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lions. Pierre Desault prétend que îa transpiration est moins abondante chez les goutteux que chez les autres hommes. M. Turck, renchérissant sur cette idée, qui cadre avec «a théorie chimique de la goutte, assure que la peau est sèche, flétrie, froide , et sans élasticité. A la vérité , dit-il , on rencontre des sujets qui suent beaucoup ; mais leurs membres sont secs, ou suent moins proportionnellement (ouvrage cité, p. 106 ). Il va jusqu'à dire qu'il a trouvé la sueur moins acide; mais ceux qui ont quelque habitude de la chimie prendront cette assertion pour ce qu'elle vaut. Ajoutons qu'elle n'est fondée sur aucune analyse chimique capable de prouver l'accroissement de l'acidité. Sans nier en aucune façon le rôle important que joue , dans Tordre physiologique des fondions , la transpiration cutanée, nous dirons qu'il faut, avant de lui attribuer une part dans la détermination des affections goutteuses, instituer des expériences nombreuses et délicates pour arriver à connaître s'il existe réellement dans les sueurs des altérations de quantité et de qualité, et en quoi consistent ces altérations; jusque-là on pourra faire des hypothèses,mais rien de plus. Ajou tons, d'ailleurs, que si l'on voulait attribuer la goutte à la diminution ou à la cessation delà sueur, il faudrait faire intervenir une autre cause, car tous les individus chez lesquels cet importante fonction est à coup sûr modifiée par un froid brusque ou continuel n'ont pas la goutte , et , nous le répétons encore, ce sont précisément ceux qui sont les moins exposés à ces vicissitudes de froid et de chaud qui en sont le plus souvent atteints.
Les nombreuses influences hygiéniques qui peuvent être considérées comme causes prédisposantes de la goutte ont été admirablement résumées dans l'aphorisme suivant de Boerhaave : « Quelle que soit la cause de la goutte , lorsqu'elle peut suivre son évolution naturelle , elle se montre au delà de trente et quelques années ; elle attaque de préférence les hommes , et particulièrement ceux d'un esprit distingué, ceux dont l'intelligence, sans cesse active, s'épuise dans des veilles prolongées. On doit encore signaler, parmi les causes , une nourriture succulente, les vins acides et blancs , l'usage des vins généreux pris en grande abondance , et dans des repas qui se continuent bien avant dans la nuit, lesjouissances vénériennes prématurées et excessives, un corps grand , chargé d'embonpoint et replet , l'abus des acides, le refroidissement des pieds baignés de sueur, ou exposés à l'humidité au milieu de différents exercices , tels que la chasse, l'équitation; la transmission héréditaire plus ou moins immédiate (aph. 1255). Nous pourrions nous contenter d'avoir reproduit cet aphorisme, nous y ajouterons seulement quelques mots de commentaire.
La goutte se montre presque toujours chez des
gens appartenant à la classe riche ou aisée de la société, très- rarement chez lespa-uvres : ^loow-rttx*? osa, «dicitur podagra, quia pauperes odit.» Le spirituel fabuliste nous la montre installée commodément dans la demeure du riche : «Divitum in pedibus bene culta «sedet», dit Van Swieten. Schenk raconte l'histoire d'un riche Allemand , qui était tellement tourmenté par la goutte , qu'il ne pouvait se soutenir que sur les bras de ses domestiques; la pauvreté dans laquelle il tomba fit bientôt disparaître la goutte. C'est ce qui fait dire à Pétrarque : a Si tu veux vivre à l'abri de la goutte , il faut être pauvre , ou vivre pauvrement.» Cette prédilection de la goutte pour les heureux de la terre lui a fait donner le surnom de morbus dominorum. Quelques hommes se sont consolés d'avoir la goutte en aussi bonne compagnie : «Ce qui doit me consoler, dit Sydenham, ainsi que les autres goutteux qui n'ont ni grands biens, ni grand génie, c'est de voir que des princes, des généraux d'armée , des amiraux, des philosophes, et plusieurs autres hommes illustres , ont vécu et sont morts de la sorte; en un mot, la goutte a cela de particulier, et qu'on ne trouvera dans presque aucune autre maladie , c'est qu'elle tue plus de riches que de pauvres, et plus de gens d'esprit que de siupides (loc. cit., § 822). Sydenham fait suivre cette phrase de remarques philosophiques, qui semblent puisées dans le système des compensations.
