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regarde à tort comme formées par du sang altéré.
GENCIVES (pathologie générale). — Elles participent presque toujours, à des degrés différents, aux maladies dont la membrane muqueuse buccale et pharyngienne est le siège. Nous avons dit que, dans les diverses espèces d'aphthes admises par les auteurs, on retrouvait sur les gencives les mêmes altérations que dans les autres points de la bouche. Elles offrent, par conséquent, soit une vive rougeur (voy. Aputiie erythémateix et Stomatite) , soit des ulcérations, soit, enfin, des fausses membranes ou des plaques gangreneuses; tantôt c'est un gonflement douloureux déterminé par la présence de dents qui tendent à sortir ( voy. Dents) ; tantôt une tuméfaction générale due à la pénétration du mercure dans l'économie (voy. Stomatite merclrielle).
Lorsqu'on soumet à une observation attentive et minutieuse un sujet atteint d'une maladie affectant quelque viscère intérieur, on doit explorer l'état des gencives, parce qu'elles fournissent quelques signes pronostiques et diagnostiques d'une certaine valeur. Elles sont quelquefois d'un rouge vif dans la scarlatine, pâles et décolorées dans l'anémie et la chlorose; bleuâtres et livides dans la cyanose, dans les maladies du cœur et des valvules, qui portent obstacle à la circulation; noirâtres ou d'un gris plombé dans les affections saturnines ; cette coloration , qui est loin d'elle contante, lient à la formation et au dépôt du sulfure de plomb. Les gencives offrent encore d'autres colorations produites par les mucosités épaisses et gluantes : lorsqu'elles ne sont mêlées à aucune autre matière, il en résulte des enduits blanchâtres ou gris qui entourent le collet des dents; mais si elles sont combinées avec une certaine quantité de sang fourni par l'exhalation des gencives ou de la muqueuse qui recouvre les autres parties de la bouche, on voit paraître les fuliginosités, c'est-à-dire les enduits noirâtres que l'on rencontre dans la fièvre typhoïde , et toutes les maladies à symptômes typhoïdes, telles que la phlébite, la résorption purulente, la péritonite suraigue, etc. Dans les derniers instants de la vie des sujets qui succombent à de longues maladies, les genciv<> M ("livrent d'une mucosité visqueuse il épaJue: elles présentent ça et là des plaques blanchâtres, nu» les, faciles à enlever ou très-adhérentes. 11 en est de même dani le muguet, et les diphihériles qui s'étendent au pharynx et aux conduits ai riens, dans les aiieelions ehroniques, eomiiie la
phthisie pulmonaire, les gastrites chroniques, les affoetiooj cancéri uses*
Les gencives sont gonflées, molles, fongueuses, et saignantes, dans k scorbut. Biles ont aussi ces mêmes caractères chez beaucoup de sujets; cl il importe d'être prévenu de cette circonstance, car l'on voit
souvent les crachat qu'il ut offrirdes stries
rongeàtres et une sanie fétide, qui seraient d'un mauvais augure, et annonceraient uue affection pulmonaire,, si l'on n'avait pas reconnu la véritable cause de ces colorations morbides. Des ulcères simples ou entretenus par des caries dentaires, des ulcérations syphilitiques , peuvent également exister sur quelques parties des gencives. Leur température est abaissée ; elles paraissent plus froides au toucher dans le choléra et la cyanose.
Chez les jeunes sujets, l'inspection des gencives est plus importante qu'aux autres âges de la vie, parce qu'elle fournit des documents précieux sur l'éruption dentaire , et sert à découvrir le point de départ de quelques accidents que Ton observe chez eux. Nous nous sommes déjà longuement étendus sur ce sujet (voy. Dents).
GLOTTE (maladie de la), voy. Larynx.
GONORRHÉE, s. f., dérivé de 70*05, semence, et de p'W, je coule; écoulement de semence. On a pendant longtemps employé ce mot pour désigner la blennorrhagie, parce qu'on croyait très-anciennement qu'il y avait écoulement séminal. On ne pourrait guère le faire servir aujourd'hui que pour désigner les pertes séminales. Bosquillon prétend que ce mot veut dire tout écoulement qui a lieu par les orgaucs de la génération, et qu'il peut être conservé comme synonyme de blennorrhagie.
GOUTTE , s. f., dérivé de goutte , gutla ; étymologie d'origine toute humorale, destinée à faire en tendre que la maladie est produite par les gouttes de quelque humeur qui s'est jetée sur les articulations.
Dénominations françaises et étrangères. — Àpôpiriç; iro^tt-Ypa, goutte des pieds, quasi pedum captura; ytya.fpx., goutte des mains; fovorçpa, goutte des genoux; toxjfec ou wxwrçp*» goutte de la hanche , Grec.— Arlhritis, podagra , chiragra , gonagra, ischiagra, morbus articularis, œgriludo juncturarum, morbus dominorum, dominus morborum, podagra Diana, Lat. — Gotla, podagra, liai. — Gala, ariritis, Espagn. — Fol-Ald, mal de pied, Anglo-Saxon.— Gout.Xnçl— Gut, Ûcos.— Zippcrlein, Gicla, Gltedcrsuclit , Podagra, Gichtschmerzen, Gliedcnvch, Fussgicht, k\V — Voctcnccl, voet-jlcrecyn, jigt, gigt, pooljes, ledensucht, Holl.— Gigl, Lcddepinc, Fodgigt, Dan.— Gickt, ledvark, fotsjuka, Suéd.
Synonymie suivant les auteurs. — ApOpitiç, des médecins grecs; Trompa, Hippocratc; morbus articularis, Pline; gutla, Bartholin ; arlhritis, Fcrncl, Sauvages , Vogel ; podagra , Bocrhaave , Cullen ; arthrosia /xx/agra, Good; febris podagrica, Vogel ; podagra arlhritis, cauma podagricum , Young; arlhroncus podagricus, àrthrod) nia podagrica, Swediaur; goutte, Pincl , et la plupart
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des auteurs français du dernier siècle; rhumatisme articulaire chronique de quelques auteurs modernes.
Définition. — Cullen définit la goutte «une maladie héréditaire, survenant sans cause extérieure appréciable , précédée ordinairement de quelque dérangement de l'estomac, accompagnée de fièvre, de douleurs vives ; occupant en général les jointures , souvent celle du gros orteil , et constamment au moins quelques articulations des mains et des pieds; se manifestant par accès , et se compliquant assez souvent de troubles des organes de la digestion ou d'autres viscères» ( Synopsis nosolog. melhod., et Élém. de méd. prat., t. i, p. 458, in-8°, 1819). Il n'y a que peu de chose à dire de cette définition, où les principaux caractères de la maladie sont soigneusement relatés. Cependant nous devons faire remarquer que Cullen en a omis un des plus essentiels, celui qui résulte de la présence des concrétions goutteuses : encore est-il juste de dire que, dans les premières attaques de goutte aiguë , les dépôts salins ne se forment pas encore.
