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tes sont digérées facilement. Il y a des malades qui empêchent le vomissement d'avoir lieu , en mangeant du sucre , en buvant du café ou toute autre liqueur , ou en prenant une certaine quantité de magnésie délayée dans l'eau.
Les causes de la gastrorrhée sont encore peu connues. L'embonpoint des sujets, l'intégrité de leurs forces et des autres fonctions, excluent l'idée que la maladie puisse tenir à une lésion des tuniques de l'estomac. L'ouverture des cadavres a permis, dans quelques cas très-rares, d'examiner les membranes de l'estomac. M. Andral rapporte, dans sa Clinique médicale , l'observation d'une femme qui succomba, après avoir offert des vomissements de matières blanchâtres : l'estomac ne présentait aucune altération appréciable {Clinique médic.3i. n, p. 179; 1834).
Faut-il considérer comme une gastrorrhée idiopathique la cardialgie sputatoire de Linné? Ce mal est tellement endémique en Suède, que la moitié des habitants en est affectée : «Les malades se plaignent d'un sentiment douloureux de compression au-dessus duscrobicule du cœur, qui s'étend jusqu'au dos et à la poitrine; la douleur reparaît à différentes reprises, et est accompagnée d'une anxiété considérable, qui dure jusquà ce que le malade rende une grande quantité de salive. Cet écoulement est accompagné de nausées, et quelquefois de vomissements : il sort une livre et demie de salive très-chaude et limpide comme de l'eau, et la maladie se dissipe au bout d'un jour ou deux» (Guilen, Élém. de méd. prat., t. n, p. 385, in-8°; Paris, 1819).
L'usage prolongé des aliments acres, des viandes salées, des fruits acides, occasionnent, chez quelques sujets, les symptômes de la gastrorrhée. La gastralgie doit en être considérée comme une cause assez fréquente : l'innervation, en se modifiant d'une manière tout à fait anormale pour produire la névrose gastrique , trouble quelquefois les fonctions sécrétoires de la membrane interne : de là, les gastrorrhées qui accompagnent la gastralgie , et qui forment le passage des gastrorrhées idiopathiques aux gastrorrhées avec lésion organique.
La gastrorrhée symptomatique, la plus simple , est celle qui tient à l'hypertrophie des glandes mucipares distribuées en grand nombre à la face interne de l'estomac. M. Andral a trouve , chez une femme qui rendait par le vomissement jusqu'à quatre pintes d'un liquide glaireux, une hypertrophie de la membrane muqueuse, qui était brunâtre , et un développement très-remarquable de ses follicules. Quelquefois on ne constate dans la tunique interne qu'un état mamelonné partiel ou général.
Toutes les maladies de l'estomac donnent lieu à l'hypersécrétion des follicules muqueux; cependant il n'en est pasjqui la dota raine d'une manière au. si
constante que la dégénérescence squirrheuse et encéphaloïde des parois de l'estomac : aussi est-on en droit de la soupçonner, lorsqu'on observe sur un sujet qui n'adonné aucun autre signe de cancer gastrique des vomissements répétés d'un liquide visqueux et transparent. Les malades disent qu'ils ont des pituites, et se trouvent soulagés quand ils parviennent à les rendre. Ces vomisssemenls se montrent parfois longtemps avant que le malade se doute de la nature de son affection. La gastrite chronique, les divers ramollissements de la membrane interne, l'ulcère chronique, la dilatation, soit primitive, soit consécutive de l'estomac, s'accompagnent aussi de gastrorrhée. Nous ne pouvons nous arrêter à la description des symptômes qui s'ajoutent aux vomissements de matières muqueuses : ce serait rentrer dans l'étude des maladies qui ont fait le sujet d'articles spéciaux. Nous devons seulement faire remarquer que le liquide vomi offre des différences assez grandes sous le rapport des quantités et des qualités. Tantôt le malade rejette à peine quelques cuillerées d'une eau limpide et visqueuse, tantôt l'estomac dilaté en renferme des quantités considérables qui sont expulsées en une ou plusieurs fois. Les matières vomies sont formées le plus ordinairement par des liquides sécrétés dans l'estomac, auxquels se mêlent des quantités variables de salive ; nous les avons souvent essayées avec le papier de tournesol, et nous les avons trouvées acides, beaucoup plus rarement alcalines. Plusieurs sujets vomissent des matières blanchâtres; chez d'autres, elles sont plus ou moins colorées par des matières noires.
Nous n'hésitons pas à ranger dans la gastrorrhée, c'est-à-dire parmi les flux engendrés par la membrane interne de l'estomac malade, ces vomissements énormes de matières noires que l'on a considérés à tort comme formés par du sang , et désignés par le nom à' hématémése. Nous avons dit dans un autre endroit (Gastrorruagie) qu'il n'était pas possible de retrouver la moindre trace de sang dans un certain nombre de vomissements noirs. Pourquoi, d'ailleurs, refuserait- on d'admettre que c'est la membrane muqueuse de l'estomac qui sécrète ces grandes quantités de matière noire que rendent les individus affectés de cancer gastrique , quand on voit les vices de la'sécrétion donner lieu, dans d'autres organes , à des produits si variés dans leur forme et leur coloration? La nutrition est altérée profondément dans le cancer de l'estomac, le système nerveux l'est aussi à un haut degré, et l'on conçoit facilement que la sécrétion gastrique ?e modifie sous de telles influences, et devienne la cause de ces vomissements noirs, dont l'aspect et les quantités considérables sont faits pour étonner l'observateur, et lui inspirer des doutes sur la nature des matières, que l'on