Une nourriture succulente et fortement azotée, l'usage des viandes de haut goût et riches en fibrine, des vins pris habituellement en grande quantité , passent pour être les causes les plus fréquentes de la goutte : «Quoique la gourmandise et la trop grande quantité de nourriture produisent assez souvent la goutte , dit Sydenham , elle est encore bien plus souvent l'effet des excès de vin ( loc. cit. , § 825 ). Lucien , dans son poème , reproche aux goutteux d'avoir contracté leur maladie à la suite d'excès dans le boire et le manger. Cœlius Aurelianus , Arétée , l'attribuent également à l'intempérance. Ainsi donc, dans tous les temps et dans tous les pays, on a regardé l'excès dans les plaisirs de la table comme la principale cause de la goutte. Ajoutons que tous les auteurs s'accordent à en accuser aussi les plaisirs vénériens trop souvent' répétés : «Unde Bacchi et Veneris filia salutalur à «poelis podagra» ( Van Swieten ).
Ut Ferais énervât vires, sic copia vint, Et tentât gressus débilita tque pedes.
On a prétendu que la nature des vins n'était pas sans influence sur la production de ia maladie. Van Helmont condamne les vins blancs et acides. A l'exemple de beaucoup d'autres médecins qui ont embrassé celte doctrine , il pense que l'acidité joue un grand rôle dans la maladie. Quelques auteurs , se
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fondant sur des analogies erronées , ont cru que les vins fournis par des terres calcaires et crayeuses favorisaient la goutte, et le dépôt d'une matière également calcaire dans les jointures. Les terres argileuses et grasses donneraient au vin cesqualités pernicieuses, au dire de quelques médecins qui ont condamné, pour ce motif, l'usage des vins de Bohême, de Hongrie. Les vins qui proviennent de terrains sablonneux ne présenteraient pas cet inconvénient. Wepfer assure que les habitants de Schaffouse sont rarement atteints de goutte (Fréd. Hoffmann, de Genuino et simplicissimo doloris podagrici remédia s dissert, medie. ; in Opéra omnia , t. m, suppl. , p. 176, infol. ; Genève , 1 753). Scudamore dit que les qualités excitantes du vin de Champagne le rendent très-nuisible aux sujets disposés à la goutte , et que l'usage de ce vin détermine très-souvent l'apparition des attaques ( ouvr. cit. , p. 103 ). Les vins de Porto , de Bordeaux , l'aie , le porter, les bières fortes et trèsfermentées , sont également pernicieuses. On a prétendu que la bière et les boissons amères employées chez les peuples du Nord étaient salutaires. Linné , n'ayant point rencontré la goutte chez les paysans suédois , fut porté à croire qu'ils devaient ce privilège à l'habitude où ils sont de ne boire que de la bière ; mais celte opinion ne peut être admise quand on se rappelle que les habitants de la Hollande, de la Belgique , de l'Allemagne et de l'Angleterre, qui font un si grand usage de cette boisson, sont très-souvent affectés de la goutte. Louis Liger prétend même que les buveurs de bière sont plus souvent podagres que les autres ( Traité de la goutte , p. 75 , in-1 2 ; Paris , 1 753) ; Van Swieten est d'une opinion contraire (loc. cit., page 259). On voit donc qu'il règne une grande incertitude au sujet de l'influence nuisible des boissons; toutefois , il n'en faut pas moins proscrire, sans restriction, les vins alcooliques , les boissons spiritueuses ; et parmi les aliments, les substances richement fournies de matit -m s azotées. La réplétion continuelle de l'estomac est enfin une cause non moins contestable et que l'on doit chercher à éloigner.
Traitement de la goutte. — 11 serait difficile au In leur de se reconnaître au milieu du chaos impénétrable de remèdes que l'empirisme a proposés pour combattre la goutte; aussi nous garderons-nous de transcrire toute! les recettes auxquelles on a prodigué le titre de spécifiques; nous indiquerons seulement celles qui ont rendu quelques services, et qui sont encore employées empiriquement. Mais,
avant tout, il contient d'établir le traitement rationnel de la gOUtte, et les indications curatives sur lesquelles il doit reposer.
Nous parleront d'abord : l€ delà goutte articulaire. A. Du traitement hygiénique on préventif }
B. du traitement de l'attaque; G. du traitement curatif de la maladie, qui peut être a. rationnel, h. empirique. 2° Du traitement de la goutte chronique; 3° du traitement de la goutte interne, 4° des complications.