Hoffmann dit que la goutte consiste en un spasme violent déterminé par l'irritation que cause la sérosité acre et salée qui vient,en abondance, des petites artères et des glandules situés dans les ligaments : ce spasme affecte les membranes, les ligaments des os, et provoque les symptômes violents etles différentes sensations que les malades éprouvent ; il s'accompagne en outre d'un mouvement fébrile et de l'inflammation des parties affectées ( Medicin. rational., part, n , sect. u , p. 340, Opéra omnia, t. i; Genève, in-fol., 1761). 11 est inutile de nous arrêter à cette définition, où domine la théorie tout à fait hypothétique du spa?me auquel l'auteur a fait jouer un si grand rôle dans la production des maladies. Beaucoup de médecins ont admis cette affection spasmodique , et l'ont fait entrer dans leurs définitions, mais sans plus de raison que Fréd. Hoffmann.
Boerhaave considère la goutte comme une affection
douloureuse , ayant son siège dans les environs des
ligaments des os du pied et des jointures , et sujette
à récidiver au printemps et en automne : «Podagra
«vocatur dolens admodum segritudo circa ligamenta
«ossium pedis et circa juncturas horum , vere et au-
«tumno maxime revertens» {Comment, in aphor.,
t. iv, p. 251,in-4°; Paris, 1773). Celte manière de
caractériser la maladie est bien vague , et ne^ peut
servir à la distinguer du rhumatisme, par exemple;
mais, à bien prendre, elle vaut encore mieux que la
définition fondée sur la prétendue connaissance du
mal. Fernel avait dit, bien avant Boerhaave : «Ar-
«thritisarliculorum est dolor ex intervallis fere inva-
« dens » (Patholog., lib. vi, cap. 1 8, p. 2 1 1 ; Traject.
ad Mœnum/\n-4°, 1650).
Suivant Scudamore, la goutte est « une maladie existant dans la constitution , produisant une inflammation locale extérieure, d'un genre particulier, dont la susceptibilité dépend souvent d'une conformation et d'une constitution héréditaire , mais plus fréquemment encore tout à fait acquise; ne se rencontrant pas avant l'âge de la puberté, rarement au-dessous de vingt-cinq ans, et plus souvent entre l'âge de vingtcinq ans et quarante; affectant principalement les hommes , et particulièrement ceux qui ont une poitrine large et développée , et qui sont doués d'un tempérament pléthorique; se portant habituellement, dans la première attaque, sur un pied seulement, le plus souvent sur la première articulation du gros orteil; mais qui , lorsqu'elle revient, affecte les deux piedsou d'autres parties, comme les mains,les genoux, et les coudes, et non-seulement les articulations, mais encore les autres tissus appartenant aux organes du mouvement; affectant différentes parties ensemble ou successivement ; souvent accompagnée d'une fièvre inflammatoire sympathique, qui est ordinairement marquée par des exacerbations nocturnes et rémissions le matin; très-disposée à reparaître à des intervalles périodiques , et pour la plupart du temps annoncée par quelques symptômes précurseurs» (Traité sur la nature et le traitement de la goutte et du rhumatisme, trad. de l'anglais par Deschamps; in-8°, Paris, 1820).
Nous définissons la goutte une maladie générale , rémittente, aiguë ou chronique, donnant lieu à un travail morbidelocal qui affecte spécialement les jointures, surtout celles des pieds, et ayant pour effet d'y produire de la douleur, du gonflement, de la rougeur, ainsi que dans les tissus ambiants. Un caractère non moins essentiel de la maladie est celui qui résulte de la sécrétion d'une matière saline, qui se dépose au pourtour des jointures.
Divisions. — On a multiplié à l'infini les divisions nosologiques dans cette maladie ; elles ont été portées à un point tel que la goutte , comme le scorbut, a fini par embrasser toute la pathologie interne. Nous nous garderons bien de passer en revue toutes ces distinctions qui ne sont fondées, pour la plupart, * que sur des erreurs de diagnostic ou sur une étiologie entièrement hypothétique. Rappelons seulement les principales , les autres trouveront place dans le cours de l'article.
La goutte a été divisée en héréditaire et en acquise. Elle est dite régulière, fixe, inflammatoire , quand elle parcourt toutes ses périodes dans une ou plusieurs jointures à la fois, et qu'elle s'accompagne de symptômes inflammatoires. On l'a encore nommée goulle chaude, érysipèlateusc,^ cause de la manifestation des symptômes indiqués. La goutte irrégulière ou vague est celle qui, après avoir occupé une ou plu-
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sieurs jointures, se déplace pour envahir le tronc ou un viscère Intérieur; elle peut, sans quitter son premier siège, se déclarer sur d'autres orgaues, le poumon , l'estomac , le foie , par exemple. Dans le premier cas , c'est la goutte remontée.
La goutte œdémateuse, froide, est cette forme de la maladie dans laquelle les jointures sont peu douloureuses, et leur température peu élevée. La goutte chronique est ainsi appelée , à cause de sa marche et de sa durée ; elle est fixe ou mobile , comme la goutte aiguë , c'est-à-dire quelle ne cesse d'occuper les mêmes points, ou qu'elle peut se transporter d'un organe sur un autre.
La goutte vraie, légitime, est celle qui donne lieu à tous les symptômes ordinaires de la maladie. La goutte fausse n'est qu'un ensemble de symptômes dans lesquels on en observe quelques-uns de propres à la goutte; mais cette affection n'occupe que le second plan ; telles sont les gouttes vérolique , scorbutique. Dans la goutte subintrante , les accès se succèdent presque sans interruption. On a encore distingué des gouttes partielle j universelle, etc., une goutte acide et une alcaline. Celle dernière division, fondée sur l'examen des qualités de l'urine, fut proposée par Cajetan Tacconi, el célébrée par Marie de Saint-Ursin ( Etiologic et thérapeutique de l'arthrite et du calcul) ; elle est tout à fait fausse , et repose sur une erreur. En effet, ces deux auteurs ignoraient que l'urine est acide dans l'état normal et dans la goutte , et jamais alcaline, à moins que le liquide excrété n'ait déjà subi un commencement d'altération.
La goutte interne ou des viscères, appelée encore goutte anomale ou irrégulierc, par Musgrave, est celle qui se développe consécutivement à la goutte des jointures.
Parmi toutes ces divisions, il n'en est qu'un petit nombred'importantes: c'est avec raison que Sauvages etCullen ont prétendu qu'il n'y avaitqu'uneseuleespèce dégoutte ' Èlém. deméd., foc. cit., p. -î-',*. Hamilton la divise en aiguë et chronique ( Lettre sur la goutte, p. 7 1, 1 .sur, ; Latham a suivi son exemple. Scudamorc admit seulement trois goutttfl : l'aiguë , la chronique, la rétrocédée (ouvr. cité, p. 12). \)n[\u/ décrit I part la gOutte i\<> articulations, la goutte corisrnitive à une autre m. il ad Je, el la goutte interne ou des fiseères Intérieur! [Traité des maladie goutteuses, 2 \ol. in-.S"; Paris, 1802). Culien.
