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de dessiccation momifique, moins fétide, sans qu'il soit alors possible de discerner les divers éléments organiques qui entraient dans sa composition «(Victor François, Essai sur les gangrènes spontanées, pag. 9, in-8°; Paris, 1832). Cette définition, comme on le voit, ne s'applique qu'aux gangrènes extérieures , et particulièrement à celles qui frappent les membres. 11 faut donc chercher à en créer une qui soit tout à fait générale; voici en quels termes elle nous a paru devoir être posée :
La gangrène est une maladie consistante dans un travail organique tout spécial , qui a pour effet de déterminer la mort d'un ou de plusieurs tissus , et de soustraire ainsi aux lois vitales une portion plus ou moins grande de matière organisée , qui tend alors à rentrer sous le seul empire des lois physiques. On a tort de représenter la gangrène comme la mort d'une partie ; la gangrène n'est que le dernier terme de la maladie ; une foule de changements matériels et dynamiques se passent au sein des tissus atteints de gangrène, depuis l'instant où débute le mal jusqu'à l'époque où il se termine par la séparation des eschares. Les symptômes que Ton observe dans cette maladie, et la nature des altérations que Ton rencontre sur le cadavre, prouvent d'une manière décisive que la gangrène est un travail morbide qui s'établit dans les tissus , et qui , après avoir déterminé un certain nombre d'altérations, finit par aboutira une désorganisation complète de la fibre vivante, en suspendant en elle toutes les propriétés physiques ou dynamiques qui lui sont propres. Ces désordres arrivent par l'effet de causes appréciables , ou par un mécanisme qu'il ne nous est pas toujours donné de pénétrer. Mais ce qu'il faut bien établir, c'est que pour qu'il y ait réellement gangrène , il faut que la mort se soit emparée des tissus , sans quoi le travail morbide n'est pas la gangrené ; il faut que le tissu frappé de gangrène cesse d'appartenir à l'organisme vivant, et ne pui.s>e jamais reprendre ses fonctions. Tels sont les vrais caractères de la gangrène, qu'il faut distinguer de l'asphyxie, ou mort apparente et momentanée des tissus.
Divisions. — Il serait difficile de trouver, dans les différents articles publiés sur la gangrène, une histoire complète <1< cette affection , ce qui tienl à ce que les auteurs qui l'ont traitée Tout considérée, les uns tous le point (le vue chirurgicale; les autres, dam tes rapports avec la pathologie interne. Cette ligne de démarcation , établie ù torl entre les différentes espèce de gangrènes, «l<»it être effacée; elle empêche de saisir ce oju'of frenl de commun les cuises qui la font naître, el les symptômes qui l'annoncent. Nous avons dû cep odanl nous attacher d'une manière plus spéciale a l'étude de la ;;» N(jrcii<j
développée sous l'influence de causes internes. Du reste, un exposé rapide des principales divisions admises par les auteurs montrera combien elles sont arbitraires , et souvent peu motivées.
On a divisé la gangrène en celle qui est humide, et celle qui est sèche. La première , qui a encore reçu le nom de gangrène aiguë, inflammatoire , est caractérisée par la mollesse, le gonflement, et l'humidité extrême des tissus frappés de mort , et par le dégagement de gaz doués d'une odeur fétide. Là gangrène sèche , appelée encore gangrène chronique, se distingue de la précédente par les propriétés physiques que présente le tissu mortifié ; il est sec , dépourvu d'humidité , dégage peu d'odeur , et ressemble parfois à un tissu noirci et desséché par l'action du feu {gangrène momifique). La différence que présente Teschare dans ces deux formes de gangrènes ne tient qu'à des circonstances étrangères à la maladie. Il est évident , par exemple , qu'un organe gorgé d'une grande quantité de liquide , et placé de telle manière que l'évaporation des liquides estempêchée, ne pourra jamais offrir de gangrène sèche. Aussi n'observe-t-on jamais de gangrène sèche dans le poumon , le foie , la rate , tandis qu'elle est assez fréquente dans les membres et les tissus, qui peuvent céder à l'atmosphère une partie des liquides qui les imprègnent. Du reste , il faut reconnaître que ces conditions de structure ne suffisent pas toujours pour déterminer la sécheresse ou l'humidité des eschares. Les causes qui produisent ces deux sortes de gangrène sont les mêmes , et souvent celles-ci se trouvent réunies sur le même sujet ; aussi les auteurs modernes n'accordent-ils que très-peu d'importance à cette distinction ancienne.
La gangrène produite par la maladie des artères affecte souvent la forme de gangrène sèche. La gangrène sénile, qui se montre également sous celte forme, est souvent liée à une maladie des artères.
11 est une autre gangrène sèche, dont on trouve quelques rares exemples dans les ouvrages, et qui a reçu le nom de gangrène blanche. Elle a son siège sur la peau ,où elle se présente sous forme de plaque d'une teinte rouge assez prononcée, qui pâlit ensuite ; bientôt on aperçoit au centre de cette plaque, dont l'étendue varie de deux à quatre pouces, des taches d'une couleur perlée, blanches, ou bleuâtres, qui finissent par se réunir, et par constituer une large plaque, qui se sèche comme du parchemin ( Mayo, Éléments de pathologie , p. 231 ). Cette altération est une gangrène sèche delà peau. Il ne faut pas confondre avec elle une autre gangrène blanche, qui donne; aui doigts, aux phalanges, au nez, aux oreilles et aux lèvres, qui sont ordinairement les parties atteintes , une couleur Hanche et un froid très-marqué (voy. l'observation rapportée dans la llevuc medi-