1° Traitement de la goutte articulaire. — A. Traitement hygiénique. — Il découle naturellement de l'étude que nous venons de faire des causes de la maladie, et constitue le meilleur traitement que l'en puisse employer contre elle. Le goutteux qui veut se délivrer de son mal, ou en rendre les retours plus rares et moins violents , doit plus compter sur les règles de l'hygiène que sur l'emploi des médicaments. Le témoignage des médecins est unanime à cet égard: c'est contre les malades qui recourent à toutes sortes de remèdes que la podagre , divinisée par Lucien , dirige sa fureur :
His qui nihil sapiunt mihi contra ri um , Animam gero mitem , etjio placabilis.
Sydenham , Cullen, Barthez , Hoffmann {loc. cit.), ont tracé, avec un talent remarquable, les règles auxquelles les goutteux doivent rigoureusement s'astreindre : c'est dans leurs écrits que nous puiserons ce que nous avons à dire sur ce sujet.
A. Aliments. — «Il est nécessaire d'observer une grande modération dans le boire et le manger, en sorte que , d'un côté , on ne prenne pas plus de nourriture que l'estomac n'en peut digérer, et que, d'un autre côté, on ne s'affaiblisse pas par trop d'abstinence, deux extrémités qui sont également nuisibles, comme je l'ai plus d'une fois éprouvé tant sur moimême que sur les autres» ( Sydenham, loc. cit., g 849). Nous ajouterons que chacun doit former pour lui-même des règles qu'il n'est pas possible de poser d'une manière générale. 11 ne faut user que modérément des viandes , choisir celles qui sont peu chargées d'osmazome et de fibrine, s'abstenir surtout de celles qui sont fortement épicées, salées, d'une digestion difficile , et provenant de la chasse. Il est souvent nécessaire de priver entièrement les malades de nourriture animale, et de ne leur laisser manger que des substances végétales; encore faut-il avoir soin de les choisir, car les malades dont l'estomac est affecté de flatulence, de douleurs, et de symptômes propres à la gastralgie, ne les digèrent qu'avec peine, et en sont souvent fort incommodés : le régime mixte est le meilleur que l'on puisse prescrire.
Mcad conseille la diète laiteuse, et beaucoup de médecins ont donné le même avis aux goutteux. Sydenham lui trouve quelques inconvénients, surtout chez les hypochondriaques qui sont gros et replets, cl qui ont fait un long usage des liqueurs spirilueuses. Weilhof, Grant, Bailliez, l'approuvent, mais non
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d'une manière absolue. On peut dire que les préparations lactées ne peuvent jamais être conseillées comme nourriture exclusive aux sujets robustes, qui ont eu une ou plusieurs attaques de goutte, et qui veulent s'en préserver; ils ne pourraient soutenir longtemps une pareille alimentation : elle ne convient qu'à ceux dont l'estomac est affaibli et gastralgique. Du reste, faisons remarquer que le choix des aliments ne suffit pas; il faut encore, dit Van Swieten, que les hommes adonnés aux travaux de l'esprit, à la culture des lettres , aux méditations philosophiques , se donnent de la distraction , fassent de l'exercice deux heures avant leurs repas, qu'ils consacrent , enfin, les heures qui suivent le repas à des promenades ou à des conversations agréables.
B. Boissons. — Les podagres doivent-ils s'abstenir entièrement de vin? Il y a un axiome populaire qui dit : buvez ou ne buvez pas de vin , et vous n'en aurez pas moins la goutte. Martian dit que des goutteux se sont entièrement délivrés de leur mal en ne buvant que de l'eau. Musgrave croit que le vin rouge pris modérément est un préservatif chez certains sujets; il conseille d'en faire prendre après le dîner, et à l'heure du sommeil. Liger permet aux malades le vin et même celui de Champagne. Nous croyons, avec Sydenham, que la meilleure boisson pour le goutteux est celle qui tient le milieu entre la force du vin et la faiblesse de l'eau ; que l'eau rougie convient à tout le monde, et qu'il y aurait quelque inconvénient à n'accorder que de l'eau à certains goutteux. Je crois que l'eau toute pure est dangereuse, dit Sydenham, et je l'ai éprouvé moi-même. Cependant elle ne l'est pas quand on en a bu toute sa vie. Les boissons qui réussissent le mieux sont l'eau coupée avec du vin rouge ou blanc, ou de la petite bière peu fermentée; les eaux minérales chargées d'acide carbonique; les eaux alcalines, peuvent servir utilement à couper le vin aux repas , surtout pour les sujets atteints de gravelle. On a prétendu que l'usage du thé préservait de la goutte ; mais les Hollandais et les Anglais qui se servent habituellement de cette boisson sont loin d'en être exempts.