Boerha.iw. <t Met d'autres, '!• < ..ut poiotpréocrupi's de toutes lei distinctions sobtifes indiquée* dans
les livres ; non- sui\ion> leur exemple, et DOW dédirons seulement : 1° une goutte aiguë , 2" une goût te thfOnîq ue , '■'>" VLtit goutte interne, 1° une
goutte romjdiqiK'e. (tons ferons rentrer dans cette dernière la goutte des viscères intérieurs; quant aux
autres formes de la maladie, nous les mentionneions dans le cours de cet article.
Altérations cadavériques. — Il est rare que la goulle aiguë entraîne la mort des sujets, à moins qu'il n'existe quelqu'une des complications que nous ferons connaître plus loin : toutefois, comme les désordres que celte maladie laisse après elle sont toujours les mêmes, ne varient que par les degrés, et servent à la caractériser encore mieux que les symptômes, nous allons d'abord en exposer le tableau; nous prévenons seulement le lecteur qu'on les observe principalement dans la goutte chronique qui, par sa durée et ses fréquentes récidives, finit par amener des lésions plus profondes. Leur nature et leur siège sont assez variables; tantôt ce sont les ligaments et les fibro-carlilages qui sont plus spécialement affectés; tantôt les surfaces articulaires, les os ou le tissu cellulaire ambiant , dans lequel se déposent des concrétions d'une nature particulière.
Concrétions formées par la goutte; tufs, tophus; calculs arthritiques. — La plus caractéristique de toutes ces lésions est le dépôt d'une matière concrète, formant les concrétions goutteuses. Leur siège est variable; cependant on les trouve le plus ordinairement en dehors des capsules articulaires. Fernel soutient que la matière goulleuse ne s'épanche jamais , ou du moins très-rarement dans la cavité articulaire, et qu'elle s'infiltre surtout dans les ligaments, les membranes et les tendons (Pathologie, liv. vu, chap. 18, p. 212, in-4, 1 G56 ). Celte opinion est confirmée par les recherches des auteurs qui ont écrit sur l'analomie pathologique de la goutte, seulement elle a le défaut d'être trop absolue. En effet, Arétée déclare que les jointures peuvent être le siège des concrétions : «Iuarticulis quoque tophacœa quœ- «dam coalescunt ; ab initio quidem velut abscessus... «postquam vero magis spissanlur, cliam concreto «humore difficiles fiunt inflexiones : demum solidi «tophi albi consislunt. » Harder, Schneider , Dobrzensky, dont Bonet rapporte les observations, ont trouvé ces concrétions dans les cavités articulaires. Morgiigni, après avoir invoqué le témoignage des auteurs qui ont reconnu que la matière pouvait s'épancher dans l'intérieur des articles, raconte avec détail une observation où elle occupait manifestement ce siège; il termine en disant: «Neque erit, cm* «dubiles, uum rêvera inlra ipsa arlieulormn <\i\a «concrescaiit»(</l Scdip. et caus. morfr.jtpH. lth, S 3). Ces citations, auxquelles nous pourrions ni ajouter d'autres plus modernes, prouvent que la matière tophacée peut cire sécrétée, a l'intérieur des jointures, par la face libre des synoviales et <\es bourses muqueuses sur lesquelles glissent les tendons.
Le cas le plus ordinaire, sans contredit, est celui où clic s'inlillre dans les tissus qui environnent le
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surfaces articulaires, et particulièrement dans les i ligaments, à la face externe des capsules synoviales et des fibro-cartilages inter-arliculaires, sur les membranes fibreuses. On voit aussi le tissu cellulaire qui entoure les jointures devenir le siège de la sécrétion , et la matière calcaire finir par se faire jour à travers la peau ulcérée. Il n'est pas un auteur qui n'ait eu occasion de rencontrer des sujets chez lesquels la peau, perforée par des ulcérations de celle nature , livrait passage à la matière calcaire qui en formait le fond. Le tissu cellulaire qui entoure les jointures n'est pas le seul qui soit le siège de ces dépôts de matière calcaire. Morgagni l'a vu s'infiltrer dans le tissu de la mamelle, chez un homme vigoureux dont le père et l'aïeul avaient été affectés de goutte aiguë, et qui n'en était pas lui-même exempt (loc. cit., p. 157, édit. de Chaussier , t. vi). L'un de nous a fait l'autopsie d'un vieux militaire qui succomba à des attaques répétées de goutte, et dont tous les membres étaient perclus. En soulevant la peau des pieds , ou en y pratiquant des incisions avec le scalpel, la sérosité abondante dont tout le lissu cellulaire était infiltré entraînait avec elle une matière blanchâtre tout à fait semblable à du plâtre délayé et très-clair; celte substance avait envahi toutes les jointures, la face externe des ligaments et des tendons, la gaîne de ceux-ci, et tout le tissu cellulaire ambiant ; elle était surtout abondante sur le dos du pied, vers les articulations métatarso-phalangiennes et les chevilles; elle existait aussi, quoique en moindre quantité , vers le bas de la jambe et autour des deux genoux. Les deux mains, les poignets elles coudes avaient été également envahi?. On ne peut mieux comparer l'aspect des tissus infiltrés de cette substance qu' à celui qu'auraient offert des tissus que l'on aurait injectés et recouverts de plâtre fin mêlé à l'eau ; le lissu osseux et les cartilages d'incrustation étaient sains.
Scudamore a vu' aussi les concrétions se former non-seulement dans différentes parties situées à l'intérieur des membranes synoviales, mais même sous les couches de la peau. «Je les ai vues, dit-il , remplissant les bourses muqueuses et condensées très-durement dans les gaines des tendons, donnant presque la sensation de la pierre; dans la membrane celluleuse, soit en masses dures et molies; et sousl'épiderme, prêles à s'échapper.» 11 a rencontré également un grand nombre de cas dans lesquels la peau , soulevée par les concrétions, avait fini par s'ulcérer, et leur livrait passage. Les ongles des orteils et des dogifs lui ont paru avoir acquis une dureté et une fragilité extraordinaires chez quelques malades dont les mains et les pieds étaient le siège de concrétions (ouvr. cité, p. 47).
11 résulte de ce qui précède, que le siège aualo-
mique des concrétions n'est pas toujours le même ; que l'on relrouve la substance qui les constitue à l'extérieur et à l'intérieur des membranes synoviales, dans le tissu fibreux , dans la gaîne des tendons, dans l'intérieur même de ceux-ci; enfin, dans le tissu cellulaire. Ainsi se trouve démentie toute doctrine qui tendrait à faire considérer h goutte articulaire soit comme une affection exclusive des tissus fibreux , soit comme une maladie propre à la séreuse synoviale. Les faits rapportés par Scudamore ( ouvr. cité, p. 42), par Guilbert (art. Goutte, Dictionnaire des sciences médicales, p. 152 ), et par d'autres, ne laissent aucun doute à cet égard: «Ils attestent, dit Guilbert, que la goutte articulaire n'est une affection propre ni du lissu fibreux, ni du tissu séreux, non plus que du tissu cellulaire ; mais qu'elle peut les entreprendre ou séparément ou à la fois » (loc cit.).
