sphakelus, Swediaur.

Définition. — Le sens assigné au mot gangrène est loin d'être le même pour tous les auteurs : Boyer entend par gangrène «la mort d'une partie, c'est-àdire l'abolition parfaite du sentiment, du mouvement, et de toute acîion organique dans cette partie» (Boyer, Trait, desmalad. chirurg., t. i, p. 104). Boerhaave appelle ainsi une affection des parties molles , qui entrave la circulation artérielle, le mouvement des fluides dans les vaisseaux, leur retour par les veines , et tend à produire la mort. Dans le sphacèle , toute action vitale et organique est abolie, mais la vie se maintient dans les tissus environnants (Boerhaave, Aph. , 419, comm. in ap/ior., t. î, pag. 674). Parmi tes auteurs anciens et mo'dernes , il en est un grand nombre qui ont pris le mot gangrène dans ce sens. Thomson appelle ainsi «un état des parties enflammées qui précède la mort, période dans laquelle il y a diminution , mais non destruction totale des forces vitales, dans laquelle le sang paraît circuler dans les plus grands vaisseaux , dans laquelle les nerfs conservent une partie de leur seusibilité... Le sphacèle est la mort complète d'une partie» (Lecture on inflammation). Galien (Me-

thodus medendi, lib. n, cap. xi)? a également considéré la gangrène sous ce point de vue : « Gangiœnas autem vocant mortificalione s ob magnitudinem inflammaiionis , non qu'idem factas sed quœ fiunt. » Sa définition acquiert encore plus de précision et d'élégance lorsqu'il ajoute : Quum pars corporis alîqua ob injlammationis magniludinem nondum emortua est , sed adhuc emoriiur. Hebréard introduit une idée de plus dans sa définition : pour lui, «la gangrène est l'extinction de la vie dans une partie , avec réaction de la puissapee conservatrice dans les parties contiguës, et dans la constitution tout entière» (Mém.sur la gangrène, prix de la Société de médecine , 2e partie. Paris , 1817).

On a encore désigné sous le nom de gangrène les mortifications qui n'occupent que les parties limitées d'un organe ou d'un membre ; et par spharèie, la mort qui frappe tous les tissus , ou qui s'étend à toute la profondeur d'un membre ; on s'accorde assez généralement, quoique que ces dénominations soient arbitraires, à n'employer le mot spahcèle que dans ce dernier sens.

Le défaut de la plupart des définitions que l'on a données jusqu'à ce jour du mot gangrène tient à ce que l'on a surtout pris en considération la gangrène dite de cause externe, et à ce qu'elles ont été presque toutes fournies par les chirurgiens , qui , en raison même de la direction toute spéciale de leurs études, ont dû s'arrêter principalement aux circonstances qui se présentent le plus ordinairement à leur observation. On ne doit donc pas s'étonner de les voir entachées de quelques défauts , et de ce qu'elles ne peuvent s'appliquer à tous les faits qui sont du domaine de la médecine et de la chirurgie.

M. Victor Andry considère la gangrène comme «la mort et la putréfaction d'une partie du corps animal, par suile de la cessation du cours du sang dans cette partie » (De la gangrène, et spécialement de celle que l'on a appelée gangrène spontanée, Journ. des progrès , pag. 157, t. x). 11 est loin d'être prouvé que toutes les gangrènes dépendent de cette cause, par conséquent cette définition ne saurait être acceptée. Pour M. V. François , les gangrènes spontanées «consistent dans la destruction des parties molles et solides, survenant sans cause appréciable , à une ou plusieurs extrémités , se manifestant vers les points les plus éloignés du centre circulatoire, envahissant quelquefois avec lenteur, d'autres fois avec rapidité, une portion ou la totalité d'un membre, en frappant d'une mort complète, aussi bien son centre que sa surface, le réduisant, tantôt en une suite de putrilage presque homogène . sans consistance , abreuvé de liquides, et répandant une odeur infecte sut generis , tantôt en un état de racornissemcnl

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