Vêtements. — Les podagres doivent éviter les lieux bas et humides, et habiter des lieux élevés, secs, fortement aérés. Ils doivent rechercher les pays chauds. Souvent ils parviennent , par le seul effet du changement de climat, à prévenir, pour longtemps, le retour des attaques. Les vêtements doivent être faits en laine; le corps couvert de flanelle et d'habillements propres à maintenir une température douce et égale à la surface de la peau. Cependant nous devons faire remarquer que la chaleur artificielle entretenue à l'aide de ce moyen ne doit pas être extrême. Nous avons eu occasion d'observer deux goutteux qui, par suite d'un préjugé ridicule , excitaient continuel-
lement une transpiration abondante; l'affaiblissement qui résulta de cette pratique fut porté à un point tel qu'on fut contraint de les empêcher d'y avoir recours.
On a recommandé aux personnes qui sont menacées ou déjà affectées de celte maladie, 1° de se coucher de bonne heure dans un lit dur, et de se lever de grand matin ; 2° de s'abstenir des plaisirs del'amour s'ils sont parvenus à un âge avancé, ou de n'en user que rarement ; 3° de faire tous les jours de l'exercice , et de choisir celui qui force les organes du mouvement à agir ; la promenade , l'escrime , la chasse , l'équitation , sont préférables à tous les autres ; cependant, si le goutteux est impotent, «il devra se faire traîner en carrosse , et pratiquer au moins cet exercice s'il ne peut en pratiquer d'autres» ( Sydenham ). Celse donne aussi le conseil de faire marcher les goutteux. Ils se rappelleront aussi que l'exercice pris à la campagne est cent fois préférable à celui que l'on fait sans sortir de la ville ; les voyages aux eaux minérales ont aussi un double avantage; ils forcent les malades à prendre du mouvement, et agissent par leurs propriétés médicinales. Sydenham, Van Swieten et d'autres veulent que les podagres se livrent à l'exercice avant même que les douleurs des jointures aient entièrement disparu; il hâte la résolution de la maladie :
Goutte bien tracassée
Est , dit-on , à demi pansée.
(La Fontaine.)
L'excitation des fonctions de la peau est éminemment salutaire. Aetius énumère tous les avantages que les goutteux peuvent retirer de l'emploi des frictions , qu'il considère comme un moyen prophylactique précieux ; il recommande de faire ces frictions avec de l'huile dans laquelle on a trituré du sel. Boerhaave a observé que les podagres obtenaient un grand soulagement lorsqu'on les frottait le matin et le soir avec des flanelles sèches et chauffées ; il dit même que plusieurs ont été préservés , à l'aide de ce moyen , des retours de la maladie. Les frictions ont également mérité l'approbation des médecins modernes; elles peuvent être faites avec des tissus de laine, ou une brosse disposée à cet effet ; on les prolonge pendant dix minutes ou un quart d'heure. On peut aussi pratiquer des onctions d'huile. On prétend que l'usage des frictions , si général en Asie , est une des principales causes pour lesquelles la goutte et le rhumatisme sont si rares dans cette contrée.
Le bain tiède est utile, en appelant vers la peau une sueur abondante , et en excitant un mouvement salutaire vers l'extérieur; mais il faut que les sujets
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évitent la réfrigération qui suit celte première action. Nous devons dire cependant qu'on a rejeté assez généralement l'emploi des bains parce qu'ils aident à la régénération de la goutte , en affaiblissant le corps ; mais cette raison est peu faite pour convaincre. Le bain , pour jouir de toute sa vertu prophylactique , doit être suivi des frictions et du massage , comme cela se pratique chez les Orientaux. On a recommandé très-anciennement le bain d'eau froide , et il obtint une grande vogue chez les Romains lorsque Antoine Musa eut guéri , à l'aide de ce moyen et des boissons froides , l'empereur Auguste , réduit, par les douleurs de la goutte , à une émaciation extrême. Grant dit assez singulièrement que «marcher dans une eau claire , comme pour la pêche , est un exercice salutaire , et le seul spécifique qu'il connaisse pour prévenir le retour des accès goutteux. Williams vante aussi les bains froids pris chaque jour par immersion , la tête la première. Stoll conseille de faire le matin , sur tout le corps , des frictions avec des éponges imbibées d'eau froide . de bien sécher le malade , qui doit alors faire de l'exercice. On comprend que ces moyens doivent être utiles auxgoutteux dont la constitution est peu affaiblie , et à ceux qui mènent une vie molle et oisive.