Forme des concrétions goutteuses. — Le plus ordinairement, la matière saline n'offre aucune forme particulière : tantôt elle se mêle sous forme de grain et de matière plâtreuse à la synovie jaunâtre el épaisse que renferme l'articulation, ou bien au pus sécrété par les tissus enflammés; tantôt elle se concrète à la surface des cartilages préalablement ulcérés, s'incruste dans les os , écarte les jointures en s'interposant entre les surfaces articulaires. Celles-ci , parfois , sont entièrement enveloppées dans un lil de matière crayeuse. Les aponévroses, les ligaments, les tendons, la peau elle-même, s'incrustent de matière calcaire, et forment, dans certains cas, des plaques d'une dureté remarquable. Nous ne parlerons pas -des concrétions trouvées dans le poumon, ou dans d'autres viscères; la plupart d'entre elles n'ont point l'origine goutteuse que lui ont attribuée lesauteurs. Il ne faut pas non plus confondre avec les concrétions arthritiques les indurations qui se forment sur le trajet des tendons musculaires et sur les bourses muqueuses : on les désigne sous ie nom de nodosités ,-elles dépendent du gonflement du tissu fibreux ou du dépôt de matières lophacées dans le lissu cellulaire. Il y a , dit M. Ferrus , une triple théorie sur la formation des nodosités extra-articulaires et extra-tendineuses : 1° Quelques médecins pensent qu'elles sont dues au dépôt d'un liquide lymphatique dans les» mailles du lissu cellulaire; d'autres, qu'elles sont le résultat d'un kyste séreux accidentellement développé ; 3° enfin , et celte opinion est la plus générale, qu'elles sont dues à un suintement de la synovie par la surface externe des capsules qui entourent quelques tendons Irès-mobiles» ( art. Goutte, Dictionnaire de médecine , 2e édition , p. 215).
La matière tophacée existe d'abord en suspension dans le liquide épanché; cette dernière portion seule étant reprise par l'absorption , il se forme un dépôt qui persiste un temps plus ou moins long, et aug-
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mente à mesure qu'il s'effectue un nouvel épanchèrent de matière liquide. Le résidu que laisse après elle chaque attaque de goutte produit ces déformations singulières dont les jointures sont affectées.
Les concrétions arthritiques, ou plutôt la matière saline , peuvent être déposées , ainsi que nous l'avons établi , soit dans les jointures, soit dans d'autres tissus : ces concrétions ont été divisées, en raison de cette circonstance , en articulaire et non articulaire; il est facile de se convaincre, par l'observation, que les concrétions affectent souvent ces deux sièges sur le même sujet. Rappelons, d'ailleurs, qu'elles se forment dans les muscles , le tissu osseux lui-même, dans le périoste , les fibro-cartilages, dans les tendons, sur les aponévroses, à la face libre et adhérente des synoviales. Nous sommes portés à croire que le tissu cellulaire est la matrice commune où se dépose la matière saline.
Composition chimique des concrétions. — Sans rappeler ici les analyses imparfaites que Ton doit à l'ancienne chimie , et qui n'offrent que peu d'intérêt, nous devons dire cependant que de tous temps l'on avait été frappé de la ressemblance grossière des concrétions goutteuses avec les calculs vésicaux ; on avait aussi remarqué que , chez les vieux podagres, les douleurs s'arrêtaient quand les urines laissaient déposer une grande quantité de matière blanchâtre. Les expériences de Schenckius , de Pinelli , de Cajelan Tacconi, doivent être considérées comme de simples essais qui jetèrent peu de lumières sur la composition des tophus goutteux. On crut généralement, dans les derniers siècles, que leur composition était la même que celle des os. Van Swieten professe cette opinion, lorsque, après avoir exposé, avec son érudition habituelle, les travaux entrepris sur ce point par les chimistes, il ajoute : «Ex ante diclis «enim constat cretam podigricam illas habere dotes, «qu.T inveniuntur in lerrea parte ossium , quœcarli- «lagini addita illam reddit osseam ( loc. cit. , Comment. in aph. 1201 , p. 287 ). Hérissant( Histoire de V Académie des sciences, pour l'année 1 758 , p. 429 ), Barthez (ouvr. cité. p. 44), et des auteurs plus récents, ont cru à celle identité des deux substances. Le premier travail important est du à Tennant, qui les trouva Formés d'ari le inique cl de soude. Fourcroy, ayant répété ses e\péi iences, y constata également de l'unie de soude, et en outre une matière animale qui en constitue la plus grande partie (Système des connaiss. < luin. , t. \, p. 2<>7 . Pcarson et WoUattOO Furent conduits aux mêmes résultais Wollaston, Phil. transact., p. 386, 1797).
Vauquelin analysa a plusieurs reprises des concrétions goutteuses, et reconnut qu'elles étaient composées de sur-uratede soude, qui Bfl Forme la presque totalité , d'uue petite quantité d'urate de chaux, de
phosphate de chaux, et d'une matière fibreuse anomale (art. cité du Dict.dcméd.j p. 159).Laugier a trouvé , au lieu de sur-urate de soude , de l'acide urique saturé par un grand excès de base ; voici son analyse : 8,3 d'eau; 16,7 de matière animale; 16,7 d'acide urique; 16,7 de soude; 8,3 de chaux; 17, 7 de chlorure de sodium; 16,7 de perte. Wurzer est arrivé , de son côté , à peu près aux mêmes résultats. Berzelius, qui les cite dans son ouvrage, s'étonne de l'accord qui existe entre ces deux analyses, et pense qu'il doit y avoir de très-grandes variétés dans la composition des calculs arthritiques. Cette opinion mérite d'être examinée , bien qu'elle soit confirmée par les analyses de Wollaston , qui a rencontré des calculs formés en grande partie d'urate d'ammoniaque; de John, qui en a vu de constitués par le carbonate et le phosphate de chaux; d'autres, par de l'eau , de l'adipocire, du carbonate, du phosphate et de l'hydrochlorale de potasse , du phosphate de chaux, du carbonate de chaux. Disons cependant que la combinaison de l'acide urique avec la soude et la chaux est la plus constante.
Les calculs arthritiques et les épanchements de matière saline autour des jointures sont des lésions très -communes dans les contrées froides et humides, en Allemagne, en Angleterre , en Hollande. Cependant il ne faut pas considérer cette production comme constante , puisque Scudamore , qui observait en Angleterre, dit que sur deux cent six cas de goutte il n'a découvert des concrétions que sur vingt et une personnes. Cette proportion est beaucoup plus forte d'après d'autres auteurs; du reste, les concrétions d'urate ne constituent pas les seules lésions propres à la goutte : il en est d'autres que nous devons énumérer.
Les surfaces articulaires perdent parfois leur poli; la synoviale est rouge , injectée à sa face libre, couverte de granulations rouges, quelquefois entièrement détruite par des ulcérations qui mettent à nu l'extrémité articulaire des os. On trouve aussi , chez certains sujets, une couche légère de substance saline et calcaire appliquée sur les os dénudés. Le Muséum de Hunier, à Glasgow, renferme plusieurs préparai ions anatomiques qui offrent ces particularités. Scudamore, qui en rapporte le détail, parle aussi d'un sujet sur lequel Brodie fit les remarques suivantes: «Il n'y avait aucun vestige de cartilage dans le genou gauche; les parties correspondantes à la rotule et aux condyles du fémur étaient usées en forme de rigole, par leur frottement mutuel , et présentaientcependanlune surface compacte, sans découvrir la structure réticulaire, comme cela aurait eu lieu si le frottement s'élait fait sur le cadavre. Dans d'autres poinls où l'os était privé de ses cartilages, il était recouvert par une couche légère de matière
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blanche calcaire.» On a observé sur quelques sujets que la substance des os était résorbée par places : il en résulte alors des dépressions et des difformités singulières, que présentent parfois les doigts et les orteils.
Examen physique et chimique des différentes humeurs. — Nous confondons dans une même étude les altérations des solides et des liquides, parce qu'elles nous semblent liées par des rapports intimes, et qu'elles peuvent jeter quelque jour sur la nature de la maladie. Sang. — Une analyse chimique exacte de ce liquide est encore à faire. On dit que le sang des goutteux est rouge, épais, facilement coagulable ; qu'il se couvre d'une couenne épaisse quand le mal affecte la forme aiguë. Sydenham affirme que le sang que l'on tire dans l'accès ressemble très -souvent à celui qu'on obtient dans le rhumatisme ou dans la pleurésie; mais de pareils documents ne sont pas assez précis pour éclairer l'histoire des altérations du sang. M. Turck , qui s'est laissé entraîner , dans son ouvrage , à des considérations purement hypothétiques , admet , par la seule force de son raisonnement, que le sang des goutteux renferme moins de soude, et que la diminution de cette base tient en partie à l'activité des émonctoires destinés à donner des sécrétions alcalines, et plus eucore à la diminution d'activité des organes sécrétant des liqueurs acides ( Tra ité de la goutte et des maladies goutteuses ., pag. 153, in-8°; Paris, 1837). Des assertions qui ne reposent sur rien ne méritent pas une réfutation sérieuse. L'étude des propriétés physiques du sang, telles que la couleur, la consistance du caillot, la quantité relative du sérum et du cruor , ne fournirait que des données fort vagues. On sait, en effet , aujourd'hui qu'il ne faut pas s'en tenir à l'examen de ces seules propriétés qui peuvent induire en erreur. De ce que Ton trouverait , par exemple , un caillot couenneux , il ne faudrait pas en conclure que la goutte est une inflammation , puisque la couenne peut se montrer dans des maladies qui sont loin d'être des inflammations, dans la chlorose, par exemple. G'est à l'analyse chimique seule qu'il appartient de déterminer les proportions des divers cléments du sang.
M. Copland est porté à penser que l'urée est en excès dans le sang des goutteux , et dans celui des ir. ividus qui vivent d'aliments très - azotés ( Diclionary of practical médecine 3 article Blood , tome i, page 188). Un médecin anglais, M. Weatherhead, a émis également cette opinion, qui ne repose sur aucune analyse rigoureuse. M. Rayer dit «qu'il paraît très-probable que le sang, dans la goutte, est chargé d'acide urique, d'urates, ou de leurs éléments [Traité des maladies des reins > pag. 234, 1. 1, in-8°; Paris, 1839). Forbes admet la
présence de l'acide urique dans le sang en circula* tion.
La pathologie humorale ne possède aucune analyse exacte de la sueur des goutteux. Les remarques faites par Berthollet , par Hoffmann, et Antoine Petit , sont trop peu importantes pour que nous les rapportions. Berthollet et Selle avaient trouvé la sueur des goutteux acide; mais cette propriété, loin d'appartenir à la maladie, constitue, au contraire, l'état normal. M. Turck dit que, dans l'intervalle des accès, la matière de la transpiration cesse d'être acide , ou du moins ne l'est que faiblement (ouvr. cil., p. 107); mais cette assertion n'est appuyée sur aucun fait précis. Rappelons , d'ailleurs , qu'il fait jouer le plus grand rôle à la diminution des acides. M. Masson Good croit que la matière blanche qui s'était déposée à la surface du corps d'un sujet observé par Swediaur était de l'urate de soude ( London medic. gaz. j, vol.xv). Scudamore a examiné, avec Prout, un gilet de flanelle porté par un goutfeux , et rougi en plusieurs points par une matière animale qui avait l'apparence d'un sédiment formé par l'acide urique : ils n'en trouvèrent pas trace (Scudamore , ouvr. cit., pag. 560). On voit donc que les altérations de la sueur ne sont pas encore connues.
Urines. — Nous croyons devoir passer sous silence les nombreux travaux qui ont été publiés à une époque où la chimie , encore peu avancée , ne pouvait fournir aucune analyse exacte. Aujourd'hui que l'élude des altérations de l'urine s'est enrichie de nombreuses découvertes , et que la science est fixée sur plusieurs points, il nous semble plus utile d'exposer les analyses chimiques récemment faites.
L'urine est sécrétée, en moindre quantité, peu de temps avant l'accès, et surtout pendant celui-ci; elle est d'une couleur assez foncée et d'une pesanteur spécifique beaucoup plus grande que dans l'état normal. Scudamore, qui a fait des expériences. comparatives sur l'urine saine et sur l'urine des goutteux, a trouvé la pesanteur de celle-ci égale à 1,010, 1,015, et, dans quelques cas , elle était de 1,035 , à 1,040. Cet accroissement de la pesanteur spécifique tient à la diminution de la quantité d'eau contenue dans l'urine. Ce liquide jouit d'une acidité très-grande due à l'excès d'acide urique. Dans l'intervalle des accès et pendant leur durée , l'acide urique forme souvent une grande partie des dépôts ou sédiments que l'on observe d'une manière si constante dans l'urine des goutteux : on le trouve cristallisé sous forme de beaux prismes rhomboïdaux, très-faciles à apercevoir avec le microscope. La fréquence- de la gravelle urique, chez les goutteux', s'explique par la composition des sédiments rougcàlres dont nous venons de parler.
Les sédiments rougeâlres qui ont été vus par
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les auteurs, et désignés par plusieurs d'entre eux, ! par Vogel et Proust , entre autres, sous le nom d'aûide rosacique „ sont composés, en grande partie, d'acide urique, mêlé à de l'urate d'ammoniaque et aux phosphates. On doit à Scudamore une série d'analyses très-bien faites sur ce sujet (ouvr. cit. , p. 1 60). Il a aussi recherché la proportion de l'acide phosphorique dans l'urine des goutteux , et l'a trouvée assez considérable. Cet acide se combine avec la chaux et la magnésie , et forme des sels qui concourent , avec l'urale d'ammoniaque , à former les sédiments de l'urine.