En résumé, les principales causes prises dans la matière de l'hygiène étant , pour la goutte, les excès dans le boire et le manger , dans les plaisirs de l'amour, le travail incessant de l'esprit, l'inaction du corps, la diminution eu la suppression des sueurs, il est aisé dès lors de formuler les prescriptions hygiéniques propres à éloigner le mal.
B. Traitement de l'attaque. — On a proposé certains remèdes dans le but de prévenir les accès de goulte. Les anciens recommandaient l'emploi de la saiguée. Celse dit que, si on la pratique sur un homme qui commence à sentir des douleurs articulaires, on l'en délivre pour une année ou pour toute sa vie. Galien a vu des malades atteints déjà trois ou quatre fois par la goulte, qui en fuient débaira t$éi en se faisant saigner au printemps. Les scarifications cl les applications de sangsues, faites à des intervalles plus OU moins rapprochés, aux environs des jointures , ont passé pour jouir d'une utilité ervatrice inconte (M le. Les cautères établis aux < \ti \v\ i ;„'. hent, dit-on, le ictour de la goutte ■ les vi< u\ podagres.
Ti (l'iiincni rath ïincl de Vdttaqne. — - Les indications pi ini Iparles qui se présentent d'abord , et qui ont dû Frapper tes médecins de tons les temps <t de >nsi ti ni : i" a abrégei ou a toire avorter le mil; 2° .1 combattre les accidents locaux, tels une l.i dotA ii. 1 1 chaleur, la tuméfaction . etc. ; 8° à en prévenir le retour. Brrumérorj !<• remèdes qui ont été le plus rjériéraîcmcnl employés dans ce but.
Traitement ab ortif. — On a cherchée faire avorler l'attaque de goutte commençante par des applications très froides. Hippocrate dit que l'eau froide versée sur les jointures soulage la douleur ; Galien confirme celle proposition. Sanctorius, Martian, Barlhez, accordent aux affusions froides le pouvoir de dissiper les douleurs goutteuses. Loubet, ayant été fortement affecté de podagre, plongea ses pieds dans de l'eau trèsfroide, et se guérit de la sorte. L'illustre Harvey ne manquait jamais, à chaque accès, de plonger sa jambe dans un seau d'eau bien fraîche, et de dissiper les douleurs. Heberden , qui tenait ce fait des parents du célèbre physiologiste, ajoute que, bien que cette conduite ne doive pas être imitée, il n'en vécut pas moins jusqu'à un âge fort avancé. Floyer, Homberg, Pielsch, Marcard, ont beaucoup préconisé l'emploi du froid sur les jointures. Giannini en a fait, avec le quinquina, la base du traitement qu'il considère comme spécifique : il veut que les immersions soient passagères et momentanées : «A peine le malade est-il assis dans le bain, que j'exige qu'il en sorte, préférant plutôt avoir recours à une seconde immersion également momentanée que de prolonger trop la première... Les immersions froides, dont le but est d'enlever le gonflement et l'inflammation des articulations, devront non -seulement être courtes, mais même pas très-froides ou à la glace, comme je l'ai vu pratiquer dans un cas de goutte...» Giannini craint avec raison, ou une réaction trop vive, ou une dépression dont le malade ne pourrait se relever [De la Goutte et du rhumatisme :j p. 101; in-12; Paris, 1810).
On a aussi administré à l'intérieur des boissons très-froides ou glacées. Van der Heyde, Vogel, et Barthez, disent en avoir obtenu de bons effets; cependant l'emploi du froid fat us et extus a été généralement réprouvé comme dangereux : il expose à ùe$ métastases funestes, en empêchant les accidentslocaux de la goutte de parcourir leurs différentes phases. On peut admettre ou rejeter les théories humorales qui veulent que celte maladie passe par l'état de crudité et de COCtion avant de se résoudre; mais on ne peut se irl'n.cià reconnaître que, si l'on empêche brusquement l'évolution des phénomènes morbides, l'économie en est profondément troublée, et que si la constitution n'est pas tiès-lorte, il en résulte des accidents graves ; dans aucun cas, l'on ne peut prévoir l'issue d'une perturbation qui peut, à la vérité, enlever le mal en quelques instants, mais qui peut aussi amener de funestes complications. Ouelques médecins, peu partisans de la réfrigération, permettent des lotions froides, ou de petites douches sur les parties affectées. Diverses préparations pharmaceutiques astringentes ont été employées dans le but de faire avorler tes accidents locaux. Mine raconte qu'Agrippa,