Berthollct prétend, d'après des observations nombreuses, que l'acide phosphorique est habituellement en proportion moindre dans l'urine des goutteux; qu'elle devient égale à celle qui existe chez les autres hommes, et beaucoup plus grande qu'elle ne l'est ordinairement chez les goutteux, lorsque l'attaque se déclare, et pendant sa durée. Scudamore , qui a entrepris une longue suite d'expériences pour apprécier les quantités relatives d'acide phosphorique chez les goutteux et les personnes en santé , est arrivé à conclure que l'opinion de Berthollct ne saurait être admise; il ajoute, d'ailleurs , que l'acide phosphorique n'est point libre dans l'urine, et qu'il est combiné à des bases, telles que la soude, l'ammoniaque, la chaux, la magnésie. Richerand suppose qu'à l'approche des accès de goutte, les éléments phosphoriques de l'urine diminuent, et semblent se porter sur les articulations pour produire, dans leur voisinage, des concrétions arthritiques (Eléments de physiologie). Celle opinion ne peut être acceptée ; car on sait que ces concrétions sont formées presque toutes par l'urale de soude et de chaux.
Lorsqu'on voit, dans les sciences, une hypothèse se reproduire incessamment, tout en subissant les métamorphoses que lui impriment les doctrines en vogue ou des découvertes plus récentes, on est conduit à penser que celle hypothèse est appuyée sur un ou plusieurs faits inconh:slables , dont l'interprétation I pu varier. Cet là preeis'menl ce qui est arrivé, au sujet de l'altération tics urines f dans là goulle. Tous les au'eurs ont été frappés de ce fait, savoir: que les mines, au momeiil des accès, subism ni lU> altérations qu'elles n'offraient pas aupara- \,inl. i;«ithol!et n'a pas hésité à dire que la proporlion d'aï ni.- |,lio.j.liori(|iie augmentait. Les progrès de la eliunie mo loi D il connaîlie la compo-
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urates, en phosphates; il renferme aussi, en plus forte proportion, les autres sels, et une certaine quantité de mucus; en un mot, la somme des principes solides qu'il lient en dissolution est fort augmentée. Cette composition lui donne la propriété de former par le refroidissement des dépôts constitués par l'acide uri^ que, les urates et les phosphates. La fréquence des sédiments dans l'urine des goutteux a été notée dès les temps les plus anciens; elle a fait croire que, les reins étant les organes qui doivent servir d'émonctoires et de moyen d'élaboration à la matière morbifîque, celle-ci est expulsée par celte voie, après un nombre d'attaques suffisant pour en débarrasser toute l'économie. Enfin la surabondance de la matière morbifique est telle que ce moyen ne suffit pas, et qu'elle se dépose autour des jointures. Scudamore regarde l'activité insolite dont jouissent les reins comme éminemment salutaire, et comme une partie du procédé curalif que la nature emploie pour soulager l'organisme. Cet auteur, dont l'ouvrage est rempli de recherches si belles et si précises, ajoute, avec une remarquable sagacité : «Je ne prétends pas que la cause spécifique de la maladie est enlevée de cette manière; car une semblable conclusion ne s'accorderait pas avec le résultat de mes expériences. La discussion me paraît plus importante encore par rapport aux doctrines de la pathologie humorale, laquelle a probablement été trop exclusivement éloignée de la médecine moderne» (ouvr. cité, p. 131). Nous nous garderons bien de faire figurer au nombre des altérations des solides et des liquides propres à la goutte les désordres , dont le siège et la nature sont, si variables. Ils ne doiveut être cousidérés que comme l'effet de complications purement accidentelles, et qui , ne présentant rien de spécial, n'exigent pas une description séparée.
Goutte aiguë, fixe, régulière. Symptômes. — Il n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire, au premier abord, de former un tableau méthodique et précis des symptômes de la goutte , avec les descriptions nombreuses dont fourmillent les ouvrages consacrés à l'étude de celle maladie. Cela tient à ce que, des affections très -différentes par leur siège et leur nature ayant été rattachées à la goutte, leurs symptômes se trouvent confondus dans une seule et même description. Nous devons dire aussi que la fureur des divisions, cl l'abus extrême que l'on a fait du mot goutte, n'ont pas peu contribué à obscurcir le sujet. Cependant les descriptions qu'en ont données Sydenham , \an Swirien, Cullen , Scudamore, Barthez, ne laissent rien à désirer, et c'est particulièrement dans leurs ou\ rages que nous puiserons les documents nécessaires a la rédaction de cet article!
L'attâqUC de goutte débute soudainement ou après avoir été précédée, pendant plusieurs jours, de quel-
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que dérangement des fondions de l'estomac. Le sujet est incommodé par de la dyspepsie, par du malaise, un sentiment de tension vers l'épigastre ou la région précordiale , par des flatuosités. Il éprouve des crampes, des fourmillements, des démangeaisons, ou un refroidissement marqué des membres inférieurs; quelquefois des sensations analogues à celles que pourraient causer «des vents qui descendraient le long des muscles de la cuisse» ( Barlhez , Traité de la goutte). Le sommeil est léger ou fort interrompu; les veines voisines de la partie qui sera plus tard affectée sont gonflées; Baglivi considère ce phénomène comme un signe avant-coureur presque certain de l'attaque de goutte. On a encore noté comme tel l'accroissement de l'appétit, un état de bien-être insolite , une certaine propension aux plaisirs vénériens : ces signes précèdent , chez quelques sujets, l'invasion de la maladie ( Sydenham, Barlhez, Van Swieten).
L'attaque se déclare le plus ordinairement au milieu de la nuit et réveille subitement le malade. Une douleur vive se fait sentir au gros orteil , à la cheville du pied : «Locus quem primo, quem regularis «aggreditur, semper pes» (Boerhaave, Comment, in aphor., loc. cit., p. 270). Elle peut aussi se manifester au talon, à la plante des pieds, au gras de la jambe. Arélée a écrit : « Magnum pedis digitum doîor «occupât; rursum calcem, in priori parle qua niti- «mur: deinde in concavam subit; malleolus aulem «poslremus intumescit» (de Caus. et sign. morùor. diulurn., lib. il, cap. 12). Sydenham et les auteurs plus modernes ont également observé celte prédilection de la goutte pour le pied, et le gros orteil spécialement.
La douleur, d'abord supportable , augmente et acquiert une intensité extrême vers la fin du jour, et persiste souvent à ce degré pendant vingt-quatre heures : elle constitue uu premier accès; nous étudierons plus loin toutes les variétés de siège, et les sensations qui se rapportent à cette douleur. Elle est tensive, pongitive, comprimante, dilacérante, souvent accompagnée de froid. «Le malade s'agite continuellement, et fait mille efforts pour donner une autre situation tant à son corps qu'à la partie affectée; mais c'est inutilement qu'il cherche à apaiser la douleur: elle ne cesse que vers les deux ou trois heures du matin , après que l'accès a duré l'espace d'un jour et d'une nuit. Le malade éprouve tout à coup un soulagement qu'il attribue, mal à propos, à la situation où il est parvenu à mettre la partie souffrante. 11 lui prend ensuite une douce moiteur, et il se laisse aller au sommeil : à son réveil la douleur est encore fort diminuée , et pour lors il aperçoit la partie malade tuméfiée, au lieu qu'auparavant on n'y voyait qu'un gonflement considérable des veines , comme
il est ordinaire dans toutes les attaques de goutte» (Sydenham, De la Goutte). La fièvre s'allume; le pouls est fort, plein, dur et tendu.
Le premier accès de douleur et de fièvre , dont la durée est de douze à vingt- quatre heures, se termine par une transpiration abondante générale , qui remplace la sécheresse extrême de la peau. L'articulation malade présente du gonflement , de la rougeur et de la chaleur :« Celte tumeur goutteuse inflammatoire ne peut être confondue avec un simple phlegmon , eu égard aux symptômes dont elle a été précédée. Elle ne se termine jamais par une simple résolution ni par suppuration , mais par une transsudation locale , et par la desquamation de l'épiderme» (Barlhez, ouvr. cit., t. i, p. 4).
Tous les jours le malade a, chaque soir, un redoublement de douleur et un mouvement fébrile , qui diminuent vers le matin ; cependant la douleur persiste, quoiqu'à un faible degré , pendant le reste du jour: «G'est de la chaîne de ces accès particuliers qu'est composée l'attaque régulière de la goutte. Eu général, celte attaque dure d'autant moins que les douleurs ont été plus fortes ; elle dure deux semaines, ou trois au plus , lorsqu'elle est le plus parfaitement régulière» ( Barlhez, loc. cit., p. 5 ). Sydenham, Van Swieten , et les auteurs qui les ont précédés ou suivis , sont tous d'accord sur ce point.
La goutte , sans cesser d'être régulière , affecte une autre marche , surtout lorsqu'elle ne se montre pas pour la première fois. La douleur, après avoir occupé pendant quelques jours l'orteil ou les autres doigts d'un seul pied , attaque l'autre , et peut ensuite revenir dans son premier siège. Quand elle est violente, les parties primitivement affectées reprennent leur liberté, et le mal abandonne tout à fait les premières jointures. Dans ce cas, les phénomènes morbides locaux ( gonflement , rougeur, chaleur ) se produisent, dans le second siège, de la même manière que dans le premier, et il en résulte un nouvel accès semblable au premier. Souvent les parties affectées dans le principe ne sont nullement débarrassées , malgré l'apparition de la goutte en un autre point , et l'accès est alors composé de symptômes morbides développés simultanément dansles deux pieds, ou dans deux ou trois jointures. Ordinairement le mal n'attaque celles-ci que successivement, ou après que les accidents locaux ont presque entièrement disparu dans le lieu où ils s'étaient montrés d'abord.
Une attaque de goutte se compose de petits accès quotidieus , constitués par les symptômes locaux que nous venons de décrire , qui s'exaspèrent chaque jour, pendant la nuit, et qui occupent soit simultanément , soit alternativement , une ou plusieurs jointures : «Dans les sujets vigoureux , et dans ceux que la goutte attaque plus raieucnl, l'accès ne dure
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souvent que quatorze jours; dans les vieillards et ceux qui ont été souvent attaqués, il dure jusqu'à deux mois; enfin, dans ceux qui ont été affaiblis par la longueur de la maladie, il dure encore davantage , et l'on n'en est quitte que lorsque l'été est déjà avancé» (Sydenham).Ces derniers cas nous paraissent appartenir à la goutte chronique , et se composent de plusieurs attaques fort rapprochées.
Les attaques régulières de goutte sont séparées les nues des autres par des intervalles de trois à quatre ans , et même plus ; elles reviennent ensuite une ou deux fois l'année , se rapprochent par degrés , deviennent plus longues en perdant de leur intensité , mais en même temps de leur régularité. Elles sont accompagnées de douleurs moindres , mais d'un malaise intérieur plus considérable et de symptômes généraux plus graves. Elles dégénèrent en goutte chronique, et les malades sont alors en proie à des souffrances habituelles , qui ne les quittent que pendant quelques mois de l'année.
Lorsque l'attaque de goutte régulière suit sa marche normale , les accès dont elle se compose diminuent d'intensité , de telle sorte que le dernier est le plus faible et le plus modéré de tous. Bientôt le gonflement et la douleur s'apaisent , disparaissent entièrement après les premières attaques; la force et l'appétit reviennent plus ou moins rapidement, selon l'intensité de l'accès. Souvent aussi les concrétions et les diverses altérations qui se forment autour des jointures , et dont nous donnerons la description plus loin, se forment ; les mouvements restent gênés, et la santé générale ne se rétablit que lentement. D'autres fois , tous les accidents locaux disparaissent.
Elude des symptômes en particulier. — Douleur.— Son siège. — Le siège ordinaire de la goutte est le pied; l'expression de podagre, employée par les Grecs et les Latins, en fait loi. Arétée a dit : « Communis «omnium articulorum dolor est arlhriiis, sed pedum «dolorein podagrain vocamus» (dcCausis et sign. morb. diul. , lib. u , cap. 12). Van Swieten , dans son admirable commentaire sur la goutte, a également écrit : «Licet pod.igra jam inveterata alios et upluressimul articule* o< eu pet, tamen incipiens morabui tolemne nabel ul reriat pedes» ( loc. cit., I 262 . La goutte récente offre pour caractère esiel di frapper les pieds il est inutile d'ajouter à ce témoignage celui de tous les auteurs qui ont écrit sur la goutte. Du n ste , voici un curieux résumé qui i (1 1 lablir quel < si le liège le plusordinaire de la mala lie. Scudamore a trouvé , dans 198 cas de te . que le pr< mil i iccè i Frappé sur le gros orteil d'un seul pied 1 30 I oi teil de chaque pied, 10 . ne el le quatrième orteil . : l' teil 'i le cou-de-pied , ;; fois ; d i i! dej d< ux
membres, 2 fois; vient ensuite rénumération de toutes les parties qui ont été affectées par la goutte , et presque toutes un nombre de fois presque égal ( Traité sur la nature et le traitement de la goutte , etc. , trad. sur la 3e édit. par Deschamps , p. 25 , in-8° ; Paris , 1 820 ). On voit , d'après ce relevé , que le siège le plus ordinaire des premières attaques de goutteest l'articulation du gros orteil avec l'os du métatarse , et les parties fibreuses environnantes. Scudamore a remarqué que , dans les exemples de goutte héréditaire, le gros orteil a été la parlie la plus fréquemment affectée dès le commencement de l'accès, et que les exceptions les plus remarquables se rencontrent chez ceux où la maladie est acquise. Lorsque le gros orteil a été le siège de la première attaque, il en est presque toujours atteint , ainsi que l'autre orteil , à une seconde attaque. On a voulu expliquer la prédilection du mal pour cette région par la pression et les violences auxquelles les pieds se trouvent exposés sans cesse : « Si nous considérons les parties primitivement affectées , dit Van Swieten, nous trouvons que le pied est fortement comprimé par les chaussures et par le poids du corps-, qu'il est très-exposé au froid , à l'humidité , et loin du centre circulatoire , ce qui empêche les liquides d'y circuler aisément » ( ouvr. cit. , p. 271 ). Ces raisons n'ont pas paru très-convaincantes à tous les auteurs.
11 est rare qne la goutte ne se manifeste pas en d'autres points, soit successivement, soit en même temps; on la voit souvent observer un certain ordre dans ses attaques : elle se montre, par exemple , au pied droit d'abord , puis au pied gauche, au genou droit, au genou gauche, et ainsi de suite. Les organes qu'elle affecte le plus ordinairement après les pieds sont le genou ( gonagre ) , le pouce de la main, le poignet (chiragre), le coude, l'articulation coxofémorale (ischiagre), celle de l'épaule (omagre) et de la mâchoire ; les parties fibreuses et tendineuses, comme le tendon d'Achille, le talon, la jambe, la cuisse, etc.
Si maintenant nous recherchons quel est le siège anatomique de la maladie, nous pouvons établir d'une manière générale qu'elle frappe tous les organes servant à la locomotion , par ordre de fréquence : 1 ° les ligaments , les fibro-cartilages, les cartilages et les membranes séreuses articulaires ; 2° les aponévroses des muscles , leur tendon d'attache ; 3°lescxlréinités articulaires des os, leur tissu propre et leur périoste; 4° enfin , les muscles eux-mêmes. Nous avons vu, par l'anatomie pathologique, que ce sont là les lissus que la goutte attaque de préférence , mais que la «anse inconnue de cette maladie peut aussi déterminer des accidents dans d'autres organes ( goutte dei viscères intérieurs •
Wature de la douleur. — «Dolor, dit Boerhaave,
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«adest tensivus, dilacerans , coarelans, increscens «sensim , decrescens iteruin ; cum madore, rubore , «tumore»(ouvr. cit. , aphor. 1261). La sensation que la douleur fait éprouver est assez diverse ; elle ressemble tantôt à celle «qui accompagne la dislocation des os de ces parties, avec un sentiment d'une eau qui ne serait pas tout à fait froide répandue sur les membranes de la partie affectée , et bientôt après il survient un froid , un tremblement et une fièvre légère» (Sydenham, ouvr. cit.). Tantôt elle est semblable à une tension violente , ou à la douleur que causeraient, soit la morsure d'un chien, soit la compression violente des parties affectées. Elle est pongitive chez quelques malades , térébrante chez d'autres ; quelques-uns disent ressentir une chaleur ardente, un feu dévorant. Lucien , dans son poëme sur la goutte , a indiqué cette variation extrême de l'intensité de la douleur dans la phrase suivante : «Podagra adedit, «depascitur, urit,.tenet , inflammat, coquit»(frag-0podagra ). Cette douleur augmente par la pression , par l'effet du poids des couvertures , par le mouvement. Un de ses caractères est de s'accroître pendant toute la durée de l'attaque, c'est-à-dire jusqu'au matin, ou jusqu'au surlendemain, si c'est la première fois qu'elle se manifeste. Les malades s'agitent continuellement dans leur lit : c'est en vain qu'ils cherchent à donner à leur corps et à la partie affectée une situation qui puisse apaiser la douleur, ils ne peuvent y parvenir. La nuit, est le temps le plus ordinaire de l'invasion de la douleur et des plus grandes souffrances. Chez quelques sujets , le mal se montre pendant le jour, et se fait ressentir plus particulièrement pendant ce temps ; lanuitapporteun peu de repos. Chez la plupart, dans les premiers jours de l'attaque , il n'y a qu'une faible inlermission pendant le jour et la nuit ( Scudamore , ouvr. cit. , p. 29). Nous avons indiqué plus haut la marche et la durée de cette douleur; étudions maintenant les phénomènes locaux qui l'accompagnent.
Les crampes sont rangées par Scudamore au nombre des symptômes fréquents de goutte. Sur 120 cas de goutte , il a trouvé que dans 90 cas on pouvait les compter parmi les souffrances accidentelles de la maladie , et que , presque sans exception , elles étai mt très-vives , soit immédiatement avant le paroxysme, soit pendant sa plus grande force , ou à sa terminaison (ouvr. cit., p. 39). Les muscles qui en sont le siège sont ceux de la cuisse, de la jambe , des orteils , des doigts , de l'abdomen* , de la poitrine et du pharynx. Les crampes se déclarent soit au moment où les malades font quelque effort pour étendre un membre, soit pendant le repos. Toutes les fois que les malades se réveillent en sursaut par l'effet de la douleur, i's éprouvent des secousses rapides et très - douloureuses dans les articulations malades.
Autres symptômes locaux. — «Dolor cum ma- «dore, rubore , tumore» , dit Boerhaave. En effet , ces symptômes se montrent le plus ordinairement dans les attaques de goutte. Au début, la peau est sèche; bientôt l'articulation affectée présente un gonflement considérable, quelquefois mal limité, et ressemblant plutôt à un empâtement des tissus environnant la jointure ; on observe , en outre , une rougeur assez vive, une chaleur intense , en un mot, tous les signes d'un travail morbide local. Quand la gou l te se montrait avec ces symptômes locaux , et qu' i 1 y avait lièvre, agitation, et tous les signes d'une réaction locale , les anciens disaient que la goutte était chaude , inflammatoire. L'autre forme de goutte , à laquelle ils donnaient le nom de goutte froide, œdémateuse , est celle où le gonflement, la rougeur et la chaleur sont peu marquées et ne paraissent que vers la fin de l'attaque : ce cas est plus rare que le premier; les malades souffrent beaucoup plus que si les phénomènes locaux étaient plus aigus. Arélée, et les auteurs qui ont admis après lui ces deux formes de goutte, les traitaient différemment; ils combattaient la goutte froide par les excitants , et la goutte inflammatoire par les émollients.
La turgescence et la dilatation des veines a été observée parBaglivi, Sydenham, et un grand nombre d'auteurs. Elles existent dans le lieu même où la goutte va se montrer, ou dans les parties environnantes. Scudamore dit que, dans la goutte depuis longtemps constituée, les veines de tout le membre sont très-dislendues par le sang, et que lorsqu'on les compare avec le membre sain, elles présentent l'apparence d'une turgescence universelle; près de la partie enflammée, les branches veineuses paraissent très-nombreuses, divergentes dans leur trajet, et presque sur le point de rompre par la plénitude (ouvr. cit. , p. 32). Une sueur abondante s'établit vers la fin de l'accès; celte sueur aurait , suivant Coste , une odeur forte, et jouirait quelquefois de la propriété de teindre l'argent en noir ( Traité pratique sur la goutte page 23, in -12; Paris, 1768). 11 faut se délier de ces assertions, fondées sur la croyance assez générale où l'on était que la matière productrice de la goutte pouvait s'écouler par les sueurs, et hâter la résolution du mal. Scudamore a institué de nombreuses recherches sur la température des parties affectées de goutte ; il a trouvé de faibles différences entre la température des jointures malades et celle des autres régions du corps qu'il a explorées. Cependant il y a toujours un ou deux degrés de plus dans la température des premières. Le médecin anglaisa conclu « que l'inflammation goutteuse, quand elle est suivie d'une vive douleur, produit une sensation beaucoup plus forte de chaleur dans les parties affectées , par rapport à la quantité réelle que dégage
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